‹ Sur un cas de tumeur mixte épithéliale et dermoïde incluse dans le ligament largeChapitre 20 sur 32 · Wirchow. — Pathologie des tumeurs · texte numérisé non relu

Wirchow. — Pathologie des tumeurs

His et Pouchet ont cependant voulu l’étendre à ces derniers, signalant des dispositions embryonnaires qui permettraient une invagination ectodermique au niveau de la région lombaire.

Cette supposition étant exacte, n’expliquerait pas la production dans les dermoïdes ovariens d’organes morphologiquement déterminés (tube digestif, membres).

Dans la théorie de I inclusion lœtale, les parties embryonnaires des kystes dermoides représentent les vestiges d’un embryon, qui serait le frère du sujet porteur, et qui pendant la gestation, aurait été inclus, absorbé par la cavité pleuro-péritonéale de ce dernier. Il existe des observations indéniables de cas d’inclusion (fœtus in fœtu avec membranes et cordon), mais, ici encore, on ne peut généraliser et ce serait fou, que vouloir expliquer de cette façon, les cas de kystes dermoïdes multiples.

La théorie de Bard que l’on pourrait appeler théorie des cellules nodales est par lui-même ainsi formulée :

Les kystes dermoïdes de l’ovaire ne sont qu’un cas particulier des tumeurs à tissus multiples ; celles-ci sont de véritables tumeurs indépendantes de toute fécondation de même que de toute parthenogénèse, et ne différant des tumeurs à tissu unique que pour cette raison qu’elles ont pris naissance pendant la vie fœtale 5 elles reconnaissent pour origine la multiplication pathologique néoplasique d’une cellule complète de l’embryon apte à donner naissance à des tissus d’autant plus multiples qu’elle est située plus près de l’ovule primitif.

i. G. Pouchet. Sur le développement des organes génito-urinaires, Ann. de gynécologie, 1886, p. 92.

On sait que Bard (1), considérant révolution de l’ovule fécondé admet deux procédés de reproduction cellulaire : la multiplication qui ne donne lieu qu a des cellules (illes identiques à la cellule mère, et le dédoublement qui donne des produ ts ayant des qualités différentes de la cellule mère. Les cellules destinées à subir le dédoublement, pour aboutir à des types invariables, qui, eux, ne seront plus susceptibles que de multiplication, sont dites cellules nodales.

C’est l’une de ces cellules nodales, dont 1 évolution serait troublée par une cause inconnue, qui aboutirait à

la formation du kyste dermoïde.

Mais, poussant sa théorie à l’extrême, M. Bard se voit forcé d’admettre, que l’une des premières cellules succédant à l’ovule après son dédoublement, peut être atteinte de cette tendance évolutive pathologique. Et il explique ainsi (2) « la plupart des cas rapportés à l’inclusion fœtale parasitaire » qu’il veut ainsi rapprocher complètement, comme pathogénie, des kystes dermoïdes ovariens. De plus en parlant ainsi, Bard admet implicitement la suppléance par les cellules nodales restantes, de la cellule nodale mise à l’écart, qui ne concourt plus à l’édification de F embryon.

Or, l’expérimentation n’est guère favorable à cette idée : les recherches de Ghabry (3) sont absolument con-

1. Bard, De Vin exactitude de la théorie parthénogénétique des kystes dermoïdes de Vovaire, in Gaz.bebd. de med.} p. 521, 1893.

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