‹ Sur un cas de tumeur mixte épithéliale et dermoïde incluse dans le ligament largeChapitre 23 sur 32 · Bard. Loc. cit · texte numérisé non relu

Bard. Loc. cit

fants que chez des adultes, et seraient même plus fréquents chez les premiers. A ceux qui attribuant à ces kystes une origine parlhénogénélique, y veulent voir un cas de réversion atavique, il dit que le jeune âge serait peu d’accord avec cette théorie, la parthénogenèse ne se produisant, dans les classes inférieures, que chez des sujets adultes, La reproduction sexuée ou non, doit rester fonction d’adulte.

Il faut d’abord taire remarquer que les statistiques, sont en désaccord : si Pigné sur 49 cas de kystes dermoides ovariens, en compte 17 chez des enfants de moins de 12 ans, Rendu prétend que leur plus grande fréquence se manifeste vers 20 ans, en pleine période d'épanouissement génital, et Raimondi (1) combattant cette dernière opinion constate un maximum vers 38 ou 40 ans.

Pour nous qui considérons le dermoïde ovarien comme une tumeur de l’ovule primordial, nous croyons que des causes différentes peuvent l’amener à se segmenter à des âges différents. Parmi ces causes susceptibles de provoquer l’évolution néoplasique durant le jeune âge, il faut peut-être compter cette poussée qui se manifeste parfois chez le nouveau-né, du côté des glandes mammaires, et vraisemblablement des ovaires (écoulement menstruel chez les petites filles du premier âge).

II nous semble donc que la notion d’âge ne peut servir à combattre l’origine ovulaire.

« En second lieu, dit Rard, il existe des tumeurs tout à fait analogues, dans des organes complètement séparés de l’ovaire ».... « La théorie de la parthénogénèse a encore

1. Raimondi. Les kystes des ligaments larges f Th. Paris. 37.

le grave défaut de ne s'appliquer qu'aux kystes dermoïdes de l’ovaire, alors que rien n’autorise à leur reconnaître une pathogénie radicalement différente de celle des kystes dermoïdes des régions superficielles ».

Nous ne voyons pas pourquoi les kystes dermoïdes ne reconnaîtraient pas plusieurs modes de formation. Est-ce que la nature ne peut arriver au même résultat par plusieurs voies différentes. Il n’est guère d’affection dont l’étiologie ne soit multiple et les dermoïdes dépendent sans doute, eux aussi, de causes différentes. Répin insiste à juste titre sur cette étiologie variée. On ne peut guère méconnaître l’enclavement pour ces kystes des méninges reliés à la peau par un pédicule fibreux (cas de Widal), pour ce cas de Bergmann, où un kyste rétro-sternal possédait un diverticulum traversant le sacrum et arrivant à la peau, etc. De même les kystes du médiastin doivent être attribués à un retard de soudure des somatopleures.

II est d’ailleurs à remarquer que les kystes par enclavement ne contiennent jamais d’éléments étrangers au territoire cutané intéressé.

D’autres kystes, rares ceux-là, seront attribués à l’inclusion fœtale. Un cordon ombilical, des enveloppes fœtales, empêcheront de songer à autre chose.

Cet éclectisme nous paraît plus satisfaisant que l’unique cellule nodaïe.

Comment Bard explique-t-il une si grande fréquence de dermoïdes ovariens, si les ovules ne doivent pas figurer dans la pathogénie ? II faudrait donc que la cellule nodale qui dégénérera soit toujours située dans l’ovaire?

Pourquoi n’en existe-t-il point en aussi grand nombre dans les autres organes?

L’importance de la région génitale chez l’embryon ne suffit pas à expliquer ce point,

« En troisième lieu, il existe chez les mâles dans le testicule et dans l’abdomen des tumeurs absolument analo-> gués : la parthénogenèse pourrait-elle aller jusqu'à faire naître un kyste dermoïde d’un spermatozoïde, au même titre que d’un ovule ? »

Ces kystes rie naissent pas d’un spermatozoïde mais peut-être d’un ovule primordial. Ce dernier existe chez l’embryon, avant la détermination du sexe, et si le foetus se prononce pour le sexe mâle, l’ovule primordial s’atrophie. Ne pourrait-il pas persister dans le testicule ?

Les observations de Balbiani sont en concordance avec cette supposition, puisqu’il a vu persister l’ovule primordial jusqu’à la puberté.

M. le Professeur M. Duval (1) est partisan de cette explication des dermoïdes testiculaires; il assigne % une même origine parthénogénétique aux kystes dermoïdes de l’ovaire, et aux kystes du testicule généralement considérés comme des cas d’inclusion testiculaire ».

La localisation anatomique des dermoïdes testiculaires n'empêcherait pas cette origine. D’après Répin, ils sont toujours situés sur V albuginée^en connexion intime avec la glande. Nous avons rappelé dans notre chapitre d’embryogénie que i’albuginée se formait aux dépens d’une

1. Mathias Duval. Pathogénie générale de V embryon. In. Tr. de pathol. générale de Bouchard, t. I, p. 209.

lame mésodermique qui s’insinue dans l’épaisseur de l’épithélium germinatif. Peut-être un ovule primordial subsiste-t-il en tant qu’entité propre au-dessus de la néomembrane fibreuse, au lieu de s’atrophier, comme il est de règle.

D ailleurs, l’affirmation de Répin qui les fait tou jours extratesticulaires est peut-être un peu exclusive; dans une observation de Pilate (1), on lit :

... « En ouvrant le testicule, suivant un plan antéropostérieur, on remarque que toute la couche superficielle est constituée par la substance même du testicule, refoulée excentriquement à la surface, tandis que le centre est occupé par une production complexe renfermant des parties fibreuses, cartilagineuses, osseuses et kystiques (pièce osseuse costiforme, longue de 6 cent.). »

Les kystes des testicules sont donc aussi rationnels que ceux de l’ovaire. Un fait remarquable est leur grande rareté, comparée à la relative fréquence des kystes ovariens. Il ne serait pas impossible d’en trouver l’explication dans ce fait embryologique, que l’ovule primordial est destiné à disparaître chez le mâle, puisque le spermatozoïde ne vient que d’une cellule différenciée postérieurement (ovule secondaire de M. Je Prof. Duval).

Quant aux dermoïdes profonds de l’abdomen, il faut les comprendre, comme des kystes de l’ovaire à long pédicule ayant rompu leurs attaches, après s’être greffés secondairement (2), ou comme des inclusions fœtales, chez

1. Pilate. Bull . et Mèm. de la Société de chirurgie, 1880. t. Vf

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