‹ Sur un essai de traitement des Tuberculoses chirurgicales par un extrait bacillaire spécifiqueChapitre 22 sur 27 · SEE · texte numérisé non relu

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Bonnet ont proposé d'appeler « immunité de surinfeetion », l'opposant à « l'immunité de réinfection », qui est celle qui se « rencontre après la guérison d'une maladie infectieuse passagère ».

La manifestation la plus évidente de l'immunité de réinfection est le phénomène de Koch.

L'hypersensibilité se met expérimentalement facilement en évidence : « alors que chez le cobaye sain les injections (de doses élevées de bacilles tuberculeux) déterminent une réaction lente et progressive, chez le cobaye tuberculeux, au contraire, elles donnent lieu à une réaction violente, rapide et explosive qui peut même déterminer la mort si la surinfection est faite par certaines voies. Comme il semble démontré que ces accidents sont dus à un empoisonnement par les bacilles détruits brusquement en grand nombre, cette sensibilité extrême signifie : sensibilité aux poisons issus et émanès des bacilles: il n'est donc pas surprenant qu'elle côincide avec l'apparition des propriétés spéciales de l'erganisme vis-à-vis de la tuberculine ». (MM. KR. Debré et Bonnet).(1)

Cette immunité de REA nos malades la possèdaient déjà, et certains d'entre eux, les vieux ganglionnaires, au plus haut point (loi de Marfan, 1886). Il ne semble pas que par les injections d'extrait bacillaire, nous ayons élevé leur pouvoir de défense même contre l'extension de leur infection ancienne, ainsi que le montrent les récidives que nous avons observées.

On sait d’ailleurs depuis longtemps, et nous l'avons indiqué dans la première partie de ce travail, que l'on ne vaccine, au sens propre du mot, ni avec les extraîts bacillaires, ni avec les bacilles tués; que les seuls résul-

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{1} Surinfection tuberculeuse expérimentale. Journal Médical Frençeis ë

{n° 9) Septembre 192.

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tats intéressants obtenus l’ont été avec des bacilles vivants, qui réalisent la prime infection expérimentale de l'animal, et encore l’immunité conférée est-elle de courte durée, ne faisant que retarder la mort du sujet. II faut bien le dire actuellement : il n’y a pas de vaccination expérimentalement démontrée de la tuberculose; une restriction doit cependant être faite en faveur des résultats obtenus chez les bovidés par M. Vallée, à l’aide de son vaccin à « excipient irrésorbable » dont nous avons parlé précédemment.

Une ébauche de vaccination est pourtant réalisée dans la nature par l'infection que reçoivent dans leur enfance les individus des peuples tuberculisés quand cette infection ni trop massive, ni trop répétée, ne tue pas d'emblée. C’est l’immunité ainsi acquise qui permet à ces individus de vivre en contact journalier avec le bacille, alors que ceux provenant des pays vierges de tuberculose présentent une telle sensibilité à linfection quand ils la rencontrent pour la première fois. Un des derniers exemples, le plus démonstratif à ce sujet, est fourni par l’arrivée des troupes noires en Europe pendant la guerre. (Tuberculose des troupes noires, M. A. Borrel, Annales de l'Institut Pasteur, n° 3, mars 1920).

On ne peut donc parler ici de vaccination et il semble préférable à tout point de vue d'abandonner ce terme, qui risque d’évoquer dans l'esprit l’idée de barrière infranchissable à la maladie.

C’est dans cette pensée que notre maître, M. Louis Bazy, disait, dans une communication à la Société de Chirurgie, le 18 avril 1923 « Sur le traitement des tuberculoses chirurgicales par le vaccin antituberculeux » : « Je pense tout d’abord qu’il est utile de s'entendre sur la signification des mots vaccin antituberculeux, vaccination antituberculeuse, Les deux termes, qui sont couramment employés, me paraissent particulièrement

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mal choisis lorsqu'il s’agit, comme c’est le cas dans les affections chirurgicales, de porter remède à une manifestation de la tuberculose constituée. Les mots vaccin et vaccination impliquent, et à juste titre, pour tout le monde, l’idée d’immunité. Appliqués au traitement de la tuberculose, ils laisseraient donc supposer qu’en utilisant les différents produits actuellement proposés sous le nom de vaccin antituberculeux, on ne se contente pas seulement de guérir un accident local de la tuberculose, mais que, ce faisant, on confère à l’organisme une résistance plus grande que celle qu’il possédait; qu’on le vaccine,.en un mot, contre d’autres accidents ultérieurs. Or, cet espoir n’est pas encore réalisé. » (1)

IL. — Quel a été le mode d'action de l'extrait bacillaire que nous avons injecté et à quoi peut-on attribuer les effets observés ?

Pour répondre à ces questions, il suffit de comparer les réactions que nous avons notées chez nos malades au triple point de vue : local, général, focal, et les réactions depuis longtemps connues qui accompagnent la sous cuti-réaction à la tuberculine et sur lesquelles on se base pour établir le diagnostic d’imprégnation tuberculeuse.

La réaction locale n’a jamais manqué chez les sujets que nous avons traités, allant de la simple auréole rouge, de trois à quatre centimètres de diamètre, au large placard inflammatoire infiltré, œdémateux, douloureux, s’accompagnant de réaction ganglionnaire.

À la suite de la sous cuti-réaction, il existe une manifestation de même ordre qui, d'après M. Calmette, « ré-

(1) Bulletin de la Société de Chirurgie du 24 Avril 1923.

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