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la toxinothérapie, que nous avons cherché à tirer parti. Les processus de guérison présentent toujours les mémes formes et suivent toujours les mêmes étapes, variables suivant le type anatomique observé. Il paraissait intéressant, dans une affection comme la tuberculose, où les étapes sont longues, de chercher à les raccourcir, dans les cas tout au moins où la situation toute superficielle des foyers permettait une surveillance précise.
L'orientation focale obtenue par toxinothérapie est différente suivant la forme anatomique des foyers.
Dans les lésions inflammatoires pures, nous avons assisté à une résorption rapide, précédée le plus souvent d’une poussée congestive.
Dans les formes nodulaires, surtout lorsque la -tendance évolutive s’oriente vers la sclérose, les résultats sont moins évidents; par contre, ils sont nets quand l’orientation se fait vers la caséification.
Quand la lésion est déjà en voie de caséification, l'action est ordinairement des plus nettes. La fonte très rapide s'accompagne de phénomènes expulsifs très actifs si la lésion est livrée à elle-même. Il est préférable de ponctionner aussitôt ou de faire un drainage filiforme, ou même quand la poche paraît bien limitée, sans prolongement ou clapier, d’inciser d’un bord à l’autre comme s’il s'agissait d’un abcès chaud. Si la fonte et l'expulsion ont été totales, la guérison: est des plus rapides.
Les formes fibreuses ne sont par contre pas influencées. Quand le processus inflammatoire n’est pas com- plètement éteint, on peut déclancher par la toxinothérapie une petite poussée fluxionnaire, suivie parfois de régression légère, mais cela à peine marqué. Cet échec pouvait être prévu : « Il est vain d'essayer de faire dis-
se
paraître des ganglions que l'examen clinique révèle durs, mobiles, cicatriciels en un mot, et qui, après extirpation, se montrent effectivement constitués par du tissu scléreux. » (M. L. Bazy). (1)
On n’est que rarement, il faut l’avouer, en présence de cas aussi schématiques. Le plus souvent, on trouve chez le même individu des éléments à des stades très différents, lésions récentes au voisinage de lésions anciennes, parties caséifiées retenues dans des mailles fibreuses, le tout plus ou moins englobé dans une réaction inflammatoire quelquefois intense.
Enfin, quand on a à faire à des foyers ouverts, l’association des germes banaux joue un ie qui n’est certainement pas à négliger.
C’est probablement cet état de choses qui explique en partie les résultats incomplets que nous avons observés dans quelques cas; disparition de certains éléments, alors que d’autres persistent, fonte ou régression partielle au niveau de certains foyers n’aboutissant pas complètement.
En résumé, l’action est surtout nette dans les lésions inflammatoires, où l’on a parfois une résorption d’une surprenante rapidité et en particulier dans les lésions à tendance caséeuse, où l’on observe des phénomènes expulsifs intenses. Il semble que dans ces cas, il y ait exaltation, sous l’influence du poison microbien, de l’intolérance de l'organisme vis-à-vis des foyers qu’il porte. Ce qui fait dire à notre maître, M. Louis Bazy : « L’étude de la bactériothérapie antituberculeuse donne à penser que J’introduetion chez des sujets tuberculeux de poisons bacillaires détermine un véritable phénomène de
(l) « E tat actuel de la vaccinothérapie des tuberculoses chirurgicales. Lg Médecine, Octobre 1923, n° 1.
arte
Koch au niveau des foyers déjà constitués, qui deviennent, eux aussi, le siège d’une élimination qui s’effectue, suivant les cas, soit par les voies normales d’excrétion, soit par suppuration et nécrose des tissus. » (1).
III. — Les réactions que nous-venons d'étudier sontelles réellement spécifiques et ne peuvent-elles être produites que par les seuls extraits de bacilles tuberculeux?
Nous avons à plusieurs reprises, sur les conseils de notre maître, M. Louis Bazy, injecté à des tuberculeux ganglionnaires l'extrait staphylococcique, ou « endococcine », qu’il prépare avec M. Vallée. Dans beaucoup de cas, nous avons obtenu une réaction focale légère, souvent à peine ébauchée : rougeur locale, tension, puis léger ramollissement; dans quelques cas, nous avons vu un ramollissement assez rapide succéder à ces injections obligeant au drainage ou à la ponction (observation 19). Mais, le plus souvent, l'effet était incomplet et chez notre malade de lobservation 19, par exemple, nous avons dû compléter l’action ébauchée par la toxinothérapie spécifique.
Il semble donc que si un extrait microbien non spécifique peut déterminer parfois une poussé focale souvent nette, — due peut-être simplement à l’intolérance générale des tuberculeux aux substances protéiques étrangères, — l’agent spécifique reste cependant nécessaire pour obtenir ur effet total et rapide.
Nous ajouterons que, dans certaines lésions anciennes fistulisées, l’endococcine nous a donné de très bons
(1) « Sur le traitement des tuberculoses chirurgicales par les vaccins anti tuberculeux ». Bulletin de la Société de Chirurgie du 24 Avril 1923.