DERY MER
Le péricarde renferme environ 20 centimètres cubes de liquide citrin.
Cœur normal.
Poumons: teinte un peu foncée du lobe supérieur du poumon droit. Légère congestion de tout ce côté.
Thyroïde normale, ainsi que le thymus.
La rate ne présente en elle-même rien de particulier : pendue à son pédicule, se voit une petite masse de même coloration, qui semble être une rate aberrante.
Diagnostic anatomo-pathologique. — Lymphadénome ayant envahi le rein secondairement.
Petite tumeur de la région temporale, située entre le périoste et l’os, adhérente au périoste, facilement séparable de l’os qui paraît intact.
A l'intérieur, bouillie rougeâtre au sein de laquelle sort des poils rigides en rangées parallèles. |
Sur l'os frontal, points rouges disposés en lignes parallèles, semblant avoir donné implantation aux poils.
Kyste dermoïde.
DiscUSSION DU DIAGNOSTIC
Si nous voulons analyser brièvement cette observation au point de vue clinique, nous nous trouvons en présence d’une jeune fille, en bonne santé, qui voit son ventre grossir progressivement; c’est avec quelques irrégularités menstruelles, la seule raison qui la conduit au chirurgien.
L'examen nous fait apprécier une tumeur occu-
pant tout l’abdomen, fluctuante par places, dure en d’autres points, mate dans toute son étendue. Il importe de voir quels diagnostics pouvaient être posés, et s’il y avait des raisons militant pour le vrai.
Nous éliminerons d’abord la grossesse. Sauf les irrégularités des époques, il n’y avait aucun signe ni commémoratif permettant de la supposer.
On trouve presque toujours le diagnostic de kyste de l'ovaire en conclusion pré-opératoire des observations publiées, et il y a pour cela de bonnes raisons. Ce fut le diagnostic de notre maître, parce que, cliniquement, c'était le plus simple et en vérité le plus probable : l’âge de la malade, l’extension de la tumeur, sa plongée dans le bassin, tout y conduisait normalement. Il y aurait eu contre ce diagnostic le fait que la tumeur s'était développée sans poussées, qu'elle n’exerçait pas de compression, et qu’une tumeur de ce volume, à supposer que ce fut un kyste de l’ovaire, aurait dû influencer l’état général.
Il eût été moins justifié de diagnostiquer un fibrome de l'utérus : la tumeur ne faisait, en effet, pas corps avec £et organe, la malade n’accusait ni hémorragie ni hydrorrhée, comme nous l'avons dit plus haut, il n’y avait pas de phénomène de compression.
Les affections cancéreuses du rein, et, en particulier, le sarcome, auraient pu induire en erreur sous la réserve cependant que, pour un sarcome,notre malade était trop ou pas assez âgée. Cette affection se rencontre surtout chez les enfants et chez les vieillards,
De plus, elle s'accompagne de douleurs, d'hématuries et d’un état fébrile. [l est à remarquer que lorsqu'on soupçonne ure tumeur de celle nature, et d’ailleurs du rein en général, on recherche la bande de sonorité colique : symptôme objectif de très grande importance. Dans le cas qui nous occupe, il n’existait rien de semblable.
Ileût été plus facile de porter le diagnostic d'hydronéphrose sur l'aspect de la tumeur. Mais il fallait aussi considérer que la malade ne présentait aucun symptôme urinaire : elle ignorait totalement les débâcles si caractéristiques.
L'hypothèse de kyste du pancréas était plausible. Nous l’émettons d'autant plus volontiers qu'elle est précisée dans un cas analogue de M. Potherat,auquel nous nous référerons plus loin. Il n’y avait pas plus däns notre cas que dans le sien « aucun des troubles physiologiques qu’on observe habituellement dans Jes affections du pancréas, ni du côté de la peau, ni du côté des fèces, ni dans les fonctions du tube digestif il n’existait de manifestations se rapportant à une pareille lésion ».
Il y avait à se garder de penser à une péritonite tuberculeuse. L'état général de la malade eut, à lui seul, infirmé le diagnostic.
Une tumeur du ligament large eût été accessible par le toucher vaginal.
L’occlusion intestinale s'accompagne de phénomènes aigus caractéristiques.
Le manque de frémissement hydatique, ét dés
signes spéciaux au kyste hydatique de la face inférieure du foie, excluaient cette affection.
De même, la splénomégalie n’était pas en cause à cause de la prédominance droite et de l’absence de tout son complexus symptomatique ordinaire.
Cependant,on ne peut mettre hors de cause la rate. M. Potherat, dans le cas précité, avait conclu à un kyste de la rate. « Bien, dit-il, que ce diagnostic fût loin de me satisfaire,c’est à celui de «kyste de la rate que je m'’arrêlerai ».