‹ Sur Un Kyste Rétropéritonéal PararénalChapitre 10 sur 17 · CRE © RE · texte numérisé non relu

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probabilité, s'en tient d’abord aux choses les plus simples. Il était pourtant un signe qui, parmi une symplomalologie aussi imprécise, acquérait une certaine valeur pour faire rejeter le diagnostic de kyste du mésentère : c'était l’absence de mobilité de la tumeur. Celle-ci, de par son caractère nettement rétro-péritonéal, était fixée sur la paroi abdominale postérieure.

À supposer néanmoins que ce diagnostic ail élé posé devant la tumeur en place, eût-on pu le maintenir après son ablation? Non. En effet, Bernard Cunéo fait remarquer une différence capitale entre les kystes du mésentère ou du mésocôlon et les kystes rétro-péritonéaux. Les premiers ne doivent leur nom qu'à leur inclusion entre les feuillets de la séreuse péritonéale. Herrera Vegas et J.-M. Jorge donnent, dans leur étude, une reproduction typique du kyste qu'ils ont opéré: on y voit une masse que recouvre comme un voile le feuillet droit du mésocôlon ascendant, masse qui est continuée immédiatement par l'intestin. Rien de semblable dans notre tumeur, aucune connexion avec l'intestin.

Les kystes mésentériques ou mésocoliques ne sont point, à proprement parler, des tumeurs rétro-péritonéales, maisintra-péritonéales: le péritoine pouvant encore s’accoler derrière eux pour former un mtso. D'autre part, l'intestin s’accole en avant d'eux, fournissant ainsi ce qu'on pourrait appeler un méso-inter-entéro-kyslique.

Le contenu ordinaire des kystes mésentériques ou

mésocoliques est ordinairement chyleux: l’analÿse chimiqué à écarté la notion d’un liquide de telle nature dans notre tumeur.

- De même, l'examen histologique n’y montre rien de semblable pour la structure, à ce qu'y a trouvé Parson.

En somme, nous nous trouvions en présence d’une tumeur rétro-péritonéale, sans aucun rapport de voisinage avec l'intestin, Le côlon ascendant était réjeté avec son méso, bien à gauche, et il n’est revenu prendre sa place qu'après l’exérèse de la tumeur.

Donc, nous chercherons à situer la tumeur qui nous occupe dans le groupe des tumeurs rétro-péritonéales, groupe d’éléments relativement rares.

Notre documentation a diverses sources : nous résumerons d’abord une observation de M. Potherat, concernant un cas semblable en beaucoup de points, et nous en rapporterons, complètement, une de B. Cuñéo. Toutes deux sont suiviés de considérants de leurs auteurs, qui nous furent très utiles. D'autre part,nous nôuûs inspirerons d’un article de Papanicol de Galatz,et de l'ouvrage du professeur Sacconagghi de Pavie. |

L'observation ci-après résumée fut publiée par MM. Potherat et Chambard, dans le Bulletin de la Société de Chirurgie (5 décembre 1906) sous ce titre : Un cas de lymphangiome kystique de la capsule surrénale gauche.

s’agit d’uné femme de quarante et un ans, qui

UN ve entre à l'hôpital pour la gêné et l'inquiétude que lui procure son ventre constamment grossissant.

Cette augmentation dé volume est due à üne fumeur localisée à la région latérale gauche. |

Six ans auparavant, à l'occasion d’une grossesse gémiellaire, on avait trouvé dâns son ventre uné masse insolite : cette massé avait évolué sans grands troubles fonctionnels, n’oécasionnant que des douleurs en ceinture. |

La tümeur s'était développée plus rapidement pendant l’année qui avait précédé l entrée à hôpital,

Suit l'exainen du ventre 2

& À la pälpation, il est aisé de se a es qu'il y a là une tumeur abdominale, à surface ronde, régulière, lisse,dont on suit assez bien les contours. La palpation, aidée de la percussion, montre qu'en haut elle s'engage sous lé rebord: du thorax qu'élle souiève modérément ; en bas,eHe descend an’ peu én dessous d’une horizontale, passant par l’ épine Hiaque atitérieure et supérieure.

» En dedans elle dépasse la ligne médiane de quelques travers dé doigt, surtout dans la région 6mbilicale.. En dehorb, éllé occupé tout lé flanc gääche, elle: remplit et refoülé la fosse lombaire en: arrière.” La tuineur est de consistance homogène, élle ‘est'nettément fléetuante daïstotts les séns » dans toute son étendue, la percussion révèle ‘ürie inatité absülhe { én aucun point;-et Particuérerñent én'avant où nous l’évorñs recherchée atécure ättens tion loute spéciale, on n'observé de sonorité, ni

agi

même de submatité. Les manœuvres nécessitées par l'examen n’éveillent aucune douleur appréciable.

» Malgré ses grandes dimensions, qui font que les parois de l'abdomen s'étendent sur elle, cette tumeur peut être mobilisée dans une étendue appréciable, surtout dans le sens transversal. C’est ainsi qu’on peut la repousser plus encore à gauche, et tendre fortement le flanc et la fosse lombaire gauche, qu’on peut la ramener à droite, à ce point que sa partie la plus -saillante qui est nettement à gauche, au repos, vienne atteindre et même dépasser la ligne médiane vers la droite,dans le sens vertical. On peut aussi déplacer la tumeur,mais dans une étendue beaucoup moindre. »

Les auteurs font un diagnostic différentiel très étudié,envisagent l'hypothèse de kyste du mésentère et s'arrêtent sans être bien satisfaits au diagnostic de kyste du pancréas.

L'état de la malade imposait une intervention : on pratiqua une laparotomie antérieure verticale latérale gauche.

La tumeur apparut nettement rétro-péritonéale, rétro-colique. Le côlon vide et flasque n'avait pu se révéler par de la sonorité. Incision du péritoine, ponclion et évacuation de la tumeur, puis après découverte d’un bon plan de clivage, ablation de toute la poche.

Le rein était intimement adhérent à la tumeur par son bord antérieur, et l’ablation du kyste, une fois

faite, il resla «dénudé jusqu'à sa capsule propre

exclusivement, mais somme toute parfaitement intact ».

Les suites opératoires furent simples.

L'observation se complète par la description de la tumeur, description qui ne présente rien de spécial jusqu’à la découverte de « petites masses irrégulières, granuleuses, légèrement saillantes et de coloration jaune qui tranche sur le blanc mat de la paroi du kyste ». -

Disons que l’examen histologique révéla la composition de ces granulations : tissu de la capsule surrénale.

Le détail de l'examen montra pour la couche externe un réticulum conjonctif emprisonnant des cellules lymphatiques, desilots lymphoïdes, des vaisseaux sanguins et lymphatiques. On ne trouva ni épithélium ni endothélium dans la couche moyenne.

La couche interne était constituée par de la fibrine, reliquat d’une hémorragie antérieure, avec tendance à l’organisation.

MM. Potherat et Chambart font rentrer cette tumeur, d'une part, dans les kystes de la capsule surrénale, de l’autre dans les lymphangiomes kystiques. Dans ce cas, l’origine est nettement déterminée, la composition histologique de même. Nous n’avons pu, comme il sera dit plus tard, apporter à beaucoup près de semblables précisions, mais nous avons tenu à juxtaposer cette observation, ainsi que la suivante,au point de vue de la symptomatologie.

E. Lefrançois 3

SNS

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