OBSERVATION Î
Syphilis. — Chancre du col utérin. — Roséole. — Névralgie de la jambe droite (adénopathie pelvienne perceptible à gauche). — Nervosité intense. — Grande céphalée. — Plaques buccales. — Traitement intensif et actif surtout sur le nervosisme.
C..., trente-quatre ans. Entrée, le 1° juin 1905, salle Rostan.
Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante-quatorze ans. Mère morte à cinquante-deux ans, de maladie du foie; paralysée? Sept collatéraux vivants, bien portants. Une sœur venue au monde avec des abcès (?).
Antécédents personnels. — Mariée. Mari vivant bien portant; pas d’éruption ; pas de stigmates de syphilis; deux enfants morts de méningite (pas d’éruption à la naissance).
Pas de fausse couche.
Rougeole et scarlatine dans l'enfance.
Réglée à dix ans et demi; règles irrégulières.
A dix huit ans, jaunisse pendant trois mois; soignée à la Pitié.
A dix-neuf ans, bronchite soignée chez elle; tousse toujours depuis.
1891. Laryngite avec aphonie pendant six mois. Coqueluche prise à un enfant, soignée chez elle et diagnostiquée par son médecin. ;
De 1891 à 1905, rien de grave, mais malaises fréquents et maux de gorge survenant au moindre froid.
Janvier 1905. Malade souffrant du ventre, va consulter un médecin
200 EE qui diagnostique une inflammation d'intestin et lui fait prendre de grands lavements.
Apparition dans laine d'un ganglion gros comme un œuf de poule, très douloureux. Examinée au spéculum par son médecin qui ne trouve aucune lésion. |
Pertes blanches abondantes.
Pas d’éruption sur le corps.
Janvier-mai. Rien; douleurs intestinales ont disparu. La malade se porte bien, mais quelques maux de gorge et de fréquents maux de tête.
Pas d’éruption; pas d’ulcération; pas de dépilation.
Fin mai. Avant-bras jusqu'aux coudes couverts de petites plaques rouges, disséminées, très nombreuses, non prurigineuses.
Céphalée constante, surtout nocturne, à laquelle la malade ne fait aucune attention, cette affection durant, dit-elle, depuis plus de quatre mois.
Pas de dépilation ; pas d’ulcération génitale ni buccale.
Mal de gorge.
Quelques jours après, un matin en faisant sa toilette, s'aperçoit que son corps entier est couvert de plaques semblables aux premières, envahissant même le tronc. Elle consulte un pharmacien qui lui fait prendre des cachets d’exalgine pour calmer ses maux de tète très violents et du bicarbonate de soude.
Elle entre à l'hôpital le 31 mai.
Etat actuel (° juin). — Bon état général. Insomnie. Céphalée très vive, surtout la nuit. Gorge peu rouge, mais douloureuse. Quelques plaques blanchâtres à droite, derrière le pilier antérieur.
Sur le tronc, les membres inférieurs (face interne des cuisses surtout), les membres supérieurs, le cou et la face, éruption très fournie de plaques exanthémateuses et d'éléments papuleux rouges, dont quelques-uns sont jambonnés et psoriasiformes, sur le tronc particulièrement.
Pas d’adénopathie. Pas de dépilation. Réflexes un peu vifs. Légère gingivite inférieure.
2 juin. Examen génital: Pas de plaques vulvaires. Dès que le spéculum est introduit, on aperçoit dans le fond de la cavité vaginale du pus muqueux en grande abondance, sans glaires. Puis une masse rouge vaguement sphérique, bourgeonnante, grosse comme une noix. On ne peut distinguer ni l’orifice, ni les lèvres du museau de tanche.
SAUCE Le toucher sera fait ultérieurement.
Nervosité très intense et, pour peu que l’on prolonge l'examen, la malade est prise de tremblements surtout étendus au maxillaire inférieur.
Dès 1889, après sa jaunisse et surtout dans les premiers mois qui suivent, apparurent des crises nerveuses pendant lesquelles elle s’agitait, se mordait la langue et tombait à terre. Crises conscientes finissant par des pleurs et qui revinrent pendant trois mois. A la suite, mélancolie pendant deux ou trois mois, avec phobies diverses et à l’occasion de faits minimes. Depuis, toujours excitable.
Janvier 1905. La malade devient très irritable; se fâche, rit, pleure pour rien. Sommeil agité de cauchemars.
Depuis ce mois, surmenage, excès de calé (une dizaine de tasses par jour.
2 juin. Ayperexcitabilité. Wier, la pose de quelques ventouses lui a suscité une hilarité invincible et bruyante.
Très agitée la nuit; ne dort pas. Crises d'angoisse. Réflexes rotuliens exagérés, à droite surtout; quelques trépidations épileptoïdes.
Hypersensibilité généralisée superficielle et profonde, cutanée, souscutanée, musculaire, surtout au niveau de la fosse iliaque gauche.
7 juin. Il y a insomnie depuis déjà longtemps, mais elle s’est nettement aggravée depuis trois mois. La cause principale de cette insomnie serait la céphalée, violente, diurne et surtout nocturne. En plus, toute une série de troubles dénotant l'excitation psychique. Sensations douloureuses dans la jambe droite. Même état éruptif. Dépilation très modérée.
12 juin. Névralgie de la jambe droite semble s'atténuer. Depuis quatre à cinq jours, mal de gorge assez vif avec ulcération surtout à gauche et retentissement douloureux dans les- oreilles. Céphalée et insomnie persistent malgré À gramme d’antipyrine. Dépilation nulle. L’éruption tendrait plutôt à s'étendre vers les extrémités inférieures jusqu'aux pieds sous la forme folliculaire.
Début du traitement.
14 juin. Céphalée moindre hier ; la malade a un peu moins mal dormi. Mal de gorge s'était déjà atténué avant le traitement par des attouchements à la teinture d’iode ; il persiste encore une légère douleur.
Hir. 3
415 juin. Règles survenues avant hier avec six jours d'avance. Céphaléé très forte hier a diminué aujourd'hui. Eruption a beaucoup diminué aux membres inférieurs. Amygdales ulcéreuses.
16 juin. Traitement bien supporté. Céphalée a beaucoup diminué.
18 juin. Gorge va mieux. Pas de maux de tête, d'insomnie, ni de douleurs de jambes. Eruption. du tronc pälit. Cependant le lavement a dù être supprimé et remplacé par une pilule supplémentaire.
21 juin. Cette nuit, frisson assez violent avec tremblement durant deux ou trois heures, suivi de sueurs (T° 39°8). Rien n'explique jusqu’à présent cet accès fébrile; pas de symptômes toxiques caractérisés ; cependant douleurs abdominales plus vives. Urines rares, mais d’une façon habituelle (un litre environ).
23 juin. Frisson et fièvre n’ont pas reparu, mais la malade depuis se plaint de l’estomac et surtout de sensations de nausée. Régression continue. Urines toujours rares. Le 23, dans la soirée, douleur très violente au niveau d’üne molaire supérieure gauche qui est arrachée le lendemain matin; elle était cariée.
26 juin. Arrêt du traitement. Etat nauséeux persiste. Amygdales à peu près en bon état surtout à gauche, qui était de beaucoup la plus malade et dont les lésions semblent avoir nettement rétrocédé depuis l’avulsion dentaire. Eruption papulo-squameuse à presque disparu.
27 juin. Depuis deux jours, urines un peu plus abondantes (un litre environ). Etat nauséeux a disparu ce matin.
28 juin. Eruption a disparu.
3 juillet. Dysphagie gauche ; cependant l'examen de la gorge laisse voir des ulcérations plus nombreuses sur l’amygdale droite et seulement une tuméfaction légère avec peut-être exulcération en arrière du pilier postérieur gauche. Hypertrophie papillaire au sommet du V lingual ; quelques papilles fongiformes, hypertrophiées, rouges à la surface de la langue. Bon état général.
5 juillet. Amygdale droite est creusée assez profondément. Amygdale gauche, surtout à la partie superficielle, présente plusieurs petites ulcérations et la douleur persiste de ce côté, mais la malade la rapporte à la région prépharyngienne gauche où l’on sent d’ailleurs des glandes tuméliées sensibles au toucher. Sur la marge de l'anus, petit point érythémateux douloureux.
BR
Reprise du traitement.
6 juillet. Lésions amygdaliennes un peu accentuées. Dysphagie persistante. Petite érosion à la place du point rouge de la marge de l'anus.
8 juillet. Les deux amygdales sont très largement et profondément exulcérées, surtout la droite dont le pôle supérieur présente une excavation anfractueuse et sanguinolente. Les lésions du col utérin restent les mêmes et la métrite bien qu’atténuée persiste. Depuis la reprise du traitement qui n’a pas provoqué d'accident, la malade se plaint de nouveau d'anorexie et de lassitude.
10 juillet. Eruption à peu près complètement terminée ; seuls persistent quelques éléments pâles sur le tronc. Amygdales très améliorées. Traitement bien supporté, sauf un peu d’anorexie. Hyperesthésie cutanée et musculaire à presque totalement disparu. Réflexes redevenus normaux. Malade dort bien et paisiblement. Excitabilité a complètement disparu. Métrite toujours intense.
Les douleurs qui un moment avaient été très vives au membre inférieur droit n’existent plus.
La malade sort de l'hôpital.
OgBservaTiON Il Syphilis. — Chancre syphilitique du menton. — Traitement intensif d'emblée.
Ch..., vingt et un ans. Entré, le 20 septembre 1905, salle Aran.
Antécédents héréditaires. — Blennorragie il y a deux ans. Alcoolisme (deux litres de vin, deux litres de bière, deux apéritifs par jour).
Histoire de la maladie. — Vers le 15 août 1905 (un samedi), en se faisant raser, a été coupé dans la région où se développe le chancre actuellement, la plaie a un peu saigné. Il s’est essuyé d’abord avec son mouchoir, puis avec une serviette ayant servi à un client. C'était un peu avant quatre heures et demie du soir, a fait son service jusqu’à onze heures. Aurait eu ce soir-là des rapports sexuels, mais n’en est pas absolument certain, peut-être n’est-ce que le lendemain.
Vers le 5 septembre est apparu, au menton, un petit bouton « comme une verrue ». Le malade a voulu le percer, mais il n’est rien sorti: il n’y à pas eu de cicatrisation ; quelques jours après, l'ulcération a sup-