‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 9 sur 34 · LS DORE · texte numérisé non relu

LS DORE

bout de très peu de jours de traitement, avec une repousse en masse ultra-rapide de la chevelure (Obs. X VIT. b) TROUBLES GÉNÉRAUX :

La médication intensive donne des résultats rapides et certains

dans le traitement des troubles généraux de la période secon- daire.

D'un avis unanime, le mercure exerce sur la céphalée une action des plus puissantes, une action véritablement merveilleuse comme sûreté el comme rapidité de résultats. Nous ne nous étonnerons donc point de voir la céphalée céder dès les premiers jours d’un traitement intensif (Obs. XXIV et XXIX).

Notre traitement mercuriel a eu la plus heureuse influence sur les troubles nerveux qui surviennent à la période secondaire de la syphilis, surtout chez la femme. L'Observation I est particulièrement intéressante à ce point de vue. La malade avait des céphalées entraînant l’insomnie, une nervosité extrême avec crises d'angoisse fréquentes. de lhyperexcitabilité accompagnée d’exagération des réflexes, de l'hypersensibilité généralisée superficielle et profonde, cutanée, sous-cutanée et musculaire. Après deux périodes seulement de traitement, tout rentre dans l'ordre et la malade sort de l'hôpital, le système nerveux absolument calme. Dans les Observations IV, XXIV et XXV, mêmes résullats rapides : céphalée, nervosisme, hyperexcitabilité cèdent au bout de quelques jours de traitement.

3° Période tertiaire. — Parmi les accidents locaux de la période tertiaire que nous avons traités, nous n’avons eu que des succès : guérison prompte d’uleères (Obs. XV et XXVD; — syphilides tuberculo-gommeuses (Obs. XXID), syphilome diffus du front (Obs. VIID améliorés rapidement ; — gommes fondant en peu de jours sous les effets du traitement (Obs. VII et XX).

Mais là où le traitement intensif a fait véritablement merveille, c’est chez la malade de Observation XVI. Le diagnostic élait hésitant, lésion tuberculeuse ou lésion spécifique ? Les deux hypothèses étaient également admissibles, avec une tendance pourtant, en raison des antécédents tant personnels qu'hérédilaires, à voir plutôt les méfaits du bacille de Koch que du spiro-

Sn ee chœte dans un membre inférieur qui n’était plus qu'une vaste plaie. M. Jacquet crut un instant l’amputation nécessaire, mais, avant d’en arriver là, il voulut tenter la chance du traitement mercuriel. La malade refuse toute intervention sur la bouche, qui était dans un état déplorable.

Le traitement est commencé et dès le deuxième jour il y a amélioration ; les douleurs diminuent, une première période de cinq jours est faite; la malade a de la diarrhée et de la stomatite qui guérissent assez rapidement. Après quatorze jours de repos et devant les résultats surprenants fournis par cinq jours seulement de traitement, une deuxième période est recommencée ; l'amélioration s’accroit et cette fois-ci aucun symptôme d'intoxication, plus de diarrhée ni de stomatite. En quarante-cinq jours, quatre périodes de cinq jours sont faites. Cette malade, qui, par son mauvais équilibre physiologique, l’état déplorable de sa bouche, était particulièrement prédisposée à l’intoxication mercurielle, reçoit en moins de six semaines environ 30 centigrammes de mercure métallique ; elle n’en est nullement incommodée, en bénéficie au contraire dans la mesure la plus large ; les douleurs qui existaient dans les deux jambes se localisent immédiatement à la jambe la plus atteinte et l’état local s'améliore de jour en jour.

Mais après trois séries de traitement, le mercure ne semble plus avoir qu’une action médiocre sur les douleurs des jambes. Des poussées inflammatoires et douloureuses sont constatées plus particulièrement, selon la remarque de M. Jacquet, lorsque la malade est sous la menace d’une crise comitiale. Des bacilles de Koch sont trouvés dans le pus d’une petite fistule de la jambe droite par M. d'Heucqueville, interne du service, vérifiant ainsi le diagnostic, affirmé presque dès le début, d’une ostéomyélite complexe tuberculeuse et syphilitique ; ainsi s’expliquait l'influence heureuse du mercure sur l'élément spécifique et son impuissance envers les troubles d’origine tuberculeuse.

Nous avons enfin observé deux cas où des troubles généraux pouvant être attribués au tertiarisme ont bénéficié du traitement mercuriel intensif.

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Des accidents cérébelleux, dans l’Observation XIT, ont été améliorés rapidement à deux reprises différentes, et une hémiplégie avec aphasie (Obs. XX VIII) peut-être syphilitique a été traitée avec succès par le mercure.

En résumé, les résultats obtenus sont très favorables : dans la période primaire, accélération nette de la régression du chancre ; — dans la période secondaire, certains accidents sont restés réfractaires (plaques muqueuses), tandis que d’autres (roséole et surtout accidents nerveux) étaient très rapidement améliorés; — enfin, dans la période tertiaire, guérison constante et rapide des accidents que nous avons observés.

Sur les 32 malades traités, nous n'avons pas eu à constater un accident grave d'intoxication, en dépit des quantités mercurielles absorbées ; — de temps en temps, quelques coliques, de la diarrhée, surtout chez la femme ; — un peu de stomatite, de la lassitude, de l’anorexie passagères, mais tous incidents disparaissant immédiatement dès l’arrèt de la médication et ne se reproduisant pas, la plupart du temps, pendant les périodes suivantes du traitement (il semble se faire, en effet, une accoutumance rapide au mercure).

Voilà les résultats généraux obtenus, mais il nous manque, chacun nous en ferait la remarque, un élément important : c’est la durée totale qu'exige ce mode de traitement et la notion de son action sur les accidents ultérieurs : en d’autres termes, sa valeur préventive. Ce fait qu'on peut discuter encore sur celle du traitement ordinairement usité depuis tant d'années, fera comprendre que nous ne puissions pas indiquer quelle peut être l’action de cette méthode nouvelle, et nous sommes obligé, à ce point de vue, de faire les réserves nécessaires.

Quoi qu’il en soit, il nous a paru intéressant de contribuer à établir, en vue d’une action préventive possible du mercure, la résistance de l'organisme et les doses qui peuvent être atteintes sans inconvénients.

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