janvier. Dépilation continue. État général excellent
5 janvier. Dépilation persiste.
A1 janvier. On commence traitement intensif.
43 janvier. Malade souffre de coliques et de diarrhée. Suspension du traitement.
45 janvier. Dépilation toujours ‘abondante. Hyperesthésie du cuir chevelu au vertex. Douleurs de tête assez violentes.
17 janvier. Dépilation moins intense.
20 janvier. Traitement repris.
24 janvier. On arrête le traitement qui a été bien supporté. Dépilation de moins en moins abondante.
30 janvier. On reprend le traitement. Les cheveux commencent un peu à repousser. |
3 février. La malade a eu un peu de diarrhée dans l'après-midi d'hier. Ce matin, plus de douleurs ni de diarrhée ; on continue le traitement. Lésion ombilicale suinte toujours beaucoup; elle ne semble nullement améliorée. Les plaques anales sont guéries. Sur la peau de la région vulvaire, petites végétations grosses comme une {èle d'épingle et une petite lentille, apparues depuis quinze jours.
8 février. Traitement arrêté au bout de cinq jours. On constate une
repousse intense.
En
9 février. Il y a une repousse en masse ultra-rapide et les poils nouveaux, colorés, adhérents, parfaitement sains, ont une longueur de quelques millimètres à plus de 1 centimètre. Pas d’'hyperesthésie appréciable. La chute pour le reste est suspendue ; la traction est très douloureuse ; cependant pas d'hyperesthésie à la brosse ou à la pression. Pas de prurit. Tête plutôt sèche, ni grasse, ni sudorale.
Très bon état; pas de lésions buccales, ni-isthmiques, ni de l’arrièregorge.
19 février. Repousse continue. Certains cheveux nouveaux ont 2 centimètres. On reprend le traitement.
21 février. Arrêt du traitement pour coliques.
23 février. La malade sort; la repousse est d’une activité vraiment extraordinaire surtout à la région frontale et syncipitale. Sur la bosse pariétale droite, la repousse est beaucoup moindre, c’est sur ce côté que la malade est le plus habituellement couchée.
Actuellement, la chute des cheveux adultes conservés est minime et déjà depuis au moins une quinzaine de jours.
Très bon état général; il reste seulement quelques plaques ombi-
licales.
Ogservarion X VIIT Syphilis. — Condylomes végétants sur intertrigo habituel. — Epilepsie probable. — Roséole disparaissant après arrêt de la bromuration. — Une seule période
de traitement, avec efficacité nette.
R..., vingt-deux ans, doreur sur métaux. Entré, le 17 juin 1905, salle Aran.
Antécédents héréditaires. — Père pas très bien portant, sujet à des étouffements, travaille dans «le vin ». Mère serait morte à vingt-quatre ans, de la danse de Saint-Guy.
Antécédents personnels. — Jamais malade jusqu’à l’âge de dix-huit ans, Où il fut pris de crises épileptiformes survenant le matin au réveil. En quatre ans, en à eu une trentaine environ. Réformé au régiment au bout de six semaines à la suite d’une crise semblable.
Il y à deux ans, première blennorragie bien guérie en quinze jours. Il y à un mois et demi, le malade remarqua qu’au-dessous de ses bour-
BD
ses, à la partie supéro-interne des cuisses, la peau était rouge, enflammée, très prurigineuse.
Peu après, aux mêmes endroits, apparaissent des « boutons » et presque en même temps, sur tout le corps, une éruption du type roséole, très intense, sans démangeaison appréciable.
Le malade avait commencé depuis quelques jours un traitement aux trois bromures qu'il continua trois semaines, jusqu’à vendredi dernier. Il dut cesser pour intolérance (abattement, maux d'estomac).
Actuellement, la maculation rosée du tronc et des membres est très nette, bien qu’elle ait sensiblement diminué depuis trois jours, date à laquelle il vient consulter. Sur le serotum, à la partie supéro-interne des cuisses, nombreux condylomes végétants. Sur le prépuce, plusieurs petites ulcérations non indurées que le malade n’avait pas remarquées. Adénopathie inguinale double et adénopathie cervicale. Gorge rouge; pas de dysphagie.
Système nerveux. — Pas de changement dans le caractère, seulement depuis trois semaines dort mal, est agité; il attribue cette agitation à la démangeaison des bourses et aussi à la préoccupation que lui cause le manque de travail. Il aurait eu, il y à une ou deux semaines, des étoulfements produits par une douleur en ceinture accompagnée de douleurs vives, fugaces, dans les membres.
Urine, érections, rien d’anormal.
Sensibilité : Un peu d'hyperesthésie musculaire. Réflexes rotuliens normaux. Pas de Babinski. Réflexes pupillaires exagérés; sensitifs, très vifs. Réflexes cutanés exagérés.
23 juin. Il paraît évident que R... avait, de façon habituelle, de l'intertrigo et de la démangeaison aux aines et au périnée très longtemps avant toute éruption syphilitique. Et, d'autre part, il est sûr que la forte roséole du malade à débuté en plein traitement bromurique, qu’elle était très intense et très généralisée lors de son entrée et qu’elle a disparu en quatre à cinq jours après la cessation du bromure.
Bouche en traitement. Etat général meilleur.
1°" juillet. Bouche en bon état. Traitement intensif. Anorexie. Les lésions sont déjà en voie d'amélioration.
3 juillet. Amélioration continue. Lésions sont très allaissées. Une
pilule en plus.
5 juillet. Lésions s’effacent à vue d'œil. Traitement continue.
6 juillet. On cesse le traitement; le malade a eu des coliques.
7 juillet. Lésions presque guéries.
10 juillet. Malade sort. Etat général bon; n’a pas eu de crises. Etat du système nerveux à peu près le même.
OBsERVATION XIX Syphilis. — Roséole. — Plaques muqueuses buccales et vulvaires. — Action régressive commencée dès la première série de traitement; se continuant dans les
périodes intercalaires.
Claudine H..., trente-huit ans, cuisinière. Entrée le 24 mai 1905, salle
Rostan.
Antécédents hérédilaires. — Père et mère inconnus. Antécédents personnels. — Non mariée. Pas d'enfant. Pas de fausse
couche. Pas d’alcoolisme. Rien jusqu’à vingt-cinq ans (1891), si ce n’est de fréquents maux de gorge, des digestions difficiles et des douleurs fréquentes d'estomac.
1891. Angine diphtérique soignée à Lyon (hôpital de la Charité); depuis, rien de grave, mais « faiblesses » fréquentes et troubles gastriques presque continus.
Avril 1900. Abcès du sein (suite de coup), opéré à l'Hôtel-Dieu. Immédiatement après, apparition de plaques rougeâtres sur presque tout le corps. Soignée pendant deux ans à Saint-Louis.
Janvier 1905. Apparition sur le frein de la langue d’une écorchure prurigineuse. Angine violente. Grosse adénopathie sous-maxillaire gauche indolore. Elle consulte alors un médecin qui diagnostique une pharyngite et lui prescrit un gargarisme à l’eau phéniquée. Au bout de neuÎ jours, disparition de l’ulcération sublinguale. Mais la gorge reste malade et sur le corps et les membres apparaissent de petites plaques rouges disséminées, non surélevées, non prurigineuses.
Février. Disparition de l’adénopathie. Gorge toujours malade. Eruption persistante.
La malade retourne consulter son médecin qui lui découvre de petites plaques blanches dans la gorge. Traitement : Collutoire phéniqué. Pas de céphalée. Pas de dépilation diffuse.
TEE
Mème état jusqu’à aujourd’hui 24 mai.
Etat actuel (24 mai). — Plaques muqueuses et mal de gorge. Bon état général. Pas de céphalée. Pas de dépilation diffuse. Quelques maux d'estomac.
Sur le tronc, éruption érythémateuse disséminée.
Sur les bras, quelques éléments jambonnés disséminés.
Adénopathie inguino-crurale. Adénopathie sous-maxillaire.
Sur les grandes lèvres et dans le plf inguino-génital, plaques érythémateuses cireinées.
Gorge très rouge. Amygdales tuméliées, érythémateuses, avec un peu de suppuration eryptique. Fissure sanguinolente à la commissure. Bouche en très mauvais état.
29 mai. Traitement intensif.
3 juin. Traitement bien supporté. Un peu de diarrhée. Amygdales toujours très tuméfiées surtout à droite. Pharynx enflammé en entier. Adénopathie sous-maxillaire gauche douloureuse. Les grandes lèvres sont toujours bourrées de plaques œdémateuses et très rouges.
5 juin. La dysphagie qui existait a diminué; les lésions restent sensiblement les mêmes. Gingivite. Suspension du traitement.
9 juin. Les lésions continuent de régresser bien que le traitement soit interrompu depuis le 7 juin.
12 juin. Les lésions semblent continuer à régresser. Les cheveux tombent plus qu'avant depuis le quatrième jour. La malade dit que ses dent « branlent » davantage.
16 juin. Reprise du traitement. La gorge est détergée, mais les amygdales sont toujours volumineuses et rouges. Les lésions des grandes lèvres ont régressé nettement.
26 juin. Traitement bien supporté. La gorge continue de se déterger. Les lésions de la vulve sont en bonne voie.
28 juin. Gingivite surtout à gauche, en haut. Suppression du traitement.
30 juin. Reprise du traitement. Il semble que le pilier antérieur droit et l’amygdale droite présentent encore quelques lésions.
3 juillet. Traitement bien supporté. Gorge toujours rouge et un peu tuméfiée,
4 juillet. La malade sort de l'hôpital. Bon état général. Lésions
vulvaires ont complètement disparu. Amygdales, surtout la gauche,
sont toujours rouges et un peu grosses, mais non ulcéreuses.
OBservATION XX
Syphilis tertiaire. — Première manifestation à la suite d’un coup de pied sur le bas-ventre. — OEdème de la main et de l’avant-bras droils par compression ganglionnaire, — Guérison d’une syphilis circinée de la nuque en quelques
jours de traitement.
Louise P..., quarante-cinq ans, passementière. Entrée, le 25 juin 1905, salle Rostan.
Antécédents héréditaires. — Père mort à soixante et onze ans, apoplexie cérébrale. Mère vivante, bien portante. Quatre collatéraux morts en bas âge de maladie inconnue.
Antécédents personnels. — Mari bien portant au moment où elle s’est séparée de lui. Jamais de grossesse. Réglée à seize ans, très irrégulièrement. Elle boit du vin et des apéritifs. Rien jusqu’en 1886.
Histoire de la maladie. — 1886. La malade reçoit de son mari un violent coup de pied sur le bas-ventre : elle avait alors ses règles. Au bout de trois jours, apparition d’une éruption de boutons très abondants, incolores, sur les grandes lèvres et le pubis, éruption tout à fait analogue à celle que la malade présente actuellement. À ce moment, aucun autre trouble. Mais elle est obligée de garder le lit pendant trois mois, à cause de la gène résultant du coup de pied.
Une semaine après, «éruption de sang » sur tout le corps, plaques rouges, indolores, non prurigineuses, les autres lésions vulvaires demeurant les mêmes.
Pas de dépilation, pas de céphalée. Pas de maux de gorge ni d’adénopathie.
Aucun traitement. Les boutons vulvaires et l’éruption du trone durent deux mois et disparaissent d'eux-mêmes.
1886-1898. La malade a retrouvé l’état de bonne santé qu'elle avait précédemment, aucun trouble général ou fonctionnel, ni physique, ni psychique.
Août 1898. Réapparilion de l’éruption boutonneuse de la vulve, traitée par la malade avec des calaplasmes de fécule et disparue sans
ae
autre traitement au bout d’un mois; seule localisation cutanée ou muqueuse.
Septembre. La malade s'aperçoit un matin au réveil que sa main droite, dont elle n'avait jamais souffert, est tuméfiée. Cette tuméfaction, indolore, ne empêchant pas de travailler, est limitée au poignet. A cette époque, pas de trouble ni d'accident, au moins connus et capables de causer cet œdème. Depuis trois ans elle se servait d’un peigne de plomb pour démêler les soies qu’elle travaillait, mais n'eut jamais d'accident de saturnisme.
Avril 1903. Apparition sur la face antérieure de l'avant-bras gauche et la face postéro-interne de la cuisse, d’un petit bouton rouge non prurigineux, demeurant stationnaire pendant sept mois. Aucun autre accident,
Novembre. Les boutons de l'avant-bras et de la cuisse commencent à s'étendre petit à petit, sans que la malade puisse rapporter leur extension à quelque cause connue, et cette extension se poursuit jusqu’à novembre 1904, date à laquelle elle s'arrête.
Janvier 1905. Les lésions de l’avant-bras qauche et de la cuisse droite ont cessé de s'étendre, mais dans la paume de la main droite, au niveau des têtes métacarpiennes, apparaissent des petites plaques non ulcérées, non douloureuses, rougeâtres, s'accompagnant d’une rougeur de toute la région et à leur niveau la peau se sèche et forme de petites desquamations non suintantes.
Peu à peu la lésion envahit toute la paume de la main, puis la face antérieure de l'avant-bras, le tout ayant évolué en deux mois et ne s'étant accompagné d'aucun autre trouble local ou général.
Mais en même temps qu'elle s’étendait sur l’avant-bras, l'éruption s’accompagnait d’une tuméfaction croissante de toute la région, s’arrétant au pli du coude.
Aucun traitement.
La malade continue de travailler sans gêne.
15 mai. Même état des lésions cutanées. Sur la nuque, apparition, à la suite d’un repas au poisson, d’une éruplion non prurigineuse, très rouge, d’étendue égale à celle qu’elle présente actuellement.
20 mai. La tuméfaction de la main droile augmentant et les autres lésions restant stationnaires, la malade vient à la consultation et entre
dans le service.
+ HS
22 juin. Aujourd’hui. Bon état général. Bon sommeil. Appétit faible. Malade très excitable, rit sans cause. Pas de dépilation. Pas de céphalée. Réflexes patellaires et pupillaires normaux. Sensibilité normale. Pas d'adénopathie.
Vers la partie moyenne de la face postérieure interne de la cuisse droite, plaque sèche rougeâtre foncé, dentelée, incolore, circinée, avec quelques croûtes blanchâtres et grises surélevées à la surface.
Au-dessus du bord supéro-interne de cette plaque, petit îlot semblable isolé sur la vulve;sur la vulve, éruption folliculaire, formée de gros éléments confluents, mamelonnés, rosés, indolores, non suintants, donnant aux grandes lèvres un volume anormal et débordant en placards sur le pubis et dans les plis génito-cruraux.
Sur la face antérieure de l’'avant-bras qauche, vers le tiers moyen, plaque circinée en fer à cheval irrégulier, formée de deux files périphériques d'éléments papuleux rouges, brunàtres, juxtaposés et d'éléments anciens, bruns et plats avec entre elles une zone cicatricielle, blanchâtre, semée de taches brunes. Sur la paurne de la main droite, d'une coloration rosée diffuse, plaques plus rouges, desquamantes, surtout abondantes à la périphérie où elles forment une ligne sinueuse, débordant sur la face dorsale du pouce et dans les plis interdigitaux suintants. Se continuant avec cette lésion de la paume, placard érythémateux desquamant, à la surface gaufrée, sèche, à bords circinés, sur la face antérieure de l'avant-bras et en occupant le tiers inférieur.
La main droite en entier, sauf les deuxième et troisième phalanges, ei l'avant-bras sont uniformément tuméfiés, d’une tuméfaction molle, indolore, avec godet léger sur /a main, profond sur l’avant-bras. La tuméfaction est d’ailleurs peu dure.
La température du membre est égale à celle de l’autre côté. La force y est conservée, mais amoindrie; les mouvements d'extension, de flexion, de supination sont intacts ; pas de douleur à son niveau, pas de fourmillement, ni d'engourdissement. Sensibilité cutanée normale.
Sur Ja nuque, à la base du cuir chevelu et remontant dans les cheveux, éruption circinée cezématique, desquamante, non prurigineuse, débordant sur le cou à gauche et derrière les oreilles. Légère desquamation furfuracée sur la /empe droite.
Voüte palatine ogivale avec crète de Chassaignac. Gorge un peu
Dh
rouge. Poumons, rien. Cœur, bruits sourds et prolongés. Urines, pas d’albumine.
Aucun signe de compression actuel ou ancien sur le trajet du nerf intéressant le plexus brachial droit.
La malade présente une légère asymétrie faciale avec déviations des traits et de la langue à droite, adénite cervicale à droite. La pression du cubital au coude droit est absolument indolore.
28 juin. Les placards néoplasiques sônt en voie d'extinction spontanée.
30 juin. Les lésions continuent à régresser. L’œædème, par contre, a peut-être augmenté.
1° juillet. Mensuration.
Membre droit. — Main : à 6 centimètres au-dessous de l'articulation de la première et de la deuxième phalange du médius, 22 centimètres, face dorsale ; — avant-bras : à 10 centimètres du premier pli radio-carpien face centrale, 23 centimètres. — Membre qauche. — Main : 18 centimètres ; avant-bras, 16 centimètres.
3 juillet. Lésions cutanées en voie de régression, surtout sur l’avantbras et la main droits où elles ont presque disparu. Les règles qui étaient apparues hier continuent.
5 juillet. L’œdème du bras droit a augmenté. Sfatu quo de la lésion. Les règles ne sont pas terminées. Elle a été vaccinée il y a huit jours. Le vaccin a pris; il existe de la /ymphangile aiquë du bras qauche vacciné; main, 21 centimètres ; avant-bras, 21 cent. 5. L’œdème a donc diminué sensiblement.
La lymphangite du bras qauche à beaucoup diminué et se trouve circonscrite autour des pustules vaccinales.
La syphilide de V'avant-bras et de la main droits reste dans le s/atu quo.
Celle de l'avant-bras gauche continue de se flétrir.
10 juillet. Les règles, commencées il y a une dizaine de jours, ont disparu hier seulement, mais après avoir été dans les derniers jours intermittentes et faibles.
La lésion droite a régressé ; la lésion gauche également. L’œdème droit est un peu mou et les mouvements plus libres.
Depuis hier, diarrhée abondante (cause ?). A la vulve, régression.
Statu quo de la syphilide de la cuisse.
Lo TE
17 juillet. Bon état général. Les syphilides cutanées ont nettement rétrocédé, surtout celles de la main et de l'avant-bras droits. L’œdème a aussi diminué mais persiste. |
La diarrhée, qui était apparue il y a quelques jours, a complètement disparu.
La malade quitte l'hôpital avant qu'on ne lui ait fait aucun traitement.
17 février. La malade revient pour une poussée d’eczéma qu'elle à au moment des règles.
Le bras droit a un peu diminué; la malade, quand elle coud, par moment ne peut pas travailler. Mensuration comme au 1° juillet: Main, 19 centimètres (voir repères plus haut); avant-bras, 20 cent. 1/4. L'impotence du membre a augmenté un peu depuis la dernière fois; quelques douleurs à la face dorsale de la main el de l'avant-bras. A droite : Main, 18 cent. 1/2; avant-bras, 19 cent. 1/2. À gauche: Main, 17 cent. 1/2; avant-bras, 15 centimètres.
18 mai. A la nuque, vaste lésion, syphilide circinée. Fissure labiale commissurale à droite. Le dentiste n’a rien constaté d’anormal.
26 mai au 1° juin. Traitement intensif effectué sans encombre, sans diarrhée.
6 juin. Traitement est repris.
7 juin. Main droite, 19 cent. 1/2; avant-bras droit, 21 cent. 4/2. La vaste lésion cireinée de la nuque a presque disparu ; il n’en reste que des taches rouges, à peine surélevées.
12 juin. Deux séries de cinq jours de traitement ont été faites jusqu’à présent sans accident, les syphilides de la nuque et de l'avant-bras gauche s'améliorent encore. De la première, il ne reste presque plus rien.
1% juin. L'œdème de l'avant-bras est chaud, y a une différence de de 7 à 8 degrés entre la température de cette région et des régions voisines.
22 juin. L’œdème es/ moins chaud el paraît avoir un peu diminué.
24 juin. Avant-bras, 21 centimètres ; main, 20 centimètres. L'avantbras a diminué, mais la main a un peu grossi.
26 juin. Nouveau traitement intensif de cinq jours est commencé.
6 juillet. OEdème est beaucoup moins chaud.
A y DS
48 juillet. Règles apparues ce matin. L'ædème est de 6 à 7 degrés moins chaud que la peau normale. Main, 20 centimètres; avant-bras, 21 centimètres.
L’exploration de la région du cou montre à droite un ganglion douloureux à la palpation, gros comme un œuf de pigeon, qui comble l'espace maxillo-pharyngien, fait une saillie visible, déformant la région sterno-maxillaire, supprimant la gouttière maxillo-sterno-mastoïdienne.
Ce ganglion n'existe pas à gauche, en palpant le paquet sterno-mastoïdien et dissociant ses organes on sent que ce paquet est plus grêle à gauche qu'à droite; à droite, on y perçoit des masses ganglionnaires, les unes profondes, les autres plus superlicielles; on en trouve de plus petites également dans la région sus-claviculaire du même côté.
Continuant l'exploration vers la région maxillaire, on trouve, foujours à droite, les ganglions sous-maxillaires volumineux et le cordon lymphatique épaissi, gros comme une trachée de poulet, qui l’unit au ganglion génien, douloureux à la pression. Epaississement de la face toujours du côté droit et hyperthermie cutanée. Emergence des neris douloureux.
L’exploration de la bouche montre des chicots à la méchoire supérieure à droite et une dent cariée à la mâchoire inférieure du même côté. La malade n'a jamais souffert des dents.
20 juillet. L’après-midi, à quatre heures, on note, à la suite de Pexploration du matin, une hyperthermie très nette de l'avant-bras droit el surtout de la joue droite. Les règles sont apparues.
26 juillet. L'œdème est moins chaud, les règles sont terminées.
La malade quitte le service, en promettant de revenir faire soigner
sa dentition.
OgservaTION XXI
Syphilis. — Trois passages différents dans le service. — Traitement bien supporté,
mais peu régulier.
O..., quarante-huit ans, cuisinière. Salle Rostan. — Premier passage dans le service : Ulcérations du voile, des piliers
et du pharynx. Traitements locaux variés, amélioration, puis état sta-
Pr tionnaire. Traitement par onguent mereuriel. Amélioration rapide ; guérison presque absolue des ulcérations.
Début des accidents il y a trois ans.
Antécédents personnels. — À deux reprises a été soignée quinze jours dans le service pour maux de gorge; amélioration mais non guérison dans cet espace de temps, car la malade était obligée de quitter l'hôpital. Continuation du traitement quelques semaines chez elle, mais d’une façon inégale.
16 janvier 1905. Entre pour mal de gorge, dysphagie prononcée (même pour les liquides).
A l’examen, on constate une vaste ulcération bourgeonnante, à anfractuosités nettes, dont le fond est bourbilloneux, qui recouvre toute la partie postérieure du voile, atteignant et dépassant même les piliers. A droite et à gauche, les piliers ont plus ou moins disparu et sont remplacés par des anfractuosités. Luette en partie détruite.
La malade est spécifique; l’accident primitif est passé inaperçu. Roséole ? Plaques muqueuses ?
À son entrée, céphalée violente, à exacerbation nocturne, datant de plusieurs mois.
Bouche en très mauvais état. Ulcération empêche la malade de s’alimenter. Dysphagie très prononcée. Teinture d'iode; gargarismes.
La bouche est soignée et, dans les jours suivants, on note une amélioration nette; mais la malade se plaint toujours de sa céphalée.
11 février. Ponction lombaire suivie à quelques heures de distance d’une douleur dans la région lombaire, s'irradiant dans tout le côté droit. Persistance de la céphalée.
Les jours suivants, la malade se plaint de sa douleur du côté qui ne l’a pas quittée depuis la ponction. Aucun incident cependant au cours de la ponction : l'aiguille n’a pas buté; le liquide est bien venu (quantité — 15 centimètres cubes environ). Examen du liquide : tension moyenne. Lymphocytose moyenne.
De plus, à l'examen de la malade, sensibilité subjective plus vive dans tout le côté droit; réaction vaso-motrice plus vive du même côté. Le voile est plus rouge, plus enflammé, plus douloureux avec deux nouvelles petites ulcérations à 2 centimètres en arrière des dents de la màchoire supérieure, à droite de la ligne médiane,