‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 8 sur 34 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Résultats cliniques

Nous allons faire l'exposé des résultats obtenus par la méthode que nous venons de décrire.

Nous avons traité 32 malades (1): 4 étaient à la période primaire, {8 à la période secondaire, 10 à la période tertiaire.

1° Période primaire. — Nous avons eu à soigner # chancres; 2 chancres génitaux, 2 chancres extra-génitaux.

D’après la plupart des auteurs elassiques, le chancre, en général, guérit spontanément sous un pansement simple.

Nous trouvons que, sous l’action du traitement intensif, les chancres que nous avons pu observer, quelques-uns fort anciens déjà, ont rétrocédé rapidement. Le chancre du malade de l’Observation XIII qui datait de 57 jours et qui était en plein développement au moment du début du traitement, au bout des cinq premiers jours est déjà très amélioré et sa cicatrisation est complète au bout de huit jours. Peut-être peut-on faire intervenir ici l'influence du traitement local; il s'agissait d’un chancre de la verge et on avait employé certains topiques; par contre, dans l’Observation XXXI, nul pansement local. Ici le chancre de la commissure labiale datait de deux mois. M. Jacquet avait même constaté, le 25 mars, une légère «reviviscence »

(:) En réalité, il en a été traité plus d’une soixantaine dans le service de M. Jacquet, mais, pour différentes raisons, nous limiterons nos conclusions aux résultats qui nous sont fournis par les 32 observations que nous rapportons ici et qui, bien entendu, ne sont infirmés par aucun fait tiré des observations non reproduites.

Op

de ce chancre, coïncidant avec une douleur dans la gorge du même côté et après une seule période de quatre jours de traitement, il commence à se cicatriser rapidement en même temps que dégonflent les ganglions cervicaux engorgés. La malade sort de l'hôpital le 15 avril; elle y était depuis trois semaines et son chancre, datant de près de trois mois, cède à neuf jours seulement de traitement intensif.

La régression est encore des plus rapides dans les Observations Il et VI; le premier guérit après dix jours de traitement conséculifs, le second, après deux séries de cinq jours.

Cette méthode intensive semble donc influencer dans une certaine mesure le syphilome primaire, sans que son action soit, à beaucoup près, aussi nette que sur certains autres accidents, mais rien pourtant ne nous autorise à croire que la méthode intensive ait la vertu d’éteindre ab ovo la syphilis, de la faire avorter: en effet, dans l’Observation XXE, le traitement est institué quinze jours après l'apparition du chancre (5 septembre), le traitement est fait d'emblée pendant dix jours consécutifs et, en novembre, apparait une angine probablement spécifique.

2 Période secondaire. — Dans la période secondaire, nous envisageons les troubles cutanés et les troubles généraux.

a) TROUBLES CUTANÉS :

Roséole. — « Traitée, dit M. Fournier, la roséole se fane et disparait rapidement ». Nous avons assisté chez nos malades, plusieurs fois, à de -véritables éclipses de la roséole. Dans les Observations XIV ct XXIV, du jour au lendemain, sous l’in- Îluence du traitement mercuriel intensif, elle a totalement disparu. |

Syphilides ulcéreuses. — « S'il est un fait thérapeutique actuellement bien démontré (1), c'est que les syphilides secondaires de la bouche cèdent bien moins facilement à un traitement général, quel qu'il soit d’ailleurs, qu'au traitement local le plus simple. Si l’on attendait la guérison du mercure seul, on pourrait l’attendre en vain plusieurs mois. Le mercure n’est bon

(*) Fournier, Traité de la syphilis, €. [, p. 221:

PR TrARRE

qu'à prévenir ces accidents et à en modérer la repullulation habituelle, à en tarir la source, mais une fois produits, il n’exerce sur eux qu'une action curatrice des plus lentes ». Nous pouvions espérer, avec un traitement plus intensif que ceux employés jusqu'à ce jour, avoir une action positive sur les syphilides ulcéreuses secondaires. Il n’en a rien été. Dans l’'Observation I, les amygdales se couvrent d’érosions en pleine période de traitement; — dans l’Observation IF nous trouvons, à la date du 28 décembre : « Nulle modification des plaques de l’isthme, ni de la douleur qu’elles provoquent après cinq jours de traitement intensif » ; — dans l’Observation IX, la malade sort de l'hôpital, sur sa demande, avec des plaques amygdaliennes survenues après.cinq jours de traitement.

Hyperchromie syphilitique. — 1 est encore un autre accident de la période secondaire sur lequel le mercure, même administré intensivement, ne semble avoir aucune influence ; ce sont les syphilides pigmentaires du cou, le « collier de Vénus ». M. Fournier déclare que « sur l'invitation de quelques-unes de ses malades que désespéraient ces « affreuses taches du cou », il avait parfois poussé aussi loin que possible les doses de mercure et d’iodure sans en obtenir d'effets appréciables ». Plusieurs syphilitiques soumises au traitement intensif, entre autres celle de l’'Observation XIV, qui a subi une mercurialisation des plus importantes, ont actuellement de superbes syphilides pigmentaires du cou.

Condylomes syphilitiques. — Les condylomes ont les uns disparu rapidement (0bs. X et XVIIT), une propreté locale minutieuse aidant le traitement mercuriel, tandis que d’autres persistaient d’une façon désespérante (Obs. XIV), non modifiés par le mercure et paraissant, d’après M. Jacquet, en relation étroite avec une annexite dont les poussées douloureuses influençaient nettement la masse condylomateuse.

Dépilation syphilitique. — L'alopécie syphilitique est toujours atténuée, puis arrêtée, avec des soins locaux, l'assistance du mercure et un peu de temps (Fournier) ; nous reproduisons l'observation d’un cas de dépilation diffuse intense, arrêtée au

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