‹ Sur Un Nouveau Procédé D'Obtention Des Cristaux D'HémineChapitre 8 sur 11 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Les insuccès des premières préparations tiennent à diverses causes qu'une habitude assez courte permet facilement d'éviter. On a toujours la tendance, au début, d'employer trop de réactif. Cet excès de réactif à tout bonnement pour résultat, soit d’être une cause mécanique de gâchage des préparations, soit, si l'on a affaire à du sang ancien ou altéré, de dissoudre les cristaux. :

La technique des préparations, bien que très facile, demande quelque attention. C’est sur la lame porte-objets ellemême que l’on fait le mélange des réactifs, et du soin apporté à cette petite opération dépend souvent le résultat.

Voici comment nous procédons. Après avoir déposé sur la lame de verre une goutte de la solution sanguine à examiner (nous verrons plus loin la manière d'obtenir cette solution suivant l’état différent des taches de sang), on évapore à une douce chaleur. Quelquefois il se forme à la périphérie de la tache évaporée un liseré plus épais que la partie centrale. D'autres fois le résidu de l'évaporation donne une tache uniforme. On prend, à l’aide d’une baguette de verre, une goutte de la solution de chlore, et on la dépose, avec pré- Caution, au centre de la tache. On ajoute de la même façon une goutte de pyridine, et, toujours avec SAUCES une petite goutte de sulfure d’ammonium.

Ainsi le mélange des trois réactifs forme une grosse goutte globuleuse, qui ne déborde pas hors de la tache sanguine, et que la lamelle, déposée ensuite sans compression, étale sur celle-ci d'une manière uniforme. Un excès de réactif a souvent pour eflet, sous la pression de la lamelle, d’entrainer hors de cette dernière les parties les plus utiles à la préparation.

La cristallisation se produit au moment où se mêlent les réactifs. Dès qu'on a ajouté le sulfure d’ammonium, il apparaît une coloration rouge cerise. Il convient de ne pas trop atten- - dre, dès ce moment, à recouvrir la préparation avec la lamelle, car 1l se forme à la surface du réactif une pellicule jaunâtre de cristaux de soufre précipités qui restent emprisonnés ensuite entre la lame et la lamelle, et gènent beaucoup l'examen microscopique.

A l'œil nu, ou en regardant la préparation par transparence, on aperçoit un liseré rouge où brunâtre et des parties plus ou moins colorées au centre de la tache. C'est là que l'on trouvera les cristaux.

L'emploi des solutions alcooliques présente l’inconvénient suivant : quand on en dépose une goutte sur la tache évaporée, celle-ci s’imbibe rapidement, et le réactifse répand plus ou moins loin tout autour d'elle. Lorsqu'on ajoute la pyridine et le sulfure d'ammonium, le mélange se fait mal, et lon a souvent des préparations faites dans de mauvaises conditions qui ne donnent aucun résultat.

Après avoir doucement déposé une lamelle sur la préparation, on peut faire l'examen microscopique à l’aide d’un objectif sec, ordinaire. Nous nous sommes servis, pour examiner nos premières préparations, avec un oculaire 2, d'un objectif n 9. Nous avons essayé ensuite l'examen à l'immersion (objectif 1/18) et nous avons pu remarquer qu'il offrait des avantages réels. L'observation est moins fatigante, Îles

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préparations sont plus distinctes, les cristaux apparaissent plus nettement. Nous conseillons donc ce mode d'examen.

Ces divers points étant passés en revue, 1l nous faut dire un mot relatif à l’état du sang destiné à l'examen.

Les cas sont très rares, pour ne pas dire qu'ils ne se présentent point, dans la pratique médico-légale, où l’on a affaire à du sang frais. Il s’agit ordinairement de taches plus on moins anciennes. S'ilexiste, à la surface d’une étoffe, ou d’un objet quelconque, des croûtelles sanguines que l’on puisse facilement enlever, on les grattera avec une aiguille: ou la pointe du scalpel, et l’on s en servira pour faire une solution. On pourrait, à la rigueur, en déposer un tout petit fragment sur la lame de verre, et pratiquer ainsi la réaction. Mais il vaut mieux avoir une dissolution, que l'on fera soit avec de l’eau distillée, soit, si les taches sont anciennes, avec un peu de lessive de soude (20 °/.).

Si les taches imbibent le tissu sans présenter de croûtelles, on agira de la façon suivante : on les découpe en suivant leurs contours et on les fait macérer dans un verre de montre avec un peu d'eau distillée.

Parfois, sur une arme ou un objet de fer quelconque, sont des taches de rouille mêlées de sang. Il suffit de déposer sur la tache deux ou trois gouttes d'eau, et on laisse ainsi se faire la dissolution. On peut même gratter avec la pointe d'une aiguille la surface tachée. Nous avons procédé ainsi, et la présence de la rouille, comme nous aurons l’occasion de le dire, n’a en rien contrarié l'examen des préparations, et empêché le diagnostic.

Le docteur Lecha-Marzo emploie, pour obtenir les cristaux d'iodo-hématine, une solution alcoolique d'iode au TO contenant la même proportion d'iodure de potassium. Nous nous sommes servi de cette solution. Sa solution aqueuse d'inde est au 1/2$° et renferme 1/50° d'iodure de potassium.

Nous avons employé aussi la solution de Florence, qui contient un peu plus d’iode.

Nous n'avons rien de particulier à dire en ce qui concerne les solutions aqueuses de chlore et de brome dont nous nous sommes servi pour nos expériences.

Ce qu'il importe en somme de retenir dans la technique des préparations, c'est qu'il faut éviter Pemploi d’une trop grande quantité de réactif. Si l'on a péché dans ce sens, on pourra tâcher d'y remédier en présentant un angle de papier buvard à l'excès qui déborde sur les côtés de la lamelle, rendue’ glissante. Mais il faut aller ici prudemment, car l’aspiration peut fort bien quelquefois entrainer au dehors les partiés utiles à l'examen.

Nous avons insisté à dessein sur ces petits détails de technique. Il est temps à présent de faire l'exposé de nos recherches.

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