OBSERVATION IV
Cug.…. Jacqueline, âgée de 4 mois, nous est amenée à la Salpêtrière, pour des troubles oculaires et pour un double pied bot, qui existaient déjà à la naissance.
Les parents sont bien portants. Ils ont deux autres enfants, nés avant le petit malade, qui sont bien portants. Pas de fausses couches. La dernière grossesse, comme les précédentes, a été normale, l’accouchement s’est fait normalement, l’enfant avait une circulaire du cordon, il n’était pas cyanosé, bien qu’on eût eu quelque peine avant d'arriver à le faire respirer normalement.
Dès la naissance on constate le double pied bot, ainsi que la fixité du regard, le regard n’est pas attiré par la lumière au point que la mère craint que son enfant ne soit aveugle, elle note cependant que les mouvements de verticalité et de convergence sont conservés ; c’est le mouvement de latéralité qu’elle ne constate jamais. La convergence des globes oculaires, permanente pendant quelques semaines, n’est plus qu’intermittente actuellement. La mimique de l’enfant attire également l’attention, le rire ou le pleurer ne s’accompagne pas de l’expression correspondante : « Elle rit avec sa gorge » dit sa mère ;
de même quand elle pleure, en dehors des cris, rien ne
L'apre
l'indique dans la mimique. L'enfant n’a jamais eu de difficulté pour téter ou pour avaler.
À l'examen du 13 novembre 1928 on constate trois ordres de phénomènes :
a) Un état particulier de la musculature oculo-palpébrale ;
b) Un état particulier de la musculature faciale et vélo-palato-laryngée ;
c) Un double pied bot congénital.
On est frappé d’abord par le regard fixe de l'enfant, l’absence de clignement ; les seuls mouvements persistants sont de légers mouvements de convergence. Quand on provoque une excitation visuelle en déplaçant le doigt devant les yeux on constate :
19 La conservation des mouvements de verticalité ;
20 La conservation des mouvements de convergence, bien qu'il y ait un certain état de spasme de la convergence permanent et qu'il y ait une légère discordance entre les deux veux, l’œil gauche convergeant moins ;
30 L’abolition complète des mouvements de latéralité, qui ne porte pas seulement sur les mouvements volontaires, mais sur les mouvements automatico-réflexes également : en particulier, absence complète de mouvements de latéralité aux excitations lumineuses et autres, absence complète des mouvements syncinétiques dans la rotation forcée de la tête. En plus la motilité palpébrale semble être modifiée : d’une part, absence de clignement spontané, d’autre part, absence de clignement réflexe par percussion naso-palpébrale.
En second lieu, on est frappé par une immobilité
faciale, une amimie, qui est surtout frappante lorsque