‹ Sur une forme anatomique du cancer du sein: La forme hémorragiqueChapitre 14 sur 21 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

Fig. 1. — Ilots tumoraux (4) encerclés par des travées conjonctives (6) d'où naissent les lacs hémorragiques intra-tumoraux (c). — Zone de nécrose intra-tumorale (d), simulant les foyers hémorragiques. — Vaisseau (v). ‘

Fig, 2, — Noyer hémorragique à un fort grossissement. — Hémorragie intratumorale (a) où les globules rouges sont nettement reconnaissables, fille est issue du stroma (4). — À sa périphérie, les cellules tumorales (c) sont refoulées, tassées, ailleurs (d) elles sont moins pressées les unes contre les autres.

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Fig. 3. — Métastase ganglionnaire. — L'envahissement par les cellules tumorales (a) est presque total. Dans l'angle supérieur gauche cependant, on reconnaît encore une zone ganglionnaire d'aspect normal (b).— Dans l'angle inférieur gauche, zone de sclérose (c) avec dépôt de cristaux de cholestérine (d). — Hémorragie intra-tumorale (s).

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curage de l’aisselle. Anesthésie au chloroforme. Les suites opératoires furent normales et la malade quitta l'hôpital vingt-quatre jours après l’opération.

Examen macroscopique. — La tumeur est située en plein tissu mammaire, plus près de la surface que de la profondeur: Son grand diamètre mesure 4 à 5 centimètres ; elle n’a guère par contre que 1 centimètre et demi à 2 centimètres dans le sens antéro-postérieur. lle n’est nullement encapsulée et se perd insensiblement dans le tissu glandulaire avoisinant. Elle est constituée par un tissu ferme à la coupe, blanc grisâtre, parsemé de petits points brunâtres, presque noirs, groupés en certaines zones, plus disséminés en d’autres. Près de sa surface existe une zone jaune-brunâtre relativement beaucoup plus étendue.

Des cinq ganglions prélevés, quatre sont relativement volumineux, durs à la coupe et présentent eux aussi de petits points brunâtres, plus ou moins volumineux, disséminés au sein d’un tissu blanc-grisâtre. Le cinquième de la taille d’un grain de blé ne paraît pas envahi.

Examen histologique. — N° 1.327. Tumeur montrant des îiots de cellules tumorales, relativement volumineux, séparés par des travées conjonctives peu épaisses, de type adulte. Chacun de ces îlots est constitué par des cellules polygonales, basophiles, de dimensions moyennes, à noyaux assez irréculièrement arrondis, parfois même anguleux, ne présentant ni monstruosités, ni mitoses. En aucun point, on ne note d’arrangement acineux.

On ne peut manquer d’être frappé à. l'examen de cette tumeur par la présence de très nombreux lacs sanguins, le plus souvent régulièrement arrondis, logés au sein même des éléments tumoraux, dont ils repoussent les cellules à la périphérie, les tassant les unes contre les autres (fig. 1). En d’autres points, ces plages sanguines, naissent indiseutablement du tissu conjonctif, d’où elles diffusent à travers les îlots tumoraux en les refoulant progressivement (fig. 2).

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L'aspect centro-alvéolaire un peu surprenant qu’elles offrent en majorité n’est donc dû qu'aux incidences de la coupe.

Nulle part, ces nappes sanguines n'apparaissent bordées par un endothélium.

Au faible grossissement, simulant un peu ces plages, il en existe d’autres, qui, elles, sont des plages de nécrose tumorale. Elles se distinguent des précédentes, au fort grossissement, par la présence de noyaux en pycnose et l’absence de tassement périphérique des cellules qui apparaissent au contraire effritées et dont les modifications d’affinité tinctoriale traduisent déjà un début de dégénérescence (fig. 1).

À la partie toute superficielle de la tumeur existe une vaste zone à la fois nécrotique et hémorragique qui présente, surtout à sa périphérie, des dépôts de pigment ocre, donnant la réaction du bleu de Prusse. Celui-ci se retrouve d’ailleurs en d’autres points de la tumeur, quoique moins abondant, sous forme soit d’agglomérats, soit de granulations disséminées au sein des travées conjonctives ou des îlots hémorragiques intra-tumoraux. j

Par l’argentation suivant la technique que nous avons indiquée au début, on voit les granulations, qui tout à l'heure avaient présenté la réaction du bleu de Prusse, sous forme de petits amas brunâtres. Ce n’est qu’en de très rares zones que l’on peut noter la présence de fines granulations franchement noirâtres intra ou extra-cellulaires. Elles sont toujours localisées dans le tissu conjonctif ou dans les zones de nécrose ; les cellules tumorales en sont complètement dépourvues. Il ne saurait donc être question d’une tumeur mélanique, si un doute avait pu s'élever à ce sujet, à la simple constatation des dépôts pigmentaires, avant toute réaction spécifique. °

Il n'existe pas d’envahissement de l’épiderme dont la tumeur est séparée nettement par le tissu cellulo-adipeux sous-épidermique. On note, par contre, un envahissement par les cellules tumorales de la graisse périphérique, qui ne présente aucun signe réactionnel de métaplasie conjonctive,

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mais seulement une infiltration très discrète à petites cellules inflammatoires de type lymphocytaire.

Les lymphatiques sont nettement envahis, mais les vaisseaux sanguins ne le sont pas.

Des cinq ganglions prélevés, quatre sont le siège de métas: tases massives. Le cinquième, de la taille d’un grain de blé, n’est envahi que de façon discrète. Les cellules tumorales sont de même type que celles de la tumeur et disposées également en îlots volumineux, séparés toutefois par une trame conjonctive beaucoup plus fine. On note de même la présence de nombreux foyers hémorragiques intra-tumoraux et on peut mettre en évidence des dépôts ferrugineux au niveau de la trame conjonctive et de la capsule. Ces foyers hémorragiques, sur la fig. 3, n'apparaissent pas aussi nombreux qu'ils l’étaient en d’autres points, maïs nous avons choisi celui-ci pour bien montrer qu'il s’agit d’un ganglion, dont on reconnaît encore une zone non envahie à sa partie toute supérieure. L'’argentation a montré des granulations brunâtres, avee des localisations identiques à celles du pigment ferrugineux, qui semble bien en constituer le substratum. Sur l’un des ganglions cependant, — celui représenté fig. 3 — au pourtour d’une ancienne zone nécrotique en voie de sclérose, à l’intérieur delaquelle se voient les moules de cristaux cholestériniques dissous par les liquides d’inclusion, on note un semis de petites granulations prenant la coloration noirâtre de la mélanine. Pas plus d’ailleurs que pour la tumeur on ne saurait affirmer qu'il s’agit de dépôt de mélanine vraie et nous ne pouvons conclure à une métastase de cancer mélanique.

Comme au sein de la tumeur, on trouve encore dans ces ganglions quelques zones de nécrose intra-tumorale.

La recherche de la mucicarminophilie s’est montrée négative aussi bien au niveau de la tumeur que des métastases ganglionnaires.

OBs. II. — Il s’agit d’une femme de quarante-trois ans, qui vers la mi-août 1932 ressentit quelques élancements dans le

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