‹ Sur une forme anatomique du cancer du sein: La forme hémorragiqueChapitre 17 sur 21 · DISCUSSION DES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES OBSERVATIONS

4° Au point de vue diagnostic histologique.

Il nous est possible maintenant de synthétiser en quelque sorte les caractères fondamentaux de la forme hémorragique que nous venons de décrire.

Elle est essentiellement caractérisée :

Par la présence de nappes sanguines localisées, multiples, situées soit au centre même des îlots tumoraux, soit le plus souvent, au niveau du stroma.

Par l'absence de revêtement endothélial autour de ces nappes dues à une rupture vasculaire.

Par l’existence enfin, dans la forme hémorragique typique, de lacs sanguins identiques au niveau des métastases ganglionnaires.

Si l’aspect histologique de la tumeur décrite par LEROUX et PERROT peut paraître identique au premier abord, on s'aperçoit cependant qu’elle diffère des nôtres en un point tout au moins. Il existe évidemment de nombreuses nappes sanguines intra-tumorales, mais elles ne sont pas liées à la rupture des capillaires normaux du conjonctif, elles se rattachent à un état d’angiomatose diffuse de la trame conjonctive que l’on retrouve éga-

lement dans les portions non cancéreuses de la glande mammaire. |

Il en est de même dans l’observation de RoOLoOFr. C’est une angiomatose diffuse et considérable, se manifestant aussi bien au niveau des vaisseaux de la tumeur que de ceux du tissu graisseux, Angiomatose si marquée qu’elle eut une manifestation clinique : la constatation par la malade d’une période durant laquelle sa tumeur diminua. D'autre part, malgré la présence de métastases ganglionnaires, celles-ci ne présentaient aucun foyer hémorragique. |

Nous ne voudrions pas terminer ce rapide aperçu diagnostic, sans signaler une cause d’erreur, à vrai dire possible seulement à un faible grossissement. Nous voulons parler des zones de nécrose centrale des îlots tumoraux. On rencontre très fréquemment, en effet, dans les tumeurs mammaires, au centre d’ilots tumoraux, volumineux le plus souvent, des zones nettement acidophiles qui, à un examen rapide et au faible grossissement, pourraient en imposer pour des lacs hémorragiques. En réalité, ces zones se colorent moins intensément que les lacs sanguins. À un fort grossissement, on s’aperçoit qu’il s’agit là de foyers nécrotiques, reconnaissables à la présence, au sein d’une masse amorphe, de quelques granulations basophiles, vestiges de noyaux en pyenose. D'autre part, les cellules tumorales qui les bordent, au lieu d’être tassées, refoulées comme cela a lieu lorsqu'il s’agit d’une hémorragie, sont effritées et présentent une affinité tinctoriale différente de celle

des cellules tumorales saines.

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