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port sexuel depuis près de deux mois au moment où un nouvel abcès intra-uréthral survint. Ce nouveau grain de Littrite mit près de trois jours à suppurer et l’écoulement se généralisa en moins de 48 heures accompagné de signes généraux un peu plus bénins : température ne dépassant pas 38°3, douleurs erratiques à la nuque, aux épaules et au niveau d’une cheville. Une cure normale de Néo-Coccyl fut immédiatement conseillée. L’administration de ce Sulfamidé fut assez mal tolérée ; J. H. éprouva dès le second jour des impressions de fourmillements intenses et constants dans les membres, des vertiges et une sensation de fatigue générale considérable. Le Néo-Coccyl fut cependant continué pendant neuf jours, mais il n’amena aucune modification appréciable de l'écoulement.
C’est alors que, découragé par cet insuccès et las des essais thérapeutiques infructueux auxquels il avait été soumis au cours des rechutes précédentes, ayant encore au niveau du canal des douleurs après chaque miction et souffrant la nuit d’érections très pénibles, ce jeune homme essaya, sans avis médical, une spécialité à base de balsamiques en suspension dite colloïdale (santal, copahu, etc.). Cet unique traitement parut faire merveille. Les douleurs cessèrent assez rapidement : l’écoulement diminua puis disparut complètement en moins de quinze jours. Par précaution et malgré un début d’'intolérance gastrique, J. H. persévéra dans ce traitement pendant encore 15 autres jours. Hélas, dès que cette spécialité cessa d’être absorbée, l’écoulement reprit avec la même intensité qu’au début, ‘ accompagné encore de douleurs à la miction. Une analyse
noie.
montrait au bout de quarante-huit heures la présence de nombreux diplocoques intra et exfra-cellulaires fortement colorés.
Ecoulement uréthral abondant, pesanteur dans les bourses, courbature, état subfébrile, douleurs articulaires vagues, c’est dans cet état que ce malade dut rejoindre son Corps au moment de la mobilisation. Pour amener une sédation qui lui permette de circuler, il prit de nouveau quelques doses de la spécialité signalée ci-dessus puis fut envoyé en consultation à l'Hôpital Dominique-Larrey où il fut traité par le Dr. L. Gautier, Assistant de M. le Professeur Chevassu, de la façon suivante : Suppression totale des traitements par voie buccale et des lavages uréthraux avec un régime alimentaire très strict surtout lacto-végétarien avec proscription absolue de toute boisson autre que l’eau, les tisanes diurétiques légères et le lait et de tout aliment épicé ou fermentescible. La suppuration uréthrale, douloureuse au début, subit une première phase d'augmentation puis diminua peu à peu comme il avait été prévu, la muqueuse reprenant d’elle-même sans doute un pouvoir antitoxique qu’elle avait perdu à la suite des nombreux traitements suivis soit par voie buccale, soit par injections locales. Un auto-vaccin fut préparé à la concentration de huit milliards par ec. grâce à l’amabilité du Dr. Debat et du Dr. Aïtoff, son Chef de Laboratoire. Le Dr. L. Gautier prescrivit en même temps un Opiat à base de Beaume de Copahu et de poivre de Cubèbe.
Les premières injections d’auto-vaccin ne donnèrent que peu de réactions locales et générales. Faites très prudemment en commençant par 1/8 de Ce. elles fu-
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rent renouvelées seulement lorsque la rougeur locale de l’injection précédente avait totalement disparu, de manière à être sûr de né pas réinjecter pendant la phase dite négative ; les doses de 1/4, 1/2, 3/4 et 1cc. furent ainsi successivement administrées. L’écoulement devenait de moins en moins appréciable ; des lavages faibles furent alors de nouveau prescrits ainsi qu’un autre Sulfamidé, le Sulfagone Carrion, aux doses de 8-8-6-4-3-3-2 comprimés par jour. Le Sulfagone fut mieux toléré, il ne provoqua que des phénomènes vertigineux légers. Grâce à l’ensemble de ce traitement, la guérison fut enfin obtenue après sept mois de soins.
Quel sera l’avenir de ce malade ? L’infection primitive dura huit mois ; les rechutes (quatre en cinq ans) curent chacune une durée de quatre, cinq, six et même sept mois. La phase actuelle correspond-elle à une guérison vraie ou sommes-nous en face d’une nouvelle période d’accalmie ? L’avenir seul nous Ie dira. Quoi qu’il en soit, l'observation que nous venons d'exposer permet déjà de préciser un certain nombre de points et d’individualiser une forme clinique grave assez particulière
de Gonococcie.