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ANATOMIE MACROSCOPIQUE

Le volume du foie est constamment exagéré et à l'intervention il apparaît plus ou moins abdominal.

Sa forme est le plus souvent grossièrement conservée. Néanmoins elle peut être profondément modifiée : dans deux observations on note l’aspect typique du foie ficelé avec ses grandes incisures cicatricielles, balafrant profondément la surface de l’organe. |

La surface présente un aspect anormal : on note un épaississement de la capsule de Glisson, un état irrégulier, granuleux, scléreux du parenchyme dont la consistance est augmentée, dure.

Dans l’ensemble, l’aspect est celui du foie de la cirrhose hypertrophique alcoolique banale.

b) ANATOMIE MICROSCOPIQUE.

Pas plus que les lésions spléniques, les lésions hépatiques ne présentent de caractères spécifiques. Ce sont des lésions banales de cirrhose, le plus souvent à prédo-

P. FRUMUSAN 6

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minance péri-portale et avec une importante réaction hypertrophique.

Mais ce qu’elles offrent de tout à fait particulier et de hautement significatif, c’est qu’on y rencontre tous les stades d'ancienneté, depuis l’extrême début de simple hépatite initiale jusqu’à la sclérose annulaire la plus invétérée, selon qu’on s’adresse à un malade opéré précocement ou tardivement dans l’évolution de l’affection.

Voici les résultats de l’examen histologique du fragment de biopsie dans quelques-unes des observations :

Obs. Maison n° 2. — Lésions très discrètes constituées par une simple hyperplasie conjonctive des espaces portes.

Obs. n° 3. — Lésions d’hépatite subaiguë avec hypertrophie nodulaire périphérique, la périphérie du nodule comprimant les autres parties du parenchyme. Dans certaines régions seulement, on observe déjà la production de bandes scléreuses à distribution périlobulaire en bordure des territoires hypertrophiques : donc image d’une cirrhose péri-portale au début.

Obs. Carnot, Harvier et Caroli. — Cirrhose jeune, n’ayant pas dépassé le stade insulaire (plages de sclérose à prédominance péri-portale, réticulose intra-lobulaire peu accentuée).

Obs. n° 6. — Cirrhose annulaire assez marquée.

Obs. n° 1. — Cirrhose péri-portale avancée.

On voit par ces quelques exemples que l’on rencontre tous les stades d’hépatite chronique scléreuse, depuis la simple hyperplasie conjonctive des espaces portes jusqu’à la cirrhose annulaire franchement organisée.

En dehors de ces caractères évolutifs, les lésions de

sclérose hépatique présentent encore deux particularités notables :

— la prédominance péri-portale nette ;

— l'importance de la réaction hyperplasique lobulaire, véritable processus de défense, signalé formellement dans toutes les observations, mais particulièrement important dans l’observation de Carnot, Harvrer et Carozr. « On a l’im- « pression que la biopsie a porté au milieu d’un « tissu adénomateux ; les travées sont repliées « sur elles-mêmes, serrées les unes contre les « autres, écrasant la lumière des vaisseaux. »

Ajoutons, enfin, que dans certaines observations LarGneLz-Lavasrine et Amour. F. Liser) on signale une tuméfaction des cellules de Kuprrer, dans certaines autres (HouckEe) de la pléthore des vaisseaux portes.

30 Etat de la veine splénique et de la veine porte.

Dans aucune des observations, on ne trouve macroscopiquement, à l'intervention ou à l’autopsie, de lésions grossières, évidentes de la veine splénique, de ses branches d’origine ou du tronc même de la veine porte: Jamais ces veines ne se sont révélées thrombosées.

Cependant on est frappé, tout particulièrement à l’intervention, du caractère de dilatation, de turgescence du système porte, surtout au voisinage de la rate et dans l’épiploon gastro-splénique, témoin très certainement de la pléthore consécutive à la stase qui engorge ces Vaisseaux.

Microscopiquement, la veine splénique et ses rameaux d’origine présentent, dans les cas où l’examen à pu en être pratiqué, des lésions de phlébite chronique hypz2rplasique ou d’endophlébite proliférante.

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4° Etat de la paroi gastro-duodénale chez les malades morts d’hémorragie digestive.

S'il fallait nous borner aux observations de cirrhose hypertrophique anictérique pour étudier les modifications imprimées au tractus gastro-intestinal par les hémorragies digestives, nous serions embarrassés par la pénurie des documents nécropsiques, puisque nous ne pourrions utiliser que les deux observations empruntées à la thèse de Maison. Heureusement, nous n’avons pas besoin de nous limiter aussi sévèrement. Les hémorragies digestives ne constituent pas une mamifestation propre à la cirrhose hypertrophique anictérique. Comme nous l’avons déjà vu plus haut, elles sont absolument identiques, dans leurs manifestations cliniques et dans leurs circonstances d'apparition, à celles que l’on observe dans la maladie de Banti, dans les splénopathies dites primitives, dans les cirrhoses en général. Tout permet de dire qu’il s’agit là d’un phénoemène d'interprétation univoque et de mécanisme semblable. Nous nous bornerons donc à rappeler ei ce que nous savons des lésions gastro-intestinales en rapport avec les hémorragies digestives dans les cirrhoses et dans les splénopathies. Empressons-nous d’ajouter d’ailleurs que ces notions se trouvent entièrement con-

firmées par les deux autopsies des observations de Mason.

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