SALONS
phie du foie qui empêcherait la descente du diaphrame (1).
En 1885, Sturges émit cette idée que le laryngospasme serait forcément fatal si c'était une convulsion isolée des muscles du larynx, « mais ce qui sauve le malade, dit-il, c'est un spasme correspondant de la part du diaphragme; un soudain agrandissement de la cavité thoracique est ainsi produit par la contraction de ce dernier. Eten même temps l’air entre, gonflant les poumons. Cette irruption de j’air est assez puissante pour vaincre la résistance des cordes vocales, ce qui produit l'ënspiratory stridor » (2).
Puis vint Hughling-Jackson qui fut l’auteur de deux théories. Dans la première (3) le spasme glottique est considéré comme une convulsion partielle, partielle « à cause de la coordination imparfaite des différentes parties du système nerveux ». Dans la seconde (4) il répudie la première, soutenant la thèse suivante: « Le stimulant naturel du centre respiratoire est le sang veineux; si pour une raison quelconque il ÿ a augmentation de la quantité de ce sang veineux (comme cela peutrésulter des rétrécissements rachitiques de la poitrine), le mouvement respiratoire rythmique ordinaire sera remplacé par un spasme respiratoire, qui est le laryngospasme. » (Gay) (5).
(4) Hoon : On scarlet fever and crowing inspiration, 1857. “(2) Srurces : Medic: Times and Gazette, 1885.
(3) HuGnzinG Jackson : Reynold's system of medecine, vol. I, p. 220. (4\ Huenune Jackson : Brain, 1886.
(5) Gav: Laryngismüs, Brain, vol. XII, 1890.
Il semble donc que c’est au rachitisme qu'Hughling Jackson rapporte, en partie au moins. le spasme de la glotte.
Gay (loc. cit.) présente à cette théorie les objections suivantes :
1° Les sujets affectés de laryngospasme n'ont pas nécessairement la poitrine rétrécie par le rachitisme.
2° Il est fréquent de ne voir aucune coexistence du laryngospasme dans les cas extrêmes de rétrécissement rachitique de la poitrine.
3° Même quand ce rétrécissement est extrême, on ne voit que rarement des signes extérieurs de l'augmentation de la quantité du sang veineux, sauf dans le cas de bronchite ou de pneumonie concomitante.
4 Les enfants rachitiques sont sujets aux atteintes bronchiques et pulmonaires de toute espèce, dans lesquelles on constate de la congestion veineuse nette, mais cependant pas au laryngospasme ;
5° Quoiqu'il puisse n'y avoir aucune apparence
d'augmentation de la quantité du sang veineux dans
les instants qui précèdent une attaque, cette augmentation devient évidente à mesure que le paroxysme progresse à tel point que le visage du malade devient littéralement noir.
Cette théorie, par conséquent, admet l'existence d'un cercle vicieux, la supervenosis commence le paroxysme, et le paroxysme augmente l'état congestif de telle sorte que le spasme de la glotte consisterait en un seul spasme respiratoire, formidable et néces-
sairement fatal.
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Puis Laeschner essaya de démontrer que le spasme glottique dépend d'un état hyperémique du cerveau. On trouve en effet cet état après la mort; mais, dit Gay, « la maladie elle-même est si nettement de nature fonctionnelle, qu'il n'y a aucune nécessité de discuter ces vues ».
En 1887, Comby (1) reconnaît au spasme de la glotte une origine infectieuse. Le point de départ de cette infection n’est autre qu'un trouble de la fonction digestive, dont la cause première sera trouvée le plus souvent dans une dilatation de l'estomac.
En 1893, Kassowitz (2) cherche à démontrer que le spasme glottique et la tétanie sont une seule et mème affection placée sous la dépendance immédiate du rachitisme, et plus particulièrement du rachitisme cranien (Comp. avec la thèse d’'Elsaesser 1843).
Enfin de nos jours Escherich, de Gratz, reprenant une théorie émise un demi-siècle avant lui par Trousseau, admet que dans un grand nombre de cas, sinon toujours, la forme aiguë du spasme glottique est une des manifestations de la tétanie, affirmée ou latente, aflectant les muscles respirateurs. Escherich semble ainsi confirmer l'exactitude et la portée des remarques faites dans notre pays par Rilliet et Barthez, puis par Hérard. Il a même donné au spasme glottique le nom de laryngospasme sous lequel, dans le cours des lignes précédentes, nous avons plusieurs fois, par anticipation, désigné l'affection qui nous occupe.
(1) Comm : Soc. médicale hôp. de Paris, 1887. (2) Kassowirz : Ueber Stimmritzenkrampf und Tetanie im Kindesalter, Wiener med. Wochenschrift, 1893, n° 43. vi. f. f.