RAPPORT DE LA PÉRIODE AVEC LTN- CÜRATION
Lorsque du fait positif de la période dans les épidémies d’oreillons je veux passer à la recherche de la durée de l’incubation de cette maladie, je me trouve en présence de plusieurs points d’interrogation,
11 est tout naturel, il est vrai de penser qu’il y a une relation étroite entre la période d’incubation et la période des épidémies. Il faudrait se garder toutefois de l’admettre sans examen et surtout de considérer l’intervalle dont il a été longuement question comme une mesure exacte de la période d’incubation.
Nous avons présumé jusqu’ici, nous conformant a l’opinion reçue, que les oreillons sont une maladie infectieuse et ont une période d’incubation comme les autres maladies infectieuses.Nous avons présumé aussi qu’elle est contagieuse. Il n’existe aucune preuve absolue de ces deux propositions. II peut y avoir dautres phénomènes périodiques que l’évolution d’une colonie microbienne mûrissant ses semences, les disséminant autour d’elle dans un terrain propice où elle forme une
nouvelle culture qui mûrit à sou tour ses semences.
Autrefois on aurait peut-être cherché un rapport de la période des oreillons avec la révolution de la lune, mais cette révolution étant de 29 jours tandis que la période des oreillons est kj jours nous ne trouverions pas, quand même-nous le chercherions, de rapport simple entre ces deux nombres.
Parmi ies circonstances auxquelles on a attribué une influence sur l’apparition et la marche des épidémies d’oreillons se trouvent les conditions météorologiques de l’atmosphère. Il n’existe pas, que je sache, de période de 18-19 jours applicable aux variations météorologiques. D’ailleurs l’examen même des tableaux nous fournit un argument contre toute tentative d’explication de la période fondée sur les conditions atmosphériques. En elfet, si la période des épidémies tenait à une période atmosphérique, il n’y aurait pas de groupements intercalaires comme nous en avons trouvé, dans un même établissement et quelquefois dans la même partie cet établissement, notamment au cours des épidémies 9, 10, ra, i 3 , 23 , 24, 25, 28, 3o et 3 i.
D’autre part, les épidémies simultanées dans plusieurs établissements de la même région devraient avoir leurs périodes en coïncidence, passer en même emps par les mêmes phases, en un mot être synchrônes. Or, en 1891, par exemple, année dont le printemps a été marqué par des épidémies dans presque tous les établissements dont nous nous sommes occupés, nous voyons le principal groupe en A massé
du 24 au 27 mai, tandis qu’en B nous trouvons 2 cas le 29 mai et le 6 juin, en D i cas le 16 mai, i cas le 21 mai, I cas le 6 juin, en E i cas le 3 o mai.
Ainsi, à prendre l’ensemble des établissements, les cas sont répartis comme au hasard sur la période de 20 jours allant du 16 mai au 6 juin, au point que pendant qu’un groupe compact de 11 malades arrivait à l’infirmerie de A, du 28 au 27 mai,aucun malade ne se présentait dans les infirmeries des 4 autres établissements.
Cela ne veut pas dire que les conditions météorologiques n’ont aucune influence sur l’éclosion et 1 intensité des épidémies. La grande prédominance des épimies de printemps (février, mars, avril, mai) dédémontre au contraire que cette influence est considérable.
Mais si le fait même de l’éclosion et du développement de l’épidémie dans son ensemble est manifestement en rapport avec les influences saisonnières, il n’en est pas moins vrai qu’il ne paraît exister aucune relation entre ce genre d’influence et la période constante caractéristique des épidémies d’oreillons.
Cette période caractéristique est donc selon toute vraisemblance en rapport avec une loi biologique spécifique, intrinsèque, d’un contage et non avec une loi de variation du milieu. Nous l’admettrons maintenant comme démontré.
Mais ce rapport peut lui-même être envisagé de deux manières, car il y a lieu de considérer le contage en dehors de l’organisme humain et le contage évo- Poirricr
luant dans l’intérieur de l’organisme une fois qu’il‘y est implanté.
La première manière d’envisager le rapport me semble moins plausible. En effet, la fréquentation entre les individus paraît avoir plus de part à la transmission de la maladie que le séjour dans les locaux où les cas se sont produits.
Dans l’épidémie que nous avons étudiée en détail, le cas de l’observation V engendré par l’un de ceux qui sont relatés dans les observations II, III, IV, ne s’est produit ni dans le même dortoir, ni dans la même classe, mais chez un élève fréquentant, dans la cour de récréation, les élèves des observations II, III, IV et particulièrement ce dernier.
De même nous voyons ensuite l’épidémie passer du premier au deuxième collège par des élèves n’ayant de commun que la cour de récréation.
Ainsi encore dans l’établissement A en 1891 nous trouvons les deux cousins Ph. et les trois frères Gu. appartenant à diverses divisions mais se voyant fréquemment en cour et au parloir atteints successivement à 17, 15 et 16 jours d’intervalle.
Ainsi encore nous voyons Del 5 (Obs. X) contaminé par son camarade de cour porter la contagion à El (Obs. XI) son voisin d’étude, lequel la porte à Dau et Bous (Obs. XIV et XV) ses voisins de dortoir.
D’ailleurs si la période se rapportait à l’agent infectieux vivant en dehors de l’organisme, cette période devrait être plus régulière encore qu’elle ne l’est; les écarts qu’elle présente n’auraient aucune explication
que j’aperçoive ; tandis que les écarts peuvent très bien tenir aux modificat'o is apportées par la réaction propre de chaque sujet au cycle évolutif du cor.tage dont il est infesté, c’est-à-dire à ce qu’il convient d’appeler Viacubation.
Il s’agit maintenant de définir la période d’incubation. Est-il possible de le faire avec précision? Peutêtre, mais non sans difficullé.
La durée de l’incubation est le temps qui s’écoule depuis l’introduction de l’agent pathogène dans l’organisme jusqu’ u moment de l’invasion de la maladie. Or, il est assez rarement possible de déterminer l’instant précis de l’introduction de l’agent pathogène. Il faut, pour que cette déterminations soit possible être sûr que le malade n’a été en contact qu’avec une seule source pathogène et que ce contact n’ait duré qu’un instant, conditions que nous n’avons pas trouvé une seule fois réunies d’une façon indéniable. Les eussionsnous tî-ouvées une ou deux fois, cela ne suffirait pas pour établir une loi; mais à défaut de certitude nous avons plusieurs observations où la probabilité est voisine de la certitude.
D’autre part l’invasion des oreillons n’est pas signalée d’une façon constante par des symptômes assez nettement définis pour que l’on puisse en déterminer l’instant précis. Quelquefois on observe un frisson, une élévation presque subite de la température, une tuméfaction atteignant en quelques heures des proportions considérables accompagnée de sensations douloureuses et de gênes fonctionnelles qui appellent l’attention du
malade et de son entourage; mais bien plus souvent les malades ne perçoivent que des sensations si vagues qu’ils n’en disent r.en; l’attention de l’entourage n’est att.rée que par le gonllement de la joue et du cou lorsqu’il a atteint un certain volume, ce qui peut n’avoir lieu que plusieurs jours après 1 invasion vraie.
L’indétermination de la période d’incubation porte donc sur ses deux extrémités : l’origine et la terminaison, ce qui complique singulièrement le problème.
Toutefois un examen attentif des matériaux dont nous disposons permet d’assigner des limites assez étroites à la marge où peuvent se mouvoir les deux points extrêmes de l’incubation, et par conséquent de fixer un maximum et un minimum de la durée d’incubation qui seront, s’ils ne diffèrent pas trop l’un de l’autre, deux valeurs approchées de la durée vraie. Tune par défaut, l’autre par excès.
D’abord, dans les cas de moyenne intensité, l’invasion précède de peu, un ou deux jours au plus, l’instant où la tuméfaction devient très apparente. Gela résulte de l’observation I, où la fièvre et le frisson se sont montrés moins de 12 heures avant que la tuméfaction fut devenue visible; des observations II et III où Ton voit la température encore sensiblement audessus de la normale au moment où les malades se sont présentés alors qu’elle a diminué après leur entrée à l’infirmerie bien que l’engorgement fluxionnaire augmentât notablement.
Dans les cas très légers dont l’évolution à la période d’état paraît n’être que de deux ou trois jours et où
l’on constate à peine une élévation de température par exemple dans les cas des obs. XIl, XIII, XIV, XV, l’invasion peut avoir précédé de, 5 ou 6 jours la constatation de la lumélaction.
Un examen des variations dans la durée apparente la période d’état sera d’un grand secours pour la discussion. Prenons les cas djs observations II, III, IV et V qui ont parcouru sous nos yeux tout le cycle de leur évolution. Elle a été de ii jours chez Au. et Be. (obs. II et III) et de 12 à i 3 jours chez de Br (obs. V).
Prenons maintenant l’observation IX qui a porté sur un cas plus léger. Bien que inscrit le même jour que II et III, ce cas n’a été signalé que 12 heures plus tard et aurait sans doute encore échappé eu moins 24 heures à l’observation si l’attention n’avait été attirée par les deux autres. La durée apparente de la période d’état n’a été que de 7 jours; mais si l’on tient compte de ce que le maxinium est arrivé en même temps que pour Au. et Be. on est fondé à admettre que la maladie a réellement débuté au même moment et,et l’est terminée également en même temps, or il est vraisemblable que l’évolution réelle de la maladie doit avoir une durée à très peu près constante et que les variations apparentes tiennent seulement à ce que les signes cessent d'être perceptibles audessous d’un certain degré d’intensité.
Si nous prenons les observations XII, XIII, XIV,XV, qui se rapportent à des cas très légers nous voyons la période d’état apparente se réduire à trois ou quatre jours, mais nous voyons aussi dans les cas XII et
XIIl le maximum de tuméfaction survenir sensiblemènt en même temps que dans le cas XI signalé trois jours plus tôt, et que dans les cas VII, VII, IX et X, signalés sept jours plus tôt.
Comme la malade atteint son point culminant, en ce qui concerne la tuméfaction, vers le septième jour à doter de l’invasion quand elle est franche, il convient, pour fixer approximativement l’époque de l’invasion rationnelle , si j’ose m’exprimer ainsi, lorsque l’invasion réelle a échappé à l’observation, dé se reporter 9 ou 7 fois en arrière de l’instant où la tuméfaction commence à décroître. Si j’applique cette règle à tous mes cas les invasions rationnelles se trouvent ainsi réparties.
Eot 22 février, 17—18 jours.
AU. Ile. V.Br. 10—11 mars, 16—18 jours
De Br. 27—28 mars, 13-17 jours.
Ma. De. Car. Qae. le. Et. Me, Bo. 10—13 avril, 17—20 jours.
Da Boas. 1» mai, 18 jours.
Cette opération reçoit une nouvelle justification du fait de l’observation XIV. Da. avait en effet remarqué dès le 2 mai la sensibilité anormale de son cou.
D’autre part Em.a presque certainement contracté la maladie au dehors i 3 -r 4 ou 20-21 jours avant l’invasion.
Cela posé, rappelons que la situation de l’établisse-
ment rend tout à fait improbable la contagion par voisinage, qu’il n’y a aucune trace d’nne contamination apportée par les externes où les demi-pensionnaires et nous hommes amenés à penser que l’infection d'un groupe par le précédent est extrêmement probable, elle est à peu près certaine de Em.k et Z?e. qui ne sortent jamais, de de Br. à Ma. qui était à l’infirmerie depuis 10 jours quand de Br. y est entré.
Or tous les intervalles sont compris entre i 3 et ai jours; les nombres compris entre i4 et i8 sont fournis par les observations les plus sûres et les plus complètes, les autres intervalles ont une partie commune avec celui-là. La discussion de nos observations personnelles nous conduit donc à admettre que probablement la durée de l’incubation des oreillons est de i4 à i8 jours.
Une observation précise du D'Lep... qui malheureusement nous a été donnée de mémoire, confirme cette probabilité. Il s’agit d’un élève qui est sorti d’un lycée le 28 janvier 1892, jour de la Saint-Charlemagne. Arrivé chex son correspondant, il est arrêté dans l’antichambre par la bonne qui lui dit que l’enfant de la maison a les oreillons, et il se retire aussitôt. Le lundi matin 15 février il entrait à l’infirmerie avec les oreillons soit, puisque lévrier avait 89 jours en 1892, après 16 jours d’incubation.
L’examen des tableaux et des chiffres relatifs aux épidémies que nous avons étud ées augmentera encore cette probabilité. Nous choisirons pour cette démons-
tration les groupes importants survenant après un cas unique ou un petit groupe compact.
Dans l’épidémie I bis la masse du second groupe tombe i8 jours après les deux cas qui marquent l’apogée du groupe précédent.
Dans l’épidémie 21, 4 cas de groupent de rj à // jours après le cas initial ; puis vient un groupe de 8 cas dont 4 tombent exactement /j jours 'après le dernier et 20 jours après le premier du groupe précédent.
Dans l’épidémie 28” un groupe de 6 cas qui dure 4 jours suit à 77 jours d’intervalle le début du groupe précédent qui s’étend sur 5 jours.
Dans l’épidémie 18 un groupe de 9 cas, commence /4 jours et finit 18 jours après l’apparition du groupe précédent dont les deux cas sont à i jour d’intervalle.
Dans l’épidémie 3 o’ deux groupes compacts se suivent exactement à 15-16 jours d’intervalle.
Dans l’épidémie 16’ le gros du second groupe vient 16 jours après le cas initial.
Si nous passons maintenant aux tableaux de chiffres des pages 63 et 65 nous constatons que le plus petit nombre de jours qui se présente fréquemment pour l’intervalle du premier cas de chaque groupe au premier cas du suivant est i/f et que le plus grand nombre de jours qui se présente fréquemment pour l’intervalle du dernier cas d’un groupe au dernier cas du suivant est 18.
La prolongation apparente de cette durée, dans un
certain nombre de cas, au-delà de i8 jours, peut être attribuée au moins dans une partie de ces cas, au fait mis en évidence par mes observations personnelles, qne les cas de faible intensité ne sont signalés que plusieurs jours après leur début vrai.
Toutefois j’admets très bien, en tenant compte des deux cas cités de M. Rendu et de mes propres observations qu’il peut y avoir deux types d’incubation Tun de deux septénaires, l’autre de trois septénaires, et qu’une partie des cas auxquels j’ai attribué une incubation de i6 à 19 jours en aient en réalité une de 20 à 22, puisque l’isolement des sujets contagionnants n’est souvent faite que plusieurs jours après la période préourlienne où la contagiosité est maxima ; mais je ne crois pas. en raison de mes observations personnelles où j’ai vu l’incubation durer presque sûrement de 16 à 19 jours, que l’on puisse rejeter l’idée de ces incubations de durée intermédiaire.
Quant aux cas où la période d’incubation paraît moindre que i4 jours, ils sont si peu nombreux qu’on pourrait douter de leur fdiation ; cependant il n’est pas impossible qu’elle tienne à un retard de l’isolement du cas générateur, parce qu’alors la contamination du second sujet peut avoir eu lieu, deux, trois et jusqu’à cinq ou six jours avant l’isolement du premier sujet.
Nous pouvons donc dire ;
I» Que la. durée moyenne de l’incubation des oreillons chez les enfants et les jeunes gens des pensions est de /d jours et qu’elle oscille de à jours ;
Poirrier
— ts —
a» Qu’elle se prolonge quelquefois jusqu’à 20 et 22 jours ;
3 ” Qu’elle peut d’ailleurs paraître se prolonger jusqu’à 20 et même 22 jours, bien qu’elle soit en réalité moindre, dans les cas très légers où les phénomènes apparents ne ae montrent que de trois à sept jours après lé débn,t vr^; de l’invasiou;
4° Qu’^inei partie des incubations apparentes de 16 à 1 9 , jours, peuvent être des incubations vraies de 20 à joi^s.
PROPHYLÀXIË
Bien que L*s oreillons soient une maladie généralement bénigne et que, par suite de cette bénignité, la prophylaxie n’ait pas en ce qui concerne les oreillons l’importance qu’elle peut avoir quand il s’agit de maladies graves, il me semble qu’elle ne doit pas être négli-
L’orchite ourlienne qui ne saurait être considérée comme indifférente est assez fréquente. Je n’en ai pas vu, il est vrai, un seul cas dans l’épidémie que j’ai observée (15 cas d’oreillons); mais dans le même établissement qui ne comporte pas d’élèves de plus de 15 ans, on en a relevé trois cas sur 3 o cas d’oreillonsen 1891. D’après le Lep...qui soigne les élèves d’un grand établissement (où il n’y a que des jeunes gens de plus de i4 ans et où, peut-être, à cause de cela, on a été assez heureux depuis 15 ans pour n’avoir que les cas isolés d’oreillons), la proportion serait d’une orchite pour quatre ou cinq cas d’oreillons. Les relevés que m’a fournis un autre établissement (où sont réunis surtout des jeunes gens de plus de 15 ans), donnent la même
proportion. Les autres m’en ont donné une moindre. Mais il faut noter que la plupart des élèves malades sont emmenés dans leur famille dès le début de la maladie et que beaucoup de cas d’orchite doivent échapper à la constatation officielle.
Nous ne pouvons mieux' faire que de nous reporter au travail du D'' Laveran [Dict. encycl. des Sciences médical es axi. Oreillons) qui chez les jeunes soldats a noté l’orchite 211 fois sur 699 cas d’oreillons, soit près d’une fois sur trois cas.
Et l’on sait que l’orchite ourlienne se termine souvent par l’atrophie des testicules, io 3 fois sur i 63 cas d’orchite, d’après les relevés de M. Laveran.
Une épidémie d’oreillons sévissant sur une agglomération de jeunes gens peut devenir dans ces conditions un véritable fléau. D’ailleurs on a signalé d’autres accidents graves.
Ce n’est pas tout. Le désarroi qui résulte forcément, dans les classes, d’une épidémie portant sur un grand nombre d’élèves doit souvent faire souhaiter aux chefs d’établissements et aux familles d’avoir un moyen de couper la chaîne de la contagion.
Il est vrai que souvent les épidémies s’éteignent d’elles-mêmes après deux ou trois générations. Mais quelquefois elles se prolongent pendant plusieurs mois comme les épidémies 1 bis^ 21, 28, 28, 27, 28 dont trois n’ont été interrompues que par les grandes va cances.
Il est avéré que les moyens prophylactiques usuels sont insuffisants. J’ai trouvé partout observée la pra-
tique de l’isolement des malades et celle de la désinfection des locaux et des effets, aussi bien dans les établissements à épidémies nombreuses que dans ceux où l’on obserre seulement d’ordinaire des séries d’unités ou des cas isolés. Ce fait ne s’explique que trop bien, sans mettre en doute l’effet microbicide ou atténuateur des pulvérisations ou fumigations antiseptiques et des passages à l’étuve. Nous avons dit en effet que la maladie paraît se transmettre d’individu à individu, parce que la contagion se produit même dans des locaux non infectés antérieurement : cour de récréation, parloir, dortoir, alors que l’épidémie ne se poursuit pas toujours dans les locaux où se sont produit les premiers cas.
Ajoutons que la contagion peut se faire par l’intermédiaire d’un individu indemne mais qui a eu contact avec un malade. Tel le cas du D''Lep... où la maladie a été transmise par la Imnne d’un enfant malade ; tels encore les cas qui se sont produits en A (Obs. pers.) parmi des élèves couchés à l’infirmerie ou venant y suivre un traitement, alors que ces élèves ont été te, nus éloignés des locaux occupés par les oreillonneux, mais que l’insuffisance numérique du personnel a obligé d’affecter au service des oreillonneux l’infirmière et le garçon chargés du service général de l’infirmerie.
Disons encore que la maladie paraît avoir son maximum de contagiosité .au moment de l’invasion; qu’elle ne se transmet pas à la période d’incubation (sans quoi on ne trouverait plus de périodes distinctes); enfin qu’elle ne se transmet probablement plus quand les
signes extérienrs ont, disparu car dans plusieurs cas nous avons laissé les élèves atteints rentrer parmi leurs camarades quatorze et même douze jours après le début de la maladie, trois ou quatre jours après la terminaison,sans qu’il en soit résulté l’éclosion d’aucun cas nouveau. Tel est d’ailleurs l’avis de M. Rendu (foc, cit.) et les cas que l’on cite pour prouver le contraire peuvent aisément recevoir une autre explication. La transmission du contage peut se faire, par exemple, par les vêtements ou par les objets de literie s’ils n’ont pas été soigneusement désinfectés, ou par la peau des malades s’ils n’ont pas pris de bains.
L’étalement progressif des groupes dans les épidémies autonomes provient de ce que les individus légèrement atteints restent en circulation pendant les quatre ou cinq premiers jours de la maladie. Cela peut produire un retard de quatre ou cinq jours d’un groupe au suivant, retard qui tend à s’accumuler à mesure que l’épidémie s’éloigne de son origine.
Oue faut-il donc faire si fon veut arrêter une épidémie dans son développement? Je ne vois que te licenciement des établissements envahis.
Ce que nous avons dit du mode de propagation indique que cette mesure peut être efficace. Mais il importe de déterminer la durée minima que doit avoir le licenciement pour être réellement efficace.
En prenant les chiffres extrêmes, nous trouvons jusqu’à 25 jours entre l’apparition du dernier cas d’un groupe au dernier du groupe suivant et 27 entre lè
premier cas d’un groupe et le dernier du groupe sulvaut. C’est donc 25 jours et même 3o jours que devrait durer le licenciement si on l’opérait au moment de l’apparition d’un groupe. Les élèves, â leur entrée, devraient être examinés individuellement avant d’être remis en contact avec les autres. Les élèves qui auraient été malades seraient baignés trois fois avant de rentrer et leurs vêtements passés à l’étuve. On serait ainsi et seulement ainsi presque absolument sûr qu’aucun des élèves infectés au moment du licenciement ne pourrait plus propager la maladie.
Un licenciement de deux semaines ne saurait être d’aucune efficacité et les faits le démontrent. Nous avons vu six épidémies i et i bis, 3, i9, 23, 25, 3i enjamber en quelque sorte les vacances de Pâques qui sont de 12 à i4 jours. Quelques cas avaient paru deux ou trois jours avant les vacances et des flots de malades se présentaient dès le lendemain de la rentrée ou quelques jours plus tard.
Lorsque l’établissement comporte des divisions totalement distinctes, il suffirait de licencier les divisions touchées; si les divisions ne sont pas absolument séparées, s’il peut y avoir eu contact entre les sujets contaminés et ceux d’autres parties de l’établissement, le licenciement n’aura d’efficacité certaine que s’il comprend toutes les divisions dont les élèves ont pu avoir contact avec les malades.
Il est des cas où un licenciement moins prolongé pourrait suffire. Si, par exemple le licenciement est décidé 10 jours après,le dernier cas d’un groupe et qu’aucun
cas isolé ne se soit présenté depuis un licenciement de 15 jours suffirait pour pas faire l’intervalle de 2^ jours au bout duquel tous les sujets contanimés sont à la période d’état et peuvent être facilement tirés. Toutefois cette abréviation ne doit pas être proposée comme règle, car si l’on attend systématiquement 10 jours après un groupe pour effectuer le licenciement on l’expose aux contagions indirectes et à l’introduction fortuite de nouveaux cas.
Etant donné que l’effet utile du licenciement peut être en quelque sorte annihilé par l’entrée d’un externe contaminé qui deviendrait le point de départ d’une nouvelle épidémie ou môme par la rentrée d’un interne qui aurait pris le germe de la maladie pendant soii absence, je comprends que l’on recule devant les inconvénients d’un licenciement d’office, à moins que la généralisation et la gravité de l’épidémie ne rendent cette mesure indiscutablement nécessaire ; mais prolonger de 10 ou 15 jours une vacance ordinaire pour la porter à 25 jours est évidemment plus praticable que d’ordonner un licenciement extraordinaire de 25 jours.
S’il se présente vers l’époque de l’invasion d’un groupe une vacance, celle du jour de l’an, de Pâques ou de la Pentecôte,il y a lieu d’en avancer le commencement ou d’en reculer la fin.
Prenons par exemple l’année 1891 qui a été fertile en épidémies d’oreillons. Si l’on avait prolongé de 12 jours les vacances de Pâques, on aurait presque certainement éteint l’épidémie 23 (ableau D), qui s’est pro-
longée jusqu’au 6 juin et à fourni dans celte période 25 cas.
Il n’eût fallu qu’ajouter onze jours aux vacances de la Pentecôte, qui eussent ainsi duré 16 jours au total pour arrêter l’épidémie (tableau A) qui a occasionné un grand désarroi puisqu’elle a obligé à faire les « dortoirs d’oreillonneux » et qui s’est prolongée jusqu’au 21 juillet, c’est-à-dire jusqu’aux grandes vacances.
L’épidémie 24 (tableau D) en 1894 qui a fourni 22 cas après Pâques eut été sans doute coupée par une prolongation de 1 3 jours aux vacances de Pâques.
L’épidémie 25 (tableau D) aurait été évitée si l’on -avait prolongé de 10 jours les vacances de Pâques.
On doit sans doute l’arrêt brusque de l’épidémie 2 1 (tableau D) au fait que les vacances de Pâques ont commencé i4 jours et fini 2tl jours après un groupe de cas.
On dispose presque toujours, les épidémies se pio. duisant généralement au printemps, d’un congé, Pâques ou la Pentecôte, qu’il suffit de prolonger d’avancer ou de reculer un peu pour couper court à une épidémie naissante d’oreillons. En conséquence, réservant le licenciement immédiat d’office à des circonstances exceptionnellement graves, je propose de conseiller comme moyen prophylactique, contre les épidémies d’oreillons, la prolongation d’une de ces vacances selon l’un des modes suivants :
1“ Si le début du congé tombe moins de douze jours après le dernier cas d’un groupe, reculer la fin des va- Poirier
cances de manière à reporter la rentrée à 25 jours au moins après la constatation du dernier cas.
2° Si le début du congé tombe dé 12 à 25 jours après la constatation du dernier cas, avancer, ce début au douzième et reporter la fin au vingt-sixième jour au moins qui suit cette constatation.
Si l’isolement des individus suspects d’infection doit être de 25 jours, celui des sujets dont la maladie est confirmée, au contraire, n’a pas besoin d’être bienlong, la maladie n’étant contagieuse que pendant la période d’état et surtout pendant l’invasion. Je pense qu’un isolement de 15 jours est largement suffisant et qu’il peut être réduit à 5 ou 6 jours dans les cas légers. M. Rendu a déjà insisté sur ce fait dans la communication déjà citée {B. et M. de la Soc. Méd. des hôp., i 893 ).
Quelques cas de contagion ont été attribués à des sujets guéris depuis 15 jours, troissemaines et imois. Dans nos relevés plusieurs faits pourraient être interprétés ainsi, mais nous croyons qu’il y a lieu de chercher une autre interprétation. Il est possible que quelques èas soient attribuables, comme on l’a dit, à la conservation des contages dans les locaux noii désinfectés. D’autres me paraissent attribuables à des cas légers formant un chaînon invisible, entre deux cas on groupe des cas dûment constatés.
Oreillons.
Épidémie
Cas originel inconnu.
Maître. Orchite ourlienne. — L’épidémie s’annonce.
Vacances de Pâques. Une prolongation de 6 jours aurait probablement arrêté l’épidémie.
Cas noté douteux, probablement léger et signalé tardivement.
Cas passé inaperçu (conjectural).
jCroupe compact : l’épidémie est confirmée.
I Vacances de la Pentecôte. "Une prolongation de 12 jours aurait arrêté l’épidémie.
liGroupe nombreux et compact marquant l’apogée. Deux orchites ;; " ' ( ourliennes.
; ^îiCas tardivement isolés qui ont probablement engendré le i 11 groupe suivant.
iGroupo moins nombreux et moins compact que le précédent. ( L’épidémie est sur le déclin.
Dernier cas. Les vacances ont commencé 8 jours après.