‹ Sur Une Réaction Quantitative de Fixation du Complément Titré à 50 0/0 d'Hémolyse: Application à l'Étude des Courbes SyphilimétriquesChapitre 22 sur 45 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les réactions quantitatives de fixation du complément sont de deux types

1° La technique la plus simple est de préparer une série de dilution du sérum à étudier. On effectue alors une réaclion qualilalive avec chacune des dilutions utilisées sous le même volume que le sérum pur. Le litre en anticorps du sérum est exprimé par le taux de dilution le plus élevé donnant encore une réaclion positive. Toutes les réactions qualitatives permet-

tent d'obtenir des résultats quantitatifs en utilisant cette méthode de dilu-

tion du sérum. Le titre d’un sérum sera évidemment d'autant plus élevé que la réaction choisie sera plus sensible.

Les réactions quantitatives de Kolmer, Eagle, etc... qui sont d'un usage courant dans la pratique du séro-diagnostie de la syphilis sont de ce type. De même la réaction de Friedewald [23] pour le séro-diagnostic de la grippe, mais qui se distingue par le fait que le complément est titré à 5o 0/0 d’hémolyse ce qui donne à cette réaction une très grande sensibilité. Toutes ces -réaclions sont faciles à exécuter, la mise au point en est simple puisque le complément et l’antigène sont utilisés à doses fixes, les mêmes que dans la réaction qualitative correspondante, La précision dépend surtout du soin apporté à la préparation des dilutions de sérum.

2° On peut aussi représenter le titre d’un sérum en anticorps par le nombre d'unilés de complément fixées par un volume déterminé de ce sérum en présence de l’antigène correspondant (Remarque). C’est le principe de l’ancienne réaclion de Calmette-Massol dans laquelle on fait réagir sur des volumes fixes de sérum et d’antigène des quantités croissantes de complément. Mais pour obtenir des résultats strictement quantitatifs dans les réactions de ce type il est nécessaire d’utiliser l’antigène à doses rigoureusement déterminées et, non pas fixes, mais croissantes.

En effet, la réaction de fixation du complément est comme toutes les réactions antigène-anticorps sensible au phénomène de zone, c’est-à-dire que la réaction peut être totalement ou partiellement inhibée soit par un excès d'anticorps, soit par un excès d’antigène. Or, il y a d'autant plus de complément fixé que le complexe antigène-anticorps est plus important. À une quantité donnée d'anticorps, correspond une quantité optima d’antigène déterminée par un titrage et l’on s'aperçoit que cette dose d’antigène croît à mesure qu'augmentent les doses correspondantes d’anticorps et de complément fixé. Donc, dans une réaction du type Calmette-Massol, il faut employer des doses d’antigène croissant dans le même sens que les doses de complément, si l’on veut opérer à l’optimum de la réaction antigèneanticorps et obtenir ainsi des résultats strictement quantitatifs ; ce qui n’est pas le cas dans la réaction de Calmette-Massol originale dans laquelle l’antigène est utilisé à la même dose dans tous les tubes. Nous reviendrons sur

ces notions lorsque nous étudierons le titrage de l’antigène,

Remarque. — fleidelberger [24-25] emploie une méthode directe chimique pour doser le complément fixé sur un complexe antigène-anticorps. Il dose, d’une part, l'azote d’un précipité spécifique lavé, d'autre part, l'azote de ce mième précipité lavé mais formé en présence de complément. L'augmentation du poids d'azote du précipité correspond au complément fixé, Cette méthode de recherche confirme que la quantité de complément fixé est directement proportionnelle à la richesse en anticorps d’un sérum, mais elle ne peut être employée dans la pratique courante,

Wadsworth et les Mallaner ont mis au point une technique basée sur ces principes el ulilisant le complément titré à 6o 0/0 d'hémolyse ce qui augmente la sensibilité de la réaction et la précision des mesures [rr, 26, 27, 28]. Is l’ont appliquée au séro-diagnostic quantitatif de la tuberculose et à celui de la syphilis. Ils ont démontré qu'à condition d'opérer à l’optimum de la réaction antigène-anticorps, il existe une relation linéaire entre la quantité d'anticorps contenu dans un sérum et la quantité de complément fixé (mesurée en unités 5o 0/0 et qui exprime le titre du sérum). En effet, dans leur réaction, le titre en anticorps d’un sérum est représenté par le rapport

quantité de complément donnant 50 0/0 d’hémolyse en présence de sérum et d’antigène

quantité de complément donnant 50 0/0 d'hémolyse en présence de sérum seul”

Rice a aussi obtenu une relation linéaire-entre la dose de sérum et le complément fixé, en étudiant le système sérum antigonococcique-antigène gonococcique [9] et le système sérum anlipneumococcique-polysaccharide

du pneumocoque III [30] et en utilisant les doses d’antigène convenables.

La réaction quantitative de fixation du complément que nous allons décrire a le même principe que celle de Wadsworth (doses croissantes d’antigène et de complément mesuré en unités 50 o/o) mais elle en diffère par les points suivants

— la technique de la réaction, est adoptée à l'emploi du complément titré à 50 0/0 d'hémolyse comme il a été exposé dans les chapitres précédents ;

— les principes et la technique du titrage de l’antigène sont effectués d’une manière originale dérivant directement de la technique de la réaction [56].

Cette réaction quantitative a été réalisée pour effectuer le dosage précis de la réagine des sérums syphilitiques en utilisant un antigène à la cardiolipine. Mais elle peut servir à l'étude d’autres systèmes antigène-anticorps.

Nous allons donc d’abord exposer la technique de la réaction quantitative puis la technique du titrage de l’antigène qui en dérive. La courbe du titrage de l’antigène montre l'intérêt qu'il y a à employer dans la réaction des doses croissantes d’antigène afin d'obtenir une relation linéaire entre le complément fixé et l’anticorps.

Enfin, nous étudierons les facteurs, autres que l’anticorps lui-même et le titre de l’antigène, pouvant faire varier la quantité de complément fixé ;

étude d’où ressort le mode opératoire adopté pour la réaction,

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