INFLUENCE DU COMPLÉMENT
La composition du complément, c'est-à-dire sa teneur en chacun des quatre composants, C/1, C/2, C!3, C/4 influe sans doute beaucoup sur les conditions dans lesquelles s’opère la fixation, donc en définitive sur son intensité. En titrant l’alexine par la réaction d’hémolyse, on mesure l’activité hémolytique de ce réactif mais on ne possède pas la preuve que cette activité varie toujours dans le même sens que la capacité de se fixer sur un complexe antigène-anticorps. Il ressort en effet des travaux de nombreux auteurs (Pillemer, Ecker, Heidelberger et ses collaborateurs) [39, ho, 41, 42] que le troisième composant C/3 qui joue un rôle prépondérant dans l’hémolyse (rôle de catalyseur), à au contraire un rôle mineur et même nul dans la fixation de l’alexine sur les complexes antigène-anticorps. On peut, par la méthode d’'Hegedus et Greiner [43] titrer séparément chacun des quatre composants : ce qui a permis de constater que deux compléments doués de la même activité hémolytique vis-à-vis des hématies de mouton ne contenaient pas toujours la même quantité de chacun des quatre composants : il n'existe pas de complément parfaitement équilibré. Et c’est sans doute la raison pour laquelle on observe parfois le fait suivant : si l’on titre un sérum avec deux compléments différents mais dilués chacun au titre voulu (1 em* de dilution contenant 5o unités 50 o/o) on constate quelquefois que le nombre d'unités 5o o/o fixées n’est pas le même avec les deux compléments (la différence pouvant atteindre 50 o/o en plus ou en moins). Cela se produit
— rarement lorsque les compléments sont récents ;
— plus fréquemment lorsque l’un des compléments a été conservé pendant plusieurs mois.
Il est impossible de se prémunir d’une façon absolue contre cette cause d'erreur qui tient à la nature biologique du réactif employé. Pourtant, il est recommandé
— de ne pas employer de compléments conservés depuis plus de 30 ou ho jours ;
— d'essayer l’activité fixatrice de tout nouveau complément : dans ce but, nous pratiquons des réactions quantitatives sur le même sérum avec d’une part, chaque complément nouveau et d’autre part, un complément connu et satisfaisant : nous éliminons tous les compléments donnant une fixation nettement plus faible ou plus élevée que la fixation obtenue avec le complément témoin : la différence ne doit pas excéder 10 0/0 en
plus ou en moins.
En résumé, si les réactions quantitatives sont exécutées suivant un mode opéraloire rigoureusement standardisé, les résultats doivent être, en principe, indépendants de tous les facteurs que nous venons d’énumérer. Mais il ne faut pas oublier que cette réaction n'est pas une réaction chimique courante dans laquelle les réactifs sont en général définis et invariables c’est une réaction biologique dont le mécanisme n’est pas bien connu. De ce fait, les résultats ne sont pas absolument constants. Nous estimons que dans notre technique l'erreur relative sur les -résultats est de 10 0/0 si les conditions opératoires sont bien respectées : il faut en tenir compte dans l'interprétation des courbes syphilimétriques dont nous allons parler. Bien entendu cette erreur est beaucoup plus considérable et la sérologie quan-
ütative devient illusoire lorsqu'on opère dans de mauvaises conditions.