TROISIÈME PARTIE
Quel. est l'intérêt des réactions sérologiques quantitatives en syphiligraphie ? Jusqu'à ces dernières années, cet intérêt semblait très limité à la plupart des auteurs et seul Vernes, en France, basait tout son traitement sur l'étude de la courbe syphilimétrique établie à l’aide de sa technique de floculation, le Vernes-Péréthynol. À partir de 1943, les auteurs américains commencèrent à traiter la syphilis récente par la pénicilline, Le contrôle
de l’eflicacité de ce traitement court et intense, ne peut se faire qu’en sui-
vant l’évolution de la courbe sérologique du malade, Mais, l'interprétation immunologique de cette courbe, et les conclusions qu'en tirent les auteurs américains sont essentiellement différentes de l'interprétation et des conclusions de Vernes. |
Il est une question capitale qui domine tout ce problème : Ta substance contenue «dans le sérum des syphililiques et mesurée par les diverses techniques sérologiques peut-elle être considérée où non comme un anticorps ? De la réponse dépend l'interprétation de la courbe sérologique et par con-
séquent les directives à suivre dans la conduite du traitement.
Pour Vernes [44], cette substance spéciale aux sérums syphilitiques et réagissant avec le Péréthynol (suspension dans l’eau bidistillée de lipides extraits du cœur de cheval) n’est pas un anticorps, mais un produit d’excrétion du tréponème déversé dans le sang et qu'il appelle la « pallidine ». La présence de pallidine dans le sérum (c’est-à-dire une réaction de Vernes positive) est donc, pour cet auteur, la preuve de la présence de tréponèmes dans l'organisme et les variations de la courbe syphilimétrique sont le reflet des variations de la pullulation’ du germe. Si le taux de pallidine se maintient à zéro, cela indique que les tréponèmes ont définitivement dis-
paru, et le traitement doit donc être poursuivi jusqu'à ce moment.
La thèse des auteurs américains est toute différente : pour eux, la substance que l’on décèle dans le sérum des syphilitiques, appelée réagine et qui permet le diagnostic de la maladie, doit être considéré comme un anticorps, Car sa production et ses variations dans l'organisme humain sont soumises aux mêmes lois immunologiques que les anticorps en général. Ces conclusions amènent à formuler des directives très précises, et qui paraissent même souvent révolutionnaires, pour la conduite du traitement. |
Quels sont les arguments pour et contre cette thèse P