DES ( FAUSSES RÉACTIONS
L'existence de réactions faussement positives dites « biologiques » est un fait bien connu. Spontanément ou sous des influences diverses (nombreuses maladies infectieuses, vaccination jennérienne, grossesse, certaines médications, etc...) il peut apparaître dans le sang et par un mécanisme encore inexpliqué, des globulines qui se comportent vis-à-vis de la cardiolipine comme la réagine syphilitique. Ces fausses réagines ont un caractère transitoire ou permanent (le cas est fréquent chez certains individus de race noire en particulier).
Il est évident que cette confusion entre vraie et fausse réagine est imputable à l’imperfection de l’antigène (cardiolipine) employé dans les réaclions : nous avons dit que la cardiolipine n’est pas l’antigène spécifique du tréponème, mais possède sans doute avec lui une certaine communauté d'haptène, il n’y a donc rien d'étonnant à ce que cette cardiolipine réagisse avec une globuline possédant une structure très proche de celle de la réa-
gine syphilitique.
Le problème des fausses réactions sera beaucoup moins inquiétant lorsque l’on aura un antigène réellement spécifique, en particulier le jour que l'on peut croire assez proche où le test .de Nelson, ou un test analogue, seront d’un usage courant, Ce test dont nous avons parlé est évidemment spécifique puisque l’antigène appartient au tréponème virulent lui-même. Il a déjà donné à ce point dé vue des résultats probants (55), mais sa réalisation se heurte à des difficultés techniques telles qu’il ne peut encore être exéculé que dans de rares laboratoires.
En attendant, la sérologie quantilalive apporte, non pas une certilude, mais un élément de diagnostic nouveau dans l’élude de ces fausses réaclions. Les auteurs américains posent le diagnostic de fausse réaction lorsqu’en l’absence de tout signe et de tout antécédent cliniques, uri individu présente les symptômes sérologiques suivants
— Taux de réagine en général relativement bas.
— Courbe syphilimétrique quelquefois stationnaire mais présentant habituellement des évolutions irrégulières et indépendantes de la conduite du traitement dans le cas où il aurait été institué.
— Dissociation et variation possibles des résultats qualitatifs : une réaction positive peut devenir négative lors des examens qui suivent, alors
qu'une autre réaction peut présenter l’évolution contraire.
OBsERvVATION N° 5. — M. N..., 20 ans. Sérologie positive découverte lors d’un examen systématique par la Sécurité Sociale. Aucun signe clinique ni antécédent avoué. Ure série de 20 injections de Bivatol est prescrite.
Contrôle sérologique quantitatif pendant 100 jours (Cf. courbe n° 5) (les réactions qualitatives de Kolmer, Meinicke, Kahn et Kline restent toujours fortement positives).
traitement . Bismuth 222777777777
10 20 30 40 50 60 710 80 90 100 Temps en jours
Fi, 10. — Courbe syphilimétrique n° 5 : « Fausse réaction ». Interprélalion. — Etant donné l'absence de signes cliniques, la faiblesse
du titre en réagine et l'évolution irrégulière de la courbe, il semble que
l'on soit en présence d'une réaction faussement positive biologique.