PRINCIPE DE LA RÉACTION DE FIXATION DU COMPLÉMENT
Grâce à cette réaction d’hémolyse, Bordet et Gengou [8] ont mis au point la réaction de firation du complément dont le but est de déceler dans un sérum la présence d’un anticorps correspondant à un antigène déterminé. Le principe de cette réaction est classique, nous l’exposerons donc d’une manière succincte. La réaction consiste à mettre en présence l’antigène, le sérum à étudier et le complément (sérum frais de cobaye) : deux cas peuvent alors se présenter
1° Si le sérum contient l’anticorps : l’anticorps et l’antigène réagissent l’un sur l’autre et forment un complexe qui peut être directement visible (agglutination, floculation) mais peut aussi rester invisible (ou nécessiter pour être rendu visible l'emploi d’un système optique particulier). Mais en général, le complexe formé, jouit de la propriété remarquable de fixer le complément présent dans le milieu. Cette propriété est utilisée dans le premier temps de la réaction, ou temps de fixation. La fixation du complément peul être alors mise en évidence, dans un deuxième temps, par addition au milieu de globules rouges sensibilisés : le complément ayant disparu, l’hémolyÿse ne se produit pas : la réaction est dite positive.
2° Si le sérum ne contient pas l’anticorps recherché, le complexe ne se forme pas et le complément n’est pas fixé dans le premier temps de la réaction. L’hémolyÿse des hématies sensibilisées ajoutées au milieu est donc possible dans le deuxième temps de la réaction : la réaction est dite négative.
Lorsque la réaclion est posilive, la dose de complément fixé est d'autant plus grande que la quantilé de complexe antigène-anlicorps formé est plus
importante. C’est à le principe de la mesure de l’anticorps contenu dans
un sérum, et dans cette réaction quantitative, le complément et l’antigène doivent ètre apportés en quantités connues et exactement mesurées. En effet
a) Comme dans toute réaction de fixation du complément, il importe avant tout de titrer le complément, substance complexe et instable dont la composition et l’activité hémolytique vis-à-vis des globules rouges de mouton sensibilisés varient chez les différents cobayes et d’un jour à l’autre chez le même individu. Mais dans la réaction quantitative ce titrage doit être particulièrement précis puisque c'est la quantité de complément fixé qui permet de mesurer l’activité fixatrice du complexe antigène-anticorps. Le principe du titrage reste néanmoins le même, il consiste à mesurer l’activité hémolytique du complément en présence d’une dose fixe d'hématies de mouton sensibilisées par une dose déterminée d’hémolysine correspondante.
b) Le complément se fixe sur un complexe antigène-anticorps dont la formation est, comme toutes les réactions antigène-anticorps, sujette à des phénomènes d'inhibition plus ou moins nette par excès de l’un ou de l’autre de ces deux éléments. L’antigène devra donc être titré afin d’en employer la dose optima dans la réaction.
c) Quant à l’anlicorps, qui en général est l'élément à mesurer, ses variations quantitatives obligent à multiplier les tubes de réaction afin de déterminer celui où sont réalisées les conditions optima de formation du complexe antigène-anticorps et de fixation du complément sur ce complexe, c'est-à-dire-le tube où la fixation-du complément sera maxima. On calcule ainsi le titre du sérum qui, comme nous le montrerons, est l'expression d'une relation linéaire entre le nombre d'unités de complément fixées et
la quantité d'anticorps.
Ces considérations dominent l'établissement d’un schéma pour une étude rationnelle de la réaction quantitative de fixation du complément.
— Dans une première partie, nous étudierons la réaction d’hémolyse, proprement dite et nous décrirons une méthode précise de titrage du complément permettant de définir une unité de mesure du complément l'unité 50 0/0.
— En utilisant le complément ainsi titré nous pourrons alors évaluer exactement la richesse en anticorps d’un sérum soumis à la réaction quantitative dont nous décrirons la technique dans la deuxième partie de cet exposé.
Enfin nous montrerons à l’aide de quelques exemples l'intérêt de cette technique pour suivre l’évolution de la courbe syphilimétrique d'un
malade.