‹ Sur une route de cyprèsChapitre 6 sur 27 · AUPRÈS D'UNE FONTAINE ANTIQUE · texte numérisé non relu

AUPRÈS D'UNE FONTAINE ANTIQUE

I ontaine, accueille-moi! J'ai lavé ma souillure; J'ai fait couler sur moi l'eau de ta source pure Et, tout jeune déjà, j'ai dépassé la Croix. 'Les vers que j'ai rhythmés d'une mauvaise voix Veut-être, mais sincère, et d'après mon désir, S'en allaient vers V allas comme pour la saisir, 'Et dans mon cœur encore ignorant et fougueux Taire entrer gravement ses regards froids et bleus.

T ontaine, accueille-moi! Reconnais tes enfants. Aussi sacrée encor qu'il y a deux mille ans, Tu filtres une eau claire à ma bouche enivrée; Ma fièvre est agrandie et comme délivrée; Quelque chose a peuplé le silence nocturne Dun long frémissement propagé depuis l'urne D'où tu coules jusqu'aux étoiles dans les deux, Et je sens sur mon front courir les pieds des dieux.

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