A UNE STATUE DE PALLAS
J oi vers qui, sans faiblesse et malgré la tourmente, J'ai sans cesse guidé l'effort de mon chemin, 0 Sagesse ! viens- t'en me prendre par la main, Ou vers ton enfant, las d'une trop longue attente. Déchaîne un sanglier des forêts d'Erymanthe !
Conduis-moi. Je suis seul. 'Nul maître dans le soir J\e fait luire aux lointains de l'avenir caché Les mots mystérieux qui sauvent du péché Et, le long du chemin pavé de désespoir, Brillent en fleurs de feu contre l'horizon noir.
Je veux sous mon regard, lourd d'un rêve impossible, Ton temple au fronton blanc, calme et triangulaire, Et, ne dépassant plus sa frise tutélaire, Me faire une âme qui s'offre comme une cible Jlu seul éclair sacré de Ion casque invincible.
Comme en un berceau rude et froid qui réconforte, Dans tes bras maternels, sûrs et victorieux , Ayant couché mon cœur qui se sent déjà vieux, Je deviendrai mon maître et, d'une main plus forte, J'enchaînerai l'Amour , sous quelque bonne escorte.
0 Sagesse ! apprends-moi l'art de sculpter sa vie !
Le Plaisir, par tes lois, offre des fruits meilleurs ;
Ton bouclier bombé s'oppose à la Douleur,
Et ta lance s'étoile au ciel qu'elle défie
Mieux que les vains hochets haussés par la Tolie.