TRAITEMENT
Certains chirurgiens, comme le professeur Richet, immobilisent le pied dans une goutlière et appliquent au niveau de l’arüeulauon des compresses imbibées de Van Swieten, pour éviter tout danger d'infection, et, quand au bout de quelques jours la douleur est calmée, ils posent un appareil inamovible. Puis, vers le quarantième jour, ils commencent le massage. Ce traitement peut convenir aux fractures sans déplacement et aux entorses, mais si les fragments sont nombreux, s'ils ont quitté leur position normale, le résullat sera mauvais, il y aura ankylose et souvent en mauvaise position : « Varus équin Mollière», cas de Albertin, de Lyon, où un malade, soigné par immobilisation, massage, présente au bout de dix mois des douleurs et une ankvylose en varus.
Pour éviter cet inconvénient, on a essayé de remeltre en place les fragments ; l'opération est douloureuse ; il faudra endormir le malade; cependant on ne pourra pas toujours réduire des particules osseuses venant buter sur les os voisins, et les résultats ne sont pas meilleurs, même si l'on parvient à réduire. On a, en effet, soumis les articulations à un nouveau traumatisme, qui peut faire naître où augmenter l'arthrite.
Rte
Sick a proposé d'ouvrir au niveau de la fracture et de sulurer les fragments, mais les résullats obtenus ne sont pas supérieurs à ceux qu'a donné l’astragalectomie, qui ne comporte pas un shock opératoire plus grand.
Depuis qu'elle a été appliquée, les cas de guérison avec bons résultats fonctionnels sont nombreux (Legueu, Bergeret, Morestin).
Walther dit, en parlant d'une de ses malades, âgée de 42 ans, opérée 2 ans 1/2 auparavant : « L'opérée peut vaquer sans fatigue à ses occupalions ; la marche n'est pas douloureuse et s'exécute sans claudication. L’arliculation nouvelle est solide, les mouvements normaux ne sont pas douloureux. » Même chez les jeunes filles, où la temporisation semblerait indiquée par la préoccupation de leur éviter toute boîterie postérieure, l'opération a donné de bons résultats. Et il est inutile d'attendre, on économise du temps, dit Albertin, dont voici la formule :
« Fractures simples sans grands dégâts, éloignées de l'ar. ticulation tibio-tarsienne, massage après une courte immobilisation ; fracture à fragments mullüiples dans la partie arlculaire, extirpation. » Pour Vallas'toute fracture du corps de l’astragale implique lintervention; dans la fracture du col, les indications sont moins formelles.
S'il y a fracture ouverte, la méthode conservatrice n'est plus à discuter; l'astragalectomie s'impose, l'on pourra éviter ainsi plus sûrement l'infection des gaines et des synoviales, infection qui rendrait à bref délai l’amputation nécessaire.
Ya-il avantage à laisser la tête astragalienne en place lorsqu’elle n'est pas luxée, comme l’a fait Mollière, ou à abraser les malléoles ?
Henri Herbert rapporte un cas où la fracture inléressait l'astragale en arrière de la haie fibreuse formée par le liga:
ment interosseux ; la (êle et le col sont restés en place; le malade est satisfait, les mouvements de flexion et d'extension se font dans une étendue suffisante. C’est bien, on le voit, mais ce n’est pas parfait, encore faut-il que la tèle soit bien fixée, suffisamment nourrie, pour qu'elle puisse éviter la nécrose et ne gène en rien la flexion du pied, sinon nous serions ramenés aux cas de fracturestraitées par l'immobilisation et le massage qui dix mois après, sont encore douloureuses et ankylosées.
Dans ce cas, l'astragalectomie enlevant l'obstacle rendra à la jointure une grande partie de sa liberté et procurera au malade l’apaisement de ses douleurs.