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Le torysme a été condamné en bloc; le Sénat, qui est un des moyens d'action du torysme, qui a contribué à ces dix-huit années de ruine, d’émigration, de dénréciation foncière, de dettes, est sous le coup de cette même condamnation.
Nous sommes allés devant le peuple avec un programme de réformes, de progrès et de développements pour le bien et la grandeur de la patrie et nous avons été portés au pouvoir pour exécuter ce programme, Et maintenant que nous sommes à l’œuvre, que nous voulons aller de l'avant, que déjà nous avons créé un courant nouveau de prospérité et d'activité nationales, on voudrait nous barrer le chemin avec les débris d’un régime vermoulu et condamné, avec des hommes dont les alliés, les amis, les chefs et la politique ont été publiquement désapprouvés aux dernières élections générales et dans toutes les élections partielles qui ont eu lieu depuis un an et demi. Mais alors si notre Sénat irresponsable incarne l'esprit de la constitution en annulant un contrat signé par le gouvernement et ratifié par la Chambre des Députés, il peut aussi rejeter toutes les autres propositions ministérielles ; il aurait pu annuler le contrat du service rapide, il aurait pu empêcher le creusement de nos canaux, il pourrait enfin défaire tout ce que fait le gouvernement !
Mais ce n’est certes pas là l'esprit de la constitution, ce n’est pas ainsi que les Pères de la Confé-
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dération concevaient la mission du Sénat lorsqu'ils prenaient la précaution, en nommant en 1867 36 sénateurs libéraux et 36 sénateurs conservateurs, de mettre en équilibre les plateaux de la balance des partis, afin qu’une chambre ainsi constituée pt avoir l'autorité, l'indépendance et l'esprit de justice nécessaires pour tempérer les ardeurs des Conmunes, les passions narfois exagérées des députés pour leurs conités, et vontrebalancer avec sagesse, prudence et équité les influences suspectes qui parfois sont dissimulées derrière certaines législations. :
Mais le Sénat inamovible et irresponsable n’a
certainement pas été créé et mis au monde pour
empêcher les cabinets de gouverner, pour provoquer des crises, pour renverser les gouvernements. N'oublions pas que lorsque Antoine-Aimé Dorion disait : mais vous allez inévitablement faire du Sénat une chambre exclusivement conservatrice, Cauchon lui répondait: “La convention à promis, dans le projet même de confédération, de respecter les droits de Opposition et tout gouvernement qui manquerait à un engagement aussi solennel mériterait de perdre la confiance publique.” Les gouvernements torys ont manqu{ à leurs solennels engagements et nous sommes justifiables devant le pays de réclamer énergiquement la réforme
de la Haute Assemblée, la revision d’un article de notre constitution fédérale,
Ce qui v'ent de se passer à Ottawa a arraché au Soleil la réflexion suivante, qui ne manque pas d’éloquence et d’à-propos :
“ Quand on a vu pendant vingt-cinq ans le Sénat canadien ne prendre aucune initiative dans l’admiuistration du pays; tout accepter de son parti; se faire son aide, son appui, sa vieille garde, pour les plus grands périls; ne jamais lui reprocher ses dilapidations des deniers publics ; tout ignorer quand il ne fallait rien voir, tout sanctionner quand il fallait parler, et quand on voit ce même sénat n’user de ses pouvoirs que pour venger le parti Gui en avait consacré l'oubli, il est bien permis de se demander à
quoi bon ce corps délibérant, s’il n’a pas d’autre intérêt à soutenir que celui d’un parti dont le peuple
ne veut plus ?”
Dans le cas qui nous occupe, le gouvernement a conclu un marché avantageux pour faire construire un chemin de fer au Klondyke, peur enlever aux Etats-Unis et assurer au commerce canadien un énorme courant de trafic, une immense somme d’affaires, enfin pour pouvoir approvisionner les milliers et milliers de gens qui passeront l'hiver là-bas,
Ce contrat a été ratifié par les 111 députés qui ont voté en faveur du chemin du Yukon. Et le peuple a parlé par ces 111 députés, par les Chambres de
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commerce de Montréal, Québec, Toronto, Victoria, Vancouver et autres qui ont réclamé ] immédiate de la route du 1 ciants et les industrie laisser l'énergie amé trafic du Klondyke,
Est-ce que cette voix des foules et ces réclamations des grands COTpS Commerciaux étouflées par 52 torys sans mandat populiire, sans responsabilité aucune, sans autre autorité que celle de leur impotence et de leur aveuglement ?
Nous demandons aux masses si, malgré elles, les tripotiers des vingt années du dernier s'imposer au Pays et à la direction de ia chose publi. que en dépit du dernier verdict populaire, Nous demandons au peuple d'affirmer sa Souveraineté, son autorité, de se soulever Contre le véritable coup d’État que vient de commettre Je Sénat ; nous demandons aux foules de protester contre l'acte inqualifiable que vient de commettre la Chambre Haute :
dons au pays
à Construction LES À u ac Teslin, par les négo- Is qui ont demandé de ne pas ricuine s'emparer des millions du
seTont impunément
régime vont
nous demans du torysme Sanisme parlementaire et de fouler aux pieds Jes droits populaires ; enfin nous demandons au gouVérnement Laurier de rassembler en ces jours difficiles toute son énergie, tout son dévouement au peuple et aux institut, 1S Tesponsables pour faire 'especter la constitution telle que voulue et conçue par la conférence de 1865, telle que
de condamner les tentative de profaner notre ol
ratifiée et comprise par les hommes d'Etat de 1867 en Augleterre et telle qu'interprétée par Mackenzie et ses amis de 1873 à 1878.
Le Sénat a rejeté, l'an dernier, le contrat avantageux conclu pour le prolongement de l’{ntercolomial, il vient de casser le marché conclu pour la construction d’une route entièrement canadienne au Klondyke et voilà qu’il veut prendre maintenant l'initiative de l’établissement d’une route par Edmonton,
Les “ vieux” veulent donc gouverner,
Ce n'est pas pourtant le gouvernement par le Sénat que réclamaient Papineau et ses héroïques compagnons de luttes, que réclamèrent La Fontaine et Baldwin et que nous accorda l'Angleterre: c’est le gouvernement de la responsabilité ministérielle, c’est le gouvernement par la majorité, c’est le gouvernement du peuple par le peuple.
Le Star, la Presse, et les autres journaux conservateurs sont en faveur du gouvernement par le Sénat; ils seraient demain pour le gouvernement par Livernash, si cela pouvait faire tomber notre compatriote Laurier du pouvoir et y ramener le torysme. Mais la nation, qui a conscience de sa souveraineté et qui se sent à l’aise sous un ministère honnête et progressif, ue raisonne pas à la facon des cosmopolites et des fanatiques qui sont quand même contre notre parti et nos chefs, et elle ne veut pas
le 1867
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IX Conpar le ent par > COIMrysme,.
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qu'une chambre d'irresponsables, qu'une vulgaire infirmerie se charge de la direction du Pays quand elle voit au timon des hommes comme Laurier, Cartwright, J oly, Fielding, Davies et leurs collègues.
l'autorité et l'initiative de la Chambre des Lords, que notre population se laissera bâillonner et malmener par un Sénat irresponsable et s’assujettira au caprice d’une oligarchie,
Nous avons la liberté politique et cela signifie, dit John Russell dans he English Government and Constitution, le droit légal et acquis de la nation de contrôler son gouvernement.
La Haute Assemblée en Angleterre et au Canada, de par la doctrine établie et publiquement consacrée par le peuple anglais sous le comte de Gre”., n’est qu'une chambre de réflexion et de pondération dont la mission formelle est de môûrir les législations hâtives, hasardées ou subversives, et de voir au mailtien de l’ordre constitutionnel,
Notre Sénat n'est ni un gouvernement ni une £<hambre responsable, et quand on voit ce corps d'entêtés rejeter le bill de Yukon, proposer de donner une charte à Hamilton Smith où à quelque autre aventurier, entreprendre une enquête sur la valeur de telle ou telle route au Klondyke, c’est à se de-
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mander en quel pays et sous quel régime nous vivons.
Ce n’est done pas M. Laurier qui est au pouvoir, ce n’est donc pas le parti tory qui a été battu en 1896, ca n’est donc pas le gouvernement du peuple par le peuple que nous avons, puisque c’est le Sénat qui veut tout régler, tout mener,
Jamais en Angleterre la Chambre des Lords n’oserait pousser l’empiètement aussi loin et d’une facon aussi insensée que le fait notre hôpital sénatorial. Ici notre Chambre Haute peut tout faire, entasser scandale sur scandale, refuser les subsides, empêcher tous les cabinets de gouverner, se constituer en dictature, enfin mener le pays par le bout du nez: elle est omnipotente,
Au moins, la Chambre des Lords n’est intervenue contre les Communes en 1832-33 et en 1884 que pour protéger ses privilèges à elle, parce que le bill de réforme et la loi électorale lui enlevaient de son autorité pour étendre l'influence du peuple; la Chambre des Lords n’est intervenue dans la question du Home Rule que parce que c'était une question constitutionnelle qui n'avait réussi à passer aux
Jommunes que par le vote d'équilibre des députés.
irlandais : dans les trois circonstances pour des questions de principe,
Mais on ne cite pas de cas où elle ait renversé des mesures administratives présentées et appuyées par les gouvernements.
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Si nous voulons avoir un gouvernement dans lequel le dernier mot appartient à la nation, il faut à tout prix réformer le Sénat et en faire une chambre élective dont les membres seraient choisis par les législatures comme aux Etats-Unis ou par un suffrage restreint comme en France.
Mais au cas où cette réforme serait lente et difficile, et comme il faut parer aux difficultés actuelles, je me permets de Suggérer au gouvernement, comme je l'ai fait dans la Patrie, de prendre les moyens d'obtenir des autorités impériales l'application à notre système parlementaire du mode qui prévaut au Brésil, en Suisse, en Suède et en Norvège, pour détourner heureusement les conflits entre les deux chambres: c’est la réunion plénière, le congrès des deux chambres avec vote définitif.
Il est sage, je crois, de rappeler que Louis-Hippolyte La Fontaine, dans son manifeste de 1841 aux électeurs de Terrebonne, disait que pour avoir le SouVernement responsable au Canada il fauait que l'administration des affaires publiques fût dérigée Par et avec la majorité des représentants du peuple. La Fontaine qui avait siégé avant 1837 à la Chambre d'Assemblée et qui avait secondé Papineau dans les ardentes agitations d'alors, se rappelait qu’en 1822 le Conseil Léoislatif inamovible et irresponsable avait rejeté 8 bills d'intérêt public en 1822, 14 en 1892