‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 106 sur 518 · C-II. IV · texte numérisé non relu

C-II. IV

‘ nid. J1I.23, 31.

* xxri, 28.

* Ibid, xir, 14, ele.

* Ibid. XXIll , 6.

IV* pioposmoif.

II ftVUkblit pourtant bientôt dea rois, oa par le consenteroem des peuples, ou par les ârmes : où U est p»rl< du droit de conquêtes.

Ces deux manières d’établir les rois sont connues dans les histoires anciennes. C'est ainsi qu’Abimelech , fils de Gédéon , fit consentir ceux de Sichem à le prendre pour leur souverain. « l.e- « quel airnez-vous mieux, leur dit-il ', ou d’avoir « pour maître soixante-dix hommes, enfants de " Jérobaal ; ou de n’en avoir qu’un seul , qui en- « core est de votre ville et de votre parenté î et « ceux de Sichem tournèrent leurs cceurs vers « Ahlmelcch. •

C’est ainsi que le peuple de Dieu demanda , de lui-même, un roi pour le juger *.

Le même peuple transmit toute l’autorité de la nation à Simon et à sa postérité. L’acte en est dressé au nom des prêtres , de tout le peuple , des grands, et des sénateurs , qui consentirent à le faire prince

Nous voyons , dans Hérodote , que Déjocès ftit fait roi des Mèdes de la même manière.

Pour les rois par conquêtes , tout le monde en sait les exemples.

Au reste , il est certain qu’on voit des rois de bonne heure dans le monde. On volt du temps d’Abrahnm, c’est-à-dire, quatre cents ans environ après le déluge , des royaumes déjà formés et établis de longtemps. On voit premièrement quatre rois qui font la guerre contre cinq <. On voit Melchisédech , roi de Salem , pontife du Dieu très-haut , à qui Abraham donne la dîme *. On voit Pharaon, roi d’Égypte , et .Abimelech , roi de Gérare ‘.Un autre Abimeiccb, aussi roi de Gérare, parait du temps d’Isaac r , et ce nom apparemment était commun aux rois de ce pays-là , comme celui de Pharaon aux rois d’Égypte.

Tous ces rois paraissent bien autorisés; on leur voit des officiers réglés, une cour, des grands qui les environnent, une armée et un chef des armes pour la commander*, une puissance affermie. • Qui touchera, dit Abimelech’, la « femme de cet homme , il mourra de mort. »

Les hommes qui avaient vu , ainsi qu’il a été dit, une image de royaume dans l’union de plusieurs familles , sous la conduite d’un père commun , et qui avaient trouvé de la douceur dans cette vie, se portèrent aisément à faire des so-

' Jud. IX . 3 , 9.

■ I. Heg. Tin , 6.

* xiT,38,4I.

* G«l. XIV, 1,9.

^ !bid. 18,30.

0 Ihid. xti, is; et XX, 3.

* /ÿuf. xxvf, I.

* Ibid, xn, is,'xxi, 9%.

* Ibid. XXVI, If.

POLITIQUE

clétés de ramilles sons des rois qui leur tinssent lieu de père.

C'est pour rcla apparemment (pic tes anciens pcupies de la Palestine appelaient leurs rois Abimeleeh , c'est-à-dire , mon père le roi. Les sujets se tenaient tous comme les enfants du prince ; et ehaeun l'appelant mon père le roi , ce nom devint eominuD à tons les rois du pays.

Mais outre cette manière innocente de faire des rois , l'ambition en a inventé une autre. Elle a fait des conquérants, dont Nemrod, petit-fils de Cham , fut le premier. • Celui-ci , homme vio-

• lent et guerrier, commença à être puissant sur

• la terre , et conquit d'abord quatre villes dont

• il forma son royaume '. •

Ainsi les royaumes formés par les conquêtes sont anciens, puisqu'on les voit commencer si près du déluge, sous Kemrod , petit-fils de Cliom.

Cette humeur ambitieuse et violente se répandit bicntàt parmi les hommes. Nous voyons Cliodorlahomor, roi des Élamites , c'est-à-dire , des Perses et des Médes, étendre bien loin ses conquêtes dans les terres voisines de la Palestine'.

Ces empires, quoique violents , iiqustes et tyranniques d'abord, par la suite des temps, et par le consentement des peuples, penvent devenir légitimes ; c'est pourquoi les hommes ont reconnu un droit qu'on appelle de conquête , dont nous aurons à parler plus au long avant que d'abandonner cette matière.

V* PEOPOsrrioN.

Il ; >Tsil au coaimenoemeol une inlinilé de rujraunws , et tous petils.

Il parait par l'Écriture que presque chacpie ville et chaque petite contrée avait son roi ^

On compte trente-trois rois dans le seul petit pays que les Juifs con((uirent*.

La même chose parait dans tous les auteurs anciens, par exemple, dans Uomète ; et ainsi des autres.

La tradition commune du genre humain , sur ce point , est fidèlement rapportée par Justin , qui remanjue qu'au commencement il n'y avait que de petits rois, chacun content de vivre doucement dans ses limites avec le peuple qui lui était commis. « Ninus, dit-il, rompit le premier la

• concorde des nations. >

Il n'importe que ce Ninus soit Nemrod, ou que Justin l'ait fait par erreur le premier des conquérants. Il suffit qu'on voie que les premiers rois

■ Ctn X s, 9, 10.

* Ibid. xiT, *.»,«, 7.

I Ibid. XIT, etc.

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