XII,7,«,7,M
ont été établis avec douceur, à l'exemple du gouvernement paternel.
VI" paoposiTios.
Il y a eu d'eubes tannes de gouvenieiDcnt que celle de Is royauté.
Les histoires nous font voir un grand nombre de républiques , dont les unes se gouvernaient par tout le peuple , ce qui s'appelait démocratie ; et les autres par les grands , ce qui s'appelait aristocratie.
Les formes de gouvernement ont été mêlées en diverses sortes , et ont composé divers Etats mixtes dont il n'est pas besoin de parler ici.
Nous voyons, en quelques endroits de l'Écriture , l'autorité résider dans une communauté.
Abraliam demande le droit de sépulcre à tout le peuple assemblé , et c'est l'assemblée qui l'accorde'.
Il semble qu'au commencement les Israélites vivaient dans une forme de république. Sur quelque sujet de plainte arrivée du temps de Josué contre ceux de Ruben et de Cad , « les enfants « d'Israèl s’assemblèrent tous à Silo pour les com-
• battre; mais auparavant ils envoyèrent dix
• ambassadeurs, pour écouter leurs raisons : ils
• donnèrent satisfaction , et tout le peuple s'a- « paisa*. •
Un lévite dont la femme avait été violée et tuée par quelques-uns de la tribu de Beqjamin , sans qu'on en edt fait aucune justice , toutes les tribus s'assemblent pour punir cet attentat , et ils SC disaient l'un à l’autre dans cette assemblée :
> Jamais il ne s'est fait telle chose en Israël ;
• jugez et ordonnez en commun ce qu'il faut
• faire’. •
C'était en effet une espèce de république , mois ({ui avait Dieu pour roi.
VII* PBOPOSITtOn.
La moaarchie est la forme de goureniefneot la plus corn, mtine, la plus ancienoe, et aussi la plus naturelle.
Le peuple d'Israël se réduisit de lui-même à la monarchie, comme étant le gouvernement nniversellement reçu. • Étublisscz-nous un roi
> pour nous juger , comme en ont tous les autres s peuples’. ■
Si Dieu se fâche , c'est à cause que jusque-là il avait gouverné ce peuple par lui-même, et qu'il en était le vrai roi. Cest pourquoi il dit à Samuel : • Ce n'est pas toi qu'ils rejettent, c'estmol « qu'ils ne veulent point pour régner sur eux »
' Cm. XXIII, 3, s.
• Jol. XIII, II, 13, 13, 11,33.
• Jtld. XIX , 30.
• I. 8ry.vin,a.
TIREE DE L’ÉCRTTÜRE. UV. II.
Au reste ce gouvernement était tellement le plus naturel , qu'on le voit d'abord dans tous les peuples.
Nous l’avons vu dans l'histoire sainte ; mois ici un peu de recours aux histoires profanes nous fera voir que ec qui a été en république a vécu premièrement sous des rois.
Rome a commencé par là et y est enfin revenue, comme à son état naturel.
Ce n'est que tard, et peu à peu, que les villes grecques ont formé leurs républiques. I.’opinion ancienne de la Grèce était celle qu'exprime. Homère, par cette célèbre sentence, dans l'Iliade :
> Plusieurs princes n'est pas une bonne chose :
• qu’il n'y ait qu'un prince et un roi. >
A présent il n'y a point de république qui n'ait été autrefois soumise à des monarques. Les Suisses étalent sujets des princes de la maison d’Autriche. Ia;s Provinccs-Unies ne font que sortir de la domination d'Espagne, et de celle de la maison de Bourgogne. Les villes libres d'Allemagne avaient leurs seigneurs particuliers, outre l’empereur qui était le chef commun de tout le corps germanique. Les villes d'Italie qui SC sont mises en république du temps de l’em- [wreur Rodolphe, ont acheté de lui leur liberté. Venise même , qui se vante d'étre république dès son origine , était encore sujette aux empereurs , sous le règne de Charlemagne, et longtemps après : elle se forma depuis en État populaire, d'où elle est venue assez tard à l'État où nous la voyons.
. Tout le monde donc commence par des monarchies ; et presque tout le monde s’y est conservé comme dans l'état le plus naturel.
Aussi avons-nous vu qu'il a son fondement et son modèle dans l'empire paternel , c'est-à-dire , dans la nature même.
Les hommes naissent tous sujets : et l'empire paternel, qui les accoutume à obéir, les accoutume en même temps à n'avoir qu'un chef.
VIII' PBOPOSITIOa.
Le gouvemement monarrhlque est le meillear.
S'il est le plus naturel , il est par conséquent le pins diimhie , et dès là aussi le plus fort.
C'est aussi le plus opposé à la division, qui est le mal le plus essentiel des États , et la cause la plus certaine de leur ruine, conformément à cette parole déjà rapportée : • Tout royaume • divisé en lui-même sera désole : toute ville ou « toute famille divisée en elle-même ne subsis- « tem pas'. -
Nous avons vai que Notre-Seigneur a suivi en cette sentence le progrès naturel du gouverne-
' Matlh. XII , 35.
ment , et semble avoir voulu marqner aux royaumes et aux villes le même moyen de s'unir que la nature a établi dons les familles.
En effet , il est naturel que quand les familles auront à s'unir pour former un corps d'État , elles se rangent comme d'elles-mémes au gouvernement qui leur est propre.
Quand on forme les États, on cherebe à s'unir, et jamais on n’est plus uni que sous un seul chef. Jamais aussi on n'est plus fort, parce que tout va en concours.
Les armées , où parait le mieux la puissance humaine, veulent naturellement un seul chef : tout est en péril quand le commandement est partagé. > Après la moit de Josué, les enfants V d'Israël consultèrent le Seigneur, disant : Qui « marchera devant nous contre les Chananéens ,
• et qui sera notre capitaine dans cette guerre?
• et le Seigneur répondit : Ce sera la tribu de
• Juda ■ . • Les tribus , égales entre elles , veulent qu'une d'elles commande. Au reste , il n'était pas besoin de donner un chef à cette tribu , puisque chaque tribu avait le sien. « Vous aurez des « princes et des chefs de vos trihus , et voici leurs « noms • , etc. »
Le gouvernement militaire, demandant naturellement d'être exercé par un seul , il s’ensuit que cette forme de gouvernement est la plus propre à tons les États , qui sont faibles et en proie au premier venu , s'ils ne sont formés à la guerre.
Et cette forme de gouvernement à la fin doit prévaloir, parce que le gouvernement militaire, qui a la force en main, entraîne naturellement tout l'État après soi.
Cela doit surtout arriver aux États guerriers , qui se réduisent aisément en monarchie , comme a fait la république romaine, et plusieurs autres de même nature.
Il vaut donc mieux qu'il soit établi d'abord, et avec douceur, parce qu'il est trop violent quand il gagne le dessus par la force ouverte.
IX* FBOPOSITION.
De tonlpf les monnrrhies la meilleure est la suceessive on
héréditaire, surtout quand elle va de mâle en mAle et
d'atué en otné. '
C'est wllc que Dieu a établie dans son peuple.
« Car il n choisi les princes dans la tribu de Judo ; ■> et dans la tribu de Juda il a choisi ma famille 1 ( c’est David qui parle) et il m'a choisi parmi « tous mes frères, et parmi mes enfants, il à
• choisi mon fils Salomon , pour être assis sur
• le trône du royaume du Seigneur sur tout « Israël ; et il m’a dit : J’atrcrmlral son règne à
* Jud. l, 1,3.
* . 1 1 4 & otc.
POLITIQUE
« jamais, s’il persévère dans l’obéissance qu’il doit « à mes lois'. »
Voilà donc la royauté attachée par succession à la maison de David et de Salomon ; « et le tréne
• de David est affermi à jamais*. »
En vertu de’cette loi , l’alné devait succéder au préjudice de ses frères. C’est pourquoi Adonias , qui était l’ainé de David, dit à Bethsabée , mère de Salomon : « Vous savez que le royaume était ■ à moi , et tout Israël m’avait reconnu ; mais le « Seigneur a transféré le royaume à mon frère « Salomon^. »
Il disait vrai, et Salomon en tombe d’accord , lorsqu’il répond à sa mère, qui demandait pour Adonias une grâce dont la conséquence était extrême selon les mœurs de ces peuples * : « De- « mandez pour lui le royaume; car il était mon « ainé , et il a dans ses intérêts le pontife Abia- « thar et Joab. > Il veut dire qu’il ne faut pas fortifier un prince qui a le titre naturel , et un grand parti dans l’État.
A moins donc qu’il n’arrivât qndque chose d’extraordinaire, l’atnédevaitsucc^er : et à peine trouvera-t-on deux exemples du contraire dans la maison de David ; encore était-ce au commencement.
x* PBOPOsmon.
Le nW)archie béféditairei^trois principaux avantagea.
' Trois raisons font voir qudS(» gouvernement est le meilleur.
La première , c’est qu’il est le plus naturel , et ' qu’il se perpétue de lui-méme. Rien n’est plus I durable qu'un État qui dure et se perpétue , par I les mêmes causes qui font durer l’univers, et qu '^perpétuent le genre humain.
David touche cette raison quand il parle ainsi ^ : « Ç’a été peu pour vous , 6 Seigneur I de m’élever " à la royauté : vous avez encore établi ma mai- « son à l’avenir : et c’est là la loi d’Adam , ô Sei- « gneur Dieu ! » c’est-à-dire , que c’est l’ordre na- « turel que le fils succède au père.
Les peuples s’y accoutument d’eux-mêmes.
• J’ai vm tous les vivants suivre le second , tout « jeune qu’il est (c’est-à-dire le fils du roi) , qui
• doit occuper sa place®. »
Point de brigues, point de cabales dans un État pour se faire un roi , la nature en a fait un ; le mort, disons-nous, saisit le vif, et le roi ne meurt jamais.
Le gouvernement est le meilleur, qiü est le plus
* I. Par. xzTni ,4,6,7.
* H. Peff. vu, 18.
5 ni. P<rg. Il , XV.
* /Wrf. 22.
* II. Peg. vn , 19.
« £ccl. IV, 16.
éloigné de l'anarchie. A une chose aussi nécessaire que le gouvernement parmi les hommes il faut donner les principes les plus aisés , et l’ordre qui roule le mieux tout seul.
La seconde raison qui favorise ce gouverne^ ment, c’est que c’est celui qui intéresse le plus à! la conservation de l’État les puissances qui le con-l duisent. Le prince qui travaille pour son État tra-\ vaille pour ses enfants; et l’amour qu’il a pour 1 son royaume , confondu avec celui qu’il a i>our ) sa famille, lui devient naturel.
Il est naturel et doux de ne montrer au prince d’autre successeur que son fils; c’est-à-dire, un autre lui-même , ou ce qu’il a de plus proche. Alors il voit sans envie passer son royaume en d’autres mains ; et David entend avec joie cette acclamation de son peuple : « Que le nom de Salomon soit « au-dessus de votre nom , et son trône au-dessus « de votre trône '. »
Il ne faut point craindre ici les désordres causés dans un Etat par le chagrin d’un prince , ou d’un magistrat, qui se fâche de travailler pour son successeur. David , empêché de bât'.r le temple , ouvrage si glorieux et si nécessaire autant à la monarchie qu’à la religion, se réjouit devoir ce grand ouvrage réservé à son fils Salomon ; et il en fait les préparatifs avec autant de soin que si lui-même devait en avoir l’honneur. « Le Sci- « gneur a choisi mon fils Salomon pour faire ce < grand ouvrage , de bâtir une maison , non aux « hommes , mais à Dieu même : et moi j’ai pré- • paré de toutes mes forces tout ce qui était né- « cessaire à bâtir le temple de mon Dieu *. »
Il reçoit ici double joie : l’une , de préparer du moins au Seigneur son Dieu l’édifice qu’il ne lui est pas permis de bâtir ; l’autre , de donner à son fils les moyens de le construire bientôt.
La troisième raison est tirée de la dignité desl maisons, où les royaumes sont héréditaires. ^
• Ç’a été peu pour vous, ô Seigneur ! de rne « faire roi ; vous avez établi ma maison à l’avc- « nir, et vous m’avez rendu illustre au-dessus « de tous les hommes. Que peut {jouter David à ■ tant de choses , lui que vous avez glorifié si hau- « tement, et envers qui vous vous êtes montré si « magnifique^ 1 »
Cette dignité de la maison de David s’augmentait à mesure qu’on en voyait naître les rois ; le trône de David, et les princes de la maison de David, devinrent l’objet le plus naturel de la vénération publique. Les peuples s’attachaient à cette maison ; et un des moyens dont Dieu se servit pour faire respecter le Messie, fut de l’en
• III. Peg. 1,47.
* I. Par. XXIX, I, 2.
> Jbid. XVII, 17, 18.
TIRÉE I)E LÉCniTURE. LIV. II,
IWre naître. On le réclamait avec amour sous le ' nom (le fils de David'.
C'est ainsi qoe les peuples s'attnélicnt aux maisons royales. La jalousie qu'on a naturellement contre ceux qu’on voit au-dessus de soi , se tourne ici en amour et en respect ; les grands même obéissent sans répugnance à une maison qu'on a toujours vue maîtresse , et à kitpielie on sait que nulle autre maison ne peut jamais être égalée.
Il n'y B rien de plus fort pour éteindre les partialités, et tenir dans le devoir les égaux, que l'ambition et la jalousie rendent incompatibles entre eux.
XI* FBOPOSITION.
C'est un nouvel avantage d’exclure les femmea de la aucceesion.
Par les trois raisons alléguées , il est visible que les royaumes héréditaires sont les plus fermes. Au reste , ie peuple de Dieu n'admettait pas i la succession le sexe qui est né pour obéir; et la dignité des maisons régnantes ne paraissait pas assez soutenue en la personne d’une femme , qui après tout était obligée de se faire un maître en se mariant.
Où les filles succèdent , les royaumes ne sortent pas seulement des maisons régnantes , mois de toute la nation : or il est bien plus convenable que le chef d'un État ne lui soit pas étranger : et c'est pourquoi Moïse avait établi cette loi : • Vous ne pourrez pas établir sur vous un
• roi d’une autre nation ; mais il faut ((u'il soit > votre frère*. »
Ainsi la France , où la succession est réglée selon ces maximes, peut se glorifier d'avoir la meilleure constitution d'État qui soit possible , et la plus conforme ù celle (jue Dieu même a établie. Ce qui montre tout ensemble , et la sagesse de nos ancêtres , et la protection particulière de Dieu sur ce royaume.
XII* PBOPOSITION.
On doit s’atlnclwr è la forme de gouvernement qu'on trouve établie^daiis mu pays.
• Que toute ême soit soumise aux puissances « supérieures : car il n’y a point de puissance qui « rie soit de Dieu ; et toutes celles qui sont , c'est
• Dieu qui les a établies : ainsi , qui résiste à la
• puissance , résiste à l’ordre de Dieu »
Il n'y a aucune forme de gouvernement , ni aucun établissement humain, qui n'ait ses inconvénients ; de sorte qu'il faut demeurer dans l'état
■ .tforra. XX, 30, ai, etc.; XXI , t.
• Deut. XVII, 15,
s Rom. xiu , 1 , a.
WWSUET. — T. I
auquel un long temps a aecoutumé le peuple. C'est pourcpioi Dieu prend en sa protection tous les gouvernements légitimes, en ipieUpie forme qu'ils soient établis : qui entreprend de les renverser, n’est pas seulement ennemi public , mais encore ennemi de Dieu.
ARTICLE II
PBXMIÈBE PnOPOSITIOX.
/il y a un droit de conquête tres-ancicn , et attesté par / l'Écriture.
Dés les temps de Jephté , le roi des Ammonites se plaignait que le peuple d'Israël, en sortant d’Egypte , avait pris beaucoup de terres é ses prédécesseurs , et il les redemandait
Jephté établit le droit des Israélites par deux titres incontestables ; l'un était une conquête légitime; et l'autre, une possession paisible de trois cents ans.
Il allègue premièrement le droit de conquêle ; et pour montrer que cette conrpiéte était légitime , il pose pour fomlemcnt • que Israël n’a rien pris
> de force aux Moobites et aux Ammonites : au
> contraire , qu’il a pris de grands détours pour « ne point passer sur leurs terres *. •
Il montre ensuite, que les places contestées n'étalent plus aux Ammonites , ni aux Moabites , quand les Israélites les avaient prises; mais à Séhon , roi des Amorrhéens , qu’ils avaient vaincu par une juste guerre. Car il avait le premier marché contre eux , et Dieu l’avait livré entre leurs mains
Là il fait valoir le droit de conquête établi par le droit des gens , et reconnu par les Ammonites qui possédaient beaucoup de terres par ce seul titre t.
De là il passe A la possession , et il montre , premièrement, (jue les Moabites ne se plaignirent point des Israélites lorsqu'ils conquirent ces places, où en effet les Maobites n’avaient plus rien.
• 'Vnlez-vous mieux (jue Balac, roi de Moob; « ou pouvez-vous nous montrer qu'il ait inquiété • les Israélites , ou leur oit fait la guerre pour ces « places * ? i>
Eu effet, il était constant par l'histoire, que Balac n’avalt point fait la guerre®, quoiqu'il en eût eu (pielque dessein.
Et non- seulement les Moabites ne s'étaient pas plaints ; mois même les .Ammonites avaient
I Il, 13.
> Ibid. 15, le, 17, e(c.
* Ibid, ao, ai.
4 ïbid.Vi, 24.
5 Ibid.V».
« Num. X\IT, ».
32Î rOMTIQUK
laissé les Israélites en possrssiun paisible durant trois cents ans. • Pourquoi, dit-il ‘ , n'avez-vous
• rien dit durant un si lou" temps? ■
Piiflii il conclut ainsi ’ : • lie n'est donc pas moi
• qui ai tort; c'est vous qui npissez mal contre moi,
• en me déclarant la puerro injustement. Le Sei-
• gneur soit jupe en ce jour entre les enfants d'Is-
■ raël et les enfants d'Ainmon. •
A remonter encore )>lus haut, on voit Jacob user de ce droit, dans la donation qu'il fait a Joseph , en cette sorte : « Je vous donne par pré-
■ eiput sur vos frères un héritapc que j'ai enlevé
• delà main des Amorrhéens, par mon épée et " jwr mon arc ■
line s'agit pas d'examiner ce que c'était , et comment Jacob l'avait ôté aux Amorrhéens; il suflit de voirque Jacob se l'attribuait par le droit de conquête , comme par le fruit d'une juste guerre.
I,a mémoire de cotte donation de Jacob à Joseph s'était conserNéc dans le peuple de Dieu , comme d'une chose sainte et légitime. Jusqu'au temps de Notre-Seigneur, dont il e.st écrit • qu'il
■ vient auprès de l'héritage que J acob avait donné
• à son fils Joseph •
On voit donc un domaine acquis par le droit des armes sur ceux qui le possédaient
II' PEOPOSITIOX.
Pour rendre le droit de ronquéte incontesl-ible, l.n IH)s8e&»ioo paisible y doit être jointe.
Il faut pourtant remarquer deux choses dans fee droit de conquête : l'une , qu'il y faut joindre /une possession paisible , ainsi qu'on a vu dans la j discussion de Jephté ; l'autre , que pour rendre ce ! droit incontestable , on le conllrmc en offrant nue I composition amiable,
Ainsi le sage Simon le Mnehabéc , iluerellé par le roi d'Asie sur les villes d'ioppé et de Gazara , répondit : • Pour ce qui est de ces deux villes ,
• elles ravageaient notre pays , et jtour cela nous
■ vous offrons cent talents »
(Quoique la conquête fut légitime, et que ceux
d'lop])é et de Gazara, étant agresseurs injustes, eussent été pris de bonne gnerre , Simon offrait cent talents pour avoir la paix, et rendre son droit incor.lestable.
Xi Ainsi on voit que ce droit de complète, qui I commence par la force , se roduit iHiur ainsi dire I au droit commun et naturel , du consentement l des |)cuples et par la possi-ssion paisible. Et l'on \ir«’supposc que la conquête a été suivie d'un
aequieseement tacite des peupli'S soumis, (pi on avait accoutumés à l'olHissance par un traite- 1 ment honiiêtd^ ou qu'il était intervenu quehpie J accord, semblable à celui qu'on a rapporté entre y Simon le .Machabéc et les rois d'Asie.
' Jui. XI. 26.
1 lien. XI.VIII , 22.
n Jntw. IV. 5 V I. .VneV. XV. 3S.
COXCLKSIOX.
Kous avons donc établi par les Ecritures, que la royauté a sou origine dans la Divinité même ; Que Dieu aussi l'a exercée visiblement sur les i Jiommcs des les commencements du monde :
Qu'il a continué cet exercice surnaturel et mi- I raculeux sur le peuple d'Israël , jusqu'au temps il de l'établissement des rois :
i Qu'alors il a choisi I état monarchique et héjréditaire, comme le plus naturel et le plus durable :
Que l'exclusion du sexe né pour obéir était naturelle ü la souveraine puissance.
Ainsi nous avons trouvé que , par l'ordre de In divine Providence , la constitution de ce royaume était dés son origine la plus conforme ù la volonté de Dieu, selon (lu’elle est déclarée par ses Écritures.
A'ous n'avons jiourtanl pas oublié qu'il parait dans l'anliquilé d'uutros formes de pouvernement, sur lesquelles Dieu n'a rien prescrit nu genre humain : en sorte que chaque peuple doit soivre, comme un ordre divin, le gouvernement établi dans son pays; parce que Dieu est un Dieu de paix , et qui veut la tranquillité des choses humaines
Mais comme uous écrivons dans un État monarchique , et pour un prince que la succession d'un si grand royaume regaixie, uous tournerons dorénavant toutes les instructions que nous tirerons de l'Écriture , nu genre de gouvernement ou nous vivons; quoique par les choses qui se diront sur cet état , il sera aisé de déterminer ec qui regarde les autres.