‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 108 sur 518 · UNIQUE PROPOSITION · texte numérisé non relu

UNIQUE PROPOSITION

il y a (pti^tre carart^ros ou qualités c^scnlielle» h raulartië royale.

Premièrement, I ftiitorilé royale est sacrée; Secondement, elle est paternelle; Troisièmement , elle est iil"^)lue ; Lluatriemement, elle est soumise à la raison

TIREE DE L’ÉCRITURE. LIV. III

Cest ce (pi'il ftiut établir par ordre, dans les i articles suivants. |

ARTICLE IL

L'autorité royato est sacrée.

PIEHIÉRE PBUPOSITIOIf.

Déeu éubljl les rois romme ses ministres , et rCîtne par etts sur les peuples.

Nous avons déjà vu que toute puissance vient de Dieu'.

• Le prince, ajoute saint Paul’, est ministre « de Dieu pour ie bien. Si vous faites mal , trem- < blez; car ce n’est pas en vain qu’il a le glaive :

• et il est ministre de Dieu , vengeur des mauvai-

• ses actions. >

Les princes agissent donc comme ministres de Dieu , et ses lieutenants sur ia terre. Cest par eux qu’il exerce son empire. « Pensez-vous pou-

• voir résister au royaume du Seigneur, qu’il

• possède par ies enfants de David’?»

C’est pour cela que nousavons vu que le trôtie royal n’est pas le trône d’un homme, mais le trône de Dieu môme. « Dieu a choisi mon fiis Sa-

• lomon pour ie piaccr dans le trône où règne le » Seigneur sur Israël *. » Et encore : » Salomon

• s’assit sur le trône du Seigneur •

Et afin qu’on ne croie pas que cela soit particulier aux Israélites , d’avoir des rois établis de Dieu, voici ce que dit l’Ecclésiastique : « Dieu donne à

• chaque peuple son gouverneur ; et Israël lui est

• manifestement réservé ®. •

Il gouverne donc tous les peuples, et leur donne à tous leurs rois ; quoiqu’il gouverne Israël d’une manière plus particulière et plus déclarée.

ir PBOPOSITIOX.

ht personne des rois est sacrée.

Il paraît de tout cela que la personne des rois est sacrée, et qu’attenter sur eux c’est un sacrilège.

Dieu les fait oindre par ses prophètes d'une onction sacrée?, comme il fait oindre les pontifes et ses autels.

Mais même sans l’application extérieure de cette onction , ils sont sacrés par leur charge , comme étant les représentants de la majesté divine, députés par sa providence à l’exécution de ses desseins. C'est ainsi que Dieu même appelle Cyrus son oint. ■ Voici ce que dit le Seigneur à ’ Eom. un , 1 , 3.

’ nu. 4.

■ II. Par. un, S

* I. Par. xxTni , S.

* IhU. lUI, 33.

’ 3TII. U, is.

’ I. tUÿ. IX, 10; XTI, 3, etc.

• Cyrus mon oint, que j’ai pris par la main pour » lui assqjettir tous les peuples'. >

Le titre de Christ est donné aux rois ; et on les voit partout appelés les christs , ou les oints du Seigneur.

Sous ce nom vénérable , les prophètes mômes le.s révèrent , et les regardent comme associés à l’empire souveraindeDieu , dont ils exercent l’autorité sur le peuple. « Parlez de mol hardiment

• devant le Seigneur, et devant son christ ; dites

• si j’ai pris le bœuf ou l’âne de queltiu’un , si j’ai

• pris des présents de quelqu’un , et si j’ai opprimé

• quelqu’un. Et ils répondirent : Jamais ; et Sa- « muel dit : Le Seigneur et son christ sont donc

• témoins que vous n’avez aucune plainte à faire « contre moi ’. •

Cest ainsi que Samuel , après avoir jugé le peuple vingt et un ans de la part de Dieu , avec une paissance absolue, rend compte de sa conduite devant Dieu, et devant Saûl, qu’il appelle ensemble à témoin , et établit son innocence sur leur témoignage.

Il faut garder les rois comme des choses sacrées, et qui néglige de les garder est digne de mort. • Vive le Seigneur I dit David aux capi-

• laines de Saül ', vous êtes des enfants de mort, » vous tous qui ne gardez pas votre maître l’oint « du Seigneur. >

Qui garde la vie du prince, met la sienne en la garde de Dieu même. > Comme votre vie a été

• chère et précieuse a mes yeux , dit David au

■ roi Saül * , ainsi soit ebère ma vie devant Dieu

• même, et qu’il daigne me délivrer de tout péril. ■ Dieu lui met deux fois entre les mains Saûl ,

qui remuait tout pour le perdre; ses gens le pressent de se défaire de ce prince injuste et impie ; mais cette proposition lui fait horreur. • Dieu,

• dit-il soità mon secours , et qu’il ne m’arrive » pas de mettre ma main sur mon maître l’oint du » Seigneur. »

Loin d’attenter sur sa personne , il est même saisi de frayeur pour avoir coupé im bout de son manteau , encore qu'il ne l’eût fait que pour lui montrer combien religieusement il l’avait épargné. 1 Le cœur de David fut saisi, parce qu’il avait

■ coupé le bord du manteau de Saûl ^ : » tant la personne du prince lui parait sacrée ; et tant il craint d’avoir violé par ia moindre irrévérence le respect qui lui était dû.

Page 1