‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 112 sur 518 · P*. LIV · texte numérisé non relu

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^ filée *. » Et encore : « Ils ont aiguisé leurs lan- ■» gués comme des langues de serpent. I.eur mor- « sure est venimeuse et mortelle *. •

La colère du prince , déclarée par ses paroles , cause des meurtres , et vérifie ce que dit le Sage* : « L’indignation du roi annonce la mort. .

Son discours, loin d’étre emporté et violent, ne doit pas même être rude. De tels discours aliènent tous les esprits. « Une douce parole abat « la colère, un discours rude met en fureur*.»

Surtout un discours moqueur est insupportable en sa bouche. « N’offensez point votre ser- « viteur qui travaille de bonne fol , et qui vous « donne sa vie *. » Et encore : « Ne vous moquez « pas de l’affligé : car il y a un Dieu qui volt « tout, qui élève, et qui abaisse ®. »

Ne vous fiez donc pas à votre puissance; et qu’elle ne vous emporte pas à des moqueries insolentes. Il n’y a rien de plus odieux. Que peuton attendre d’un prince , dont on ne reçoit pas même d'honnêtes paroles?

Au contraire , Il est de la bonté du prince de réprimer les médisances et les railleries outrageuses . Le moyen en est aisé; un regard sévère suffit. » Le vent de bise dissipe la pluie ; et un visage « triste arrête une langue médisante 7. »

La médisance n’est jamais plus insolente , que lorsqu’elle a osé paraître devant la face du prince; et c’est là par conséquent qu’elle doit être le plus réprimée.

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