‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 114 sur 518 · H. 10, II · texte numérisé non relu

H. 10, II

• Id. 15.

^ td- 18, 18.

• Z'OA. vm, 5, K.

• y/ilfth. VVVII, 18. .Viirr vv.un.

’ /.Vf. VVIII, V.

• t(. II. 10. ne.

■ chez. Ilérode, à qui je lui renvoyé, ne l’a pas " non plus ti-ouvé digne de mort, lot ils se mirent « à crier : h’iutes-le mourir ; mettez en liberté Ba-

• rabbas, qui avait été arrêté pour sé-dition et

• pour meurtre. Pilate leur parla encore , peinsant « délivrer Jésus: et ils crièrent de nouveau : Cru-

• cinez-le,rruciflcz-lc. Et il leur dit |)our la troi- « sième fois : .Mais quel mal a-t-il fait ? pour moi, - je ne le trouve pas digne de mort ; [e le chétieral

• et le renverrai. Et ils faisaient des efforts horri-

• blés, criant qu'on le erucillàt ; cl leurs cris s’aug-

■ mentaient toujours. Enfin Pilate leur accorda « leur demande. Il délivra le meurtrier et le sé-

• ditieux , et abandonna Jésus à leur volonté, .

Pourquoi tant contester |>our enlln abandonner Injustice? toutes ses excuses le condamnent. « Prcnez-le vous-mêmes, leur dit-il ' , et jugez-

• le .selon votre loi. . Et encore : • Prenez-le vous- « mêmes, et cruclllez-le. . Comme si un magistrat était innocent, de laisser faire un crime qu’il peut cmiiéehcr !

On lui allègue la raison d'Etat : . Si vous le

■ renvoyez , vous offenserez César. Qui se fait

• roi est son ennemi’. Mais il savait bien, et

• Jésus le lui avait déclaré, que son royaume « n'etait point de ce monde - Il craignit les mouvements du peuple, et les menaeeS qu'ils lui faisaient, de se plaindre de lui ù César. Il ne devait craindre que de mal faire.

C'est en vain qu'il « lave ses mains devant « tout le peuple eu disant : Je suis innocent du

• sang de cet homme juste ; c’est à vous i y

• aviser ' : . rEcclésiastique le condamne. . Ne

• soyez point juge, si vous ne pouvez enfoncer « par force l'iniquité : autrement vous craindrez " la face du puissant, et votre justice trébu-

• ebera *. •

• Cette faiblesse des juges est déplorée par le prophète. . Ix grand sollieite, et le juge ne peut « rien refuser ‘. •

Que si le prince lui-même , qui est le juge des juges , craint les grands , qu'y aura-t-il de ferme dans l'Etat? Il faut donc que l’autorité soit invincible , et que rien ne puisse forcer le rempart a 1 abri duquel le repos public et le salut des particuliers est à couvert.

IX* eaoeosmo.v.

L.V femiclé est un caraclire essenlkl à In mynulé. Quand Dieu établit Josué pour être prince et capitaine général, il dit à Moïse - Donne tes

' Joan. xviii , 31 ; XIX . S.

> Id. ïix . 13.

» Id. XVIII»

* Mntth. xxtli, Ï4,

i Frrt. VII, 0.

** .Mich. TM, 3.

' tJeui. Mi ,

Digilized by u

TinÉE DE L'ECRITURE. LIV. IV.

• ordres à Jnsoé , et l'afTermis , et le fortifle : car

• il conduira le peuple, et lui partnj^ra la terre

• que tu ne feras seulement qne voir. >

Quand il eut été désigné sueeesseur de Moïse , qui allait mourir, « Dieu lui dit lui-roème : Sois < ferme et fort : car tu Introduiras mon peuple « dans la terre que je lui ai promise , et je serai

• avec toi •

Quand, après la mort de Moïse, il se met à la tète du peuple. Dieu lui dit encore*: « Moïse s mon serviteur est mort : lève-toi et passe le

• Jourdain : sois ferme , courageux et fort. > Et encore ; Sois ferme et fort , et garde la loi que

• Moïse mon sen iteur fa donnée. ■ Et encore :

« Je te le commande , sois ferme et fort , ne crains

• point, ne tremble point : je suis avec toi. • De même que s'il lui disait : Si tu trembles, tout tremble avec toi. Quand la tète est ébranlée , tout le corps chancelle : le prince doit être fort j car il est le fondement du repus publie dans la paix et dans la guerre.

Aussitôt Josué commande avec fermeté. « Il " donna ses ordres aux chefs, et leur dit : Trnversez le camp, et commandez A tout le peuple qu’il

• se tienne prêt; nous allons passer le Jou-xlain.

• il parla aussi à ceux de Ruben et de Gad , et ô ■ la demi-tribu de Manassé : Souvenez- vous des

• ordres que vous a donnés .Moïse , et marchez

• avec vos armes devant vos frères, et combattez

• vaillamment L •

Il n’hésite en rien , il parle ferme , et le |>euplc le demande ainsi pour sa propre sArcté. • Qui ne . vous obéira pas , qu’il meure : seulement soyez

• ferme , et agissez en homme *. >

Le moyen d'affermir le prince, c'est d'établir j l’autorité, et qu'il voie que tout est en lui. As- ! suré de l'obéissance, il n’est en peine que de luiméme : en s'aflermissant , il a tout fait, et tout suit : autrement il hésite, il tétonne, et tout se fait mollement. Le chef tremble quand il est mal assuré de ses membres.

Voilé comme Dieu installe les princes : Il affermit leur puissance , et leur ordonne d'en u-ser avec fermeté.

David suit cet exemple , et parle ainsi à Salomon • Dieu soit avec vous, mon flis : qu'il vous

• donne la prudence, et le sens qu'il faut pour

• gouverner son peuple. 'Vous réussirez si vous

• gardez les préceptes que Dieu a donnés par

• Moïse. Soyez ferme, agissez en homme;necrai- « gnez point , ne tremblez point. >

Il lui réitère en mourant la même chose : et

■ Dtul. IXXI, U.

• Jol. 1, s, s, 7, ».

’ /cl. 10, II, I», 13, II.

I /cl. IS.

> I. Par XXII, II, 13, 13.

voici les dernières paroles de ce grand roi .'i son fils ' : Cl J'entre dans le chemin de toute la terre :

• soyez ferme , et agissez en homme , et gardez Cl les commandements du .Seigneur votre Dieu. • Toujours la fermeté et le courage ; rien n'est plus nécessaire pour soutenir l'autorité; mais toujours la loi de Dieu devant les yeux :on n'est ferme que quand on la suit.

^éhémias savait bien que la puissance publique devait être menée avec fermeté. ■ Tout le monde « me voulait intimider, espérant que nous ces-

• serions de travailler aux murailles de la ville :

■ et moi je iii’affermissais davantage. Sémaios me

• disait : Enfermons-nous dans la maison de Dieu cc an milieu du temple ; car on viendra cette nuit •c pour vous tuer: et jeix'pondis : Mes semblables « ne fuient jamais. Je connus que ces faux proie pliètes n'étaient pas envoy és de Dieu , et qu'ils

• avaient été gagnés pour m'épouvanter*, afin

• que je péchasse , et qu'ilseussent quelque repro- •• cho à me faire ’. •

Ceux qui intimident le prince, et l’empéchcnt d'agir avec force , sont maudits de Dieu. • O Seiic gneur, souvenez- vous de moi , et faites à Toble ,

• A Sanoballat , et aux prophètes qui voulaient

■ m’effrayer, faites-leur. Seigneur, selon leurs ■c œuvres’. •

X' PBOFOsmoa.

Le prinre doit Cire renne ronire son propre ronxeil et ses favorix , lorcU}u’ilx veulent le faire servir S leurs intéreis particuliers.

Outre la fermeté contre les périls , il y a une autre sorte de fermeté , qui n’est pas moins nécessaire au prince : c'est la fermeté contre l’artillee de scs favoris , et contre l’asceudant qu'ils prennent sur lui.

La faiblesse d'.\ssuérus, roi de Perse, fait pitié , dons le livre d’Estber. .\mon , Irrité contre les Juifs par la querelle particulière qu'il avait avec Mardochée, entreprend de le perdre avec tout son peuple. Il veut faire du roi l'instrument de sa vengeance ; et faisant le zélé pour le bien de l'Élut , il parle ainsi ’ : v II y a un peuple dispersé

V par toutes les provinces de votre royaume , qui ■c a des lois, et des cérémonies particulières, cl « méprise les ordres du roi. Vous savez qu’il est

• dangereux à l’État qu'il ne devienne insolent

• par l’impunité ; ordonnez , s'il vous plaît , qu'il « périsse, et je ferai entrer dix mille talents dans ' vos coffres. Le roi tira de sa main l'anneau

V dont il se servait , et le donnant à Aman : Cet

V argent, dit-il, est a vous; et pour le peuple,

' III. fieg. n, S, 3.

* n. £»dr. VI, 9, Kl, Il , 13, 13.

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