‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 115 sur 518 · W. II · texte numérisé non relu

W. II

4 tftk. lit, 8 , 9, if», U.

POUTIQUE

• faitcs-en ce que vous voudrez. > Aussitôt les i ordres sont expWiés , les courriers sont dépêchés ; par tout le rojaume et la facilité du roi va faire ] p<Tir cent millions d’hommes en un moment. [

Que les princes doivent prendre garde à ne se pas rendre aisément ! Aux autres , la difllculté de ' l’exécution donne lieu à de meilleurs conseils; dans le prince, à qni parler c’est faire , on ne peut comprendre combien la facilité est détestable.

Il n’en coûte que trois mots à Assuérus, et lu peine de tirer son anneau de son doigt : par un si petit mouvement , cent millions d’innocents vont être égorgés, et leur ennemi va s’enrichir de leurs dépouilles.

Tenez-vous donc ferme , û prince .' Plus il vous est facile d’exécuter vos desseins , plus vous devez être difficile à vous luis.scr ébranler pour les prendre.

C'est à vous principalement que s’adresse cette parole du Sage ’ : < Ne tournez pas à tout vent , et

• n’entrez pas en toutes voies. » Le prince aisé à incner, et trop prompt ù se résoudre , perd tout.

Assuérus fut trop heureux de s’étre ravisé , et d’avoir pu révoquer ses ordi'es avaut leur exécution. Elle est ordinairement trop prompte, et ne vous laisse que le repentir d'avoir fait un mal irréparable.

XI' PBOPOSITIOS.

Il faut pa'v aisdnifnt chauffer d'avis après uoc mûre dvlibèratioD.

Mais autant qu’il faut être lent à se résoudre, autant faut-il être ferme, quand on s’est déterminé avec connaissance. • N’entrez point en toutes

• voies, » vous a dit le Sage’: cl il ajoute: ”C’cst

• ainsi que va le pécheur, dont la langue est dou-

• bic. ■■C’est-à-dire, qu’il dit, et se dédit, sans jamais s’arrêter à rien. Il poursuit : • Soyez fermes

• dansla vérité de votre sens, et que votre dis-

• cours soit un <■ ; qu’il ne change pas aisément, selon le grec.

ABTICLE II.

l)t la mollesse, de f irrésolution et de la fausse fermeté.

I" PBoposruox.

la mollesse est l’ennemie du gouvernement : cararterc du paresseux et de l'esprit indticis.

• La main des forts dominera ; la main non- « chalante payera tribut *. ■• L’u grand roi le dit : c’est Salomon. Au lieu des forts , l'hébreu porte :

• x»rA. III, 12, etc.

» üa-l. V. 11.

> Ibid. Il , 12.

• Piw. XII, 24.

de ceux qui sont appliqués et alleiitifs. L’atte:) tion est la force de l’âine.

* Iæ paresseux veut, et ne veut pas ; les hom-

• mes laborieux s’engraisseront ■ L'hebreii porte encore : les hommes attentifs et appliipu's.

Celui qui veut mollement , veut sans vouIot : il n’y a rien de moins propre a exercer le commandement , qui n’est qu’une volonté ferme et résolue.

Il ne veut rien ; Il n’a que des désirs languissants. • Les désirs tuent le paresseux ; il ne veut

• point travailler : il ne fait que souhaiter tout le

• long du jour • ; ■ Il voudrait toujours , il ne veut jamais.

Aussi rien ne lui réussit; il perd toutes les affaires. • Qui est mou et languissant dans son ou-

• vrage , est frère du dissipateur •

Nous avons dit que la crainte ne convient pas au commandement : le paresseux craint toujours, tout lui paraît impossible. • Le paresseux dit : Il

• y a un lion dans le chemin , je serai tué au ml-

• lieu des rues* . ■• Et encore : ■ Le paresseux dit : ■ Il y a un lion dans le chemin ; une lionne at-

• tendsurle passage. Le paresseux se roule en son ■< lit, comme une porte sur son gond. ■> Assez de mouvement, peu d’action. Etensuite : • Le pares -

• seux cache sa main sous ses bras, et ce lui est

• un travail de la porter jusqu’à sa bouche*. ■> Comment aidera les autrcscelui qui ne sait pas

s’aider lui-même? ■ La crainte abat le paresseux ; « les efféminés manqueront de tout *. »

* lai négligence abat les toits; les mains lan-

• guissantes font entrer la pluie de tous cAtés dans

• les maisons i . »

Tout est faible sous un paresseux. « Soyez •■ prompts dons tous vos ouvrages , et la faiblesse

• ne viendra jamais au-devant de vous, pour

• traverser vos desseins ' . •

Les affaires en effet sont difficiles ; on n’en surmonte la difDculté que par une activité infatigable. On manque tous les jours tant d’entreprises, que ce n’est qu’à force d'agir sans cesse qu’on assure le succès de ses desseins. •■ Semez donc

• le matin ; ne cessez pas le soir : vous ne sav vez lequel des deux prolitera ; et si c'est tous les « deiLx , tant mieux pour vous s. •

' frot. XIII, 4.

> Ibid, XXI, 24.

* Ibid. XVIII , 9.

* lUd. XXII, 12.

4 Ibid. XXVI, l:|, 11, 15.

* Ibid. XVIII, s.

1 Ecci. X, 18.

* Ibid. XXXI , 27.

* Ibid. XI , S.

TIRKK OF. 1. Ktr.ITFKK. UV IV.

U* l'Borosmow.

Il y a UDC faus»' fermeté.

L’opinifltrett' invincible de Pharaon le fait voir. C'était endurcissement, et non fermeté. Celte dureté est fatale à lui et à son royaume. L'Ecriture en fait fol dans tout le livre de l'E.\ode.

La force du commandement poussée trop loin ; jamais plier, jamais condescendre , jamais se re- Idcber, s'acharner à vouloir être obéi h quehiue pi ix que ce soit ; c'est un terrible fléau de Dieu sur les rois et sur les peuples.

Celui qui a dit : > >e tournez pas à tout vent ° ' avait dit un peu auparavant : • Ne forcez point

• le cours d'un fleuve'. > Il y a une légèreté, et aussi une roldeur excessive.

Une fausse fermeté conseillée d Roboam par des jeunes gens sons expérience, lui lit perdre dix tribus. Le peuple demandait d'être un peu soulagé des im^ts très-grands que Salomon exigeait ; suit qu'ils se plaignissent sans raison d'un prince qui avait rendu l'or et l'argent communs dons Jérusalem ; ou qu'en effet Salomon les eût grevés dans le temps qu'il donna tout à ses passions. Les vieillards, qui connaissaient l'état des affaires, et l'humeur du peuple juif, lui museillaient de l'apaiser avec de douces paroles suivies de quelques effets. • Si vous donnez quelque chose à leurs ,

• prières , et que vous leur parliez doucement , ils

• vous serv iront toute votre vie •

Mais la jeunesse téméraire , qu'il consulta dans la suite, se moqua de la prévoyance des vieillards , et lui conseilla non un simple refus , mais un refus accompagné de paroles dures et de menaces insupportables. « Mon petit doigt , leur

■ dit-il est plus gros que tout le corps de mon

■ père ; mon père vous a foulés , et moi je vous

• foulerai encore davantage : mon père vous a

• fouettés avec des verges , et moi je vous fouet- " terai avec des chaînes de fer : et le roi n'ac-

• quiesça pas au désir du peuple , parce que Dieu

■ s'était éloigné de lui , et voulait accomplir ce

• qu'il avait dit contre Salomon * , qu'en puni-

• tion de ses crimes il partagerait son royaume

• après sa mort. •

Ainsi cette dureté de Roboam était un fléau envoyé de Dieu , et une juste punition tant de Salomon que de lui.

Ixs jeunes gens qu'il consultait ne manquaient pas de prétextes : Il faut soutenir l'autorité ; Qui se laisse aller au commencement, on lui met à la fin le pied sur la gorge. Mois par-dessus tout

* Eeet. nr , sa.

■ m. Ffÿ. XII, 7.

r /M. 10, Il , is.

t iM. XI, 31 , de.

cela il fallait connaître les dispositions présentes, et céder a une force qu'on ne pouvait vainere. l-es bonnes maximes outrées perdent tout. Qui ne veut jamais plier, cosse tout à coup.

ni" pKorosiTioN.

Le prince dnil commencer par soi-méme S commander

avec fermeté , et se rendre mattre de ses passions.

* >'e marchez point après vos désirs , retirezs vous de votre propte volonté. Si vous suivez « vos désirs, vous donnerez beaucoup de joieà vos

• ennemis '. - Il faut donc résister à scs propres volontés , et être ferme premièrement contre soimême.

Le premier de tous les empires est celui qu'on a sur scs désirs. • Ta cupidité te sera soumise,

• et tu la domineras ’. •

C'est la source et le fondement de toute l'autorité. Qui l'a sur soi-même, mérite de l'avoir sur les autres. Qui n'est pas maiire de ses passions , n'a rien de fort ; car il est faible dans le principe.

Sédéciiis , qui disait aux grands ’ : • Le roi ne ' vous peut rien refuser, • n'élalt faible devant eux, que parce qu'il l'était en lui-même, et ne savait pas maîtriser sa crainte.

Évilmérod.ic , abattu par la même passion , se lais.sa maltraiter et abattre par les seigneurs qui lui disaient : < Livrez-nous Daniel , ou nous " vous tuerons *. •

Si Darius eût eu assez de force sur lui-même pour soutenir la justice, il aurait eu de l'autorité sur les grands qui lui demandaient le même prophète , et n'aurait pas eu la faiblesse de sacrillcr un innocent û leur jalousie ’.

Pilate avait succombé intérieurement h la tentation de la faveur, quand il sc laissa forcera crucifier Jésus-Christ. Il avait beau avoir en main toute la puissance romaine dans la Judée , il n'était pas puissant , puisqu'il ne put résister à l'iniquité connue.

David , quelque grand roi qu'il fût, n'était plus puis.sant , quand sa puissance ne lui servit qu'a des actions qu'il a pleurées toute sa vie, et qu'il eût voulu n'avoir pas pu faire.

Salomon n'était plus puissant, quand sa puissance le rendit le plus faible de tous les hommes.

Kérude n'était point puissant, lorsiiue désirant de sauver saint Jean-Raptiste, dont une malheureuse lui demandait la tête, il n'asa le faire , • de « peur de la fdcher « Il entra dans son crime quelipic égard |Kiur les assistants, devant les-

> Ecd. xTiii, au, 31.

* Gen, IV, 7.

> Jrr. xxxvill, 8.

* Dan. XIV, 2S.

* W. VI, Il l'Iie.l.

* STure. VI , in

TIREE DE l-'ECIUTUKE. LIV. V.

qu'agissait Snûl cootre David , ou poussé par sa jalousie, ou possédé par sa mélanoolle noire, entraîne toute sorte d’irrégularité, d'inoonstanee , d'inégalité , de bizarrerie , d'injustice , d’étourdissement dans la conduite.

N’eùt-on qu’un cheval à gouverner , et des tronpeau.x A conduire , on ne le peut faire sans raison ; combien plus en a-t-on besoin pour mener les hommes , et un troupeau raisonnalde !

> Le Seigneur a pris David comme il menait les brebis , pour lui donner & conduire Jacob

• son serviteur, et Israël son héritage; et il les a

• conduits dans l'innocence de son cœur, d'une

• main habile et intelligente '. "

Tout se fait parmi les hommes par l'intelllgence, et par le conseil. » I-es maisons se bâ-

• tissent par la sagesse , et s'affermissent par la

• prudence. L'habileté remplit les greniers, et ■ amasse les richesses. L’homme sage est coura-

• geux : l'homme habile est robuste et fort , parce

• que la guerre sc fait par conduite , et par indus-

• trie : et le salut se trouve où il y a beaucoup de

• conseil ’. •

La Sagesse dit ellc-mémo ; « C’est par moi que

• les rois régnent , par moi les législateurs pres-

• cri vent ce qui est juste*. •

Elle est tellement née pour commander, qu’elle donne l'empire à qui est né dans la servitude.

• Le sage serviteur commandera au.x enfiuits de

• la maison qui ne sont pas sages, et il fera leurs

• partages*. • Et encore : • Les personnes libres

• s’assujettiront à un serviteur sensé*. -

Dieu en installant Jusué lui ordonne d'étudier lu lui de Moïse , qui était la loi du royaume ; alin ,

• dit-il*, que vous entendiez tout ce que vous

• faites. « Et encore : • Alors vous conduirez vos « desseins , et vous entendrez ce que vous fai-

• tes. ■

David en dit autant à Salomon , dans les dernières instructions qu'il lui donna en mourant. .. Prenez garde à observer la loi de Dieu , nlln que

• vous entendiez tout ce que vous faites, et de

• quel côté vous aurez à vous tourner*. •

Qu'on ne vous tourne point , tournez-vous vous-

mémes avec connaissance; que la raison dirige tons vos mouvements : sachez ce que vous faites, et pourquoi vous le faites.

Salomon avait appris de Dieu même , combien la sagesse était nécessaire pour gouverner un grand peuple. < Dieu lui apparut en songe durant la

• Pt. LUVII, 70, 71, 7i t Pmv. XXIV, 3, 4, 5, 1.

1 Ibid. VIII, IS.

* Ibid. XVII , 3.

* Erct. X , 3B.

• Zoi. I, 7, H.

’ 111 fl. J II! 3.

" nuit , et lui dit ' : Domandez-moi ce que vous

• voudrez : Salomon répondit : O Seigneur! vous

• avez usé d'une grande miséricorde envers mon

V père David ; comme il a marché devant vous " en justice et en vérité et d'un cœur droit , vous

• lui avez aus.si gardé vos grandes misérieordiT;, " et vous lui avez donné un fils assis sur son tixi-

• ne : et maintenant , 6 Seigneur Dieu ! vous avez 1 « fait régner votre serviteur a la place de David I V son père : et moi je suis un jeune homme , qui I 1 ne sais pas encore entrer ni sortir. « (C'est-n- ! dire , qui ne sais pas me conduire ; qui ne sais par ; où commencer, ni par ou lin r les affaires.) > Et î - je me trouve nu milieu du peuple qne vous avez ‘ • choisi , peuple infini et innombrable. Donnez ; • donc à votre serviteur la sagesse et l'intelligence i • et un cœur docile ; ndii tpi’il iiuissejugcr et gou- I « vemer votre peuple, et discerner entre le bien

• et le mal. Car qui pourra gouverner et juger ce

• [leuple immense? La demande de Salomon plut ■ au Seigneur, et il lui dit : Paire (lue vous avez

V demandé cette chose , et que vous n'avez point « demandé une longue vie , ni de grandes riches-

• ses , ou de vous venger de vos ennemis , mais " que vous avez demandé In sagesse pour juger

• avec discernement : j’al fait selon vos paroK.s,

• et je vous ai donné un c.eur sage et intelligent , .1 en sorte qu’il n'y eut Jamais, ni jamais il n'y

• aura un homme si sage que vous. Mais je vous

• ai encore donné ce que vous ne m'avez pas dc- X mondé, c’est-à-dire, les richesses et la gloire; « et jamais il n'y a eu roi qui en eut tant que vous " en aurez. •

Ce songe de .Salomon était une extase , où l'esprit de ce grand roi , séparé des sens et uni ù Dieu , jouissait de la v éritable intelligence. 11 vit en cet état que la sagesse est la seule grâce qu’un prince devait demander à Dieu.

Il vit le [Xiids des affaires , et la multitude immense du iieuple qu’il avait ù conduire. Tant d’humeurs, tant d’intéréts, tant d'artiflees, tant de passions, tant de surprises à craindre, tant de choses à considérer, tant de monde de’tous cAlés ù écouteret à connaître; quel esprity pi'Ut suffire?

Je suis jeune , dit-il , et je ne sais pas encore me conduire. L'esprit ne lui manquait pus, non plus que la résolution. Car il avait déjà parié d'un ton de maitre à son frère Adonias ; et dès le commencement de son règne il avait pris son parti dans une conjoncture décisive , avec autant de pnidencc qu’on en pouvait désirer ; et toutefois il tremble encore, quand il voit cette suite immense de soins et d'affaires qui accompagnent la royauté; et il voit bien qu'il n'en peut sortir, que par une sagesse consommée.

* III flt'ÿ. ni, s, 0, 7, cic. li P<ir. 1 , 7, s, ric.

roLiTigi'E

Il la demande à Dieu , et Dieu la lui donne : mais en même temps il lui donne tout le reste qu'il n'a* vait pas demandé ; c’est-à-dire , et les richesses et la gloire.

Il apprend aux rois, que rien ne leur manque quand ils ont la sagesse , et qu'elle seule leur at* tire tous les autres biens.

Noustrouvonsuiilx*aucommcntairedc la prière de Salomon dans lu livre de la Sagesse, qui fait parler ainsi ce sage roi' :« J'ai désiré le bon sens, « et il m’a été donné ; J'ai invoqué l’esprit de sa* « gesse, et il est venu sur moi. J'ai préféré la •« sagesse aux royaumes et aux trônes ; au prix de

• la sagesse les richesses m’ont paru comme rien : « devant elle l’or m'a semblé un groin de sable, •« et Tangent comme de la boue : elle est plus ai* " mable que la santé et la bonne grâce. Je t'ai « mise devant moi comme un flambeau , parce que

• sa lumière ne s'éteint jamais. Tous tes biens me

• sont venus avec elle, et j'ai reçu de ses mains « la gloire, et des richesses immenses. »

IT PROPOSITIOX.

Uavéïilabie TermiHè c»l le Ouit de rioU'Uij^encc.

« Considérez ce qui est droit, et que vos yeux

• précèdent vos pas; dressez-vous un chemin,

• et toutes vas démarchés seront fermes*. • Qui voit devant soi marclic sûrement.

Autant donc que la fcrmetc est nécessaire au gouvernement , autant a-l-il besoin de la sagesse.

Le ca«*actcic de la sagesse est d’avoir une conduite suivie. •L’hommesageest permanent eomme « le soleil; le fou change comme Ialune\ •

Le plus sage de tous les rois fuit dire ces paroli*s à la Sagesse : » A moi appartient le conseil

• et l’équité , à moi lu prudence , à moi la force L • Ceschoses,ùle bien prendre, sont inséparables.

* L’homme sage est courageux, l'homme ha-

• bile est robuste et fort*. »

brutaux n'ont qu’une fausse hardiesse.

' .Nubal était impérieux, et personne n’osait lui ■ imiicr dans sa maison®. «- Tant qu'il crut n'avoir rien à craindre de David , il disait insolemment : " Qu’ai-jeàfnircdcDavid?quiest IcflIsd'Isaî?? w Aussitôt (fu’il eut appris que David avait juré sa perte, quoi(|u‘on lui eût dit que sa femme Tavuit apais<'* , • le coeur lui manqua ; U demeura comme •• une pierre, et nuninit au bout de dix jours*. • Roboam est méprisé pour son jm?u de sens. • Sa*

• lornun laissa après lui la folie de la nation, Ro*

* S>>p. vu, 7, H, 9. etc.

* Prov. IV, Si, 76.

* E>tt. XVVM. U.

* Pntr. »iii, H.

S tbid. XXIV, a.

* Ihid. IM.

' Ibtd. 97, S.

. boom, qui manquait de prudence, et qnl di- . visa le peuple par les mauvais conseils qu'il sui* « vit'. «

Comme il n'avait point de sagesse , il n'avait point de fermeté; et son propre fils est contraint de dire : > Roboam était un homme malhabile et . d'un courage tremblant , et il n'eut pas la force

• de résister aux rebelles • Au lieu de malhabile et de courage tremblaut , l'hébreu porte : * C'était " un enfant tendre de cœur. - Ce n’est pas qu’il ne leur ait fait la guerre. . Roboam et Jéroboam " eurent toujours la guerre entre eux ’ . •

Il n'est point accusé d’avoir manqué de courage militaire; mais e’est qu’il n'avait pas cette force qui fait prendre et suivre avec résolution un bon conseil. A voir pourtant de quel ton il parla à tout le peuple, on le croirait ferme et résolu. Mais il n'était ferme qu’en paroles ; et au premier mouvement de In sédition , on lui voit honteusement prendre la fuite. • Roboam envoya Aduram , . qui avait la charge de lever les tributs, et les cn- « fanls d’Israël le lapidèrent. Ce que Roboam n’eut

• pas plulAt su qu'il se pressa de monter dans . sou chariot , et s'enfuit en Jérusalem ; et le peu- « pie d'Israël se sépara de la maison de David *. .

Voilà l'homme qui se vantait d’étre plus puissant que Salomon ; il parle superbement quand il croit qu'il fera peur à un peuple suppliant. A la première émeute , il tremble lui-mème , et il affermit les rebelles par sa fuite précipitée. .

Ce n'est pas ainsi qu’avait fait son nieul David. Quand il apprit la révolte d’Absalon, il vit ce qu'il y avait à craindre , et se retirn promptement , mais en bon ordre et sans trop de précipitation , . marchant à pied avec scs gardes , et ce . qu'il avait de meilleures troupes; et se posta

• dans un lieu désert et de difficile accès, en at- . tendant qu'il eût des nouvelles de ceux qu'il . avait laissés pour observer les mouvements du " peuple •

Ilesfvraiqu'ilallait,en signe de douleur,, nii- . pieds , et la tète couverte , lui et tout le peuple . pleurant > Cela était d'uu bon roi , et d'un bon père, qui voyait son fils bien-aime à la tête des rebelles, et combien de sang il fallait répandre ; et que c'était son péché qui attirait tous ces malheurs sur sn maison et sur sou peuple.

Il s'abaissait sous la main de Dieu, attendant l'événement avec un courage inébranlable : « Si . je suis ngri’able à Dieu , il me rétablira dans . Jéiaisalcm : que s'il me dit : Tu ue me plais pas :

' XI.VII, J7, sa.

* U. Pur. SOI, 7.

5 /Sirf. XI!, IS.

‘ Pur. X, IH, 10.

* II. Rrg. XV, H, 15, 17, IB SS.

S tbid. JO. •

TIRÉE DE L’ÉCRITURE. HV. V. 3

. Il est le raaltre; qu'il fasse ce qu’il trouvera le « meilleur'. ■

Étant donc ainsi résolu , II pourvoyait à tout avec une présence d'esprit admirable ; et il trouva sans hésiter ce beau moyen qui dissipa les conseils d'Absalon et d'Achitophel ’.

Et quand après la victoire , il vit Séba , flis de Bochri , qui ramassait les restes des séditieux , il ne se reposa pas sur l’avantage qu'il venait de remporter. t Et il dit à Abisni : Séba nous fera plus > de peine qu’Absalon : prenez donc tout ce qu’il

• y a ici de gens de guerre , de peur qu'il ne se

• jette dans quelque ville forte , et ne nous éehap-

• pe • Par cet ordre il assura le repos public , et étouffa la sédition dans sa naissance.

Voilà un homme vraiment fort , qui sait craindre où ii faut ; et qui sait prendre à propos tes bons conseils.

III* pBOPOSiTiors.

U sagesse du piince rend le peuple heureux.

• Le roi insensé perdra son peuple ; les villes

• seront habitées par la prudence de leurs prin- « ces*. •

Voici les fruits bienheureux du sage gouvernement de Saiomon. * Le peupie de Juda et d’Is- ■> raëi était innombrable; ils buvaient , ils man- . geaient et ils vivaient a leur ai.se ; et ils demeu-

• raient sans rien craindre , chacun dans sa vigne

• et sous son figuier*. «

« L'or et l'argent étaient communs en Jérusa-

• lem comme les pierres : et les cèdres naissaient

• dans les vallées en aussi grande quantité que

• les sycomores*. •

Sous un prince sage tout abonde ; les hommes , les biens de la terre, l’or et l'argent. Le bon ordre amène tous les biens.

La même chose arriva sous Simon le Machabée. Son caractère était la sagesse. Parmi les Machabces, enfants de Matballas, Judas était le fort’, et Simon était le sage. Mathatias l'avait bien connu , lorsqu'il parle ainsi h ses enfants* : . Votre frère Simon est homme de bon conseil :

• écoutez-lc en toutes choses , et regardez-le comme « votre père. «

Nous avons déjà vu comme le peuple fut heureux sous sa conduite ; mais il faut vo r le particulier.

Il avait trouvé les affaires en mauvais état :

■ U. «i-j. XV. as, as.

■ /tld. sa, ».

a /6id. XX , s.

« Keel. 1 , 3.

S III. Ke}. IV, ao, as.

• Ibùl. X,a7. II. P»T. 1. IB.

- I. Maei. Il . SS.

• liiJ. SB.

• sous lui les Juifs furent affranchis do Joug des

• Gentils •

• Toute la terre de Juda était en repos durant

• les jours de Simon : ii chercha le bien de ses ci-

• toyens ; aussi prenalent-iis pialsirévoir sa gioiro « et sa grandeur. Il prit Joppé, et y fit un port,

■ et il s'ouvrit un passage dans les Iles de la mer.

'■ Il étendit les bornes de sa nation , et fit beau- « coup de conquêtes. Personne ne lui pouvait ré-

• $i.ster. Chacun cultivait sa terre en paix ; la terre « de Juda et les arbres produisaient leurs fruits :

• les vieillards o.ssis dans les places publiques ne

■ parlaient que de l'abondance où on vivait : la "jeunesse prenait plaisir â se parer de riehes ha- « billcments, cl [lortalt l'Iiabit militaire. Il pour-

• voyait a la subsistance des villes, et les forti- « fiait : la paix était sur la terre, et Israël vivait

• en grande joie, chacun dans sa vigne et sons

• son figuier, sans avoiraucune crainte : personne " ne les attaquait ; les rois ennemis étaient abat-

• tus ; il protégeait les faibles ; il faisait observer la

• loi ; il était les méchants de dessus la terre ; il

• ornait le temple , et augmentait les vaisseaux

• sacrés*. Enfin il faisait justice , il gardait la foi , " et ne songeait qu’au bonheur et a la grandeur de « son peuple*. •

Que ne fait point un sage prince I sous lui les guerres réussissent ; la poix s'établit ; la justice règne ; les lois gouvernent ; la religion fleurit ; le commerce et la navigation enrtcliissent le jiays ; la terre même semble produire les fruits plus volontiers. Tels sont les effets de la sagesse. Le Sage n'avait-il pas raison de dire : • Tous les biens me « sont venus avec elle * ? •

Qu'on doive tant de biens aux soins et à la prudence d'un seul homme , peut-on l'aimer assez ? .Nous voyons aussi que la grandeur de Simon faisait les délices du peuple. Il n’y a rien qu'ils ne lui accordent*.

Quand Dieu veut rendre un peuple heureux , il lui envoie un prince sage. Uiram , admirant Saiomon qui savait tout faire a propos, lui écrivait * : * Parce que Dieu a aimé son peuple , il vous ■ a fait roi. » Et il ajoutait : • Béni soit le Dieu « d'Israël , qui a fait ie ciel et la terre, et qui a

• donné a David un fils sage, habile, sensé et « prudent. •

• Heureux vos sujets et vos domestiques, qui

• sont tous les jours devant vous, et écoutent

• votre sagesse, s'écriait la reine de Saba’. Béni

■ t. ,Vaeh. XIII, II.

■ Ibid. XIV, I, B, s, etc.

3 Ibid. BS.

• Sap. VII, II.

3 I. Mneb. XIV, II, 3û, IC.

• tl. Pur. II. Il, IB.

Mil. /(rj. x.S,».

•II. "I-JV . -

POLITIQUE

• soit le Seigneur votre Dieu , à qui vaut avez i

• plu ; qui vous a fait roi d'Israël , parce qu'il ai- ' . niait ce peuple d'un amour éternel ; et vous a , ■ ctaJili pour y faire justice et jugement ! ■

IV" pnoposiTioi».

La sagesse sauve les Ëlats piulAt que b force.

« Il y avait unp petite ville , et peu de monde « dedans. Un grand roi est venu contre elle; il

• l'a enceinte de tranchées , où il a héti des forts

V de tous cdtés , et il a formé un siège devant cette ’ place. Il s'y est trouvé un homme pauvre et

V sage, et il a délivré sa ville par sa sagesse. Et

• j'ai ^t en moi-méme que la sagesse vaut mieux

• que la force '. •

Cest ainsi que Salomon nous explique les effets de la sagesse. Et il répète encore une fois ■ :

• La sagesse vaut mieux que les armes ; mais qui

• manque en une chose perd de grands biens. >

Les combats sont hasardeux ; la guerre est Mcheuse pour les deux ]>artix : la sagesse , qui prend garde ù tout et ne néglige rien , a des voies nonseulement plus douces et plus raisonnables , mois encore plus sûres.

Dans la révolte de Séba contre David , le re- Ixdle SC retira dans .\béla, ville importante, où Joab ne tarda pas à l'assiéger par ordre de David'. Pendant qu'on en ruinait les murailles, une femme de la ville demanda i parler l'i Joab, et lui tint ce discours au nom de la ville qu'elle introduisait comme lui parlant. • Il y a un ccr-

• tain proverbe, que qui veut savoir la vérité la

• demande à Abéla *. ■ (Cette ville était en réputation d'avoir beaucoup de sages citoyens qu'on venait consulter de tous côtés. ] • C'est moi qui « réponds la vérité aux Israélites ; cependant < vous voulez me détruire et ruiner une mère en

• Israël (c'est-û-dire , une ville capitale). Pour-

• quoi renversez-vous l'héritage du Seigneur, et

• une ville qu'il a donnée à son peuple? A Dieu

• iicplai.se, répondit Joab, que je veuille Inren-

• verser; mois Séba s'est soulevé enutre le roi,

• livrez-le tout seul , et nous laisserons la ville en

• repos. La femme lui répondit ; On vous jettera > sa tête du haut de la muraille. Elle parla nu

• peuple assemblé , et discourut sagement , de

• sorte qu'on résolut de foire ce qu'elle avait d.t; « et Joab renvoya l'armée. >

Voilà une ville sauvée par la sagesse, lui sagesse finit tout a coup, sans rien hasarder, et en ne perdant que le seul coupable , une guerre qui avait donné tant d'appréhension à David.

' Krcl. IX, II, 15. le.

> Ibid. I».

r 11. XX, 11, rtc,

• Ibid, is , rtc.

Béthulie , assiégée par Holopherne , est sauvée par les conseils de Judith , qui empêche , premièrement , qu'on ne suive la pernicieuse résolution de se rendre , déjaprise dans le conseil ; et ensuite fait périr, les ennemis par une conduite aussi sage que hardie'.

Ainsi on voit que la sagesse est la plus sûre défense des Etats. La guerre met tout en hasard. « L'empire du sage est stable ’. »

* La sagesse fortifie le sage plus que s'il était ■ soutenu |iar les principaux de la ville' »

David était vaillant, et savait parfaitement l'art de la guerre. Ce n'est pas ce qui donnait le plus de crainte à Saiil. • Mais il le craignait ” isirecqu'il était très-prudent en toutes choses'. ■ V' PBOPOSITION.

Les sages sont craints cl respectés.

David lui-même craignait plus le seul .\chitophel , que tout le peuple qui était avec Absalon , parce qu'en ce terni» • O" consultait Achitophel s comme si c'eût été un Dieu *. •

C'était autant la sagesse que la puis,sance de Salomon, qui tenait eu crainte scs voisins, et conservait son royaume dans une paix profonde.

Parce que Josaphat était sage, in-struit de la loi, et prenant soin d'en faire Instruire le |wuple , tous scs voisins le craignaient. • I.e Seigneur

• ré|iaudit la terreur sur les royaumes voisins,

• et ils n'osaient faire la guerre à Josaphat ; les « Philistinslui apportaient des présents et Ics.Ara-

• bes lui payaient tribut >

Josaphat était belliqueux : mais l'Écriture attribue tous ces beaux effets à la piété et a la sagesse de ce roi , qui n'avait pas encore fait la guerre , ibins le temps qu'il était si redouté de scs voisins.

Si la sagesse fait resiiecter le prince au dehors , il ne faut pas s'étonner qu'elle le fasse respecter au dedans. Quand Salomon eut reiulu ce jugement mémorable , où il montra un si grend discernement, ■ tout Israël entendit la sentence •X que le roi avait prononcée ; et ils craignirent le s roi , voyant que In sagesse de Dieu était en X lui'. •

Il y a quelque chose de divin à ne se tromper pas ; et rien n'inspire tant de respect ni tant de crainte.

Et voyez comme l'Écriture marque exactement l'effet naturel de chaque chose. Iji bonne grâce de Salomon lui avait déjà attiré l'amour des peu-

* Judith, vjn, 0, 10, 4s; U, cUr.

» Sert. 1, I,

» Ibid, vie , 20.

' 1. ivin, lü.

* n. Hcg. XVI,

* 11. Par. XVII, 7, |o. Il , clc.

’ 111. Itij.

TIRÉE DE L’ÉCRITURE. LIV. V

pies ; • il parut dans le trAne de son père , et il

• plut à tous'. •

Voici quelque chose de plus grand. II montra un diseemement exquis ; et on le craignit , de cette crainte respectueuse , qui tient tout le monde dans le devoir.

C’est donc avec raison qu’on lui fait dire. « La

• sagesse vaut mieux que les forces; et l’homme

• prudent est au-dessus de l’homme fort •

vi’ PROrOSITIO.X.

C'est Dieu qui donne la aagraae.

• Toute sages.se vient du Seigneur; elle a été > avec lui devant tous les siècles, et y sera à ja-

• mais. Qui a compté le sable de la mer et les

• gouttes de pluie , et les Jours du monde? Qui a

• mesuré la hauteur des deux , et la largeur de

■ la terre, et les profondeurs de l’ablmc? Qui a

■ pénétré cette sagesse de Dieu qui a précédé

• toutes choses? Ijt sagesse a été produite la pre-

■ mière; l’intelligence est engendrée devant tous

• les siècles. A qui a été connue la source de la

■ sagesse, et qui a découvert toutes scs adres-

• ses? Il n’y a qu’un seul sage, un seul redouta-

• ble : c’est le Seigneur assis sur le tréne de la sa-

• gesse. C’est lui qui l’a créée par son esprit, et qui

• l’a connue, et qui l’a comptée, et qui en sait

• toutes les mesures. Il l’a répandue sur tous ses

• ouvrages, et sur toute cliair, a chacun selon

■ qu’il lui a plu ; et il l’a donnée à ceux qui l’ai-

• ment. >C’est par où commence l’Ecclésiastique.’

Dieu est le seul sage; en lui est la source de la sagesse, et c’est lui seul qui la donne.

C’est à lui que la demande le Sage. • O Dieu . de mes pères! 6 Seigneur miséricordieux, qui

• avez tout fait par votre parole ! donnez-moi la <1 sagesse qui est toujours auprès de votre tréne.

• Vous m’avez fait roi , et vous m’avez ordonné

• de vous bAtir un temple. Votre sagesse est avec

• vous; elle entend tous vos ouvrages : elle était

• avec vous quand vous avez fait le monde; elle « savait ce qui vous plaisait , et ce qui était droit

• dans tous vos commandements. Envoyez-la moi

• des cieux , du tréne sublime où vous êtes assis

■ plein de gloire et de majesté ; afm qu’elle suit

• toujours et travaille toujours avec moi , et que je

• connaisse ce qui vous est agréable ; car elle sait

• tout : elle me fera observer une Juste médiocrité

• dans toutes mes actions, et me gardera par sa

• paissance. Et ma conduite vous plaira, et je

• gouvernerai vot rc peuple avec justice ; et je serai

• digne du tréne de mon père •

I 1. Paralip. XXII, U.

» Sa/». V», I.

» Kirt. I, 1, 1,3, ♦.eic.

* Sop IX , 1, 4, 7, 8, «te.

Qui désire ainsi la sagesse , et qui la demande à Dieu avec cette ardeur, ne manque jamais do l’obtenir. • Je t’al donné un cceur sage et intelli-

• gent '. • Et encore : • Dieu donna la sagesse à « Salomon , et une prudence exquise , et une

■ étendue de cœur( c’est-à-dire , d’intelUgcnce ) ,

• comme le sable de la mer '. •

Il lui a donné la sagesse , pour l’intelligence de la loi et des maximes; la prudence, pourl’appUcation ; l’étendue de connaissance , c’est-à-dire, une grande capacité pour comprendre les difilcultés et toutes les minuties des affaires. Dieu seul donne tout ceia.

vu* PBOPOsiTion.

n faut éluüitT la sagesse.

Dieu la donne , II est vrai ; mais Dieu la donne à ceux qui la cherchent.

• J'aime ceux qui m’aiment, dit la Sagesse

• elle-même ’ ; et qui me cherche du matin , me

• trouve •

• Le commencement de la sagesse est un véri- « table désir de la savoir ■

• Aimez mes discours , dit-elle * , et désirez de

• les entendre , et vous aurez la science. •

• La sagesse se laisse voir facilement à ceux

■ qui raimeut, et sc laisse trouver à ceux qui la

• cherchent : elle prévient ceux qui la désirent,

• et se montre la première à eux : qui s’éveille du

• matin pour penser à elle, ne sera pus rebuté,

• il la trouvwa à sa porte. V penser , c’est la per-

• féction : qui veille pour l’obtenir sera bientôt

■ content; car elle tourne de tous côtés pour sc

• donner ù ceux qui sont dignes d’elle; elle leur

• apparaît avec un visage agréable , et n’oublie

• rien pour aller à leur rencontre *. ■

Elle est lionne , elle est accessible ; mais il faut l’aimer et travailler pour l’avoir.

Il ne faut pas plaindre les peines qu’on prendra à celte recherche, on en est bientôt récompensé. Mou fils, faites-vous instruire dra Votre

■ jeunesse, et la sagesse vous suivra jus<|u’aux

■ cheveux gris : cultivez-la avec soin , comme « celui qui laboure et qui sème, et attendez scs « bons fruits. Vous travaillerez un peu pour l’ac-

• quérir, et vous ne tarderez pas à manger ses

• fruits t. Mettez vos pieds dans ses entraves , « votre cou dans scs liens, votre épaule sous son

■ joug. A la fin vous y trouverez le reiios, et « elle vous tournera en plaisir •. •

■ lit Stg. ui, is.

• Ibid. IV , M.

î Pruv. VIH, 17.

‘ S*tp. VI, 18.

I 3 ïbifi. 11.

[ • Pcf'l. VI, 18, 19,30.

I • IbtJ. a > , , 29.

POLITIQUE

viii* pnoposlTIO^(

Le prince doit étudier et faire étudier les choses utiles : quelle doit être son étude.

H ne faut pas s’imaginer le prince un livre à la main , avec un front soucieux , et des yeux profondément attachés à la lecture. Son livre principal est le monde : son étude c’est d’étre attentif à ce qui se passe devant lui pour en profiter.

Ce n’est pas que la lecture ne lui soit utile, et le plus sage des rois ne l’a pas négligée.

« Comme l’Ecclésiaste (c’est Salomon) était « très-sage, il a instruit son peuple, et il a re- « cherché les sages sentences. L’Ecclésiaste a « étudié pour trouver des discours utiles; et il a « écrit des choses droites , des paroles véritables. « Les discours des sages sont comme un aiguillon « dans le cœur ; les maîtres qui les ont ramassés « étaient conduits par un seul pasteur '. » C’était le roi qui prenait soin et de chercher par luiméme , et de fai re chercher aux autres lesdiscours utiles à la vie.

" Mon fils, n’en désirez pas davantage. « C’est- «\-dire, renfermez-vous dans les choses profitables : laissez les livres de curiosité. « On mul- • tiplie les livres sans fin ; et de trop longues « spéculations épuisent le corps *. »

Les vraies études sont celles qui apprennent les choses utiles à la vie humaine. 11 y en a qui sont dignes de l’application du prince habile. Dans les autres, c’est assez pour lui d’exciter l’industrie des savants par les récompenses , dont la principale est toujours, aux esprits bien faits, l’agrément et l’estime d’un maître entendu.

Il ne convient pas au prince de se fatiguer par de longues et curieuses lectures. Qu’il Use peu de livres; qu’il lise, comme Salomon, les discours sens<*s et utiles. Surtout qu’il lise l'Évangile, et ([u'il le médite. C’est là sa loi, et la volonté du Seigneur.

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