I.X* PBOPOSITION
Le prince doit savoir ta loi.
Il est fait pour juger, et c’est la première institution de la royauté. « Faites-nous un roi qui " nous juge. » Et encore : « Nous voulons être R comme les autres nations , et avoir un roi qui « nous juge «
Aussi avons-nous vu que Dieu commande aux rois d’écrire la loi de Moïse, d’en avoir toujours avec eux un exemplaire authentique , et de la lire tous les jours de leur vie
' ^rl. XII, 0, 10, II.
* I. Hi g. VIII, 6, 20.
* Dcul. XVII, 18, I».
' C’est pour cela que dans leur sacre on la leur mettait en main. « Ils amenèrent au temple le « fils du roi, et lui mirent le diadème, et la n marque royale sur la tête; ils lui mirent aussi " la loi à la main , et le firent roi. Le pontife Joïada « et ses enfants le saercrent ; et tout le peuple « cria : Vive le roi »
Le prince doit croire aussi que dans la nouvelle alliance il reçoit l’Évangile de la main de Dieu, pour se régler par cette lecture.
Le peuple doit savoir la loi , sans doute , du moins-dans ses principaux points; et se faire instruire du reste dans les occurrences : car il la doit pratiquer. Mais le prince, qui outre cela la doit faire pratiquer aux autres, et juger selon scs décrets , la doit savoir beaucoup davantage.
On ne sait ce qu’on fait , quand on va sans règle, et qu’on n’a pas la loi pour guide : la surprise, la prévention, l’intérêt et les passions offusquent tout. " prince ignorant opprime sans « y penser plusieurs personnes, et fait triompher « la calomnie ’. »
» Mais le commandement est un fiami>eau de- « vant les yeux ; la loi est une lumière » Le prince qui la suit, voit clair; et tout l’État est éclairé.
« Que si l’œil de l’État (c’est-à-dire, le prince) « est obscurci , que seront les ténèbres mêmes , « et combien ténébreux sera tout le corps ^ ! »
Qu’il sache donc le fond de la loi , par laquelle il doit gouverner. Et s’il ne peut pas descendre à toutes les ordonnances particulières que les affaires font naître tous les jours , qu’il sache du moins les grands principes de Injustice, pour n’être jamais surpris. C’était le Deutéronome, et le fondement de la loi , que Dieu l’obligeait d’étudier et de savoir.
Que la vie du prince est sérieuse ! il doit sans cesse méditer la loi. Aussi n’y a-t-il rien parmi les hommes de plus sérieux ni de plus grave , que l’office de la royauté.