‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 117 sur 518 · X* PROPOSITION · texte numérisé non relu

X* PROPOSITION

Le prince doit savoir les affaires. ’

Ainsi a-t-on vm Jephté , élu prince du peuple de Dieu , prouver par la discussion des droits de ce peuple , que le roi des Ammonites leur faisait Injustement la guerre *.

On voit l’affaire discutée avec toute l’exactitude possible. Dans cette discussion , les principes du droitsont joints par Jephté avec la recherche

• II. Paralip. XXIII, II.

• Prov. XXVIII, 10,

î Ibid. VI , S3.

• Mutth. VI , 23.

i Jud. XI. 16, etc. Sup. etc.

TIHKK DE EÉCniTinE. I.IV. V.

des la eoniiaissaiicc des nnliqiiités. C'est

ee qu'on appelle savoir les affaires.

Le prinee qui sait ces choses met visiblement la raison de son cAté : ses peuples sont encoura- ^és h soutenir la guerre, par l'a.ssurance de leur bon droit : ses enucmis sont ralentis : les voisins n'ont rien à dire.

Une semblable disrussion lit beaucoup d'honneur 4 Simon le Machabéc - I-e roi d'.\sie lui « envoya redemander par Athénobius la eita-

• dcllc de Jérusalem, avec Joppé et Gozara,

• places importantes , qu'il soutenait être de son

• royaume. >

Simon , sur cette demande , fait premièrement les dislinetinns nécessaires. Il distingue les anciennes terres , qui appartenaient de tout temps aux Juifs, d'avec celles qu'ils avaient conquises depuis peu.

• Nous n’avons, dit-il’, rien usurpé sur nos

• voisins , et ne possédons rien du bien d’autrui , > mais l'héritage de nos pères que nos ennemis ont

• possédé quelque temps injustement , dans le-

• quel nous sommes rentrés aussitôt que nous en

• avons trouvé l’occasion : et nous ne faisons que

■ revendiquer l'héritage de nos pères. >

ün a vu les offres qu’il lit pour Juppé et pour Gazara, encore qu'il les eût prises par une bonne et juste guerre ; et il se mit si bien à la raison ,

• qu' Athénobius , envoyé du roi d'Asie , n'eut

■ rien à repondre ’. •

Il est beau et utile que les affaires d'nnc certabie importance soient discutées autant qu'il se peut par le prince même , avec un grand raisonnement. Quand il s’en Ile tout à fait aux autres , Il s’expose à être trompé , ou à voir ses droits négligés. Personne ne pénètre plus dans les affaires, que celui quiy a le principal intérêt.

XI* PBOPOSITION.

Le prince doit lavoir connaître les occasions et les temps.

C’est une des principales parties de la science des affaires , qui toutes dépendent de lè.

• Chaque chose a son temps , et tout passe « sous le ciel dans l’espace qui lui est marqué. Il

• y a le temps de naître , et le temps de mourir ; « le temps de planter , et le temps d’arracher ; le

• temps de blesser, et le temps de guérir; le temps

• de bâtir, et le temps d’abattre ; le temps de pleu- « rcr, et le temps de rire; le temps d'amasser,

• et le temps de répandre ; le temps de couper, et " le tempsde coudre (c'est-à-dire, le temps des'u-

• nir, et le temps de rompre) ; le temps de parler,

■ I. .VocA. IT, 2S, etc.

• IM. sa, SI.

s IM. 35.

• et le temps de se taire; le temps de guerre, et

• le temps de prix. Dieu même fait tout en cer- « tains temps '. ■

Si toutes choses dépendent du temps, la science des temps est donc la vraie science des affaires , et le vrai ouvrage du sage. Aussi est-il écrit que

• le coeur du sage connaît le temps, et règle sur « cela son jugement’. »

C’est pourquoi il faut dans les affaires beaucoup d'application et de travail. • Chaque affaire

• a son temps et son occasion ; et la vie de l'homme « est pleine d'aflllction , parce qu'il ne sait point

• le passé , et il n'a point de messager qui lui an- « nonce l'avenir. Il ne peut rien sur les vents, il

• n’a point de pouvoir sur la mort ; il ne peut dif-

« férer quand on vient lui faire la guerre’. > Nul ne fait ce qu'il veut : une force majeure domine partout : les moments passent rapidement, et avec une extrême précipitation ; qui les manque, manque tout. •

Cette science des temps a fait la principale louange de la sagesse de Salomon. • Béni soit le-

• Dieu d'Israél , qui a donné à David un lils ba- ^ bile , avisé,sage et prudent, pour bâtir untemple ^ nu Seigneur, et un palais ponr sa personne * I > Dans une profonde poix, dans une grande abondance , après les préparât i fs faits par son père, c'était le temps d'entreprendre de si grands ouvrages.

Parce que les Machabées prirent bien leur temps , Ils engagèrent les Romains à les protéger ; et ils s'affranchirent des rois de Syrie, qui les opprimaient. ■ Jonathas vit que le temps était fa-

• vorahie , et il envoya renouveler l'alliance avec ■ les Romains’. •

II faudrait transcrire toutes les histoires saintes et profanes, pour marquer ce que peuvent, dans les affaires , les temps et les contre-temps.

Il y a encore dans les choses certaius temps à observer, pour garder les bienséances , et entretenir l'ordre. < Mon lils, observez les temps, et « évitez le mal*. ■

Les temps règlent toutes les actions jusqu’aux moindres. ■ Malheur 4 toi terre dont les rois se « gouvernent en enfants , et mangent dès le ma- « tin I Heureuse la terre dont le roi n'a que de « grandes pensées ; dont les princes mangent dans « le temps , pour la nécessité , et non pour la dé-

• lieatesse’. » C'est une espèce de similitude pour montrer que le temps gouverne tout , et que chaque chose a un temps propre.

• iTtW.m,I,2.ete.

• Ibid. VIII, b.

• Ibid. 9,7,».

• II. Parai, ii, 12.

» I. Mack. XII, t. .

• Eccl. IV. 23.

— * Ibid. X, la, 17. *

Digilizea by CjOOgIc

POUTIQUE

Xlt' PIOPOSITION.

L« prince doit ronnaltre Icft hommor.

C'est I& sans doute sa plus grande arfnire, de s;i\oiree qu'il faut croire des hommes, et à quoi ils sont propres.

Il faut, avant tontes choses, qu'il connaisse le naturel de son peuple ; et c'est ce que le Sage lui prescrit, en lafigurt; d'un pasteur : ■ Connaisses, « dit-il ', la face de votre brebis, et considérez - votre troupeau. •

Sans regarder aux conditions, il doit juger de chacun , par ce qu'il est dans son fond, ^'c mé- > pri.sez pas le pauvre , qui est homme de bien : « n’élevez paslcriche,àcausequ'ilestpulssant’. » Et encore : • Ne louez ni ne méprisez l'homme

• pur ce qui parait A la vue : rabcille est petite ,

• et il n'y a rien de plus doux que ce qu'elle

• fait’.»

Il faut surtout qu’il connaisse ses courtisans. 1 Prenez garde à ceux qui vous environnent , et

• tenez conseil avec les sages t. •

Autrement tout ira au hasard dans un État, et il y arrivera ce que déplore le Sage *. « J’al vu sous < le soleil qu’on ne confle pas la course an plus

• vite , ni la guerre au plus vaillant ; que ce n’est

• point aux sages qu’on donne du pain, ni aux

• plus habiles qu’on donne les richesses; et que

• ce ne sont pas les plus intelligents qui plaisent

• le plus : mais que la rencontre et le hasard font

• tout sur la terre. •

Cest ce qui arrive sous un prince inconsidéré , qui ne sait pas choisir les hommes, mais qui prend ceux que le hasard et l’occasion , ou son humeur, lui présentent.

La surprise et l’erreur confondent tout dans un tel régne. > J’al vu sous le soleil un mal , où le

• prince se laisse aller par surprise ; un fou tient

• les hautes places, et les grands sont à ses pieds®.» Ia" prince qui choisit mal , est puni par son propre choix. » Celui qui envoie porter des paroles

• par un fou, sera condamné par ses propres " œuvres’. •

• David, pour avoir bien connu les hommes, sauva ses affaires dans la révolte d’Absfdon. Il vit que foute la force du parti rebelle était dans les conseils d’.Achitophel , et tourna tout son esprit â les détruire. Il connut la capacité et la lidéllté de Chusai. C’était un sage vieillard qui , le voyant contraint de prendre la fuite, • vint â lui la tête

• couverte de poussière , et les habits déchirés.

* Prm. IVTII, W.

■ Scct. X . M.

* fbid. XI, X, S.

* /ftirf. IX, XI.

‘ IhH. II.

* ibid. X, 6, «.

/Vir. XXII, n.

• David lui dit : Si vous venez avec moi , vous me

• serez à charge : si vous faites semblant de suivre ■ le parti d’.Absalon , vous dissiperez le conseil

• d’Achltophel'. •

Il ne se trompa point dans sa pensée. Cbusal empêcha Absalon de suivre un conseil d’Aehitophel , qui ruinait David sans i-essourcc ’. Achitopbcl sentit aussitôt que les affaires étaient perdues, et se fit périr par un cordeau David non content d’envoyer Chusai, lui donna des personnes affidées. Il ne fallait pas s’y tromper ; car , au moindre faux pas , le précipice était inévitable. Voici donc ce que David dit à Chusal ; • Tout ce que vous apprendrez des desseins

• d’Absalon , dites-le aux prêtres Sadoc et Abia- »

• thar ; ils ont deux enfants par qui vous me man-

• derez toutes les nouvelles*. •

Chusai n’y manqua pas. Après avoir rompu les desseins d'Achitophel , il manda à David , par ces deux hommes , tout ce qui s'était passé * , et lui donna un avis qui sauva l'État.

Ainsi David , pour avoir connu les hommes dont il SC servait , reprit le dessus , et rétablit ses affaires presque désespérées.

Au contraire Roboam , pour avoir mal connu l'humeur de son peuple, et l'esprit de Jéroboam qui le soulevait, perdit dix tribus, c'est-i-dire , plus de la moitié de son royaume.

Le prince qui s'habitue à bien connaître les hommes, parait en tout inspiré d’en haut, tant il donne droit au but. Joab avait envoyé une femme habile pour insinuer quelque chose à David. Ce prince connut d’abord de qui venait le conseil. Il répondit à cette femme® ; ■ Dites-moi « la vérité ; n’est-cc pas Joab qui vous envoie me

• parler? Seigneur, lui dit-elle, par le salut de » votre éme , vous ne vous êtes détourné ni à « droite ni ù gauche. Votre serviteur Joab m’a « mis à la bouche toutes les paroles que J’ai dites :

« mais vous , Seigneur, vous êtes sage comme un ” ange de Dieu , et il n'y a rien sur la terre que

• vous ne sachiez. •

Cest ce que voulait dire Salomon dans cette belle sentence : • La prophétie est dans les lèvres » du roi ; il ne se trompe point dans son juge-

• ment’. >

Ce sage roi l’avait éprouvé , dans ce Jugement mémorable qu’il rendit entre ces deux mères. Parce qu’il cotmut la nature, et les effets des passions , la malice et b dissimulation ne put se

■ It. Reg. XV, XX, as, SI.

• Ibid. xvn,7, etc.

> Ibid. X3.

* tbid. XV, 35, as.

‘ tbid. XVII, 15, «ic.

® tbid. XIV, la, IX, 3i}.

’ Prw. XVI ,

TIRKi; DF. L'ÉCniTURE.

cnclier à sos yen\ : « iCt tout le peuple eonnut (pie

• la safîcase de Dieu était eu lui »

Outre que la grande exiiériencc , et la eonnnissaiiee des hommes , donncut à un prince appliqué un discernement délliat; Dieu l’aide en cfTct quand il s'applique , car • le cœur du roi est en-

■ tre ses mains •

C’est Dieu qui mit dans le cœur de David , ces salutaires conseils qui lui remirent la couronne sur la tête. Ce ne fut pas la prudence de David :

• ce fut le Seigneur lui-même , qui dissipa les con-

■ siils utiles d’AchitopheP. »

Aussi s’élait-il d’abord tourné à Dieu. ■ O

■ Seigneur ! confondez le conseil d’ Acbitopbel *. •

V'oilàdone deux choses cpie le prince doit faire : premièrement , s’appliquer de toute sa force à bien connaître les hommes; secondement, dans cette application, attendre les lumières d’en haut, et les demander avec ardeur ; caria chose est délicate et enveloppée.

Il ne se peut rien ajouter il ec que dit sur ce sujet l’Eceiésiastique. Jerapporterai son discours, comme il est porté dans le grec, bien plus clair que notre version latine * : . Tout conseiller

• vante son conseil ; mais II y en a qui conseil- « lent pour eux-mémes. Gardez-vous donc d’un

• conseiller, et regardez avant toutes choses ” quel besoin vous en avez, et quels sont ses ? intérêts. Car souvent il conseillera pour lui- « même , et hasardera vos affaires p<mr faire les ” siennes. Il vous dira : Vous faites bien, et il ” prendra garde cependant à ce qui vous arri-

• vera, pour en pronter. Ne consultez donc pas

- avec un homme suspect. Regardez les vues « d'un chacun. Ne prenez pas l’avis d’une femme

- sur celle dout elle est jalouse, ni d’un homme « timide sur la guerre, ni du marchand sur la « difflculté des voitures , ni du vendeur sur le « prix do ses marchandises (chacuu se fera va-

• loir, et regardera son profil). Ne consultez non « plus l’envieux , sur la récompense des services ;

• ni celui dont le cœur est dur, sur les libérall- « tés et sur les grâces; ni l’homme lent, sur quel-

• que entreprise cpie ce soit ; ni le mercenaire

• que vous avez à votre service , sur la fin de

• l’ouvrage qu’il a entrepris (car il a intérêt de

• le faire durer le plus qu’il pourra); ni un ser-

• viteur paresseux, sur les travaux qu’il faut

• entreprendre. Ne prenez point de tels conseils ;

■ mais ayez auprès de vous un homme religieux ,

• qui garde les commandements , dont l’esprit re-

• viemie au vôtre , et qui compatisse à vos maux

' in. Reç. m, 28,

• Prov. XII, 1.

^ II. Reg. XTll, M.

• fbiit. 15, 31.

• Rcci. XXXVII, 8, 9, eic.

" ipiand vous tomlierez. Fl faites vous nn eon.seil •> dans votre cœur; car vous n’en trouverez point « de plus fidèle. L’esprit d’un homme lui rapporte

• plus de nouvelles que sept sentinelles mises sur

• de hauts lieux, pour découvrir, et pour obser- •> ver. Et par-dessus tout cela priez le Seigneur,

• afin qu’il conduise vos voies. -

XIII* PBOPOSITION.

Le prince doit secomioliic lui-menw.

Mais de tons les hommea que le prince doit conimitre, celui qu’il lui importe plus de bien connaître, c’est lui-même.

• Mon fils, éprouvez votre âme dans toute

• votre vie; et, si elle vous semble mauvaise, ne

• lui donnez pas de pouvoir ' : • c’est-à-dire, ne vous laissez pas aller à ses désirs, l-e grec porte : “ Mon fils, éprouvez votre âme, connaissez ce

• qui lui est mauvais, et gardez-vous de le lui « domicp. «•

Tout ne convient pas à tous; Il faut savoir à quoi on est propre. Tel homme qui serait grand , employé à certaines choses , se rend méprisalile , parce <ju il se donne à celles ou il n’est pas propre.

Connaître ses défauts est une grande science ; ear on les corrige , on on y supplée par d’autres moyens. « Mais qui connaît scs fautes? » dit le Psalmiste ’. Nul ne les connaît par lui-même; il faut avoir quelque ami fidèle qui vous les montre. Le Sage nous le conseille. • Qui aime à sa- " voir, aime à être enseigné; qui hait d’être re- " pris , est insensé •

En effet, c’est un caractère de folie, d’adorer toutes ses pensées , de croire être sons défaut, et de ne pouvoir souffrir d’en être averti. • L’in- « sensé , marchant dans sa voie , trouve tous les " autres fous ■*. . Et encore ; * Ne conférez point « avec le fou, qui ne peut aimer que ce qui lui

• plaitL.

Le Sage dit au contraire ® : • Qui donnera un ■ coup de fouet à mes pensées , et une sage ins- " traction à mon cœur , afin que je ne m’épar- " gne pas moi-même , et (jue je connaisse mes « défauts : de peur que mes ignorances et mes

• fautes ne se multiplient, et que je ne donne de

• la joie à mes ennemis , qui me verront tomber « à leurs pieds. •

Voilà ce qui arrive à l’insensé qui ne veut pas connaître ses fautes. Les princes , accoutumés à la flatterie, sont sujets plus que tous les autres

* Bcfl. XXXVII, 30.

’ PmI. XTllI, 13.

* Prov. XII, I.

4 Rect. X , I.

^ fbùi. rm, 30.

* /frM. xjuii, a, 3.

JM rOl-ITIQUE

hommes à ce défaat. Parmi une innnité d'exemples, je n'en rapporterai qu'un seul.

Aebab no voulait point entendre le seul prophète qui lui disait la vérité , parce qu'ii la disait sans flatterie.* Josaphat,roideJuda, dità.Xchab,

• roi d'Israël ' ; N'y a-t-il pas ici quelque prophète

• du Seijjncur? Il nous en reste encore un , répon-

• dit le roi d'Israël , qui s'appelle .Miehée, flis de

• Jamia ; mais je le hais , parce qu'il ne me pro-

• phétise que du mal , et jamais du bien. >

Il le reprenait de ses crimes, et l'avertissait desjustesJugementsdeDieu afln qu'il les évitét. Achaboe pouvait souffrir ses discours. Il aimait mieux être environné d'une troupe de prophètes flatteurs qui ne lui chantaient (pie ses louanges, et des triomphes imaginaires. (I voulut être trompé, etil lefut. Dieu lelivra&respritd'errcur, qui remplit le cœur de ses prophètes , de flatteries et d'illusions auxquelles il crut pour son malheur , et il périt dans la guerre où ses prophètes lui aimoDçaient tant d'heureux succès.

Au contraire le pieux roi Josaphat reprend le roi d'Israël, ipii ne voulait pas ipi'on écoutét cc prophète de malheur. ■ Ne porlex pas ainsi , roi

• d'Israël’. ■ Il faut écouter ceux qui nous montrent, de la part de Dieu , et nos fautes , et ses jugements.

Le même roi Josaphat, au retour de la guerre où il avait été avec Achab , écouta avec soumission le prophète Jébu qui lui dit ’ : « Vous don-

• nez secours à un impie , et vous faites amitié

• avec les ennemis de Dieu : vous méritiez sa eo-

• 1ère ; mais il s'est trouvé en vous de bonnes œu-

• vres. •

Il marchait en tout sur les pas de son père David , qui , recevant avec respect les justes répréhensions des prophètes Nathan et Gad * , reconnut ses fautes , et en obtint le pardon.

Ce ne sont pas seulement les prophètes qu'il faut ouïr ; le sage regarde tous ceux qui lui découvrent scs fautes avec prudence, comme des hommes envoyés de Dieu pour l'éclairer. Il ne faut point avoir égard aux conditions : la vérité conserve toujours son autorité naturelle, dans quelque bouche qu'elle soit. • Les hommes li- - bres obéissent aux serviteurs sensés ; l'homme

• prudent et instruit ne murmure pas étant rc-

• pris L »

L'homme qui peut souffrir qu'on le reprenne est vraiment maître de lui-méme. « Qui méprise ■ l'instruction, méprise son âme : qui acquiesce

■ lll. Reÿ. XXII, 7, B. IL Panlip. xvlll, fl, 7.

• nid.

I 11. Panlip. XIX, S, S.

• II. Jl*fl. XII et xxir.

• Sccl. X , l«.

• aux répréhensions, est maître de son eceur ’. >

XIV’ paoi’osiTiox.

Le prince doit savoir ce qui se passe au dedans et au di-liors de son nijauine.

Sous un prince habile et bien averti , personne n'ose mal faire. On croit toujours l’avoir présent, et même qu'il devine les pensées. • Ne di-

• tes rien contre le roi dans votre pensée ; ne par- " lez point contre lui dans votre cabinet : car les « oiseaux du ciel rapporteront vos discours '. >

Les avis volent à lui de toutes parts ; il en sait faire le discernement, et rien n’éehappe à sa connaissance.

Cc soldat , à qui Joab , son général , commandait quelque chose contre les ordres du mi , lui répondit ^ ; • Quelque somme que vous me don-

• nassiez , je ne ferais pas ce que vous me dites ;

• car le roi l'a défendu : et quand je ne crain-

• drais pas ma propre conscience, le roi le sau-

• rait et pourriez-vous me protéger? •

« Nathan vint a Bethsabée , mère de Salomon , ■ et lui dit : Ne savez-vous pas qn'Adonias , fils « d'Haggith , s'est fait reconnaître roi? et le roi ,

• notre maître, l’ignore enco're. Sauvez votre

• vie et celle de Salomon; allez promptement,

• et parlez au roi * ! • Un mal connu est à demi guéri : les plaies cachées deviennent incurables.

Voilà pour le dedans. Et pour le dehors : Amasias, roi de Juda, enflé de la victoire nouvellement remportée sur les Iduinéens , voulut mesurer ses forces avec le roi d'Israël plus puissant que lui. * Joas , roi d'Israël, lui Ht dire : Le char-

• don du Liban voulut marier son fils avec la fille

• du cèdre ; et les bêles qui ébiicnt dans le bois

• decettenioiitagne,en passant écrasèrent le char-

• don. Vous avez défait les Iduméens et votre

• cœur s'est élevé. Contentez-vous de la gloire « que vous avez acquise , et demeurez en répos.

• Pourquoi voulez-vous périr, vous et votre peu-

• pleTAmasias n'acquiesça pas àceconseil : ilmar-

• cha contre Joas; il fut battu et pris. Joas abattit

• quatrecentscoudéesdes murailîesde Jérusalem,

• et enleva les trésors de la maison du Seigneur

• et de la maison du roi > Si Amasias eût connu les forces de ses voisins, il n’aurait pas cru qu'il pOt vainereun roi plus puissant que lui, parce qu'il en avait vaincu uu plus faible ; et celte ignorance causa sa ruine.

Au contraire Judas le Macbabée , pour avoir parfaitement eonnu la conduite et les conseils des Romains, leur puissance et leur manière de faire

* /*rw. XT, W.

* B<xt. X, ao.

* 11. Rtg. XVIII, 13, 1.1.

* 111. Rrg. I, 13, 13.

* IV/lfy. lü.elc.

ed by Copgle

TIREE DE L’ÉCRITURE. LIV. V

la guerre, enfla leurs secrètes Jaloasies contre les rois de Syrie s’en fit des protecteurs assurés, qui donnèrent moyen aux Juifs de secouer le joug des Gentils.

Que le prince soit donc averti , et n’épargne rien pour cela. C’est à lut principalement que s’adresse cette parole du Sage : Achetez la

•^vérité *. •• Mais qu'il prenne donc garde à ne point payer des trompeurs , et à ne pas acheter le mensonge.

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