XV* PROPOSITION
Le prince doit savoir parler.
« Les ouvrages sont loués par la main do l’ou- « vrier ; et le prince du peuple est reconnu sage « par ses discours >>
On n’attend de lui que de grandes choses. Job sentait en cela son obligation , et l’attente des peuples, lorsqu’il disait^ : • On n’attendait de ma « bouche que de belles sentences , et on se taisait « pour écouter mes conseils. On ne trouvait rien • à ajouter à mes paroles. »
Ce n’est pas tout de tenir de sages discours, ni de dire de bonnes choses ; il les faut dire à propos. « Les belles sentences sont rejetées dans « la bouche de l'imprudent : car il ne les dit pas « en leur temps*. •
C’est pourquoi le sage pense à ce qu'il dit , pour ne parler que quand il faut. « Lecœur du sage ins- « truit sa bouche, et donnegrâce à ses lèvres. Des « paroles bien ordonnées sont comme le miel ; la « douceur en est extrême®. •
« Les paroles du sage le rendront agréable; « celles du fou l’engageront dans le précipice : « il commence par une folie et finit par une cr- ■ reur insupportable?. »
S’il n’y a rien de plus agréable qu’un discours fait à propos, il n’y a rien de plus choquant qu'un discours inconsidéré. « Un homme dés- « agréable ressemble à un discours hors de pro- « pos*. •
Parler mal à propos n’est pas seulement chose désagréable, mais nuisible. « Le discoureur se « blesse lui-méme d’une épée ; la langue des sa- « ges est la santé 9. » Et encore : « Qui garde sa « bouche, garde son âme; le parleur inconsidéré « se perdra lui-méme '*. »
Le vain discoureur a un caractère de folie. L’in-
' I. Machab. Tui, 1 , 2, 3 , etc.
* Pmv. XXIII , 23.
* Eccl. IX , 24.
4 Job. XXIX , 21, 22.
» Eccl. XX , 22.
* Prov. XVI, 23 , 24.
’ Eecl. X, 12, 13.
* Eeot. XX, 21.
* Prov. XII, 18.
»• Jbid. XIII, 3.