TU. III, I
• Hom. VIII, 4.
» Sa/>. VI , fi.
■Uum. vin.s.
' I. Pilr, II, 13, 1*. 12-
• 1, Trlr. II. I»
• VI, 2. t'otvl. 111,22,23.
la puissance des rois est sacrée, conflrme la vérité de ce que nous disonsici ; et il n’y a rien de mieux fondé sur la parole de Dieu que l’obéissance qui est due , par principe de religion et de conscience, aux puissances légitimes.
An reste, quand Jésus-Christ dit aux Juifs ;
■ Rendez à César ce qui est dû à César ' , > il n’examina pas comment était établie la puissance des césars ; c’est assez qu’il les trouvât établis et régnants : il voulait qu’on respectât dans leur autorité l'ordre de Dieu et le fondement du repos public.
Il’ FBOPOSmOX.
]1 n'y 2 qu'une exception à l'otiéissanco qu’oo doit lu prince, c'est quand il coiumande contre Dieu.
La subordination le demande ainsi : • Obéls-
• sez au roi, comme à celui à qui appartient . l’autorité suprême : et au gouverneur, comme
• à celui qu’il vous envoie ’. • El encore : « Il y
• a divers degrés : l’un est au-dessus de l’autre ;
• le puissant a un plus puissant qui lui com-
• mande, et le roi commande à tous les su-
• jets »
L’obéissance est due à chacun selon son degré ; et il ne faut point obéir au gouverneur, au préjudice des ordres du prince.
Au-dessus de tous les empires est l’empire de Dieu. C’est à vrai dire le seul empire absolument souverain , dont tous les autres relèvent ; et c’est de lui que viennent toutes les puissances.
Comme donc on doit obéir au gouverneur, si , dans les ordres qu’il donne , il ne parait rien do contraire aux ordres du roi; ainsi doit -on obéir aux ordres du roi , s’il n’y parait rien de contraire aux ordres de Dieu.
Mais , par la même raison , comme on ne doit pas obéir nu gouverneur contre les ordres du roi , on doit encore moins obéir au roi contre les ordres de Dieu.
C'est alors qu’a lieu seulement cette répons* que les apôtres font aux magistratsi : ■ Il fout
• obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. •
III* PBOPOSITION.
Oa doit le tribut ou prince.
Si , comme nous avons vu , on doit cxiioser sa vie pour sa patrie et pour son prince , à plus forte raison doit-on donner une partie de son bien pour soutenir les charges publiques ; et c'est ce qu’on appelle ici le tribut.
Saint Jean-Baptiste l’enseigne’. • Les publi-
< Malth. xxtl, 31 ■
» \. Prtr. ri, la, 14.
ï ErH. V,7,»v ‘ Jet. V , 89 ^ Luc. III s 13.
TIREE DE L’ÉCRITURE. LIV. VI
• calns ( c'était eux qui recevaient les impéts et
• les revenus publics ) vinrent à lui pour être bap-
• Usés, et lui demandaient ; Mnitre, que ferons -
• nous pour être sauvés? « Il ne leur dit pas ; Quittez vos emplo s; car ils sont mauvais et contre la conscience , mais il leur dit : « IS'exigez
• pas plus qu'il ne vous est ordonné >
Notre - ligueur le décide. Les pharisiens croyaient que le tribut qu'on payait par tête à César dans la Judée ne lui était pas dé. Ils se fondaient sur un prétexte de religion , disant que le peuple de Dieu ne devait point payer de tribut à un prince infidèle. Ils voulurent voir ce que dirait Notre-Scigneur sur ce sujet : parce que , s'il parlait pour César, ce leur était un moyen de le décrier parmi le peuple ; et s'il parlait contre César, ils le déféreraient aux Romains. Ainsi ils lui envoyèrent leurs disciples , qui lui demandèrent ’ : • Est-il per- « mis de payer le tribut qu’on exige par tête pour
■ César? Jésus connaissant leur malice leur dit :
• Hypocrites, pourquoi tâchez- vous de me sur-
■ prendre? Montrez-moi une pièce de monnaie. « Ils lui donnèrent un denire Et Jésus leur dit : ^ Do qui est cette imago et «ette Inscription? De
• César, lui dirent-ils. Alors il leur dit : Rendez
• donc â César ce qui est à César, et â Dieu ce
• qui est à Dieu. •
Comme s’il eût dit : Ne vous servez plus du prétexte de la religion pourne point payer le tribut : Dieu a ses droits , séparés de ceux du prince. Vous obéissez ù César; la monnaie dont vous vous servez dans votre commerce , c’est César qui la fait battre : s’il est votre souverain , reconnaissez sa souveraineté en lui payant le tribut qu’il impose.
Ainsi les tributs qu’on paye au prince sont une reconnaissance de l'autorité suprême ; et on ne les peut refuser sans rébellion.
^int Paul l’enseignecxpressément’." Le prince « est ministrede Dieu, vengeurdes mauvaises ac-
• tiens. Soyez-lui donc soumis par nécessité , non- > seulement par la crainte de la colère du prince,
• raaiscncore par l’obligation de votre conscience.
• C’est pourquoi vous lui payez tribut ; car ils sont . ministres de Dieu, servant pour cela. Rendez
• donc à chacun ce que vous lui devez : le tribut,
• h qui est dû le tribut; la taille, à qui elle est
• due ; la crainte , à qui elle est due ; et l’hon-
• ncur, à qui est dû l’honneur. »
On voit, par ces paroles de l'Apôtre , qu’on doit payer le tribut au prince religieusement et en conscience, comme on lui doit rendre l'honneur et la sqjétion qui est due à son ministère.
Et la raison fait voir que tout l'État doit con-
• Awr. in. 1.1.
’ .y/iUh. \XU, 17, IR, 19, ÎU, 21.
* HviM XIII, 6, R, 7.
trlbuer aux nécessités publiques auxquelles le prince doit pourvoir.
Sans cela il ne peut ni soutenir ni défendre les particuliers , ni l’Etat même. Le royaume sera en proie, les particuliers périront dans la ruine de l’État. De sorte qu'à vrai dire le tribut n’est autre chose qu’une petite partie de son bien qu'on payer an prince pour lui donner moyen de sauver le tout.
IV* PHOrOSITION.
Le respect , la fidelité et l'obéissanre qu'on doH aux rois ne doivent être altérés par aucun prétexte.
C'est-à-dire , qu’on les doit toujours respecter, toujours servir, quels qu’ils soient , bons ou méchants. • Obéissez à vos maîtres , non-seulement
• quand ils sont bons et modéré, mais encore « quand ils sont durs et fâcheux '. •
L’État est en péril , et le repos public n’a plus rien de ferme , s'il est permis de s’élever pour quelque cause que ce soit contre les princes.
La sainle onction est sur eux , et le haut ministère qu’ils exercent au nom de Dieu les met à couvert de toute insulte.
Nous avons vu David non-seulement refuser d’attenter sur la vie de Saül , mais trembler pour avoir osé lui couper le bord de sa robe , quoique ce fût à bon dessein ; « Que j'ose lever ma main
• contre l’oint du Seigneur, à Dieu ne plaise ! Et
■ le cœur de David fut frappé , parce qu'il avait
• coupé le bord de la cotte d’armes de Saül ’. » Les paroles de saint .Augustin sur ce passage
sont remarquables : • 'Vous m’objectez, dit-il à
• Pétillen, évêque donatiste’, que celui qui n’est « pas innocent ne peut avoir la sainteté. Je vous
• demande, si Saül n’avait pas la sainteté de son
■ sacrement et de l’onction royale, qu’est-ce qui
• causait en lui de la vénération à David? Car c'est
■ à cause de celte onction sainte et sacrée qu’il
■ l’a honoré durant sa vie , et qu’il a vengé sa mort. . Et son cœur frappé trembla, quand il coupa le - bord de la robe de ce roi injuste. Vous voyez
• donc que Saül, qui n’avait point l’innocence,
• ne laissait pas d'avoir la sainteté ; non In sain- « teté de vie , mais la sainteté du sacrement divin , ■< qui est saint , même dans les hommes mauvais. •
Il appelle sacrement l'onction royale, ou parce qu’avec tous les Pères il donne ce nom à toutes les cérémonies sacrées, ou parce qu’en particulier l’onction royale des rois, dans l’ancien peuple, était un signe saeré institué de Dieu pour les rendre capables de leur charge , et pour figurer l’onotiun de Jésus-Christ même.
• I. Peir. Il , 18.
> I. Hfg. iiiv, fl. 7.
* Lib- U coHt. VH. Petit, cap. XLvui, n" lU, t. u* col 2:x3.
.wu^le
178 POLITIQÜK
Mois cc qu'il y a ici de plus important, c’est que saint Augustin reconnaît, après l'Kcriture, une sainteté inhérente au caractère royal qui ne peut être effacée par auciui crime.
C'est , dit-il , cette sainteté que David ii\justement poursuivi à mort par Saul ; David sacré luiméme pour lui succéder, a respectée dans un prince réprouvé de Dieu. Car il savait que c’était 8 Dieu seul à faire justice des princes , et que c’est aux hommes 8 respecter le prince tant qu'il plaît 8 Dieu de le conserver.
Aussi voyons-nous que Samuel après avoir déclaré 8 Saûl que Dieu l'avait rejeté, ne laisse pas de l’honorer. • J’ai mal fait , lui dit Snül ‘ ; mais ,
• je vous prie, portez mon péché , et retournez
• avec moi pour adorer le Seigneur. Samuci lui
■ répondit Jen'irai pasavcc vous , parce que vous
• avez rejeté la parole du Seigneur : et le Seigneur
• vous a aussi rejeté; il ne veut plus que vous
• soyez roi. Samuel se tournait pour se retirer, > et Saül le prit par le haut de sou manteau qui se
• déchira. Sur quoi Samuel lui dit : Le Seigneur a
■ séparé de vous le royaume d'israél , et l’a donné
• 8 un plus homme de bien. Ce Dieu puissant et «•victorieux ne s’en dédira paj; car il n’est pas
• comme un homme , pour se repentir de ses des- « seins. J'ai péeJié , répondit Saül , mais honorez-
■ moi devant les sénateurs de mon peuple, et de-
• vaut tout Israël ; et retournez avec mol , afin que « j'adore avec vous le Seigneur votre Dieu. Alors
• Samuel suivit Saül , et Saül adora le Seigueur. » On ne peut pus déclarer plus clairement 8 un
prince sa réprobation ; mais Samuci à la fin se laisse fléchir, et consent 8 honorer Saül devant les grands et devant le peuple ; nous montrant , par cet exemple , que le bien public ne permet pas qu’on expose le prince au mépris.
Roboam traita durement le peuple ; mais la révolte de Jéroboam et des dix tribus qui le suivirent , quoique permise de Dieu en punilion des péchés de Salomon , ne laisse pas d’étre détestée dans toute l’Écriture, qui déclare qu'en se révoltant contre la maison de David ils se révoltaient contre Dieu qui régnait par elle ’.
Tous les prophètes qui ont vécu sous les méchants rois : Élie et Elisée sous Achab et sous Jézabel , en Israël ; Isaïe sous Achaz et sous .Manassés ; Jérémie , sous Joachim , sous itéhonias , sous SMécias ; en un mot , tous les prophêlcs sous tant de rois impies et méchants , n'ont jamais manqué 8 l'obéissance, ni inspiré la révolte, mais toujours la soumission et le respect.
^ous venons d'ouïr Jérémie après la ruine de Jérusalem, et l'entier renversement du trône des
• I. Kfj. Xï.H,», 3a,57, 2»j30, Jl
* H. PtintOp. 0,7, n.
rois de Juda , parler encore avec un respect profond de son roi Sédéeias ; « L’oint du Seigneur,
« que nous regardions comme le souflle de notre
• bouche, a été pris pour nos péchés, lorsque « nous lui disions : Nous vivrons sous votre ombre
• parmi les Gentils ' I •
Les bons sqjets ne se tenaient pas quittes du respect qu'ils devaient 8 leur roi , après même que son royaume fut renversé, et qu'il fut emmené comme un captif avec tout son peuple. Ils resi>cctaieut jusque dans les fers , et après la ruine du royaume , le caractère sacré de l'autorité royale.
V* PBOPOSITIOX.
L’impiété déclarée, et meme la prr-écu lion, n’cveniplenl pas
les sujets de l’obéissance qu'ils doivent aux princes.
Le caractère royal est saint et sacré , môme dans les princes infidèles; et nous avons vu que Cyrus est appelé par Isaïe « l'oint du Seigneur ’. »
Nabuchodonosor était impie et orgueilleux jusqu’à vouloir s’égaler 8 Dieu , et jus<iu’8 faire mourir ceux qui lui refusaient un culte sacrilège; et néanmoins Daniel lui dit ces mots : ■ Vous ôtes le
• roi des rois; et le Dieu du ciel vous a donné le
• royaume , et la puissance , et l'empire , et la < gloire «
C'est pourquoi le peuple de Dieu priait pour la vie de N'abuchodonosor, de Baltazar *, et d’Assuérus *.
Achab et Jézabel avaient fait mourir tous les prophètes du Sc'gneur. Élie s'en plaint 8 Dieu'; mais il demeure toujours dans robt'dssancc.
Les prophètes durant ce temps font des prodiges étonnants pour défendre le roi et le royaume r.
Elisée en fit autant sous Jorara, fils d'Acbab’; aussi impie que son père.
Rien n'a jamais égalé l'impiété de Manassés qui pécha et fit pécher Juda contre Dieu , dont il tâclia d'abolir le culte; i>ersécutant les fidèles serviteurs de Dieu, et faisant regorger Jérusalem do leur sang s. Et cei>cndant Isaïe , et les saints prophètes qui le reprenaient de scs crimes , jamais n'ont excité contre lui le moindre tumulte.
Cette doctrine s'est continuée dans la religion chrétienne.
C'était sous Tibère , non-seulement infidèle , mais encore méchant, que Notre-Seigneur dit aux Juifs : « Rendez 8 César ce qui est à César »
' Jerent. Lufit. IV, 20-