XLV, I
4 Biirm'h. i. 11.
* 1. Esdr, VI, 10.
• III. Red. li\, 10, it,
' Ibid. XX.
* IV. Reg. III, U, VII.
*• Vfj/IA. xiu, ai-
Di
TIREE DE L’ECRITURE. LIV. VI
Saint Paul appelle ü César ' , et reconnaît sa i puissanre.
Il fait prier pour les empereurs quoique , l’empereur qui régnait du temps de celte ordun- ; nancc fut Néron , le plu.s impie et le plus méchant de toas les hommes. I
Il donne pour but à cette prière la tranquillité , publique, parce qu'elle demande qu'on vive en paix , même sous les princes méchants et persécuteurs.
Saint Pierre et lui commandent aux fldèics d'étre soumis aux puissances Nous avons vu | leurs paroles; et nous avons vu quelles étaient ' alors les puissances dans lesquelles ces deux j saints apùtres faisaient respecter aux fldeles | l'ordre de Dieu. !
En conséquence de celle doctrine apostolique , | les premiers chrétijjns, quoique pr-rsivutes du- | rant trois ceuts ans, n'ont jamais causé le moindre mouvement dans l'empire. Nous avons appris leurs sentiments par Tertullien, et nous les voyons dans toute la suite de l'histoire ecclésiastique.
Ils continuaient à prier pour les empereurs , même au milieu des supplices auxquels ils les condamnaient injustement. « Courage , dit Ter- • tullien * , arrachez , 6 bons juges , arrachez aux •< chrétiens une âme qui répand des vœux pour . l'empereur. •
Constance , fils de Constantin le Grand , quoique protecteur des ariens , et persécuteur de la foi de Nicéc, trouva dans l'Eglise une fidélité inviolable.
Julien r.\postat son successeur, qid rétablit le pagnuisme condamné par ses pmlécesseurs , n'en trouva pas les ehrétieiis moins fidèles ni moins zélés |)Our son service : tant Ils savaient distinguer l'impiété du prince , d’avec le sacré caractère de la majesté souveraine.
Tant d'empereurs hérétiques qui vinrent depuis, un Valens, une Justine, uu Zénon, un Basilisquc, un Anastuse, un Héraclius, un Constant; quoiqu'ils chassassent de leur siège les évêques orthodoxes , et même les papes , et qu'ils remplissent l'Église de carnage et de sang , ne virent jamais leur autorité attaquée ou affaiblie par les catholiques.
Enfin, durant sept cents ans, on ne voit pas seulement un seul exemple , ou l'on ait désobéi < aux empereurs sous prétexte de religion. Dans le I huitième siècle, tout l'empire demeure lldeleà I Léon Isaurien, chef des iconoclastes, et pers<-culeur des fidèka. Sous Constantin Copronyme,
4 ,4rl. xvv, 10, II, etc
• I. hm. U, l.a.
’ Hum. \m, r.. t. Prir II, U, II, 17, 18.
* TfrtuU. Apulog. U" 3ü.
son fils , qui succéda A son hérésie et A ses violences aussi bien qu'A sa couronne , les fidèles d'Orient n'opposérent que la patience A la persécution. Mais dans la chute de l'empire, lorsque les césars suffisaient à peine à défendre l'Orient ou ils s'étaient renfermés , Rome , abandonnée prés de deux cents ansAlafureurdcs Lombards , et contrainte d'implorer la protection des Français, fut obligée de s’éloigner des empereurs.
On pdtit longtemps avant que d'en venir A cette extrémité ; et on n'y vint enfin que quand la capitale de l'empire fut regardée par ses empereurs comme un pays exposé en proie et laissé A l’abandon.
VI* raopostTiox
Les Riijetft n’ont S oppowv, à U vwtenco des psiiices, que
di's remontrances respet lueoses , sans liiiilinerie et sans
nuiniinre, et des prières jiour leur conversion.
Quand Dieu voulut délivrer les Israélites de In tyrannie de Pharaon, il ne permit pas qu'ils procédassent par voie de fait contre un roi dont l'inhumanité envers eux éuüt inouïe. Ils demandèrent avec respect la liberté de sortir, et d'aller sacrifier à Dieu dans le désert.
Nous avons vu que les princes doivent écouter même les particuliers; A plus forte raison doivent-ils écouter le peuple qui leur porte avec respect ses Justes plaintes par les voies |>ermises. Pharaon, tout endurci et tout tyran qu’il était, ne laissait pas du moins d'écouter les Israélites. Il écoutait Moise et .Aaron • Il reçut à son au- « dieiice les magistrats du peuple d'Israël , qui ■ vinrent se plaindre A lui avec de grands cris , et a lui disaient ; Pourquoi traitez-vous ainsi vos « serviteurs*?"
Qu'il soit donc permis au peuple oppressé de recourir au prince par ses magistrats, et par les voies légitimes ; mais que ce soit toeyours avec respect.
Les remontrances pleines d'aigreur et de murmure sont un commencement de sédition , qui ne doit pas être souffert. Ainsi les Israélites murmuraient contre Moïse , et ne lui ont jamais fait une remontrance tranquille ’.
Moïse ne cessa jamais de les écouter, de les adoucir, de prier pour eux , et donna un mémorable exemple de la Ixmté que les princes doivent à leur peuple; mais Dieu, pour établir l'ordre, lit de grands châtiments de ces séditieux.
Quand je dis que ces remontrances doivent être ivspcctueuscs, j’entends qu'elles le soient effectivement , cl non seulement en apparence , coimne
' Errni. T, \ll.
• lOul. f, ir.,
) Ah»i. ihi, lUi, XiV« XX, x\i. eic.
l’OUTIQUE
celles de Jéroboam et des dix tribus, qui dirent à Roboam ; • Votre père nous a impose un joug in-
• supportable : diminuez un peu un joug si pe-
• sant, et nous vous serons fidèles sujets •
Il y avait dans ces remontrances quelque marque extérieure de respect , en ce qu’Hs ne demandent qu'une petite diminution , et promettaient d’être fldèies. Mais faire dépendre leur fidélité de la grâce qu’ils demandaient , c'était un commencement de mutinerie.
On ne voit rien de semblable dans les remontrances que les chrétiens persécutés faisaient aux empereurs. Touty est soumis , tout y est modeste : la vérité de Dieu y est dite avec liberté ; mais ces discours sont si éloignés des termes séditieux , qu'encore aujourd'hui on ne peut les lire sans se sentir porté à l'obéissance.
L'impératrice Justine, mère et tutrice de Valentinien II, voulut obliger saint Ambroise ù donner une ^lise aux ariens, qu’elle protégeait , dans la ville de Milan , résidence de l'empereur. Tout le peuple se réunit avec son évêque ; et assemblé a l'cglise, il attendait l'événement de cette affaire. Saint Ambroise ne .sortit jamais de la modestie d'un sujet et d'un évêque. Il fit ses remontrances à l'empereur. - Ne croyez iras , lui
• disait-il * , que vous ayez pouvoir d'ôter a Dieu
• ce tpii est à lui. Je ne puis pas vous donner
• l'église que vous demandez : mais si vous la . prenez , je ne dois pas résister. • Et encore ’ :
• Si l'empereur veut avoir les biens de l'Église , . il peut les prendre ; personne de nous ne s'y
• oppose ; qu'il nous les ête, s'il veut; je ne les
• donne pas , mais je ne les refuse pas.
« L'empereur, ajoutait-il t , est dans l'Église , . mais non au-dessus de l'Église. Un bon empe- . rcur, loin de rejeter le secours de l'Église, le « recherche. Nous disons ces clioscs avec respect ;
• mais nous nous sentons obligés de les exposer
• avec liberté. •
il contenait le peuple assemblé tellement dans le respect, qu'il n'échappa jamais une parole insolente. On priait , on chantait les louanges de Dieu , on attendait son secours.
Voilà une résistance digne d'un chrétien et d'un évêque. Cependant , parce que le peuple était assemblé avec son pasteur, on disait an palais que ce saint pasteur aspirait à In tyrannie. Il répondit ‘ : • J’ai une défense ; mais dans les ■ prières des pauvres. Ces aveugles et ces boiteux ,
• ces estropiés et ces vieillards , sont plus forts
■lit. Rrj. III , 4. II. P'tr. 1,4.
■ .Vml/r. Kp. III , «1. ini , a' 10 , 22 , 1 II , col
* /(/.oral, de BoslUdf non UadcniUs.n'* 33,1. Il, col. S72.
4 !ii. n- 38 , col. 873,
4 W. Il” SI, «il. 873.
8 que les soldats les plus courageux. • Voila les forces d'un évêque, voilàson armée.
11 avait encore d'autres armes, la patience, et les prières qu'il faisait à Dieu. • Puisqu'on op- 8 pelle cela une tynmnie, j’ai des armes, disait- 8 il ’;j’ai le pouvoir d’offrir mon corps en sa- 8 crifice. Nous avons notre tyrannie et notre 8 puissance. La puissance d'un évêque est sa fai- 8 blesse. Je suis fort quand je suis faible, disait 8 saint Paul. >
En attendant la violence dont l'Église était menacée , le saint évêque était à l'autel , demandant à Dieu, avec larmes, qu'il n'y eut point de sang répandu , ou du moins qu'il plût à Dieu de se contenter du sien. < Je commençai, dit-il à 8 pleurer amèrement en offrant le s;icrillce ; priant 8 Dieu de nous aider de telle sorte , qu'il n'y eût 8 point de sang répandu dans la caivse de l'Église : 8 qu'il n'y eût du moins que le mien qui fût versé, 8 non-seulement pour le peuple , mais même pour 8 les impies. 8
Dieu écouta des prières si ardentes ; l'Église fut victorieuse , et il n'en coûta le sang à personne.
Peu de temps apivs , Justine et son fils , presque abandonnés de tout le monde , eurent recours à saint Ambroise , et ne trouvèrent de fidélité ni de zèle pour leur service , qu'en cet évêque , qui s’était opposé à leurs desseins dons la cause de Dieu et de l’Église.
Voilà ce que peuvent les remontrances respectueuses : voilà ce que peuvent les prières. Ainsi faisait la reine Estlicr ayant conçu le dessein de fléchir Assuérus, son mari, après qu’il eut résolu de sacrifier tous les Juifs à la vengeance d’Amau ; elle fit dire à Mardochée’ : 8 Assemblez tous les 8 Juifs que vous trouverez à Susc , et priez potir 8 mol. Ne mangez ni ne buvez [icndant trois jours 8 et trois nuits. Jejeùncrai de mêmcavec mes fem- 8 mes: après, je m'exposerai à perdre la vie, et je 8 parlerai au roi , contre la loi , sans attendre 8 qu'il m’appelle. »
Quand elle parutdevant le roi *, • les yeux étin - 8 celants de ce prince témoignèrent sa colère : mais 8 Dieu se ressouvenant des prières d'Esther, et • de celles desJuife, changea la fureur du roi en 8 douceur. ■ Et les Juifs furent délivrés à la considération de la reine.
Ainsi quand le prince des apôtres fut arrêté prisonnier par Hérode , • toute l’Église priait pour 8 lui saus relâche*. » Et Dieu envoya son ange pour le délivrer. Voilà les armes de I Église , des vœux , et des prières persévérantes.
I Jmhr. F.p. x\l,Al. Xlll, n* 33, col. SôS.
■ lit. n-s,col. 833.
3 Ktik. IV, 10.
4 lUd. IV. III, II; i-t VIII. II.