Tel. VIT 0cls«t
TIRÉE DE L'ECRITURE. UV. VL
Saint Paul , prisonnier pour Jésus-Christ , n'a que cc s«wours et ces ormes. • Préparez-moi un
• logement ; car J'espère que Dieu me donnera à
• vos prières'. •
En effet , il sortit de prison : ■ et il fut délivré
• de la gueule du lion > Il appelle ainsi Néron , l'ennemi non-seulement des chrétiens, mais de tout le genre humain.
Que si Dieu n'écoute pas les prières de scs fldcles ; si , pour éprouver et pour chAlier scs enfants , il permet que la persécution s'échauffe contre eux , Ils doivent alors se ressouvenir que Jésus- Christ les a « envoyés comme des brebis au ml- > lieu des loups’. »
Voilà une doctrine vraiment sainte , vraiment digne de Jésus-Christ et de ses disciples.
ARTICLE III
Deux diffieullés tirées de l’Écriture : de David, et des Machabèes.
rnEHIÉBE PBOPOSITION.
Lo comliiilc de David ne favorise pas h rèhelliao. David , persécuté pur Saül , ne se contenta pas de prendre la fuite ; mais encore • il assembla ses
• freres et ses parents : tous les mécontents , tous < ceux qui étaient accablés de dettes, et dont Ica « affaires étaient en mauvais état , se Joignirent « à loi au nombre de quatre cents, et il Ait leur «capitaine*. ■
Il demeura eu cet état dans la Judée, armé contre Saül qui l'avait déclaré son ennemi , et qui le poursuivit comme tel avec toutes les forces d'Israël’.
U se retira enfin dans le royaume d'Achis , roi des Philistins , avec lequel il traita , et en obtint la ville de Siceieg*.
Achis regardait tellement David comme l'ennemi Juré des Israélites, qu'il le mena avec lui les allant combattre, et lui dit’ : « Je vous
• donnerai ma vie en garde tout le reste de mes ■ Jours. ■
En effet , David et ses gens marchaient à la queue avec Achis; et il ne se retira de l'armée des Philistins que lorsque les satrapes, qui se défiaient de lui , obligèrent le roi à le congédier*.
Il paraît qu'il ne se retire qu'à regret. • Qu'ai-
' Bp. •<! Piillrm. 23.
* 11. Fm. |T« 17.
) üaUh.x, 18.
4 I Beg. iiii, l , 3.
» Aitf. 8.7; xxiT, 3,8; t\vi , l , 3 , 3 , 4.
* Ibid. IXTl, 8.
' Ibid, xxriii, 1,8.
* Ibid. XXIX, t, 3, 3, etc.
• Je fait , dit-il à Achis ' , et qu'ovez-vous remnr- « qué en moi qui vous déplaise depuis que Je
• suis avec vous , pour m'empècher de vous sui- « vre et de combattre les ennemis du roi mon sel- « gneur? .
Être armé contre son roi , traiter avec ses ennemis, aller combattre avec eux contre son peuple : voilà tout ce que peut faire un sujet tebeJie.
Mais, pour Justifier David, il ne faut que considérer toutes les circonstances de l'histoire.
Ce n'était pas un sujet comme lesautres ; il était choisi de Dieu pour succéder à Saül , et déjà Samuel l'avait sacré’.
Ainsi le bien public, autant que son intérêt pai> ticulier, l'obligeait à garder sa vie, que Saül lui voulait dter injustement.
Son intention toutefois n'étoit pas de demeurer en Israël, avec ces quatre cents hommes qui suivaient scs ordres. « il s'était retiré auprès
• du roi de Moob , avec son père et sa mère , « Ju.s(pi'ù cc ipi'il plût à Dieu de dédorer sa vo-
• lonté ’. "
Ce fut un ordre de Dieu , porté par le prophète Gad * , qui l'obligea de demeurer dans la terre de Juda, ou il était plus aimé, parce que c'était sa tribu.
Au reste , il n'en vint Jamais à aucun combat contre Saül , ni contre son peuple. li fuyait de désert en désert, seulement pour s'empêcher d'être pris*.
Étant dans le Carmel , au plus riche pays de la terre-sainte et an milieu des biens de Nobal , l’homme le plus puissant du pays , il ne lui enleva Jamais une brebis dans un immense troupeau ; et , loin de le vexer, il le défendait contre les courses des ennemis*.
Quelque cruelle que fût la persécution qu’on lui lit , il ne perdit Jamais l'amour qu’il avait pour son prince , dont il regarda toqjours la personne comme sacrée’.
* Il sut que les Philistins attaquaient la villa
• de Cellon , et pillaient les environs. Il y fut avec
• sesgens; il tailla en pièces les Philistins ; il leur < prit leur bagage et leur butin , et sauva ceux de « Ceilan*. ■
« Ses gens s’opposaient à ce dessein. Quoi ! di- « saieot-iis, à peine pouvons-nous vivre en sû-
• reté dans la terre de Juda : que n’aurons-nous
• pas à craindre si nous marchons vers Ceilan ,
■ I. Feg. xvn, s.
’ Ibid, xn, IS, 13.
* Ibid. XXII, 3.4.
* Ibid. S.
& Ibid. XXlt , XXJIt , XXIT , XXtI. ' '
b Ibid. XXT. 16. 18.
' Ibid. xxiT, xxn.
* ibid.xwu, I ,6
TIRKE DE LECRlTUnE. LIV. VI.
c'était trahir la religion, *cl nnvnntir le culte de Dieu.
Il ne faut plus maintenaut que considérer quel était le dessein d'.\nlioclnis.
Il ordonna que les Juifs quittassent leur loi pour vivre à la mode des Gentils , saeriliont aux mêmes idoles, et renonçant à leur temple, qu'il fit profaner, jusqu'à y mettre sur l'autel de Dieu l'idole de Jupiter Olympien ■.
Il ordonna la peine de mort contre ceux qui désobéiraient
Il vint à l'exécntion : tonte la Judée regorgeait du sang de ses enfants >
Il assembla toutes ses forces • pour détruire «les Israélites, et les restes de Jérusalem, et « pour effacer dans la Judée la mémoire du peu-
• pie de Dieu , y établir les étrangers , et leur dis-
• tribuer par sort toutes les terres *.
Il avait résolu de vendre aux Gentils tout ce qui échapperait à la mort : et les marchands des peuples voisins vinrent en foule avec de l'argent pour les acheter
• Ce fut dans cette déplorable extrémité , que Judas le Machabéc prit les armes avec ses frères, et ce qui restait du peuple Juif. Quand ils virent le roi implacable tourner toute sa puissance > à la ruine totale de la nation, ils se dirent les
• uns aux autres : Xe laissons pas détruire no-
• tre peuple , combattons pour notre patrie , et
• pour notre religion , qui périrait avec nous ®. »
Si des sujets ne doivent plus rien à un roi qui abdique la royauté , et qui abandonne tout à fait le gonvernement, quo penserons-nous d'un roi qui enlreprcndran de verser le sang de tous ses sujets, et qui. Ins de massacres, en vendrait le reste aux étrangers? Peut-on renoncer plus ouvertement à les avoir pour sujets, ni se déclarer plus hautement , non plus le roi et le père , mais l’ennemi de tout son peuple?
C’est ce que fit Antiochus à l'égard de tous les Juifs, qui se virent non-seulement abandonnés , mais exterminés en corps par leur roi ; et cela sans avoir fait aucune faute , comme Antiochus lui-méme est contraint à la fin de le reconnaître.
■ Je me souviens des maux que j’ai faits dans
■ Jérusalem , et des ordres que j'ai donnés sans « raison , pour exterminer tous les habitants de « la Judée >
Mais les Juifs étaient encore en termes bien plus forts, puisque, selon ia constitution de ces
■ I. VacS.I,«9,4S,«7,eIc.', S7.
* nu. bi.
* IM. 00, 03, 04, etc. II. iVach. vi, 8, 9, 10, rtc.
* I. Maeh. III, 3&,38.
* Ibid.aifU. Ibûl. TIII, II, 14, M4.3C.
* I. Mûck. I, 4S, 43.
f Ibid. Tl, 12.
temps et de rancicn peuple, avec eux périssait la religion ; et que c'était y renoncer que de renoncer à leur terre, ils ne pouvaient donc se laisser ni vendre, ni transporter, ni détruire en corps : et en ce cas la loi de Dieu les obligeait manifestement à la résistance.
Dieu aussi ne manqua pas à leur déclarer sa volonté , et pardes succès miraculeux , et par les ordres exprès que Judas reçut , lorsqu'il vit en esprit le prophète Jérémie ■ qui lui mettait en • main une épée d’or en prononçant ces paroles :
« Recevez cette sainte épée que Dieu vous envoie ,
« assuré qu'avec elle vous renverserez les enne- ' mis de mon peuple d’Israël •
C'est à Dieu de choisir les moyens de conserver son peuple. Quand Assuérus , surpris par les artifices d’Aman , voulut exterminer tout le peuple juif. Dieu rompit ce dessein impie, changeant, par le moyen de la reine Esther, le coeur de ce roi, qu'une malheureuse facilité plutôt qu'une malice obstinée avait engagé dans un si grand crime. Mais pour le superbe Antiochus, qui faisait ouvertement la guerre au ciel. Dieu voulut l’abattre d’une manière plus haute ; et il inspira à scs enfants un courage contre lequel les richesses, la force et la multitude ne furent que d'un secours fragile.
Dieu leur donna tant de victoires , qu’à la fia les rois de Syrie firent la paix avec eux , et autorisèrent les princes qu’ils avaient choisis , les traitant d'amis et de frères ’ : de sorte que tous les titres de puissance légitime concoururent à les établir.