‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 135 sur 518 · XII* PROPOSITION · texte numérisé non relu

XII* PROPOSITION

Le Mcerdoce et l’empire soot deux putstaoces indé|»endaiite8, mais unies.

I..e sacerdoce dans le spirituel , et l’empire dans le temporel , ne relèvent que de Dieu. Mais l’ordre ecclésiastique reconnaît l’empire dans le temporel ; comme les rois , dans le spirituel , se reconnaissent humbles enfants de l’Eglise. Tout l’état du monde roule sur ces deux paissances. C’est pourquoi elles se doivent l’une à l’autre un secours mutuel. * Zorobabel (qui représentait la

puissance temporelle) sera revêtu de gloire ; et « il sera assis, et dominera sur son trêne : et le « pontife ou le sacrificateur sera sur le sien, et « il y aura un conseil de paix (c’est-à-dire, un « parfait concours) entre ces deux

XIIl*' PROPOSITION.

Kn quel p«>ril sont les rois qui choisissent de mauvais pasteurs.

Ceci se dit à l’occasion des rois qui ont reçu de ' l’Église, sous quelque forme que ce soit, le droit de nommer ou de présenter aux évêchés et aux autres prélaturcs : principalement a l'occasion des rois de France , qui ont ce droit par un conedrdat perpétuel. Je ne craindrai point de dire que c’est la partie la plus importante de leurs soins , et aussi la plus dangereuse , et dont ils rendront à Dieu un plus grand compte.

' Conc. Chalced. act. vi; tom. iv Concil. col. 57B cl scq.

> 76id. acl. xiii; col. 7t0.

i Zaeh. VI, 13.

POLITIQUE

Toute riiistruction du |)cuple dépend de là.

• Les lèvres du sacriflcaleur gardent la science ,

• et le peuple recherche lu lui dans sa bouche

X l>e roi même lu reçoit de sa main. C'est ' l'ange

• (c'est l'envoyé, c'est ramhassadeur)du$eigneur

• des armées^. Nous sommes ambassadeurs pour

• JésusChrist, dit saint Paul * , et Dieu exhorte

• par nous. •

L’expérience ne fait que trop voir que l'ignora iice ou les désordres des pasteurs ont causé presque tous les maux de l'Église , et des scandales à faire tomber en erreur, s'il se pouvait , jusqu’aux élus.

Si donc les pasteurs ne sont , comme dit saint PaiiP , des • ouvriers inx'prochoblcs , qui sachent X traiter droitement la parole de vérité ; > c'est la plus grande ceutatiuii du peuple fidcle.

Jésus-Christ « a étahli scs apûtres pour être la

■ lumière du monde , et les a mis sur le chande- X lier pour éclairer la maison de Dieu°, » plus encore par leur bomie vie, que par leur doctrine.

• .Mais si la lumière qui est en nous n'est que té-

■ nèbres, que seront les ténèbres mêmes ’? x

Vous donc , qui regardez plus ou la brigue ou la faveur que le mérite , en mettant des sujets indignes ou par l’ignorance ou |H>r la vie , avez- vous entrepris de rendre le sacerdoce et l'Église même méprisable? Écoutez ce que dit un prophète à de tels pasteurs ' : x Vous vous êtes détournés de la X voie , et vous avez scandai isé le peuple de Dieu , X en n'observant pas la loi (que vous prêchiez) ;

• je vous ai livrés au mépris des peuples (vous

• tomberez dans le décrij ; vous serez vils a leurs X yeux. X

Car que fera-t-on d'un x sel insipide et affadi ? X 1 1 n'est plus bon , dit le Fils de Dieu s , que pour X être foulé aux pieds, x Il est écrit de x Simon , Dis d'Onias , souverain X pontife , qu'en montant au saint autel , il ho- X norait et ornait le saint habit qu'il portait, x Par une raison contraire , les pontifes qui ne sont pas saints, en montant a l'autel déslionorent le saint habit qui les fait regarder avec tant de respect, et ternissent l'éclat de l'Église cl de la religion.

Que ferez-vous donc, 6 prince! pour éviter le malheur de donner à l'Église de mauvais pasteurs? Faites ce que dit saint Paul > Qu'ils soient

* ^/d/acA. Il ,7.

» Dtuf. XVII, 18.

Malack. n,7.

4 H. Cor. V, »>.

* II. 7Vm. n , 15.

* ATa»A. V, U, 16.

* Ibid. VI, 23.

* Mahtch. Il , 8, ••

* Mdtth. V, 1.1.

•• F.crt. I., 1 , lî.

“ 1- ZVm, III, 10.

X éprouvés, et puisqu’ils servent. . S’il parle ainsi des diacr<« , que dirait -il des évêques ! Le clergé est une milice : ne mettez pas à la tête celui qui n’a jamais eu de commandement. Consultez la voix publique, x U faut, dit saint Paul', que X celui qu'on veut faire évêque, ait bon témoi- • gnage , même de ceux de dehors , . même s’il peut des hérétiques et des infldèles j à plus forte raison des fidèles : x de peur qu'il ne tombe dans X le mépris. ■

Toutes les fois qu’il faut nommer un évêque , le prince doit croire que Jésus-Christ même lui parle en cette sorte : O prince qui me nommez des ministres, je veux que vous me les donniez dignes de moi. Je vous ai fait roi , faites-moi régner, et donnez-moi des ministres qui puissent me faire obéir. Qui m’obéit vous obéit : votre peuple est le peuple que j’ai mis en votre garde. Mou Église est entre vos mains. Ce choix n’était pas naturellement de votre oflice : vous avez voulu vous en charger ; prenez garde à votre péril , et à mon service.

Les rois ne doivent pas croire , sous prétexte qu'ils ont le choix des pasteurs , qu'il leur soit libre de les choisir à leur gré : ils sont obligés de les choisir tels que l’Église veut qu'on les choisisse. Car l'Église, leur en laissant la nomination ou le choix , n'a pas prétendu exempter ses ministres de sa discipline.

L'abrégé de toutes les lois de l'Église est celleci, du concile de Trente ’. En choisissant les évêques , on est obligé de • choisir ceux qu'on Ju- X geraen conscience les plus dignes et les plus uti- X les a l'Église , à peine de péché mortel. » Décret qu'on ne peut trop lire , et trop souvent inculquer aux princes. . Telle est la ville, quel est son X conducteur , . dit le Saint-Esprit ’. .àinsi , . tout X l'état et tout l’ordre de In famille de Jésus-Christ X est en péril , si ce qu'on veut trouver dans le X corps ne se trouve auparavant dans le chef, . dit le concile de Trente*. Il en est de même, à proportion , de tous les prélats et de tous les ministres de l'Église.

Le prince , par un mauvais choix des prélats , se charge devant Dieu et son Église du plus terrible de tous les comptes ; et non-seulement de tout le mal qui se fait par les indignes prélats ; mais encore de l'omission de tout le bien qui se ferait s'ils étaient meilleurs.

* I. Tim. III, 7.

* Cour. Trid. MU. XXIT, de reform. cap. l.

3 Ecel. X , a.

* Conc. Trid. MM. \\\y,de rtform cap i.

TIRÉE DE L’ÉCRITURE. LIV. VU

XIV* rnoposiTinri.

L« prince doit proli'gtv la pictti , et affedionner le« getu de Uen.

Ils sont le soutien de son État. > S'il se trouve

• cinquante justes dans cette ville abominable

■ (qu'on ne nomme pas) ; s'il s’y en trouve qua- « rante-cinq, s’il s’y en trouve quarante, ou trente,

• ou vingt; s’il s'y en trouve jusqu'à dix, je ne

■ perdrai pas la ville pour l'amour de ces dixjustes , > dit le Seigneur à Abraham ' .

XV* rioposiTioif.

Le prince ne smiiTre pas les impies , les blasplidmatenrs , les jureurs, les parjures , ni les devins.

« Le roi sage dissipe les impies , et courl>e des

■ voàtcs sur eux *. • Il les enferme dans des cachots , d’où personne ne les peut tirer. Ou comme d’autres traduisent sur l’original : • Il tourne des

• roues sur eux. . Il les brise , il les met en poudre , en faisant rouler sur eux des chariots armés de fer, comme fit Gédéon à ceux de Soccoth ’, et David aux enfants d’AmmonL

Le Seigneur dit à Moïse * : " Menez le blasphé-

• matcur hors du camp » (il ne faut point qu'on y respire le même air que lui ; et son dernier soupir, exhalé dedans , l'infecterait) : " et que ceux

• qui l’ont ouï mettent la main sur sa tête (en té-

■ moignage) , et que tout le peuple le lapide. Et

• tu diras, ajoute-t-il, à tout Israël tCeluiqui mau- “ dit son Dieu , portera son pt^hé ; que celui qui

• blasphème le nom du Seigneur, meure de mort. “ Toute la multitude l’accablera de pierres , soit « qu'il soit citoyen ou etranger. « Chacun se doit purger de la part qu’on pourrait avoir à un crime si abominabie.

IVabucliodonosor, un prince infidèle , étonné des merveilles de Dieu, qui avait délivré des flammes ces trois jeunes hommes si célèbres dans l’histoire sainte , fit cette ordonnance * : ■ C’est •• de moi, dit-il, qu’est parti ce décret royal ;

• Quiconque blasphémera contre le dieu de Si-

■ drach, Misaeh et Abdénago, qu’il périsse, cl que

■ sa maison soit renversée ; car il n’y a pas un au-

• tre Dieu qui puisse sauver comme celui-là. •

Le paijure est un impie et un blasphémateur,

• qui prend le nom de Dieu en vain’; » qui par là traite Dieu de chose vaine ; qui ne croit pas que Dieu soit juste , ni puissant , ni véritable ; qui le défie de lui faire du mal , et ne craint non plus sa justice , qu’il invoque contre soi-méme ,

• Ci-v. ITUI.SS tl seq.

• fVw. XI,86.

^ Jui, VIH, 16.

• II. Heg. III, SI. I. Par. xx, s.

S LitvI. XXIV, 13 et 8ei|.

•* Miv. ni, PS.

J Psotl. XX , 7.

que Si au lieu de Dieu il nonunait une idole vaine et muette.

Le jurement fréquent tient du blasphème , et expose au parjure. • Le discours mélé de bcau-

• coup de serments fait dresser les cheveux , et " l’irrévérence du nom de Dieu pris en vain fait

• boucher les oreilles '. L’homme qui jure beau- " coup sera rempli d’iniquité, et la plaie ne sor-

• tira point de sa maison ’. >

C’est par la même raison que le prince doit exterminer de dessus la terre lesdevins et les magiciens, qui s’attribuent à eux-mêmes, ou qui attribuent aux démons , la puissance divine. Et on sait ce qui arriva à Saül , pour avoir lui-même violé l’ordonnauee qu’il avait faite contre cette impiété’.

XVl' PaOPOSITION.

Les bUsptiènies fmit périr les rois et les années.

Sennachérib , roi d’Assyrie , après avoir fait à Ezéchias et à son peuple des menaces pleines de blasphèmes, et leur avoir envoyé des ambassadeurs avec une lettre oU étaient ces paroles * :

• Que votre Dieu , en qui vous mettez votre con- ■ fiance, ne vous trompe pas. Les dieux des au-

• très nations les ont-ils sauvés? Où est le roi « d’Émath , et le roi d’.Arphad , et les rois de tant

- d’autres peuples vaincus, ■ qui ont invoqué leurs dieux inutilement contre moi? > 'Voici, dit Ézé-

• chias , un jour d’afQiction , un jour de menace , " un jour de blasphème. » Mais , ô Seigneur I nous ne pouvons rien. Tout ce peuple fait des efforts inutiles, « semblables à ceux d’une femme dont

- l’enfant est prêt à sortir, et qui n’a pas assez de « force pour accoucher. Mais peut-être que Dieu « écoutera les blasphèmes de ses ennemis , > qui le comparent aux idoles des Gentils • Et Ézè-

• ehias prit les lettres de la main des ambassa-

• deurs, et il alla dans le temple, et il les étendit

• tout ouvertes devant le Seigneur. » Il n’eut jwlnt de plus fortes armes. Et les blasphèmes de ce prince impie le firent périr lui et son armée ; et il y eut, en une nuit, cent quatre- vingt-cinq mille hommes égorgés de la main d’un ange*.

Quoique Dieu ne fosse pas toujours des exmttions si éclatantes , il sait venger les blasphèmes par des voies aussi efficaces, quoique plus cachées. Celui qui avait envoyé son ange contre Sennachérib, inspira euntro Nicanor un invincible courage à Judas le Maehabéc et à ses soldats. L’impie périt avec son armée immense qui

* Beet. XX TO , is.

I Ibùt. XXIII, 13.

I I. Bfg. xxvitl. Civlevanl, llv.v, art- lll, l** propoxil.

' IV. Rtg. XII, 10, Il , 13, 13

* Ptid. 3 , 4.

* Ihii. Il, 10, 3t.

POLITIQUE

menaçait le ciel. • La main qu'il avait levée con-

• tre le temple y fut attacliéc ; sa tétc fut exposée

• au haut d'une tour. Et sa langue, dont II avait

■ dit ; Y a-t-il un Dieu puissant dans le ciel ? et

• moi je suis puissant sur la terre , fut donnée en

■ proie aux oiseaux du ciel. Et tous les deux bé-

■ iiircnt le Seigneur en disant : Béni soit Dieu

• qui a conservé son temple'. >

XVU’ PBOPOSITON.

Le prinro est relipieux observateur (te son serment.

Mous avons vu les qualités du serment marquées par saint Paul * ; et premièrement • qu'on

• jure par plus grand que sol <

Cela regarde les rois d'une manière toute spéciale. On jure par plus grand que soi : c'est-àdire, on jure par son souverain et par son juge. Dieu est le souverain des rois et des puissances suprêmes; il est leur juge spécial, peux» que lui seul les peut juger, et qu'il faudrait qu'il les jugeât quand il ne jugerait pas le reste des hommes. - On jure , ajoute l'apétre * , par quelque chose

• d'immuable.aCc qu'il explique en disant* qu'on

• jure par quelque chose qui ue peut mentir, ni

• tromper personne. • Et c'est ce qui devait être principalement ordonné à l'égard des rois , parce que tout le monde étant si porté à les flatter et à les tromper, il fallait prendre contre eux , pour témoin et pour juge, celui qui seul ne flatte pas.

Le prince jure à Dieu , dans son sacre , comme nous allons le voir plus au long, de maintenir les privilèges des Églises , de conserver la foi catholique qu'il a reçue de scs pères, d’empêcher les violences , et de rendre justice à tous ses sujets. Ce serment est le fondemeutdu repos public; et Dieu est d'autant plus obligé par sa propre vérité à se le faire tenir, qu'il en est le seul vengeur.

Il y a une autre sorte de serment que les puissances souveraines font à leurs égales , de garder la Coi des traités. Car, comme dans tout traité on se soumet pour l'exécution à quelque juge , ceux qui n'ont pour juge que Dieu ont recours à lui dans leurs traités , conune au dernier appui do la poix publique.

De tout cela il résulte que les princes qui manquent à leurs sennents [ce qu'a Dieu ne plaise qu'il leur arrive jamais ) , autant qu'il est en eux rendeit vain ce qu'il y a de plus ferme parmi les hommes ; et en même temps , rendent impossible la société et le repos du genre humain. |‘ar où ils font Dieu et les hommes , leurs justes et Irré-

' II. Vach. IV, «, s, as. 3.1, ai.

* ri-devant. vn,arL ii, ni* propoùL

* Hrhr. vi, 16.

* Ibid. IS

conciliables ennemis ; puisque , pour les concilier, il ne reste plus rien au-dessus de ce qu'ils ont rendu nul.

Qui ne sent pas combien cela est terrible , n’a plus rien qu'il puisse sentir, que l'enfer même; et la vengeance de Dieu manlfestemeut et impitoyablement déclarée.

XVIIt" PBOPOSITlOn.

Où l'on expose le serment du sacre des rois de France.

L'archevêque consacrant, ou les évêques, parlent en ces termes au roi , dès lo commencement de son sacre, au nom de toutes les Églises qui lui sont sujettes ' : « Nous vous supplions d'accor-

• der, à nous et à nos Églises, que vouseonser-

• verex et défendrci le privilège canonique , avec

• la loi et la justice que leur est due • : ce qui comprend les immunités ecclésiastiques , également établies par les canons et par les luis. Et le roi répond ; • Je vous promets de conserver à

• vous , et à vos Églises , le privilège canonique ,

• avec In loi , et la justice qui leur est due : et je

• leur promets de leur accorder la défense de ces

• choses , ainsi qu’un roi la doit accorder par droit

• dans son royaume à un évêque , et à l'Église

■ qui lui est commise. >

Puis on chante le Te Deum : et le roi debout fait les promesses suivantes : * Jepromets, au nom •> de JésusUhrist , ces trois choses au peuple

• chrétien qui m'est sujet. Premièrement , que

■ tout le peuple chrétien de l'Église de Dieu con- V serve en tout temps, sous nos ordres, la paix

• véritable. En second lieu , que j'interdise toute

• rapacité et iniquité. En troisième lieu , qu'en " tout jugement j'ordonne l'équité et la misérl- « corde. »

Après qu'on a dit les litauies, le prince prosterné se relève , et est interrogé, en cette sorte , par le seigneur métropolitain* : « Voulez- vous

• tenir la sainte foi qui vous a été laissée par des

• hommes catholiques , et l'observer par des bon-

• ncs œuvres? Et le roi répond : Je lo veux. Le

• métropolitain continue : Voulez-vous être le tu-

• teur et le défenseur des églises , et des ministres « des Églises? Et le roi répond ; Je le veux.” Le « métropolitain demande encore : Voulez-vous « gouverner et défendre votre royaume qui vous

• a été accordé de Dieu , scion la justice de vos

• pères? Et le roi répond ; Je le veux ; et autant

• qu'il me sera possible , avec la grêoe de Dieu ,

■ en consolation à tout le monde. Ainsi je pro- « mets de le faire fldèlement en tout , et pur- « tout . »

* f'rn^fnonhl fr^ç&U.pag, 14-

* i6tcf- pag. IG.

TIRÉE DE L’Ecriture, liv. vu.

On lui demande enfin ' « s'il vent défendre les ' saintes Eglises de Dieu , et leurs pasteurs , et

> tout le peuple qui lui est soumis , Justement et

■ religieusement , par une royale providence , se-

> Ion les coutumes de ses pères. Et après qu'il a

• répondu qu’il le fera de tout son pouvoir , l'évé-

> que demande ou peuple s'il ne s'engage pas à

> se soumettre à un tel prince , qui lui promet In - justice et toute sorte de bien ; et s'assujettir a ■i son régne avec une ferme fidélité , et obéir ii

• ses commandements , selon ce que dit l'ai>Atre ;

• Que toute âme soit assujettie aux puissances

■ supérieures’ ; soit au roi, comme étant au-iles-

• sus de tous les autres *. Qu’alors il soit répondu ,

• d’une même voix par tout le clergé et par tout

• le peuple : Qu'il soit ainsi , qu'il soit ainsi. « Amen , amen. ■

Après l'onction accoutumée , un évéque fait cette prière < : • Accordez-lui , Seigneur, qu’il « soit le fort défenseur de sa patrie , le consola-

• tcur des Églises et des saints monastères avec

• une grande piété et une royale munificence ; « qu'il soit le plus courageux et le plus puissant

■ de tous les rois , le vainqueur de ses ennemis ,

■ qu'il abatte ceux qui se soulèveront contre lui ,

• et les nations païennnes ; qu'il soit terrible à ses

• ennemis par la grande force de la puissance

• royale ; qu’il paraisse magnifique , aimable et

• pieux aux grands du royaume ; et qu'il soit

• craint et aimé de tout le monde. »

En lui donnant le sceptre , la main de justice et l’épée , l'archevêque lui dit ‘ : que • cette épée . est bénite, afin d’être, selon l’ordre de Dieu,

• la défense des saintes Églises ; et on l'avertit de

• se souvenir de celui à qui II a été dit par le pro-

• phète : Mettez votre épée à votre côté, 6 très-

• puissant ‘I Afin que l'équité ait tonte sa force , « que les remparts de l’iniquité soient puissam- « ment détruits , et enfin que vous méritiez , par

• le soin que vous prendrez de la justice, de ré- « gner éternellement avec le Fils de Dieu , dont

• vous êtes la figure. »

Le roi promet aussi 7 •< de conserver la souve-

■ raineté, les droits et noblesses de lacouronne de " F rance, sans les aliéner ou les transporter à per-

• sonne, et d'exterminer de bonne fol , selon son

• pouvoir, tous hérétiques notés et condamnés

• par l’Égl'ise ; • et il affermit tontes ces choses par serment.

Dans la. bénédiction de Tépéc ' , on prie Dieu

■ D'remonlairrançaU.psR. 16, 17.

* Bom. XIII , I.

» I. Pftr. Il, 18.

* Or^moniAl friDçaU , pag. 10.

‘ /hiti. p. îH, SI.

" Pan/, inv, 4.

* (Vmnnn. frant^nU . pag. 33.

* Ibid. i«g. 81.

4or

• qu’elle soit en la main de celui qui désire s'en « armer pour la défen.se et la protection des Egli- " scs , des veuves, des orphelins, et de tous les

• serviteurs de Dieu. » Ainsi on montre que la force n’est établie qu’en faveur de la justice et de la raison , et pour soutenir la faiblesse.

Les richesses , l’abondance de toute sorte de biens, la splendeur, et la magnificence royale, sont demandées A Dieu pour le roi, par cette prière ■ : ■ Faites , Seigneur, que de la rosée du « ciel et de la graisse de la terre , le blé , le vin , . l’huile , et toute la richesse et rabondanee des « fruits, lui soient données et continuées par In

• sagesse divine ; en sorte que , durant son règne , . In santé et la paix soient dans le royaume, et . que la gloire et la majesté de la dignité royale « éclate dans le palais aux yeux de tout le monde ,

• et envoie partout les rayons de la puissance « royale. •

Cette splendeur doit porter dans tous les esprits , une impression de la puissance des rois , et paraître comme une image de la cour céleste.

Quel compte ne rendront point à Dieu les princes qui négligeraient de tenir des promesses si solennellement jurées !

XIX' FaOFOSITlO.V.

Dans le doute on doit interpréter en (aveur du serment.

C’est ainsi que fit Josué. La ville de Gabaon était de celles que Dieu avait destinées à la demeure de son peuple , et dont il avait ordonné que les habitants seraient passés sans miséricorde au fil de l'épée , à cause de leurs crimes, aussi bien que tous les autres. Les Amorrhéens , habitants de Gabaon , effrayés des victoires de Josué et des Israélites, usèrent de finesse; et feignant de venir de pays bien éloignés , ils les abordèrent en disant qu'ils <■ venaient de loin , émerveillés

• des prodiges que Dieu faisait en leur faveur ,

• pour SC soumettre A leur empire ’. • Ms firent tout ce qu'il fallait pour tromper Josué et les autres chefs, qui leur promirent la vie avec serment.

Trois jours après , on connut la vérité. I.ji question fut desavoir si on s’en tiendrait A l’alliance jurée. Deux fortes raisons s'y opposaient ; l'une était la fraude de ces peuples , à qui on ne pardonna que sur un faux exposé; l’autre était le commandement de Dieu, qui ordonnait qu’on les exterminât eutièrement. Mais Josué et les chefs du peuple s'en tinrent au serment et A l'alliance.

Contre la surprise , on disait qu'il fallait s’étre informé de la vérité avant que de s'engager , « cl

i ' ran'-mnitiiil françflls . p-vg. 3S.

* Jal. U , s tfl M*(|.

;^OLlTUiüE

• interroger la bcmcbe du Seigneur ' ; v en quoi Josué avait manqué ; mais que l’engagement étant pris , et le nom de Dieu y étant Interpose , il s'en fallait tenir là.

Au commandement divin de faire passer tous ces peuples au fli de l'épée , Josué et les chefs opposaient un commandement plus ancien et plus important , de ne prendre pas en vain le nom de Dieu. «Nous avons Juré par le nom du Seigneur

• Dieu d'Israël , que nous leur sauverions la vie :

• nous ne pouvons la leur éter *. • Tout le peuple , qui murmurait auparavant , se rendit à cette raison , et approuva la décision de Josué et de ses chefs.

Dieu même la confirma lorsqu'il délivra Gabaon des rois amorrhéensqui la tenaient assiégée, par cette fameuse victoire où Josué arrêta le soleil’.

Ktlongtemps après, du vivant de David, parce que pendant le règne de Saül , ce prince cruel avait voulu remuer cette question, et sous prétexte de zèle, faire mourir les Gabaonites ; Dieu envoya la peste en punition de cet attentat , et ne se laissa fléchir qu’après qu'on eut puni rigoureusement la cruauté de Saül dans sa famille’ ; soit qu’elle y eût concouru , soit qu’elle fût Justement châtiée pour d'autres crimes. Ainsi la décision de Josué fut confirmée par une déclaration manifeste de la volonté de Dieu; et tout le peuple y demeura ferme Jusqu'aux derniers temps.

La force de la décision eut un effet perpétuel ; et non-seulement sous les rois , mais encore du temps d’Esdras , et au retour de la captivité ’.

C’est ainsi que furent sauvés les Gabaonites. La fol du peuple de Dieu , la sainteté des serments , la majesté et la Justice du Dieu d'Israël , éclatèrent magnifiquement dans cette occasion ; et il resta à la postérité un exemple mémorable , d'interpréter les traités en faveur du serment.

ARTICLE AT

Des motifs de religion particuiiers aux rois.

PBEHIÈBB rBOPOSITIOiV.

Cesl Dieu qui fait les mis, et qui éliblil les msisous régMnlot.

Saül cherchait les ânesses de son père Qs; David paissait les brebis de son père Isal , quand Dieu les a élevés , d'une condition si vulgaire , i la royauté

■ Jos. IX. 14.

a /bitt. 1».

a Jbid. X.

4 11. Aév. XXI , 1 , 3 el wq.

^ 1. farfr.ii.TOi Vit, 7,34; viu, 17, 30. II. £«(fr.Tn,0»; ï.3«.

4 (. Scf. U, X, XVI.

Comme il donne les royaumes, 11 les coupe par la moitié quand il lui platL il Ht dire à Jéroboam par son prophète ' : > Je partagerai lo « royanme de Salomon , et Je t’en donnerai dix

• tribus ; à cause qu'il a adoré Astarthé , la déesse

• des Sidoniens; et Chamos, le dieu de Moal) ;

• et Molocb , le dieu des enfants d' Amman. Je . lui laisserai une tribu , à cause de David mon

■ serviteur; et Jérusalem, la cité sainte que J’nl

• choisie. «

Le prophète Jéhu, fils d'Hananl,eut aussi ordre de dire à Baasa, le troisième roi d'Israël après Jéroboam ’ : • Je t’ai élevé de la t>oussièrc , et Je

• t’ai donné la conduite de mon peuple d'Israël ;

• et tu as marché sur les voies de Jéroboam , et tu

• as excité mou Indignation contre toi : Je te

■ perdrai, toi et ta maison. .

Par la même autorité, un prophète alla à Jéhu, fils de Josaphat fils de S'amsi ; ■ et le trouvant au

• milieu des grands , il dit tout haut ; O prince , « J'ai à vous parler. A qui de nous voulez-vous

• parler? répondit Jéhu. A vous, prince, continua

• le prophète. Et il le tira , selon l'ordre qu’il avait « reçu de Dieu , dans le cabinet le plus secret de la « maison , et lui dit : Le Seigneur vous a oint roi < sur le peuple d'Israël ; et vous détruirez la mai- « son d'Achab, votre seigneur ’. •

Dieu exerce le même pouvoir sur les nations infidèles. « Va, dit-il au prophète Élie ’, retourne

• sur tes pas par le désert Jusqu’à Damas ; et quand « tu y seras arrivé, tu oindras llazaël pour être « roi de Syrie. •

Par ces actes extraordinaires, Dieu ne fait que manifester plus clairement ce qu"il opère dans tous les royaumesde l'univers, à qui il donne des maîtres tels qu'il lui plaît. • Je suis le Seigneur ,

• dit-il ’ ; c'est mol qui ai fait la terre avec les

• hommes et les animaux; et Je les mets entre les « mains de qui je veux. •

C’est Dieu encore qui établit les maisons régnantes. Il a dit à Abraham ‘ ; • Les rois sortiront

• de vous ; > et à David ’ : • Le Seigneur vous fera

• une maison ; > et à Jéroboam ' : « Si tu m’es « fidèle, Je te ferai une maison comme J'ai fait à « David. •

Il détermine le temps que doivent durer les maisons royales. « Tes enfants feront snr le trûne « Jusqu'à la quatrième génération, dit-il à Jéhu ■ « J'ai donné ces terres à Nabuehodonosor, roi

■ III. Jt>a. Il, 31 , 33 , 33.

* Itid. XVI, I, 3, 3.

* IV. Jteff. IX. 4, 5 rt Kq.

’ III. üeg. XIX, 13.

S Jrrrm. xxvil, 6.

* G*n. XVII, e.

X II. Br,. VII , II.

* III. fieg. XI, 38. g IV. Brg. 1,30.

TIRÉE DE L*ÉCR1TURB. LIV. VII

• de Babylune. Ces peuples seront assujettis à

• lui, à son Bis, et BU Bis de son Bis , jusqu'i ce

• que le temps soit venu •

Kt tout cela est la suite de ce conseil éternel , par lequel Dieu a résolu • de faire sortir tous les « hommes d'un seul , pour les répandre sur toute

■ la face de la terre , en déterminant les temps

• et les termes de leur demeure •

II* FBOPOSlTIOn.

Dieu iasjiire l’obéissanoe aux peuples , et il y laisse répalHlre un esprit de soulèreuicot.

Dieu , qui tient en bride les flots de la mer, est le seul qui peut aussi tenir sous le joug l'humeur indocile des peuples. Et c'est pourquoi David lui chantait ’ : > Béni soit le Seigneur mon

• Dieu , mon protecteur en qui j'espère , qui sou-

• met mon peuple à ma puissance. ■

Il agit dans les cœurs des nouveaux sujets qu'il avait donnés à Saül : « et une partie de l'ar-

■ mée,dont Dieu toucha le cœur, suivit Saül ‘. > En inspirant l'obéissance aux sujets, il met

aussi dans le cœur du prince une confiance secréte , qui le fait commander sans crainte ; - Et > Dieu donna à Saül un autre cœur > Lui qui se regardait auparavant comme le dernier de tout le peuple d'Israël, prend en main le commandement et des peuples et des armées; et sent en lui-méme toute la force qu'il fallait pour agir en mailre.

Après que le prophète envoyé de Dieu eut parle à Jéhu pour le faire roi, . les seigneurs lui

• demandèrent* : Que vous voulait cet insensé?

■ El il leur dit ; Le connaissez-vous , et savez-vous . ce qu'il m'a dit? Ils lui répondirent ; Tout ce < qu'il aura dit est faux : mais ne laissez pas de

• nous le raconter. - Voilà ce qu'ils dirent , peu disimsés, comme on voit, à en croire le prophète. Mais Jéhu ne leur eut pas plutüt rapporté que ce prophète l'avait sacré roi , que ■ tous aussitôt « prirent leurs manteaux , les étendant sous ses

• pieds en forme de tribunal , et firent sonner la . trompette , et crièrent ; Jéhu est roi ’. >. Et ils oublièrent Joram , leur roi légitime , pour qui ils venaient d'exposer leur vie dans une bataille sanglante contre le roi de Syrie, et dans le siège de Kamotfa-Galaad : tant Dieu changea promptement les cœurs.

Il faut toujours se souvenir que ces choses si extraordinaires ne servent qu'à manifester ce que

* Jerem uni ,0,7-

* jéct.

* P$. CXUll ,1,1.

4 I. Reg.it U.

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