‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 139 sur 518 · LVII · texte numérisé non relu

LVII

* jVtrtn. XUli, 33. Jos. xm , 8 4 Ci-devant, liv. vu, art. v, xix‘ propoiU.

> 1 fley. XXX, 34 i-l wq.

«0 POUTIQÜE

mes une Idée , non-seulement de fldelité et de s.i- Rcsse, mais eneorc d'immortalité, qui fait reparder l'Etat comme pouvemé , ainsi que l'univers , par des conseils d'une immortelle durée.

IV' raoposiTioa.

Le prince doit la justice; et il est lui-mCine le premier jiiac.

« Faites-nous des rois qui nous jupent , comme « en ont les autres nations » C'est l'idée des peuples lorsqu'ils demandent des rois d Samuel. Et ainsi le nom de roi est un nom déjugé.

Quand Absainn aspira à la royauté , « il allait d

• laportedes villes, et dans les chemins publies,

• interrogeant ceux qui venaient de tous c6tés

• nu Jugement du roi , et leur disant : Vous me

• parnissci avoir raison , mais il n'y a personne

• préposé i>ar le roi pour vous entendre. Et il

• ajoutait : Qui m'établira Juge sur la terre, ann

• que tous ceux qui ont des affaires viennent à

■ moi, et quejejuge Justement' ? • Il n’osait dire; Qui me fera roi? la rébellion eût été trop déclarée; mais c'était le nom de roi qu'il demandait s<ms celui de Juge.

Il décriait le gouvernement du roi son père, en disant qu'il n'y avait point de Justice ; c'était une calomnie; et, loin de négliger la Justice, Uavid la rendait lui-même avec un soin merveilleux. • 11 régnait sur Israël; et dans Icsju-

• gements , il faisait Justice à tout son peuple • Nathan vint à David lui porter la plainte du

pauvre , à qui un riche injuste avait enlevé une brebis qu'il aimait * ; et David irrité reçut la plainte. C'était une parabole ; mais puisque la parabole sc tire des choses les plus usitées, celleci montre la coutume de porter aux rois les plaintes des particuliers; et David rendit Justice en disant : - Il rendra la brebis au quadruple •

• Je suis une femme veuve, et J'avais deux fils,

• disait au même David cette femme de Tliéeué ,

• qui s'étant querellés à la campagne , sans que

■ personne les pût .séparer, l'un a frappé l'autre . et il en est mort; et la famille poursuit son fri'rc

■ pour le faire punir de mort. Us me ravissent

• mon seul héritier, et cherchent a éteindre la . seule étincelle qui me reste sur la terre pour

• faire revivre le nom de mon mari. Et le roi lui

■ répondit ; Allez en repos à votre maison , et

• j'ordonnerai ce qu’il faudra en votre faveur •

F.lle ajoute : ■ Que cette iniquité demeure sur

• moi et sur la maison de mon père ; mais que le

• I. Keg. VIII , s.

» 11. Red. &T. 3ct Mq.

3 Ibid. VIII, I&.

4 Jbid.xu, 1 et »4<q.

• Ibid. 6.

6 Ibid. \nr, 6, H»«|.

« roi et son trAnc en demeurent innocents*. » On ne croyait pas le roi innocent , ni son trône sans tache, s'il refusait de reudi'c justice. Aussi David répondit : « Amenez-moi vos parties , ceux qui

• s'opposent à vous , et qui vous poursuivent ; et ^ on cessera de vous nuire *. »

I.,a poursuite paraissait juste , selon la rigueur de la lui qui condamnait à mort le meurtrier; et c’était le cas d'avoir recours à la grâce et à la clémence du prince , dans une cause si favorable à une mèj*e afilifîéc.

femme pressait David en lui disant ; •> Que « le roi SG souvienne du Seigneur son Dieu , et ne « laisse pas multiplier par la vengeance le sang

* répandu. » Elle ne craint pennt d appeler David devant le juge des rois. Et ce juste prince approuva sa plainte , et lui dit : « Vive le ^igneiir ! il ne

tombera pas un cheveu de la tète de voti:n - fils ^ «

On sait le jugement de Salomon qui lui attira dans tout le peuple cette crainte respectueuse, qui fait obéir les rois, et qui établit leur empire.

v* PROrOSlTIO.V.

Les voies de k justice soal aisées à coonsttre.

I.C chemin de la Justice ii’cst pas de ces che* mins tortueux , qui , semblables à des labyrinthes , vous font toujours craindre de vous perdre. « ].a route du juste est droite : c’est un sentier « étroit, et qui n'a point de détour; l’on y mar- « che en sûreté »

Un païen même disait ^ qu'il ne faut point faire ce qui est douteux et ambigu. L'équité, poursuit cet auteur, éclale par elle-même; et le doute semble envelopper quelque secret dessein d'injustice.

Voulez-vous savoir le chemin de la justice, marchez dans le pays découvert : niiez où vous conduit votre vue ; et que vos yeux , comme dit <« le Soge ®, précèdent vos pas. •« La justice ne se cache pas.

Il est vrai qu'en beaucoup de points elle dépend des luis positives ; mais le langage de la loi est simple : sans vouloir briller ni ralfiner, elle ne veut être que nette et précise.

Comme néanmoins il est impossible qu'il ne so trouve des difficultés et des questions compliquées , le prince iwur n'etre pas surpris , et pour donner lieu ù un plus grand éclaircissement de la vérité, y apporte le remède qu'on va expliquer.

* II. ffrj. X|V,9.

* Ibid. tO.

4 Ibid. II.

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