‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 149 sur 518 · IJ · texte numérisé non relu

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POUTIQUE

TII* MIOPOSITIOS.

nfcn néamnoins , après tout , u*aime pas la puerre ; et préfère les padflqaes aex pirerriors.

• Da\ld appela son flis Salomon, et lui parla

- en cette sorte : Mon (Ils , je voulais bâtir une

• maison au nom du Seigneur mon Dieu , mais la " parole du Seigneur me fut adressée en ces ter-

mes : Vous avez répandu beaucoup de «>ng, et " vous avez entrepris beaucoup de guerres ; Vous

> ne pourrez édifier une maison à mon nom Je

- n'al pas laissé de préparer pour la dépense de la •• maison du Seigneur cent mille talents d'or , et

> dix millions de talents d'argent avec de l'airain " et du fer sans nombre , et des bois et des pierres

• pour tout l’ouvrage, avec des ouvriers exeel-

• lents pour mettre tout cela en truvrc. Prenez " donc courage, exécutez l'entreprise , et le Sci- « gneur sera avec vous *. »

Dieu ne veut point recevoirdctempled'unemain sanglante. David était un saint roi , et le modèle des princes; si agréable à Dieu, qu'il avait daigné le nommer l'homme selon son coeur. Jamais il n'avait répandu que du sang infidèle dans les guerresqu'on appelait guerres du Seigneur; et, s'il avait répandu celui des Israélites, c'était celui des rebelles , qu'il avait encore épargné autant qu'il avait pu. .Mais il suflit que ce fut du sang humain , pour le faire juger Indigne de présenter un temple nu Seigneur, auteur et protecteur de la vie humaine.

Telle fut l’exclusion que Dieu lui donna dans la première partir du discours prophétique. Mais la seconde n’est pas moins remarquable : c'est le choix de Salomon pour bâtir le temple. Le titre que Dieu lui donne est cciui de Paciliqae. Des moins si pures de sang, sont les seulcsdignesd'élevcr le sanctuaire. Dieu n'en demeure pas là , il donne la gloire d'affermir le trôue à ce Pacifique ’, qu'il préfère aux guerriers par cet honneur. Uien plus, il fait, de ce Pacifique , une des plus excellentes figures de son Fils incarné.

David avait conçu le dessein de bâtir le temple par un excellent motif ; et il (wrla en ees termes au prophète N'athau : « J'habite dans une

• maison de cèdre ; et l'arche de l'alliance du Sei- ” gneur est encore sous des tentes et sous des

• peaux. • Le saint prophète avait même approuvé ce grand et pieux dessein , en iui disant :

• Faites ce que vous avez dans le cecur ; car le ■ Seigneur est avec vous Mais la parole de « Dieu fut adressée à Natlian la nuit suivante en

‘ I. /*rtre///>. xMi 0,7, »; ixviii, 3.

• Ibitt. 14, 15. I«.

• Ibid. XX», 9, 10.

• II. %ll. 3. I. Pitraltp. »vu, 1 , 2.

’ Il Rrg VII, 3.

• CCS termes ' : Voici ce que dit le Seigneur :

• Vous ne bâtirez point de temple en mon nom. ■ Quand vous aurez achevé le cours de votre vie , «un des fils que je ferai naître de votre sang, « bâtira le temple , et j’affermirai son trône à . jamais. .

Dieu reftise à David son agrément , en haine du sang dont il voit ses mains toutes trem|)ées. Tant de samteté dans ce prince n’en avait pu effacer la tache. Dieu aime les pacifiques ; et la gloire de la paix a la préférence sur celle des armes, quoique saintes et religieuses.

ARTICLE V

Vertus, institutions, ordres et exercices militaires.

paeMièaE propositiox.

Ij gloire préférée i la .ie.

Racchides et Alcime avaient vingt mille liommes, avec deux mille chevaux, devant Jérusalem : et Judos était campé auprès avec trois miile hommes seulement, tirés des meilieures troupes. Comme ils virent la multitude de l’armée ennemie, ils en furent effrayés. Cette crainte dissipa l’armée, où il ne demeura que huit cents hommes ’. Judas, dont l'armée s'était écoulée, pressé de combattre en cet état , sans avoir le temps de ramasser ses forces , eut le courage abattu. C’est le premier sentiment, qui est celui de la nature. Mais on le peut vaincre par celui de la vertu. •< Judas dit à ceux qui restaient ^ ; Prenons cou- « rage ; marchons à nos ennemis , et combattons-

• ies. Ils l'cn détournaient en disant : Il est impos- . sible , sauvons-nous quant à présent ; rejoignons

• nos frères, et après nous reviendrons nu combat. . IVous sommes trop faibles et en trop petit nom-

• bre pour résister maintenant. Mais Judas reprit

• ainsi : A Dieu ne plaise que nous fassions une " action si honteuse, et que nous prenions la

• fuite ! Si notre heure est venue , et qu’il nous « faille mourir, mourons eourageusement en com- « battant pour nos frères, etne laissons pointeette

• tache à notre gioirc. Aces mots, il sort du camp :

• l'armée marche an combat en lx>n ordre. • L’ai le droite de Racchides était la plus forte ; Judas l'attaqua avec ses meilleure soldats , et la mit en fuite. Ceux de l'aile gauche, voyant la déroule , prirent Judas par derrière, pendant (pi'il |wursuivait l'ennemi ; le combat s'échauffa; il y eut d'abord beaucoup de blessés de part et d'autre : Judas fut tué, et le reste prit la fuite.

■ II. ffrÿ. .11, 5. ri, 13.

* I. ViTffi. il , i, 5, II, 7.

TIRÉE DE L'ECRITURE. LIV. IX

Il y R des occasions uii la gloire de moorir cnn- | rageusement vant mieux que la victoire. Iji gloire | soutient la guerre. Ceux qui savent courir pour ; leur pays A une mort as.suréc , y laissent une ré- [ putation de vaieur qui étonne i’ennemi ; et par ce moyen ils sont plus utiles A leur patrie , que s'ils demeuraient en vie.

Cest ce qu’opère l'amour de la gloire. Mais il faut toqjours se souvenir, que c'est la gloire de défendre son pays et sa liberté. lus Macimbées s'étaient d'abord proposé cette lin, lorsqu'ils disaient ; > Mourons tous dans notre simplicité : le ■< ciel et la terre seront témoins que vous nous

• attaipiex injustement '. » Et après : • Nous com- <■ battrons pwir nos vies , pour nus femmes , pour « nos enfants , pour nos Ames , et pour nos lois *. • Et encore : « Ne faut-il pas mieux mourir en coin- « battant, que de voir ptTir devant nos yeux

• notre pays, et alwlir ihm saintes lois ? .Arrive

• ce que le ciel en a résolu *. • Et pour tout dire en un mot : Mourons pour nos frères, comme le dit le courageux Judas. Laissoiis-lcur l'exemple de mourir pour nos saintes lois : et que la mémoire de notre valeur fasse trembler ceux qui voudront attaquer des gens si déterminés a Li mort. Qu'il soit dit éternellement en Israël : Quelque faibles que nous soyons , qu'on ne nous attaque |)us impunément.

Il* PROPOSITIOX.

La nécessité donne du rourage.

> Il n'en est pas aujourd'hui comme hier et

• avant-hier. Nous avons l'ennemi en face , disait . Jonatbas aux siens > ; le Jourdain deçà et delà ,

■ avec des rivages désavantageux , des marais ,

• des bois, qui rompent l'armée; il n'y a ]>as

• moyen de reculer : poussons nos eris jusqu’au - eiel. • En même temps on marche à l’ennemi ; llacchidcs est poussé par Jonatbas, qui, le voyant eliranlé, passe le Jourdain à In nage pour le poursuivre, et lui tne mille hommes.

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