III' PROPOSITION
On court k la mort ccruina.
Samson , qui sentait arec la renaissance de ses èlieveux le retour de sa force, • dit au jenne
• homme qui le menait' ; Laisse-moi reposer un
• moment sur ces piliers. > Toute la maisrni était pleine d'hommes et de femmes : et tous les princes des Philistins y étaient , an nombre d'environ
I trois mille, qui étaient venns pour voir Samson, dont ils se jouaient. .Alors il invoqua Dieu en cette sorte' : « Seigneur, souvenez-vous de moi ; « rendez-moi ma première force , 6 mon Dieu f et « que je me venge de mes ennemis (qui étaient « ceux du peuple de Dieu , dont il était le chef et
• le juge); et que par une seule ruine, je me venge « des deux yeux qu'ils m'ont Atés. > En mémo temps saisissant les deux colonnes qui soutenaient l'édillce , l'une de sa main droite et l'autre de sa main gauclie : ■ Que je meure , dit-il avec les « Philistins. • Et ébranlant les colonnes, il renversa toute la maison sur les Philistins, et eu tua plus en mourant, par ce seul coup, qu’il n'avait fait pendant sa vie.
Ixs interprètes pronvent très-bien, par l'Ecclesiastique , et par l'ÉpItrc aux Hébreux , que Samson était inspiré dans cette action Dicn donnait de tels exemples d'un courage déterminé à la mort, pour accoutumer son peuple A la mépriser.
On peut croire qu'une semblable inspiration poussa Éléazar, qui voyait le peuple étonne de In prodigieuse armée d'.Antiochus, et plus eix-oru du nombre et de la grandeur de ses éléphaols , d'aller droit A relui du roi , qu'on reconnaissait à salianleur et à son armure. • Il se livra pour son ■ peuple, et pour s'acquérir un nom éternel. Et « s'étant fait jour A droite et à gauche , au milieu
• des ennemis qui tombaient deçà et delà A ses
• pieds; il se mit sous l’éléphant, lui |)crçn le " ventre, et fut écrasé parsa chute*. •
Os actions d'une valeur étonnante faisaicut voir que tout est passible à qui sait mépriser sa vie; et remplissaient a la fois, et le citoyen do courage, et l’ennemi de terreur.
IV PHOPOsmoN.
Motlcralioa dass U victoiie.
Samson en avait donné l’exemple. Après lui avoir crevé les yeux , les Philistins assemblés louaient leur dieu Dagon, qni leur avat donné la victoire sur un ennemi si redoutable. Ils le faisaientvenirdnns leurs assemblées etdans leur Iranquet, pour s’en divertir; et le mirent au milieu I de la salle , entro deux piliers qui soutenaient I l'édifice L
Les exemples en sont inflnis. Celui de Gédéon est remarquable.
Le peuple , affranchi par ses victoires signalées , vint lui dire en corps : • Soyez notre Seigneur > souverain , vous , et vus enfants , et les enfants • de vos enfants; pnree que nous vous devons « notre liberté *. • Mais Gétiéon, sans s'enorgueillir et siuis vouloir changer le gouvernement , ré-
* I Mark, n, 37.
■ ysià. m, 30, SI.
* /ftirf. II, R9, 60.
' rSi4. IX . 4 1 H KOI.
* JuJ. XTI,3t ri Kfq
' Jllft. XVI, 36.
» Id. ibid. 36, 26.
' Id. XVI . 30.
* I. Mueb. VI, 43, 41, 44. 46, ' Jud. VIII, 33, 33.
P0I.ITIQ11E
pondit : « Je ne serai point votre seigneur, ni mon
• (Ils, ni notre postérité; et le Seigneur demeu*
• rera le seul souverain. >
Dés l'origine de la nation. Abraham, après avoir repris tout le bien des rois scs amis, que l’ennemi avait enlevé , paye la dime au grand pontife du Seigneur, conserve A ses alliés leur part du butin ; et du reste , sans se réserver • un seul
• fil , ni une courroie , rend tout , et ne veut rien
■ devoir A aucun mortel •
V* PBOPOSITION.
Faire la guerre équilablement.
Ménager ses anciens alliés, et leur demander le passage à de justes conditions ; c'est ce qu'on a exposé dés le commencement de ce livre*.
Par l'effet de la même équité, on posait des bornes entre les peuples voisins. C'ctalent des témoins immortels de ce qui leur appartenait. Tumulus
•I Ne transgressez point les bornes que vos pères
• ont établies , • dit le Sage
Respecter ces bornes, c’est respecter Dieu, qu’on avait pris A témoin, et qui seul était présent quand on les posait. • Nous n’avons pour « témoin de nos traités que Dieu seul , qui est pré-
> sent, et qui nous régarde’. »
On le prend aussi pour vengeur de la foi violée : « Qu’il nous voie, et qu’il voie entre nous,
• quand nous nous serons séparés’. >
C’est aussi par esprit de justice , qu’ Abraham , qui traitait d’égal et de souverain A souverain avec le roi Abimélech, lui reproche la violence qu’on avait faite A scs serviteurs , au lieu de commencer par se plaindre à lui. Mais Abimélech repartit’ : ■ Je ne l’ai pas su : vous ne m’en avez
■ rien dit , et c’est d’aujourd’hui que je le sais. •
Enfin cet esprit d’équité, qui doit régner même au milieu des armes, ne parait nulle part avec plus d’évidence que dans la manière de faire la guerre , que Dieu prescrit à son peuple en lui mettant les armes A la main.
« Si vous assiégez une ville , d’abord vous lui
> offrirez la paix. Si elle l'accepte , et qu’elle vous
• ouvre ses portes , tout le peuple qu’elle contient
• sera sauvé, et vous servira sous tribut. Si elle « refuse l’accommodement, et qu’elle vous fasse la « guerre, vous la forcerez : et quand le Seigneur
• vous l’aura mise entre les mains , vous passe-
• rez au III de l’épée tout ce qu’elle aura de com-
■ Cen. XIV, as.
* O-devant, art. i , tii* propoklttoo.
* Prov. XKII, 38.
^ Cm. tixi,
* ibid. 49.
. baltanU, en épargnant les femmes, les enfants
• et les animaux. Vous ferez ainsi A toutes les vil-
• les éloignées , et qui ne sont pas du nombre de
• celles qui doivent vous être données pour votre V demeure*. • A celles-IA, Dieu n’ordonne point de miséricorde, pour des raisons particulières, que nous avons déjA remarquées ■ ; mais c’est une exception , qui , comme on dit , affermit la loi .
Moïse continue de la part de Dieu ’ : • I-orsque « vous tiendrez longtemps' une ville assiégée , et . que vous l’aurez environnée de travaux , vous " ne couperez point les arbres fruitiers , et vous 1 ne ravagerez point les environs. Vous ne vous » armerez point de cognt-es contre les plantes ;
• car c’est du bois, et non pas des hommes qui
• peuvent accroître le nombre de ceux qui vous « combattront (cela s’entend des arbres fruitiers).
• Mais pour les arbres sauvages, qui sont propres
• A d’autres usages, coupez-lcs, et dressez vos
• machines, jusqu’A cc que la ville soit prise. ■ La prudence, la peisévérance , et en même
temps la justice avec la bénignité , reluisent dans ces paroles.
VI' paoposiTios.
Ne se point rendre odieux dans une terre étrangère. Vous me troublez par la guerre iqjuste que vous avez entreprise contre ceux de Sichera ; et vous me rendez'odieux aux peuples de cette contrée, que j’avais toujours si bien ménagés, dit Jacob A Siméon et A Lévi ses enfants*. Il se retire, et cherche la paix.
VII' PBOPOSITIOIS.
CH militaire avant le combat, pour connaître la dispoaitioL du solibt
• Quand on sera prêt A venir aux mains, les « cheft de chaque escadron feront cette publica- . tion A toute l’armée * : Si quelqu’un a bAti une . maison , et ne l'a pas dédiée , qu’il y retourne ,
-I et qu’il n’ait point le regret de la laisser peut- . être dédier A un autre. Qui a planté une vigne ,
> dont il n’a point encore exposé le fruit en vente ,
• qu’il fasse de même. Qui a fiancé une femme ,
• et ne l'a point encore épousée, qu’il aille la
• prendre , et ne la laisse point A un autre. >
Ce cri voulait des soldats qui n’eussent rien A cœur que le combat , et n'eussent rien , dans le souvenir, qui pât ralentir leur ardeur.
Après , on faisait encore ce cri général® : • SI
• qucJqu’un est effrayé dans son cœur, qu’il sc rc-
* Dtut. SX, 10, II ets«q.
* a<dfTxnl, àrt. I , II* profMMltloo.
i PeuUr. xx, 19, lu.
* GfK. xxxiv, lo.
^ Itevi. XX, t, I et ccq.
* tbid. 8.
Digitiz"* *'■
TIREE DE L’ECRITURE. LIV. IX
• tire dans sa maison , de peur qu'il n'inspire à
• scs frères la terreur dont ii est rempli. >
l4i coutume de ce cri durait encore dans les ^ucrres des Machobées'. Elle ne laissait au soldat que l’amour de la patrie , avec le soin de combattre, sans avoir regret à sa vie.
VIII* PHOPOSITIOa.
Clioli du soldât.
Quand Gédéon assembla l'armée pour poursui- \Te les Madianitcs, il reçut cet ordre de Dieu • :
• Parle au peuple , et que tout le monde entende
• ceci : Qui a peur, qu'il se retire. Il se retira
• vingt -deus mille bommes , et il n'en resta <pie
• dix mille. Dieu continua’ : Mène ce peuple nu
• bord des eaux. Que ceux qui lécberont les eaux ■ en passant à la manière des chiens , et que ceux
• qui fléchiront les genoux ( pour boire à leur . aise ) , soient mis à part : et le nombre des pre- - raiera, qui prenant l'eau avec lu main , la por- " tèrent b leur bouche , fut de trois cents seule-
• ment, que Dieu choisit pour combattre ; > et apprit à ce général, que ceux qui se trouveraient les plus propres à supporter la faim et la soif étalent les meilleurs soldats.
IX* raoposmox.
Qualité d'un Iwmine de commandement " Sois courageux et fort. Soyez homme : ne
• craignez rien : n’appréhendez rien*. •
C'est In première vertu qu'on demande aux hommes de commandement , et le fondement de tout le reste.
C'est aussi ce qui faisait dire à Néhémias , gouverneur de la Judée, lorsqu'on lui Inspirait des conseils timides : • Mes pareils n'ont point peur,
• et ne Ibient jamais*. »
X* PEOPOSITIOX.
lutrépùliUî.
* Josué leva les yeux , et vit devant lui un . homme qui ie menaçait l'épée nue'''. Il s’avance
• sans s’effrayer, et lui dit : Etes-vous des ndtres,
• ou du parti ennemi? • comme qui dirait parmi nous : Qui vive ? Il apprit , en approchant, que c'était un ange. '* Je suis , dit-il , un des princes « de l'armée du Seigneur, > de cette armée invisible toujours prête & eombattre pour ses serviteurs. Et Josué tourna son attaque en adoration ; après néanmoins avoir appris , par cette preuve ,
* I. STacS. ni, 5S.
* Jmd. VII, 3.
1 /tid. 4,S,S.
« Jci. |,S,7, >. I. Pur. un, 13.
> II. Etdr.yi, II.
s Jm. t, 13, K, IS, IS.
qu'il ne faut rien craindre à la guerre , pas même un ange de Dieu en forme humaiue.
XI* PBOPOsmox.
Ordre d'un général.
• Que chacun fasse comme moi , et suive ce « qu’il me verra exécuter'. • Les yeux attachés au général , et le coeur prêt à le suivre dans tous les périls.
Ainsi parla Gédéon , nu commencement d'un combat. C'est l’ordre le plus noble et le plus fier que général donna jamais a ses soldats.
XII* PBOPOSITIOX.
Les Irüms se plaigiiairnl lorsqu'on ne tes mandait pas d'abord fiour ooiiibattre l'ennemi.
• Ceux de la tribu d'Éphraira disaient à Gé-
• déon ’ : D'où vient que vous ne nous avez pas
• mandés plus tât , et dès le moment que vous •< alliez à la guerre contre Madian? Ils lui par-
• latent durement, tout prêts à lui faire violence. > On les avait seulement mandés pour poursuivre l'ennemi mis en déroute , et ils avaient coupé le chemin aux -Madianitcs ; en sorte qu'ilsavaient pris Oreb et Zeb , deux de leurs chefs , dont ils portaient les têtes au bout de leurs piques*. Et l’envie de combattre était si grande , qu'ils murmuraient contre Gédéon , comme on vient d'entendre.
XIII* PBOFOSITION.
Cn général apaise de braves gens en Ica louant.
• Mais Gédéon leur répondit * : Qu’al-je pu « faite qui égale vos vaillants exploits? Un raisin
• de la tribu d'Épbraim vaut mieux que toute la
• vendange d’Abiézer (quelque abondant que
• soit cc pays ). Le Seigneur vous a livré Oreb < et Zeb : qu'ai-je pu fitire qui vous égalêt ? > Leur colère fut apaisée par cette louange.
XIV* PBOPOSITION.
Alourir ou vaincre.
C'est ce qui fait des soldats déterminés , qui ne démordent jamais : tels que furent ceux dont U est parlé dans la guerre entre David et Isboseth.
Abner dit à Joad : • Que notre jeunesse Joue « devant nous * : > c'est-à-dire , qu'elle combatte à outrance , en combat singulier, comme on faisait dans nos tournois. • Auseitét on en choisit
• douze de la tribu de Beqjamin , du cété d'Isbo- « seth , et douze du cêté de David. En ce moment
■ M. vu, 17.
» Ibid, vin, I.
3 Ibid. VII, «, as.
* Ibid, viu, 3,3. ,
> II. Arp. n,lt,IS,IS. I
POLITIQl'E
< ils s'approchent. Chacun d’eux (irit la lélc du
• son ennemi , • à la façon iKut-flrc des gladiateurs, qui avaient un rets à la main pour cela, « et en mime temps lui enfonça le poignard dans
• le liane : et ils tombèrent tous morts Tuii sur
• l'autre en même temps. • Sur l'heure on récompensa leur valeur, CD appelant ce champ le • Champ
• des Forts en Gabaon. • Kt le titre lui en demeura en mémoire d'une action si déterminée.
XV* PHOPOSITIOX.
Accoutumer le soldat à mépriser l'cuDcmi.
• Amenez-moi ces cinq rois qui se sont cachés s dans cet antre > Dieu les avait condamnés à mort. • Quand on les eut amenés , Josué appela ” scs soldats , et en leur présence il donna cet or-
• dre aux chefs * : Mettez le pied sur la gorge à > CCS malheureux. Kt pendant qu'on les foulait « ainsi aux pieds : Dieu , poursuit-il , en fera au-
• tant A tous vos ennemis. Soyez gens de cœur et
• ne craignez rien. Kt après les avoir tués , on les
• attacha A cinq poteaux jusqu'au soir, pour être
• en spectacle au peuple : et on les jeta dans la
• eaverae où ils avaient été pris, entassant, selon « la coutume d'alors , de grosses pierres A son ou- « vcrtuce , pour mémorial éternel A la postérité. »
XYl* PaOPOSITION.
La diligence et la précaution dans Ica expéditions , et dans toutes les aitaires de la guerre.
« Prenez des vivres autant qu'il en faut. Dans
• trois jours (A jour nommé) vous passerez le
• Jourdain, et vous entrerez dans le pays en- « nemi^. ■
Eb même temps Josué envoiedes gens aux nouvelles , et fait observer Jéricho. Il apprit que tout était dans l’épouvante. Il marche toute la nuit *, voulant signaler le commencement de sa nouvelle principauté par quelque action d'éclat. • Je
• commencerai, dit le Seigneur*, aujourd'hui A
• faire éclater ton nom comme celui de Moïse. • Gédéon sc lève la nuit, assemble l'armée, bat
l'ennemi , le poursuit sans relAcbe , tombe A l'impourvu sur quinze mille hommes qui restaient; prit leurs commandants, qui se reposaient en assurance , et ne s'attendaient A rien moins qu’à être attaqués; tailla tout en pièces , et revint devant le coucher du soleil *.
Pour profiter de son avantage , et voyant que le soldat avait repris cœur, Saiil , sans perdre un moment , et sans même donner le temps de se ra-
• Jot.X,a, 23.
• Ibid. 21, 2C, 2S.
• Ibid. I, II.
< rtid. Il, l,3,<l|lil, I.
i Jlad, III, 7.
« Jud. *n, l; vm, ii, u, is.
frislchir, prend dix mille hommes qu'il trouva sous sa mniii : " Kt , dil-il , maudit soit celui qui ■ mangera avant que je sois vengé de mes ciiuc-
• mis. » Il en fit un giand carnage depuis Afachmis jusiju'A Aïalon, dans un grand pays'. Non content de celle victoire , quoique scs soldats fussent très-fatigués : • Marchons, disait-il*, Uim-
• bons-lcur dessus pendant la nuit, et ne cessons > de faire main bosse jiis(|u’au mutin. •
Baasa , roi d’Israël , fortifiait Rama , et empêchait par ce moyen les rois de Juila de mettre les pieds sur ses terres; s’assurant on poste d'où il tirait degrandsavantnges. Mais Asa, roi de Juda , en vit l'importance. Sans ménager ni or ni argent, il gagne le roi de Syrie contre Baasa : l’ouvrage est interrompu par cette guerre imprévue, et Baasa se retire*: .Asa, sans (lerdrc de terni», envoie ses ordres |>ar tout son royaume , en cette forme absolue* : ■ Que personne ne soit excusé. " Ainsi on enleva en diligence les inatiTiniix de
• la nouvelle fortification de Rama ; et .Asa en
• bâtit deux forteresses. • Tel fut l’effet de sa diligence. Elle affaiblit l'ennemi , et le fortifia luimême.
On irait A l'infini , si Ton voulait rapporter les exemples d'activité , de vigilance , de précautions qu'ont donnés , dans les expéditions de guerre , les Josué , les Gédéon , les David , les MachalH^s , et les autres grands capitaines dont l’histoire sainte nous a conservé la mémoire.
xvii" FBoeosiTiox.
AUisiice à propos.
On en vient de voir nn bel exemple , quand Asa s'unit si A propos avec le roi de Syrie : les autres seraient superüus; et il suffit de remarquer une fois , qu'il y a des conjonctures ou il ne faut rien épargner.
XVIII' PBOPOsiTion.
La réputation â’étre tiominc de guerre, tient l’eniieini dans la crainte.
* Chusal dit A Absalon * : Vous connaissez vo-
• Ire père , et les braves gens qu'il a avec lui ,
• d'un courage intrépide , et qui s'irrite par ses
• pertes, comme une ourse A qui on a été ses pe- « lits. Votre père est un homme de guerre , et ne
• s'arrêtera point avec le reste du peuple; il
• vous attend dons quelque embuscade, ou dans
• quelque lieu avantageux. S'il nous arrive le
• moindre échec, le bruit aussiWt s'en répan-
• dra de tons cétés , et on publiera qu'Absaloa a
* I- ftry. xir, 24 et seq.
» Ibid. 3fl.
* IH. fffÿ. XV, 17, 18, 10,20,21.
* Ibid.
* II. Rry. XV», 8, 0, 10.
TIRKE DE I/EERriURE. t.IV. I\. 447
■ été IkiUu ; cl ceux qui sont A présent comme
• (les lions, pmlmnt courage par celte nouvelle.
• Car on sait que voire père est un homme fort ,
• et qu’il est environne de braves jrens. « Il concluait à ne rien hasarder, et à l’attaquer à coup sûr. Ce qui donnait à David le temps de se reconnailrc, et lui assuniit la victoire. Et il arrêta par celte seule considération l’impétuosité d’Ahsalon , qui craignit dans David les ressources que ce grand capitaine pouvait trouver dans son habileté dans la guerre , et dans son courage.
XIX* raoeosiTiox.
Itolinpurs innilai’rc-<.
Saûl, après scs victoires, érigea un arc de triomphe ' , en racraoirc à la postérité , et pour l’aidiner par les exemples , et par de pareilles marques d'honneurs.
La constitution du pays ne permettait pas alors d’ériger des statues , que la loi de Dieu réprouvait. On érigeait des autels, pour servir de mémorial’; ou l’on faisait des amas de pierres’.
XX* PBOPOSITIOS.
Kverrices militaires, et distinctious marquées parmi l(» gens de guerre.
David lit apprendre aux Israélites A tirer de l’are > ; et Ht un cantique pour cet exercice , A la louange de Saül , qui apparemment l evait établi.
Ceux de la tribu d’Issacbar étaient en réputation de savoir mieux que les autres le métier de la guerre. « Il y avait deux cents hommes de cette > tribu qui étalent très liabiles, et savaient ins-
• truire Israël , • à faire en son temps et A propos toute sorte de mouvements ; • et le reste de la tribu
• suivait leurs conseils >
Dans la paix profonde du règne de Salomon , les exercices militaires demeurèrent en honneur, et deux cent cinquante chefs iirstruisaient le Iieuple*.
Ce prince si pacifique entretenait dans le peuple riiumeur guerrière. Il employait les étrangers aux ouvrages royaux ; mais non pas les enfants d’Israël. C’étaient eux qu’il occupait de la guerre’. Ils étaient les premiers capitaines, et commandaient la eavalcric et les chariots.
Ia;s uns, et principalement ceux de Juda et de Nephtall , combattaient avec le bouclier et la pique ; les autres joignaient l’are avec le bouclier* :
' 1. Key. XV. 12.
’ Ibid. XIV. M.
’ 4of. X, Ï2. U. ifcj. XVIII, 17, 18.
• II. R-j. I, 18.
s I. Paraiip. xil, S5.
' II. Par. vin , 10.
Jbitl.
*1. Ptintlip VIII, 40; XU, 74, 34, 30.
et chacun était instruit ù manier les armes dout il SC servait.
Josaplint, quoiqu’il fit lu guerre plus pour ses alliés que pour lul-méme, se rendit célèbre par le bon ordre ipi’il donna A la milice '.
La réputation d’Ozias fut portée bien loin (xir une semblable vigilance, qui lui lit ajouter aux soins des rois ses prédécesseurs celui de construire des magasins d’armes , de casques , de boucl iers , d’arcs et de frondes , avec des machines de toutes les sortes; tant celles qu’il couservait dans les tours, que ix'lles qu’il tenait dies-sées sur les murailles, pour tirer des dards , et jeter de grosses pierres ‘ : en sorte que rien ne irmnquait A l’exereicc des armes.
Les distinctions lionorables animèrent aussi le courage des braves gens.
On distinguait sous David de ces espèces de titi'cs ’ : les trois forts, de deux ordres différents ; avec les trente qui avaient leur chef. Leurs actions étaient marquées dans les registres publics. Il y en avait qu’on nommait les capitaines du roi ; 1rs grands, ou les premiers capitaines*, ou les capitaines des capitaines*.
On voit ailleurs comme un état de deux mille six cciitsofflcicrs principaux*. Sous chaqueprincc, on connaît ceux qui étaient établis pour les commandements généraux , ceux qui commandaient après eux , et tout l’ordre de la milice’.
Dieu voulait montrer dans son peuple un État parfaitement constitué, non-seulement pour la religion cl pour la justice, mais encore pour la guerre comme pour la paix ; et conserver la gloire aux princes guerriers.
AR’nCLE VI.
Sur la paix et ta guerre : diverses observations sur tune et sur l'autre.
PBEHIÈaE PBOPOSITIOX.
Le prioce doit alTvcUooner in braves gens.
Saül , en qui l’on admirait de si grandes qualités, se faisait remanjner par celle-ci; « tout 8 homme qu'il voyait courageux et propre A la • guerre, il se rattachait*. •
Cest le moyen de s’acquérir tous les braves. Vous en prenez un , vous en gagnez cent. Quand on voit que c’est le mérite et la valeur (jue voua
’ II. Par. XVII, 7, la, l3alMq.
* Ibid. XXVI, R, 14 , la.
4 II. Jtrp. XXIII, ait sm;. I. Parai. XI, 10, 11, ISel srq.
* II. Paratip. xxvi. II; vill, 9.
4 I. Paralip. vil, 40.
* n. Paratip. xxvi, 17.
I Ibid. XVII, 14, is e( wq.
* I. Krtf. XIV, 57.
POLITIQUE
cherchez , on entre en reconnaissance du bien que vous faites aux autres , et chacun espère y venir à son tour.
Il* PBOPOSITIOS.
Il n’y a rien de plus bcan , dans la guerre, que l’intelligenre entre les chefs , et la conspiration de tout l'Élat.
Joab se voyant comme environné des ennemis, partagea Tarméc en deux, pour faire tête de tous cAtés; une partie contre les Ammonites, et une iwrtic contre les Syriens. « Si les Syriens « me forcent, dit Joab à .Abisaî* , seeourez-moi ; « et si les Ammonites prévalent de votre côté, je
• serai à votre secours. Soyez homme de courage , « et combattons pour notre peuple et pour la cité « de notre Dieu. Après cela , que le Seigneur fasse « ce qui plaira à ses yeux. « Faire ce qu’on doit, s’entendre , être attentif l’un à l’autre , être résolu à tout, et soumis à Dieu, c’est tout ce que doivent faire de bons généraux.
Judas parla en ces termes à son frère Simon’ : « Choisissez des hommes ; marchez , et délivrez « vos frères dans la Galilée : et moi , avec Jona- « thas, nous Irons dans le pays de Galaad. « Il laissa Joseph, fils de Zacharie, et Azarias, deux chefs de l’armée , avec le reste des troupes pour garder la Judée; leur défendant de combattre jusqu’à leur retour. Simon , avec trois mille hommes, combattit heureusement dans la Galilée, poursuivit les vaincus bien avant, et jusqu’aux portes de Ptolémaïde ; fit beaucoup de butin , et amena en Judée ceux que les Gentils tenaient captifs avec leurs femmes et leurs enfants. En même temps Judas et Jonathas passèrent le Jourdain avec huit mille hommes , prirent beaucoup de plïftes fortes dans Galaad ; et après avoir remporté, sans perte, de signalées victoires, ils retournèrent en triomphe dans Sion , où ils offrirent leurs holocaustes en action de gi'éces. le peuple saint prit le dessas de ses ennemis par ce concours des trois chefs. Joseph , fils de Zacharie , et Azarie , un des chefs , rompirent ce beau concert, et firent une grande plaie en Israël; comme on le dira dans un moment.
Sous Saül, Jabés en Galaad, ville au delà du Jourdain, assiégée par Naas, roi des Ammonites , offrit de traiter et de se soumettre à sa puissance. Naas répondit avec une dérision sanglante* : « Tout le traité que je veux faire avec vous , « c'est que vous me livriez cliacun son œil droit, « et que je fasse l’opprobre de tout Israël. Le con- « seil de la ville répondit : Donnez-nous sept jours
• pour envoyer aux tribus ; et si dans ce temps
• II. Sey.x, II, I».
* I. JfacA. Y, 17 et »cq.
’ I. «fj. XI, 1 , 2 cl »«|.
« nous ne sommes secourus , nous nous rendrons « à votre volonté. ^ Leurs envoyés vinrent donc à Gabaa, où Saül faisait sa résidence , et ils déclarèrent à tout le peuple l'état où était la ville : tout le peuple éleva sa voix , et fondit en larmes. Chacun pleurait une ville qu’on allait perdre, comme si on lui arrachait un de ses membres. Saül orriva pendant l’assemblée, suivant ses bœufs qui venaient de la campagne. Car nous avons déjà vu , que tout sacré qu’il était , et reconnu roi , il faisait sans façon , et sans s'élever davantage , son premier métier. Telle était In simplicité de ces temps. Étant venu dans l’assemblée , il dit ' : « Quel est le sujet de tant de larmes , « et de ces cris lamentables de tout le peuple? » AJorson lui raconta l’état de Jabés. « L’esprit de « Dieu le saisit ; Il mit en pièces ses deux bœufs ,
« et en envoya les morceaux partout Israël , avec « cet ordre : Ainsi sera fait aux bœufs de tout O homme qui manquera âesuivrcSaül,etdemar- « cher en campagne. »> On obéit ; il fit la rcN-ue;
Il trouva sous scs étendards trois cent mille combattants ; et la seule tribu de Juda y en ajouta trente mille. Il renvoya les députés de Jubés avec cette réponse précise ; « Vous serez secourus de- « main. » L’effht suivit la parole. Dès lematin, Saül partagea’son armée en trois , entra au milieu du camp ennemi , et ne cessa de tuer jusqu’à la grande chaleur du jour; tous les ennemis furent dispersés , et il ne resta pas deux hommes ensemble. C’est ce que fit l’intérêt public , la diligence, la conspiration du roi, du peuple, et de toutes les forces de l’État-
On conserva éternellement la mémoire d’un tel bienfait. Ceux de Jaliés-Galaad , touchés de ce souvenir, furent fidèles à Saül jusqu’apres sa mort , et furent les seuls de tout Israël qui l’ensevelirent. David leur en sut bon gré, et leur fit dire*: << Bénis soyez-vous de Dieu, vous qui R avez conservé vos reconnaissances à Saül votre « seigneur : le Seigneur vous le rendra, et moi- « même je vous récompenserai de ce devoir de « piété. Car encore que Saül votre seigneur soit « mort, Juda m’a choisi pour roi. Et je succéde- • rai à l’amitié qu’il avait pour vous, ainsi qu’à « sou trône. »
III* PROPOSITIOn.
Ne point combattre contre les ordres.
Pendant que Judas et Simon firent les exploits qu’on a vus en Galilée et dans Galaad * , Joseph et Azarie, les deux chefs à qui ils avalent laissé la garde de la Judée , avec défense de combattre
• I. Xl.S.C.
* II. Arÿ. 11,4, set scq.
4 I. Afac/i. V, , M et teq.
TIRÉE DE L’ECRITURE. LIV. IX
jnsqn'tt la réunion de toute l'armé, furent flattés de la fausse gloire de se faire un nom ,àleurexemple , en combattant les Gentils dont ils étaient environnés. Ils sortirent donc en campagne : mais Gorgins vint in leur reneontre , et les poussa jusqu'aux confins de In Judée. Deux mille hommes des leurs demeuri'rent sur la place , et la frayeur se mit dans tout le pays ; parce qu’ils n'obéirent pas aux sages ordres qu’ils avaient reçus de Judas, s’imaginant de partageravec lui la gloire de sauver le peuple. Mois ils n’étaient pas de la
< race dont devait venir le salut >
Leur général les connaissait mieux qu’ils ne se connaissaient eux-mémes. On les laissait pour garder le pays, et ils n’avaient qu'à demeurer sur la défensive. Faute d’avoir obéi , ils firent perdre à leurs troupes l'avantage de combattre avec tout le reste de l'armée, et sous de plus sages chefs.
IV* PBOPOsiTioa.
Il est boa d’accoutumer l’armée k un même général.
« Tout Israël et Juda aimaient David^ même « du vivant de Saül , parce qu’ils le voyaient tou- ■ jours marcher à leur tête, et sortir en campa-
< gnedevanteux ’.>üng’accoutumc,oiis’attache, on prend confiance ; on regarde un général comme un père qui pense à voua plus que vous-méme.
On s’en souvint , lorsqu’il fallut réunir les tribus pour reconnaître David. • Hier, et avant-
• hier, vous cberchiez David pour le faire régner
• sur vous. Faites donc , et rangez- vous sous son
• étendard ’. > Ce n’est pas un inconnu que je vous propose , dit Abner à tout Israël.
V* PHOPOSITlOa.
La paix afSermit les oonquètea.
Il est bon qu’un État ait du repos. La paix du temps de Salomon assura les conquêtes de David. Les Hétée ns , les Amorrbéens et les autres peuples que les Israélites n’avalent pas encore entièrement abattus , Rirent subjugués par Salomon , et devinrent ses tributaires *.
VI* paoposiTiox.
La paix est donnée pour fortifier te dedam.
De quelque paix qu'on jouisse , toujours environné de voisins jaloux , il ne faut jamais entièrement oublier la guerre , qui vient tout à coup. Pendant que l’on vous laisse en repos, c’est le temps de se fortifier au dedans.
Salomon en donnaTexemple. Il bâtit les villes qu’Hiran lui avait cédées, et y établit des oolo-
< I. Sfack. T, a.
■ I. tri. aval. la.
• n. JIrp. ni, 17, 18.
* n. Paraiip. rm, 7,8.
nies d’Israélites H fortifia Kinalh-Suba, place éloignée dans la Syrie, et ancien siège dis rois. Il bêtit Palmyre dons le désert, qui plusieurs siècles après fut une ville royale , où Odenat et Zénobie tenaient leur siège. 11 érigea en Ématb plusieurs villes fortes; il éleva la haute et la basse Belhoron , et d'autres places murées , avec des remparts et des portes. Il établit aussi des places poury tenir sa cavalerie et ses chariots ; et il remplit de ses bâtiments Jérusalem , le Liban , et toutes les terres de son obéissance.
Les autres grands rois, Asa, Josaphat, et Orias l’imitèrent.
* Asa construisait des villes fortes , parce qu’il
• était dans le repos , et ne se trouvait pressé
• d'aucune guerre *. • La guerre demande d’autres soins , et ne donncpos ce loisir. Il prit donc ce temps pour dire à ceux de Juda ’ : - Bâtissons
• ces villes ; entourons-lcs de murailles ; munis-
• sons-lcs par des tours; fortifions les portes pen- ■ dant que tout est paisible , et qu’aucune guerre
• ne nous presse. Ils les bâtirent donc sans empé-
• chement. a On voit, en passant , les fortifications dont ces temps avaient besoin ; et l’on n’en négligeait aucune.
« Josaphat bâtit aussi des châteaux en forme,
• et environna plusieurs villes de murailles , et
• on vit de tous cétés de grands travaux •
« Ozfas fortifia les portes de Jérusalem , en les
• munissant de tours; la porte de l'Angle , et la
• porte de la Vallée ; et les autres du même côté
• de la muraille » C’étaient apparemment les endroits les plus difficiles à défendre, et qu’il fallait tâcher de rendre imprenables.
vil* paoposiTioa.
Au milieu des soins voilants , il faut toujours avoir en vus rincertitude des éréaemenls.
Entre plusieurs exemples que nous fournit l’Écriture de chutes inopinées, celui d’Abimélech est des plus remarquables.
Abimélech, fils de Gédéon, avait persuadé à ceux de Sichem de se rendre à lui‘. Ce poste était important, et c’est là où fût depuis bâtie Samarie. H leva des troupes, de l’argent qu’ils lui donnèrent, et s’empara du lieu où étaient ses frères an nonibre de soixante-dix, qu'il massacra tous sur une même pierre , à la réserve de Joatham, le plus jeune, qu’on cacha. Il fut élu roi à un chêne près de Sichem , quoique Joatham leur reprochât leur ingratitude envers la maison
* n. Pmtip. «in, s, a ciMq.
* IM. XIT, 8.
* /Sid.7.
* Ibid. XVII, IS, IS.
* Ibid. XXTI, 8.
* Jmd. IX , I , S Cf Ml|.
POUTIOKE
de üedéon leur liliorotcur; mais il fut contraint de prendre In fuite par la crainte d'Abimélech , qui demeura le maître durant trois ans sans aucun trouble.
Apres les trois ans, Il se sema on esprit de division entre lui et les habitants de Siebem , qui commencèrent A le haïr, et les grands de Siebem quil'avaient aidédans le parricide exécrable qu'il avait commis contre scs frères. Au temps donc qu'.AbimèIcch était absent , ils se firent un chef nommé Gaal , fils d’Obed , qui , étant entré dans Siebem , donna courage aux habitants soulevés , qui allaient pillant et ravageant tout aux environs , et maudissant .Vbimélech au milieu de leurs festins et dans le temple de leur dieu. Il restait à Abiméleeh un ami fidèle , nommé Zébul , à qui il avait laissé le gouvernement de la ville , qui aussi lui donna de secrets avis de tout ce qu'il avait vu, l'exhortant A faire tout re qu'il pourrait sans perdre de temps.
Abiméleeh part la nuit et marche vers SIchem , où Gaal élait le maître. Le combat se donne A lu porte ; et Gaal est contraint de se renfermer dans la place, qu'.AbimèIcch assiégea. I-es gens de Gaal furent battus et défaits pour la seconde fois. Abiméleeh pressait le siège sans rdAche , et ne laissa aucun habitant ni pierre sur pierre dans la ville, qu'il réduisit en une campagne qu'il sema de sel. Il restait aux Siebémites un vieux temple , qu'ils avaient fortifié avec soin ; mais Abiméleeh y fit transporter toute une forêt , et , ayant allumé autour un grand feu, y fit crever de Ihméc ses ennemis.
Vainqueur de ce cété-ln, il assiégea Tlièbes, qu'il réduisit bicntdt. Il y avait une haute tour où les hommes et les femmes s'étaient réfugiés avec les principaux de la ville. Abiméleeh la pressait avec vigueur, prêt A y mettre le feu ; car il avait tout l'avantage : mais une femme trouvant sous sa main un morceau d'une meule, le lui Jeta sur la tête. Il tomba mourant ; et celui qui faisait la guerres! ardemment et si heureusement , <pie rien ne lui résistait , périt par une main si faible : eoniraint , dans son désespoir, de se faire percer le flanc par nn de ses soldats , > de peur ■ qu'il ne fût dit qu'une femme lui avait donné le • coup de la mort '. »
Ne vous fiel ni dans votre force, ni dans votre diligence, ni dans vos heureux succès ; surtout dans les entreprises injustes et tyranniques. La mort , ou quel<|uc désastre alTrenx , vous viendra du côté dont vous l'attendez le moins ; et la haine publique, qui armera contre vous la plus faible main , vous accablera.
* Jud. is , SV
Mil' paoposiTios.
I.c lave, le faste, la dcItaiK-lie , aveuglent les hommes dans la guerre, cl les Amt périr.
Kla , roi d'Israël, fils de Dansa , faisait la guerre aux Philistins , et son armée assiégeait Gebbethon , une de leurs places des plus fortes , sans se mettre en peine de ce qui se passait A l'armée et A la cour , content de faire bonne chère chez le gouvenieur de Thrrsa , apparemment aussi peu soigneux des affuires que son maître. Zambri cependant, A qui, sans le bien eonnailrc, Ëla avait donné le commandement delà moitié de la cavalerie , l'ayant surpris dans le vin et A demi ivre chez le gouverneur, l'égorgea avec sa famille et s(>s amis , et s'empara du royaume. I.e bruit de cette nouvelle étant venu dans l'armée qui assiégeait Gebbethon, elle fit un roi de son cèté, nommé Amrl , qui en était le général ; et Zambri se trouva forcé à se brûler dans le palais , après un règne de sept jours '.
L'aventure de Bénadad , roi de Syrie , n'est guère nfoins surprenante. Il assiégeait Samarle, capitale du royaume d'Israël , avec une armée Immense, et trente-deux rois ses alliés ■. Il était' A table avec eux sous le couvert de sa tente , plein de vin et d'emportement. On vit avancer quelques hommes, et on vint dire A Bénadad que quelqu'un était sorti de Samarle. 'Allez, dit-il « aussltût ’ , et qu'on les prenne vifs , soit qu'ils ' viennent pour capituler ou pour combattre. » n ne songeait pas que sept mille hommes suivaient. On tua tous les Syriens qui s'avancaient A la négligence. L'armée syrienne se mit en fùife ; Bénadad prit In fuite aussi avec sa cavalerie , et laissa toute sa dépouille au roi d'Israël.
Pour lui relever le courage, ses conseillers l'amusèrent par des superstitions de sa religion, en lui disant * ; ■ Les dieux des montagnes sont
• leurs dieux ; et si nous les combattons en
• pleine campagne, nous aurons pour nous tes
• dieux des vallées. > Mais ils ajoutèrent A ce vain propos un conseil bien plus solide : • Ijiissez
• tous ces rois (qui ne font qu'embarrasser une
• armée), et mettez de bons capitaines A la plage ; ■ rétablissez votre armée sur le même pied qu'elle
• était ; combattez-les dans la plaine , et A décou-
• vert , et vous remporterez la victoire. » Le conseil était admirable; mais Bénadad était un roi timide et vain, qui n'avait que du faste et de l'orgueil. Et Dieu le livra encore entre les mains du roi d'Israël : trop lieureux de trouver de l'humanité dans son vAinqueur.
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* fbir!. xt , 1 , 2 rt «
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4 Jbiil. 24.
TIREE DE L'ECRITURE, I.IV. IX