II. Rey. XII , 13. II. Pnralip. X
POLmQUE
yeux du roi , un de ses princtpaux mbiistres, et renonçant tout ouvertement à l'obéissance, lUi sixième lieu , ce n'est pas que ce massacre A cette révolte ne fussent des crimes. On sait assez que Dieu en permet dons les uns , pour chitier ceux des autres. Le peuple eut tort, Hobootu eut tort ; et Dieu punit l'énorme injustice d'un roi qui se faisaii un honneurd'opptimer son peuple , e'cstè-dlre ses enfants.
Ko septième lieu , cette dureté de Roboam effara par un seul trait le souvenir de David et de toutes scs bontés , aussi bien que celui de tes conquêtes et de ses autres grandes actions. • Quel
• intérêt , dit te peuple d'Israël ' , prenons-nous - à David et que nous importe ce que deviendra
• le flls d’Isai? O David! pourvoyez à votre mal- > son , et à la tribu de Juda. Pour nous , allons-
• nous-en chacun chez nous , sans nous soucier
• deDavidnidesa race. • Jérusalem , le temple , la rcligiou , la loi de Moïse furent aussi oubliés, et le peuple ne Rit plus senstblequ'à ta vengeance.
Enfin, en huitième lieu, quoique l'attentat du peuple fût inexcusable , Dieu sembla vouloir ensuite autoriser le nouveau royaume qui s'établit par ce soulèvement : et il défendit à Roboam de faire la guerre aux tribus révoltées , • parce que ,
• dit-il ‘ , tout cela s'est fait per ma volonté , > par ma permission expresse , et par un juste conseil. Jéroboam parait devenir un roi légitime, par le don que Dieu lui fit du nouveau royaume. Ses successcursconstamment furentde vrais rois , que Dieu fit sacrer par ses prophètes. Ce n'était pas qu'il aimét ces princes , qui faisaient régner toutes sortes d'idolétriesetde méchantes actions ; mais il voulut laisser aux rois un monument éternel , qui leur fît sentir combien leur dureté envers leurs sujets était odieuse à Dieu et aux hommes.
VIII* PSOéOSITIOS.
Conêiiile de Josepli dans le temps <le celte liorrible famiiie dont toute i'És)'ple et ie voisinage fucenl atgigiés.
Joseph , en vendant du blé aux Ég}'ptiens , mit tout l'argent de l'Égypte dans les coffres du roi. Par ce moyen il acquit aussi pour le prince tous leurs bestiaux , et enfin toutes leurs terres , et même jusqu'à leurs personnes, qui furent mises dans la servitude
Loin de s'offenser de celle conduite , toute rigoureuse qu'elle paraisse , la gloire de Joseph fut immortelle. Ce sage ministre tourna tout au bien public. Il fournit au peuple de quoi ensemencer leurs terres , que Pharaon leur rendit ; il régla les impêts qu ils devaient au roi , à la cinquième par-
' III. Keg. XII, IA. II. Pamiip. X, lA.
* III. Rrg. III, 11. Pamtip. &|, a, i.
i CfN. xLVti, it.ibcticq.
Uade leurs revenus; et fit hoonenrè larelighia, en exemptant de ce tribut les terres sacerdotales. C’eat ainsi qu'il accomplit tout le devoir d'un zélé ministre envers le roi et envers le peuple, et qu'il mérita le titre de Sauveur du inonde
IX* PaopasiTiOK.
Rouarques lor Im parole* de JéuM-Christ el de sa ApOlre* loucliant les tribuls.
s Rendez à César ce qui est à César et à Dieu > ce qui est à Dieu , > dit Jésus-Christ ’. Pour prononcer cette sentence , sans demander oommenl et avec quel ordre se levaient les impôts , il ne regarde que l'inscription du nom de César, gravé sur la monnaie publique.
Son apôtre prononce de mémo * : « Rendez le
* tribut à qui vous devez le tribut , l'impôt à qui
* vous devez l'impôt (en argent ou en espèce , se-
* Ion que la coutume l'établit ;] l'honneur à qui .« vous devez l'honneur, la crainte à qui vous de-
* vea la crainte. •
Saint Jean-Baptiste avait dit aux publicains chargés de lever les droits de l'empire : • ^'exi- « gez rien au delà de ce qui vous est ordonné *. • La religion n'entre point dans les manières d'établir les impôts publics , que chaque nation coimait. La seule règle divine , et inviolable parmi tous les peuples du monde , est de ne point accabler les peuples , et de mesurer las impôts sur les besoins de l'État, et sur les charges publiques.
X' PBOPOsmoN.
Râlexioiu sur la doctrine précédente ; et déiiiulion des véritabtes riclicsaea.
On doit conclure , des passages que nous avons rapportes , que les véritables richesses sont celles qpe nous avons appelées naturelles ; à cause qu'elles fournissent à la nature ses vrais besoins. La i^ndité de la terre , et celle des animaux , est une source inépuisable des vrais biens ; l’or et l'argent ne sont venus qu’après, pour faciliter les échanges.
U faut donc , à l'exemple des grands rois que nous avons nommés, prendre un soin particulier de cultiver la terre, et d'entretenir les pâturages des animaux, avec l'arV vraiment frui'liieux d'élevcr des troupeaux eonforinéinent à cette parole* : • Ne négligez point les ouvrages, quoique « laborieux , de Ka e.amiingnc , el le labourage
* que te Tris-Haut a créé. • Et encore* : Pre-
* Gfn. ILJ , 4&.
* Maith. XXII, 21.
3 Ram. XIII, 7.
4 Lac. III, 13.
» Ecrt. VII, IA.
* Ibid. 21 , rt Pruv. x\V|i , 13.
♦ uy
TIBKE DE L’ÉCRITURE. LIV. X
f nez garde A voe bestiaax ; ayez soin de les bien
• connaître. Considérez vos troupeaux. »
Le prince qui veille A ces choses, rendra ses peuples brareux et son État florissant.
XI* paoposiTioa.
Les mies richesses (Tna roysnme sont les bommes.
On est ravi quand on volt, sous les bons rots , la multitude incroyable du peuple , par la grandeur étonnante des armées. Au contraire , on est honteux pour Achab, et pour le royaume d'Israél épuisé de peuple , quand on voit camper son armée , ^ comme deux petits troupeaux de chè-
• vres ‘ ; • pendant que l’armée syrienne , qu'elle avait en tète , couvrait toute lu face de la terre.
Parmi le dénombrement des richesses immenses de Salomon , il n’y a rien de plus beau que ces paroles * : • Judas et Israël étalent innombra-
• blés comme le sable de la mer. •
Mais voici le comble de la félicité et de la richesse. C’est que • tout ce peuple Innombrable
• mangeait et bavait du fruit de ses mains , et
• chacun sous sa vigne et son figuier , et était eu « joie ’. < Car la joie rend les corps sains et vigoureux , et fait profiter l’innocent repas que l’on prend avec sa famille , loin de la crainte de l'ennemi , et bénissant , comme l’auteur de tant de biens , le prince qui aime la paix ; encore qu’il soit en état de foire la guerre , et ne la craigne que par bonté et par justice. Un peuple triste et languissant perd courage et n’est propre A rien : la terre même se ressent de la nonchalance où il tombe ; et les familles sont faibles et désolées.
XII* raoeosirron.
Mojrms certains d’aiignienler le p«i|ile.
C’est qu’il soit un peu A son aise , comme on vient de voir.
Sous un prince sage , l’oisiveté doit être odieuse ; et on ne la doit point laisser dans la jouissance de son injuste repos. Cest elle qui corrompt les mœurs et fait naître les brigandages. Elle produit aussi les roendhmls , autre race qu’il faut bannir d’un royaume bien policé ; et se souvenir de cette loi * : - qu’il n’y ait point d’in-
• digent ni de mendiant parmi vous. • On ne doit pas les compter parmi les citoyens , parce qu’ils sont àchargoA l’Etat, eux et leurs enfants. Mais,
, pour éter la mendicité, il faut trouver des moyens contre l’indigence.
Surtout il faut avoir soin des mariages , rendre facile et heureuse l’éducation des enfants , et s’op-
* in. scj. *1, s7.
■ IM. IV, îo.
* llî. /trj. 15
* ifvuL \V, 4.
poser aux unions Illicites. La fidélité , la sainteté et le bonheur des mariages est un intérêt public , et une source de félicité pour les États.
Cette loi est politique autant que morale et religieuse ■ : ■ Qu’il n’y ait point de femmes de
• mauvaise vie parmi les filles d’Israël , ni de dé-
• bauché parmi ses enfants. > Soient maudites de Dieu et des hommes les unions dont on ne veut point voir de fruit, et dont les vœux sont d’étre stériles. Toutes les femmes de la famille d’Abimélech le devinrent , par un exprëdjugement de Dieu , A cause de Sara , femme d’ Abraham Au contraire. Dieu favorise et bénit les fruits des mariages légitimes. On volt croître ses enfante autour de sa table comme de jeunes oliviers ^ : une femme ravie d’étre mère est regardée avec complaisance de celui qu’elle a rendu père de si aimables enfante. On leur apprend que la modestie , la frugalité , et l’épargne conduite par la raison , est la princliiale partie de la richesse ; et nourris dans une bonne maison , mais réglée , ils savent mépriser la vanité qu’ils n’ont point vue chez leurs parents.
La kii seconde leurs désirs , quand elle réprime le luxe. Les premiers qu’elle soulevait contre leurs entente déréglés, étaient les pères et les mères, qu’elle contraignait A les déférer au magistrat, en lui disant : • VollA notre fils désobéissant, « qui, sans écouter nos avis et nos corrections,
■ passe sa vie dans la bonne chère, dans le désor- « dre et dans la débauche. » La peine de ce débauché incorrigible était d’étre • lapidé ; et tout
• Israël, saisi de crainte, se retirait du désor- « dre *. • On n’en était pas quitte en disant : Je ne fais tort A personne ; on se trompe : dans les dérèglements qui empêchent ou qui troublent les mariages , il ftut éviter et punir, non-seulement le scandale , l’injure qu’on fait aux particuliers, mais encore celle qu’on fait au public, qui est plus grande et plus sérieuse qu’on ne pense.
Qmcluons donc, avec le plus sage de tous les rois : • La gloire du roi et sa dignité est la mul-
■ titude du peuple : sa honte est de le voir amoin-
• dri et diminué par sa faute »
ARTICLE II
Les conseils.
Nous en avons déjA beaucoup parlé , et posé les principes ^ , surtout quand nous avons traité des moyens dont un prince se doit servir pour
' Deat. iKin, r7.
* Cm. 1», 17. IH.
* P», rximi, 3.
A Deat xti, 18. 10. 2(.
‘ Pmv JkIT, 18.
* Ci<kv«n(, liv. V. art. I ri arl. il. «
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