‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 156 sur 518 · I». XXXII · texte numérisé non relu

I». XXXII

} VIII, 2t.

‘ Xy.Rtg. XII, 1,2. M. Paralip. xxiv, 1,2.

S iWd. 17, l«cl »eq.

® itlh. XVI , 0.

« Premièrement, que les Romains ont assujetti '« l’Espagne, avec les mines d’or et d’ai^ent dont « elle abondait, par leur conseil et leur patience'. » Où l’on fait cette yé flexion importante : que sans jamais rien précipiter , ces sages Romains , toot belliqueux qu’ils étaient , croyaient avancer et affermir leurs conquêtes , plus encore par conseil et par patience , que par la force des armes.

Le second trait de la sagesse romaine, loué par le Saint-Esprit, dans ce divin livre : c’est que leur amitié était .sûre • ; et que , non contents d’assurer le repos de leuis alliés par leur protec- • tion, qui ne leur manquait jamais, ils savaient les enrichir et les agrandir, comme ils firent le roi Eumènes, en augmentant son royaume des provinces qu’ils avaient conquises. Ce qui faisait désirer leur amitié à tout le monde.

Le troisième trait : c’est qu’ils gagnaient dé proche en proche, soumettant premièrement les royaumes voisins; et se contentant, pour les pays éloignés , de les remplir de leur gloire , et d’y envoyer de loin leur réputation, comme l’avantcourrière de leurs victoires L On remarque aussi que, pour régler toutes leurs démarches, « et faire des choses dignes « d’eux, ils tenaient conseil tous les Jours , sans O division et sans jalousie'* ; » et uniquement attentifs à la patrie, et au bien commun.

Au reste, dans ces beaux temps de la république romaine, au milieu de tant de grandeurs, on gardait l’égalité et la modestie convenable à un état populaire, « sans que personne voulût domi- « ner sur ses concitoyens ; sans pourpre , sans « diadème, et sans aucun titre fastueux. On obéis- « sait au magistrat annuel *, » c’était-à-dire , aux consuls, dont chacun avait son année, avec autant de soumission et de ponctualité, qu’on eût fait dans les monarchies les plus absolues.

Il ne reste plus qu’à remarquer que quand ce bel ordre changea, le peuple romain vit tomber sa mgjcsté et sa puissance.

Tels sont les conseils qu’on peut prendre de la politique romaine, pourvu qu’on sache d’ailleurs mesurer tous ses pas par la r^le de la Justice.

XVII* PBOPOsmon.

La grande sagesse consiste à employer chacnn selon seslalmlA.

« Je sais que votre frère Simon est un homme n de conseil ; écoutez-le en tout , et il sera pomme « votre père. Judas Machabée est brave et cou- « rageux dès sa jeunesse : qu’il marche à la tète

' I. Mach. vin, 3.

' tbid. 12.

* /bld. H.

* /frid. 16, le. . .I

*Ibid.n,\a.

POUTIQUE

• des armées, et qu'il fasse la guerre pour le

• peuple •

C'est ainsi que parla Mathatias, prêt à rendre les derniers soupirs ; et il posa dons sa famille les fondements de la royauté, à laquelle elle était destinée bientêt après, sur tout le peuple d'btaël.

Au reste, Simon était guerrier comme Judas ; et la suite le fit bien paraître. Mais ce n'était pas au même degré , et le Saint-Esprit nous enseigne à prendre les hommes par ce qu'ils ont de plus éminent.

XVIir PBOPOSITIOa.

Il Cuit prendre garde aux qualités perMooenea, cl aux inlérêta racliéa de ceux fkmt on prend cunseil.

• Ne traitez point de la religion avec l'Impie ,

• ni de la Justice avec l'igjuste , ni avec la femme

• Jalouse, des affaires de sa rivale. Ke consultez a point les cicurs timides sur la guerre , ni celui

• qui trafique, sur le prix du transport des mar- « chandises ( qu'il fera toujours excessif J ; ni sur la

• valeur des choses à vendre, celui qui a dessein

• de les acheter; ni les envieux de quelqu'un,

• sur la récompense que vous devez à ses servi-

• ces. Pi'écDutez pas le cœur dur et impitoyahic,

• sur la largesse et sur les bienfaits ( qu'il voudra

• toqjours restreindre) ; ni sur les règles de l'hon- > néteté et de la vertu, celui dont les mœurs sont < corrompues ; ni les ouvriers de la campagne,

• sur le prix de leur travail Journalier ; ni eclui

• que vous louez pour un an , sur la fin de son « ouvrage (qu'il voudra toujours tirer en longueur X et n'y mettre Jamais de fin); ni un serviteur

• paresseux, sur les ouvrages qu'il faut entre-

• prendre '. » N'appelez Jamais de telles gens i aucun conseil.

L'abrégé de tout ce sage discours est de découvrir l'avcugiement de ceux qui prennent des conseils intéressés et corrompus, ou même douteux et suspects , pour se déterminer dans les affaires importantes.

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