‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 158 sur 518 · TIRÉE DF. I. ÉCRITITHK. LIV. X · texte numérisé non relu

TIRÉE DF. I. ÉCRITITHK. LIV. X

• d'en égaler le nombre aux étoiles dn ciel , et

• au sable de lu mer »

Le roi persista ; et Jonb obéit , quoiqu'à regret. Ainsi , au bout de neuf mois , il porta au roi le dénombrement , qui , tout imparfait qu’il était , lit voii é David é diverses reprises, qu'il avait quinze cent mille combattants sous sa puissance

* Le cœur de David fut frappé , quand il vit le « dénombrement » Il sentit sa faute; et sa vanité ne fut pas plutôt satisfaite , qu'elle se tourna en remords et en componction : en sorte qu'il n'nsa faire insérer le dénumbrcinent dans les registres royau.x*.

Que lui servit d'avoir vu sur du papier tant de milliers de jeunesse prête A combattre, pendant que la poste que Dieu envoya ravageait le peuple , et eu faisait des tas de morts? Joab avait prévu ce malheur ; et on a pu remarquer dans son discours , avec toute la force que la chose méritait , tous les ménagements possibles , et les plus douces insinuations.

Nous avons déjà vu, en un autre endroit, et lorsque David , après la mort d’Absalon , s'abandonna à la douleur, comme Joab lui lit connaître qu'il mettoitau désespoir tousses serviteurs; qu'ils voyaient tous que David les aurait sacrifiés volontiers pour Absalon ; que l'armée était déjà découragée, et qu'il allait s'attirer des maux plus grands que tous ceux qu'il avait jamais éprouvés C'était parler à son maître avec toute la liberté que l'importance de la chose , son zèle et scs services lui inspiraient. Il alla jusqu'à une espèce de dureté ; sacliaut bien que la douleur poussée à l'extrémité veut être comme gounnandée et abattue par une espèce de violence ; autrement elle trouve togjours de quoi s'entretenir elle-même , et consume l'esprit comme le corps par le plus mortel de tous les poisons.

Au teste, il aimait la gloire de son roi. Dans le siège important de la ville et des forteresses de Babbath , il fit dire à David : « J'ai combattu

• heureusement, la ville est pressée; assemblez

• le reste des troupes , et venez achever le siège , ' afin que la victoire ne soit point attribuée à mon

• nom'*. - Ce n'éloit pas un trait d'bnbile courtisan : David n'avait pas besoin d'iioimeurs mendiés ; et Joab savait quand il fallait finir les conquêtes. Mais c'était ici une action d'éclat , ou il s'agissait de venger sur les Ammonites un insigne outrage fait aux ambassadeurs de David ; et

* I. IKTU, U.

> 76/rf. xxi, 4,6.6 II. Afi;. XXIT, 8, 0.

* II. Jleÿ. XXIV, 10.

* I- Ptxra/ép. xxTn, 24.

* II. Hi-ÿ. XIX, 1 ,2 Pt seq. Ci-devant, llv. v, xrl. ii. ni* propotsiL elejtcorr, Hv. ix, art. iii.V* prupoiUioa.

* II. Hfÿ. Xtl,27, 28.

la conjoncture des temps demandait qu'on en donnât la gloire an prince. •

Quand il fallut lui parler |iour le retour d'.\bsalon, et entrer dans les affaii-cs de la famille royale; Joob, bien instruit qu'il y a des choses ou il vaut mieux agir par d'autres que par soimême, ménagea la délicatesse du roi ; et il employa auprès de David cette femme sage de Tbécuc. Mais un prince si intelligent . reconnut bicn- . tôt la main de Joab, et lui dit ‘ : J'ai accordé

• votre demande; faites revenir .Absalon. Joab, H prosterne àtcri-c, ix'pondit : Votre serviteur

• connaît aujourd'hui qu'il a trouvé grêcc devant

• son seignenr, puisqu'il fait ce qu'il lui propose. . Il sentit la bonté dn roi dans cette occasion, on il s'agissait de l'intérct d'autrui , plus vivement que dans les grâces , quoique infinies , qu'il avait reçues en sa personne.

Je passe les autres traits qui feraient connaître rhabiletéde Joab, et ses sages ménagements. Les vengeances particulières, et scs ambitieuses jalousies, lui firent perdre tant d'avantages, et au roi l'utilité de tant de services.

Nous avons racimté aillciii’s le honU ux assa.ssinat d'Abncr, que David ne put punir sur un homme aussi nécessaire à l'État (|u'etait .loab, et dont il fut contraint de se disculjicr en publie '.

Il se vit même forcé de destiner sa place à un autre ; et il choisit .Amasa *, qui en était digne. Mais Joab le tua en traître. « Et ses amis disaient :

• Voilàccluiquivoulaitavoirlachargedc Joab *.» Il mettait sa gloire à se faire redouter, comme un homme que l'on n’attaquait pas impunément.

En un mot, il était de ceux qui veulent le bien ; mais qui veulent le faire seuls sous le roi. Dangereux cmactèrc, s'il en fut jamais, puisque la jalousie des ministres, toujours prêts à se traverser les uns les autres, et atout immoler â leur ambition, est une source inépuisable de mauvais conseils , et n'est guère moins préjudiciable nu service que la rébellion.

C'est le dé^sir de se maintenir, qui le lit entrer dans les intérêts d'.Adonias contre Salomon et contre David.

On sait les ordres secrets que ce roi mourant fut obligé de lnis.ser à son successeur contre un ministre qui s'était rendu si nécessaire , que les conjonctures ne lui permettaient pas de le punir. Il fallut enfin verser son sang, comme il avait versé celui des autres. Trop complaisant pour David, il fut complice de la mort d'L'rIc, que ce

• Il Rfg. VIT, 19, 21 , 92.

' Ibût. m,2?,2Seli«i.Ct.d«v.vnl,llv. ix.art. lli,iv-propORiUrvn.

» ». flfj. XIX, 13.

4 thid. XX. 9. 10, 11.

b lit. «rv. li.s.e.

Oigiti.

i^ou uy vjv-JV-JvlL

POIJTIQTJE

prince rendit porteur des ordres donnés pour sa perte à Joob même'. Dieu le punit par David, dont il flatta la passion. C'est alors plus que Jamais qu'il devait lecontredire;et faire sentir aux rois que c'est les servir que d'empécher qu'ils ne trouvent des exécuteurs de leurs sanguinaires desseins.

IV* PKOPOSITION.

floloferoe, sous Nsbucfaodonosor roi de ttinive et d'Assyrie.

Judith lui parle en ces termes* : • Vive Nabu-

• chodonosor, roi de la terre ! et vive sa puissance <i qu'il a mise en vous , pour la correction de toute

• Ame errante t A'on-senlement les hommes lui

• seront soumis par votre vertu , mais encore les « bétes lui obéiront. Car le bruit de votre sagesse

• s'est répandu par toutes les nations de l'uni-

• vers. On sait , par tonte la terre , que vous êtes

• le seul bon et le seul puissant dans tout son

• royaume ; et le bon ordre que vous y établissez

• se publie dans toutes les provinces. •

Il parait, par ces paroles, qu'il n'était pas seulement ched des armes; mais encore qu'il avait la direction de toutes les affaires , et qu'il avait la réputation de faire régner Injustice , et de réprimer les injures et les violences.

Son zèle pour le roi son maître éclate dans scs premières paroles A Judith’ : • Soyez en repos

• et ne craignez rien : Je n'ai Jamais nui A ceux

• qui sont disposés A servir le roi Nabuchodo-

• iH»or. >

Partout il parle avec raison , avec dignité. Les ordres qu'il donne dans la guerre seront approuvés de tous les gens du métier ; et on ne trouve rien A désirer A ses précautions dans les marches ; ni A sa prévoyance pour les recrues , et la subsistance des troupes.

Il ne faut point attendre de religion des hommes ambitieux. • Si votre Dieu accomplit la pro-

• messe que vous me faites , de me livrer votre

• peuple , Usera mon Dieu comme le vêtre’. > Le dieu des Ames superbes est toujours celui qui contente leur ambition.

• C'était un opprobre , parmi les Assyriens , si

• une femme se moquait d'un homme’; • en conservant sa pudeur. Les gens de guerre , pardessus les autres , se piquent de ces malheureuses victoires , et regardent on sexe infirme comme la proie assurée d'une profession si brillante.

Holoferne, possédé de cette passion insensée, parut hors de lui-même A la vue de l'étonnante

• II. Il, II, IS, 17.

• Judith. SI, S,S.

• iad.1.

• lUd. SI, SI.

‘/Siil.xil, II.

beauté de Judith; et la grAeede ses discours aciicva sa perte. La raillerie s'en mêla : < Quelle agréable

• conquête que celle d'un pays qui nourrit un si « beau sang I et quel plus digne sujet de nos coin-

• bats ■ ? » L'aveugle Assyrien se mit en Joie ; enivré d'amour plus que de vin, il ne songeait qu'A contenter ses désirs.

On croit ces passions , qui , dit-on , ne font tort A personne , innocentes ou indifférentes dans les hommes de commandement. C'est par IA que périt Holoferne , un si habile bommed’ailleurs. C'est pur IA que se ruinèrent les affaires de l'Assyrie , et d'un si grand roi. Chacun en sait l'événement , A la honte étemelle des grandes armées. Une femme les met en déroute par un seul coup de sa faible main, plus aisément que n'auraient fait cent mille combattants.

Si on voulait raconter tous les malheurs , tous les désordres , tous les contre-temps que les histoires rapportent A ces passions , qu'on ne Jugo pas indignes des héros, le récit en serait trop long; et il vaut mieux marquer ici d'autres caractères.

V PBOPOSITION.

Amu , sous Assuénis , roi de Pciso.

L'aventure est si célèbre, et le caractère si connu, qu'il en faudra toucher les principaux traits.

• Le roi Assuérus éleva Aman au-dessus de « tous les grands du royaume. Et tous les servi-

• tcursduroi fléchissaient le genou, et adoraient le

• favori , comme le roi l'avait commandé , excepté

• leseulMardochée*. >llétaitJuif,etsarclighm ne lui permettait pas une adoration qui tenait de l'honneur divin.

Aman, enflé de sa faveur, • appela sa femme

• et ses amis, et commença A leur vanter ses ri- « chesses , le grand nombre de ses enfants , et « la gloire où le roi l'avait élevé *. • Tout concourait A sa grandeur, et la nature même semblait seconder les volontés du roi. Et il ajouta, comme le comble de sa faveur : - La reine même

• n'a invité que moi seul au festin qu'elle donne « an roi, et demain J'aurai cet honneur. Mais

• quoique J’aie tous ces avantages , Je crois n’a-

• voir rien, quand Je vois le Juif Mardochée qui,

« A la porte do roi, ne branle pas de sa place A « mon abord*. ■

Ce qui flatte les ambitieux , c’est une image de toute-puissance qui semble en faire des dieux sur la terre. On ne peut voir sans chagrin l’endroit par où elle manque, et tout paiall mau-

'Judith. X,|R.

> Ssth. Il, 1, 1.

■ nid. T, 10, Il

• ftlS.T, 17,13.

TIRÉE DE LÉCniTURE. LIV. X.

qncr par ce aeul endroit ; plus l'obstacle qu'on trouve & ses gtandeurs parait faible, plus l'ambition s'irrite de ne le pas vaincre; et tout le repos de la vie en est troublé.

Par malheur pour le favori il avait une femme aussi hautaine et aussi ambitieuse que lui.,< Fai-

• tes élever, lui dit-elle ' , une potence de cinquante

> coudées; et faites-y pendre Mardochée. Ainsi

■ voua irez en Joie au festin du roL > Une vengeance éclatante et prompte est aux émes ambitieuses le plus délicat de tous les mets. • Ce cen- « seil plut au favori : et il fit dresser le funèbre •I appareil. >

• Mais il Jugea peu digne de lui de mettre les

• mains sur Slardochée seul , et il résolut de

• perdre à la fuis toute la nation' : • soit qu'il voulût couvrir une vengeance particulière sous un ordre plus général ; soit qu'il s’en prit à la religion , qui inspirait ce refus è Mardochée ; soit qu'il se plût û donner à l'univers une marque plus éclatante de son pouvoir, et que le supplice d'un seul particulier fût une trop légère pâture à sa vanité.

Le prétexte no pouvait pas être plus spécieux.

• Il y a un peuple, dit-il au roi,^, dispersé par

■ tout votre empire , qui trouble la paix pubiique

• par ses singularités. > Personne ne s'intéresse à la conservation d'une nation ai étrange. Ils sont en divers endroits , remarque-t-ii , sans pouvoir s'entre-seoourir, et il est facile de les opprimer. Cest une race désobéissante à vos ordres, ajoute cet artificieux ministre , dont ii faut réprimer l'insolence. On ne pouvait pas proposer â un roi une vue politique mieux colorée ; ia nécessité et la facilité concouraient ensemble. Aman d'ailleurs , qui savait que souvent les pius grands rois , pour le malheur du genre humain, au milieu de leur abondance, ne sont pas insensibles à l’augmentation de ieurs trésors, gjouta pour conclusion * ; • Ordonnez qu'ils périssent (et par la oon-

■ fiscation de leurs biens) Je ferai entrer dix mille

• talents dans vos coffres. >

Le roi était au-dessus de la tentation d’avoir de l’argent ; mais non au-dessus de celle de le donner pour enrichir un ministre si agréabie , et qui lui parut si affectionné aux intérêts de l'État et de sa personne. • L’argent est à vous,

« dit-il‘, faites ce que vous voudrez de ce peu-

• pie : et il lui donna son anneau pour sceller les

• ordres. >

Un favori heureux n’est plein quode lui-même. Aman n'imagine pas que le roi paisse compter

' Eilh. V, 14.

* Ibid. NI, 6.

* Ibid. Ml, in. II.

d’autres services que les siens. Ainsi, consulté sur les honneurs que le roi avait destinés à Mardochée qui lui avait sauvé la vie , il procure les plus grands honneurs à son ennemi , et à lui-même la plus honteuse humiliation. Les rois se plaisent souvent à donner les plus grands dégoûts â leurs favoris, ravis de se montrer maîtres. Il fallut qu'Aman marchât à pied devant Mardochée , et qu’il fût le héraut de sa gloire dans toutes les places publiques'. On vit dès lors eton luipréditl’oscendnnt que Mardochée allait prendre sur lui ; et sa perte s’approchait.

Vint enfin le moment du festin fatal de la reine *, dont le fhvori s'était tant enorgueilli. Les hommes ne connaissent point leur destinée. Les ambitieux sont aisés â tromper, puisqu'ils aident eux-mêmes â la séduction , et qu’ils ne croient que trop aisément qu’on les fhvorise. Ce fut â ce festin , tant désiré par Aman , qu’il reçut le dernier coup, jxir la Juste plainte de cette princesse. Le roi ouvrit les yeax sur le conseil sanguinaire que lui aOait donné son ministre , et il en eut horreur. Pour comble de disgrâce, le roi, qui vit Aman aux pieds de ia reine pour implorer sa clémence , s'alla encore mettre dans l'esprit qu’il entreprenait sur son honneur, chose qui n'avait pas la moindre apparence en i'état où était Aman. Mais la confiance une fois biessée se porto aux sentiments les plus extrêmes. Aman périt; et déçu par sa propre gloire, il fut lui-même l’artisan de sa perte , Jusqu’à avoir fabriqué la potence où il fût attaché , puisque ce lût celle qu’il avait préparée à son. ennemL

AR'naE IV,

Pour aider te prince à bien connatlre les hommes, on hù en montre en générai quelques caractères, tracésparle Saint-Espiitdans les livres de la Sagesse.

PBEUlkaB PBOrOSITIOIt.

Qui sont ceux qu'il faut éloigner des emplois publics, et des cours mômes, s'il est possible.

Mous avons remarqué ailleurs qu’une des plus nécessaires connaissances du prince était de connaître les hommes. Nous lui avons facilité cette connaissance , en réalisant dans plusieurs particuliers des caractères nurquésen bien et en mal. Nous allons encore tirer des livres de la Sagesse des caractères généraux qui feront connaître qui sont ceux qu'il faut éloigner des emplois publics , et des cours mêmes , s'il se peut.

Il y en a qui ne trouvent rien de bon que ce

' Esth. VI, I, Set leq.

■ ibid. TU , I , S et aei|.

DigitiZtju uy vjirvjÿle

POLITIQUE

(|u'ils peusriil, rien de juste que ee qu’ils veulent; ils croient avoir renfermé dans leur esprit tout ce qu'il y a d'utile et du bon seas, sans vouloir rien réouter. C'est à eeus-là que Salomon dit ■ : • >'e soyez point sorc en vous-mérae. • Et ailleurs* : « Le fou n’cnicnd rien que ce qu’il

■ a dans sa tète ; et les paroles prudentes n'y ont « point d’entrée. ■ Et enfin ’ : • L’insensé croit tou-

• jours avoir raison ; le sa;ro écoute conseil. »

Il y a aussi ^ l'innocent, qui croit <t toute pa-

• rôle ; mais le siq!e (tient le milieu), et consi-

• dérc scs pas*. - C’est le parti que le prince prudent doit toujours suivre.

■ Lebrouilloncausedcs procès, et le discoureur

■ sépare les princes * , » en disant indiscrètement ce qui nuit , comme ce qui sert.

• L'homme a deux laiijmes (a deux paroles) : « le menteur et le brouillon affecte un langage " simple ; mais il pénètre dans le sein > 1 1 y laisse des impressions , et fait des blessures profondes, par ses rapports déguisés.

« Chassez le railleur et le moqueur, et la con-

■ tention s'en ini avec lui; les disputes et les tn-

- jures cesseront^. »

Surtout craignez le lluttcur, qui est le vice des cours, et la peste de la vie humaine. - Les mor-

• sures de l'ami (qui ne vous offense qu'en disant

■ la vérité) valent mieux que les baisers trom-

• peurs d’un emiemi‘, > qui se cache sous une belle apparence.

Le fanfaron,» celui qui se vante et s'exalte, « fait des querelles s. » A chaque mot , on se sent poussé à le contredire.

■ L’homme qui se hdtc de s'enrichir ne sera » l>oint innocent . . Et ailleurs “■ : « La pauvreté

• pousse au crime ; et le désir des richesses aveu-

- gle V Les fortunes précipitées sont suspectes. ije bien méibocre qu’on a de ses pères , fait présumer une bonne édueatiou.

• L'impatient ne se sauvera pas do la perte ■ Les affaires se gütent entre scs mains , |>ar la précipitation et les eontre-teinps.

Au contraire, • l'esprit paresseux et irrésolu » veut et ne veut pas ■*. > Il ne sait jamais se déterminer : tout lui échappe des mains , parce que , ou il lie doiuic point aux affaires le temps de

• Prop. III, 7.

’ fftni.WllI, 5.

^ IbiJ. tri, I&.

• XIV, i:.,

• JhH. XM.2H.

< Ibid. K>ili,ii;itvi,*2::.

• Ibid. XXII , lu.

• Ibid, txvn.e,

• Pn»’. xtviii,

'• Ibid.io.

'• Pctl xtvii, I.

*» Pmv. tu, l«- « Ibid. tili. \

mûrir, ou il ne connaît point les moments. Et parce qu'il a ouï dire qu'il ne faut rien précipiter, et <pie « relui dont le pied va vite tombera ' ,

• il sc croit plus sage , dans sa lenteur, que sept

■ sages qui prononcent des sentenets * ; dont les

• paroles sont autant d’oracles. >

Pour éviter ces hwonvénients , la dérision du Sage est que • toute affaire a son moment , et son « occasion ’. > Il ne faut ni la laisser échapper, ni trop aller au-devant ; mais l'attendre , et veiller toujours.

Vous êtes toujours en joie , toujours eontent de vous-méme. Vous ne voyez rien : les choses humaines ne portent pas ce perpétuel transport. C'est ce qui fait dire à l’Keclésiaste * : » Le emur du

• sage est eelul où il y a de In tristesse ; et le cœur

• de l'insensé est celui qui est toujours dans lu « joie. >

* Ke soyez point trop juste, ni plus sage qu'il

• ne faut, de peur que vous ne deveniez comme

• un stupide *, > sans vie et sans mouvement. Être trop scrupuleux, c'est une faiblesse. Vouloir assurer les choses humaiiK-s, plus que leur nature ne le permet , c’en est une mitre, qui fait tomber non-seulement dans In léthargie et dans l'engourdissement , mais encore dans le désespoir.

Il y a un vice contraire , de tout oser sans mestKe,de ne faire scrupule de rien. Et le Sage le reprend aussitdt après : • N'agissez pas comme

• un impie • Ne vous affennissez pas dans le crime , comme s'il n'y avait point de loi ni de religion pour vous.

Ceux qui songent à contenter tout le monde, et nagent comme Incertains entre deux partis ; ou qui se tournent tantdt vers l'un ou tantôt vers l'autre , sont ceux dont >1 est écrit r : > I..e cœnr > qui entre en deux voies (et qui veut tromper < tout le monde) aura un mauvais succès. • il n'aura ni ami fidèle, ni alliance assurée, et il mettra à la fin tout le monde contre lui.

C'est à de tels esprits que le Sage dit': • Ne

■ tournez point à tout vent ; n’entrez point en toute « voie , et n'ayez point une langue double. • Que vos démarches soient fermes ; que votre conduite soit régulière, et que la sûreté suit dans vos paroles.

<1 N'ayez point la réputation d'un lirnuillon , et " qu on ne vous confonde point par vos paroles ». •

’ Pnif. tu, ï.

» lb!d. XXVI , lô.

^ Ecet. vjii, 0,

* Ibid, vu, i Ibid. 17.

* Ibid. tM.

* Eerl. m , W.

■ Ibid. V. It,

* Ibid. Ifi.

TIKKE DE L’ÉCHITL’UE. I.IV. X.

Td* sont ceux à qui on ne cesse de reprocher la légircté de leurs paroles , qui se détruisent les unes les autres.

Ceux qui s’ingèrent auprès des rois , qui se veulent rendre nécessaires dans les cours , sont notés par cette sentence ■ : « Ne vous empressez pas &

■ paraître sage aupK-s des rois. ■ La sagesse ne se déclare qu'à propos. Ces gens, qui veulent toujours donner tous les bons conseils, sont ceux dont il est écrit * : ■< Tout conseiller vante son . conseil , • et par là le rend inutile et méprisable. L’homme avare doit être en exécration. " Ce-

• lui qui est mauvais à lui-méme , cl qui sc plaint « tout ce qu’il goûte de ses biens , à qui sera-t-il

• bon? U n’y a rien de plus mauvais que celui qui

• s’envio à lui-même son soulagement; et c’est la « juste punition de sa malice •

Enfin les caractères les plus odieux sont réunis tt marqués dans ces paroles : « Il y a six choses « que le Seigneur hait , dit le Sage ^ ; et son flme

• déteste la septième ; les yeux altiers , la langue

• amie du mensonge , les mains qui répandent le |

• sang innocent , le cœur qui forme de noirs des-

• seins , les pieds légers pour courir au mal , le . faux témoin ; enfin celui qui sème la discorde

• parmi sesttères. •

II’ PBOPOSITION.

On propose trois cooseils du Sage contre trois mauvais caractères.

• Ne VOUS opposez point à la vérité; et si vous

• vous êtes trompé, humiliez-vous ‘. » Qui est le mortel qui ne sc trompe jamais? Faites un bon usage de vos fautes, et qu’elles vous éclairent pour une autre occasion.

• Ne rougissez pas d’avouer vos fautes; mais . ne. vous laissez pas redresser par tout le mon- " de®: • comme sont les hommes faibles, qui se désespèrent et perdent courage.

. Ne résistez pas à celui dont la puissance est « supérieure; et n’allez pas contre le torrent, ou

• contre le courant du fleuve , qui entraîne tout ’. • Le téméraire croit tout possible , et rien ne l’arrête.

Voici encore trois caractères maudits par le Sage.

" Malheur nu cœur double, qui marche en . deux voies *; • et fait son fort du déguisement et de l’inconstance I

• Malheur au cœur lâche (qui se laisse abat-

1 Bftri. TII.5.

• Ihid. XllVlI . 8.

^ Ibid. XIT, 6.«.

4 Ptov. YI, le, 17. IB, I9v ‘ EccL rv, 3i>.

• Ibid. SI.

’ Ibid. IV, »i.

• Ibid. Il, 14.

« tre au premier coup) , faute de mettre sa con-

• fiance en Dieu ' ! >

* Malheur à celui qui perd la patience . qui se lasse de poursuivre un bon dessein !

Iir PBOPOSITION.

Lecarâck^re de faux ami.

C’est celui qu’il faut le plus observer. Nous l’avons déjà remarqué; mais on ne peut trop le faire observer au prince , i»ur l’en éloigner : puisque c’est la marque la plus assurée d’une âme mal élevée , et d’un cœur corrompu.

. Tout ami dit : J’ai fait un ami et ce lui est une grande joie. « Mais il y a un ami , qui « n’est ami que de nom : n’est-ce pas de quoi s’af- « fliger jusqu’à la mort, • quand on voit l’abus d’un nom si saint?

Cet ami de nom seulement , . est l’ami selon

• le temps ; et qui vous abandonne dans l’afflle- « tion® , • lorsque vous avez le plus besoin d’un tel secours.

. Il y a l'ami compagnon de la table . Il ne cherche que son plaisir, et vous quitte dans l’adversité.

• L'ami qui trahit le secret de son ami, est le - désespoir d'une âme malheureuse*,- qui ne sait plus à qui se fier, et ne volt nulle ressource à son malheur.

• Mais il y a encore un ami plus pernicieux. . C'est celui qui va découvrir les haines cachées ;

• et ce qu'on a dit dans la colère , et dans la dis- . pute 7. • Il y a l’ami léger et volage, qui ■ ne «cherche qu’une occasion, un prétexte pour « rompre avec son ami i c’est un homme digne « d’un étemel opprobre *. « Un homme qui fait paraître une fois en sa vie un tel défaut , est caractérisé à jamais , et fàit l’horreur éternelle de la société humaine.

IV’ PBOPOSITION.

Le vrai usage des aniis et des conseils.

« Le fer s’nigulse par le fer; et l’ami aiguise « les vues de son ami s. •

Le bon conseil ne donne pas de l’esprit à qui n’en a pas ; mais il excite , H éveille celui qui en a : Il faut avoir un conseil en soi-même « si l’on veut que le conseil serve. Il y a même des cas

' Bctl- il , 14-

> Ibid. 16.

1 Ibid. 4ixvii, I.

♦ Ibid. VI, «•

» Ibid. 10-

• Ibid.

’ Ibid. VI , 9.

» Pmi?, vvill, I.

* Ibid. V&VII, 17.

*• £ccf

POLITIQUE

nù il sefilut cooKUlerioi-miine. Il but ae sentir, et prendre sur soi certaines choses décisives , où l'on ne peut vons conseiller que biblement.

La règle que le Sage donne pour les amitiés est admirable. • Séparez-vous de votre ennemi ; > ne lui donnez point votre conilonce : • mais pre- > nez garde è l’ami ' ; • n'en épousez point les passions.

V* PBOPOSITIOn.

L’âmiUé doit supposer la crainte de Dieu.

• Un bon ami est un remède d'immortalité et

• de vie; ceiiii qui craint Dieu , le trouvera *. » ^La crainte de Dieu donne des principes ; et la ' bonne foi se maintient sous ses yeux qui percent

tout.

VI* raoposiTion.

Le caractère iTiin homme d*Étet.

• Le conseil est dans le cœur de l'bonime

• comme une eau profonde : l’homme sage l'é-

• puisera U > On ne le découvre point , tant ses conduites sont profondes , mais il sonde le cœur des autres ; et on dirait qu'il devine , tant ses conjectures sont sûres.

Il ne parle qu'à propos; car « il sait le temps

• et la réponse > Isaie l'appelle Architecte Il fait des plans pour longtemps; il les suit, il ne bâtit pas au hasard.

L'égalité de sa conduite est une marque de sa sagesse, et le fait regarder comme un homme assuré dons toutes scs démarches. • L’homme

• de bien dans sa sagesse demeure comme le soa leil ; le fou change comme la lune » Le vrai sage ne change point ; on ne le trouve jamais en défaut. Ni humeur ni prévention ne l'altère.

vu* PROPOsmoi».

La piété donec quelqoerois du crédit , même auprès des méchants rois.

Élisée disaità la Sunamite ? : < Avez-vous quel-

• que afbire? et voulez-vous que je parle au roi ,

• ou au chef de la justice? • L’impie Acbab même , qui était ce roi , l'appelait , Mon père ‘.

« Hérode craignait saint Jean-Baptiste, sa-

• chant que c'était un homme saint et juste; et - quoiqu'il le tint en prison , il l'écoutait volon- « tiers , et faisait beaucoup de choses à sa consi- « dérations. > A la lin pourtant on sait le troi-

• Errl. Tl, 13.

* Jbtd. IG.

• Pfxtv. XX, b.

* Bect. THI , b.

b h. ni , n.

‘ XXVII, li.

» IV. Reg. IV, 13

• tbtd. VI, SI.

* Han. Tl, ao

tement qu'il lui fit. Et Aehab ea préparait un semblable à Élisée ; • Que je sois maudit de Dieu ,

• dit ce prince', si aujourd'hui la tète d'Élisée

• est sur ses épaules! •

La religion se fait craindre à ceux-Ut même qui ne la suivent pas ; mais la terreur supersti- Ueuse qui est sans amour, rend l'homme bible, timide, défiant, cruel , sanguinaire ; et toutee que veut la passion.

VIII* PgOPOSITIO!*

Ls fcvew M voit guère deus génénlioBs.

Quels plus grands services que ceux de Joseph? Il avait gouverné l’Égypte quatre-vingts ans avec une puissance absolue , et avait eu tout le temps de s’affermir lui et les siens. • Cependant il vint

• un nouveau roi qui ne connaissait pas Joseph *. • Le prince oublia que l'État lui devait non-seulement sa grandeur, mais encore son salut ; et il ne songea pius qu'à perdre ceux que son prédécesseur avait bvorisés.

IX* paoposiTion.

On voit auprès des anciens rois un conseil do religiaQ.

S'il fallait parler ici du ministère prophétique , nous avons vu Samuel auprès de ^ûi , l'interprète des volontés de Dieu Nathan, qui reprit David de son péché , entrait dans les plus grandes affaires de l’Etat*.

Mais, outre cela, nous connaissons un ministère , plus ordinaire , puisque Ira est nommé • le

• prêtre de David » Zabud était celui de Salomon; et il est appelé < l'ami du roi° : ■ marque certaine que le prince l'appelait à son conseil le plus intime ; et sans doute principalement en ce qui regardait la religion et la conscience.

On peut rapporter en cet endroit le conseil du Sage’ :• Ayez toujours avec vous un homme

• saint , dont l'âme revienne à la vôtre , et qui ,

• voyant vos chutes (secrètes) dans les ténèbres , « les pleure avec vous , » et vous aide à vous redresser.

' ly. Rrg. VI, ai.

* Kxf*d. I, «, 9, 10.

* I. Rtg. x,Xt, xtl, XIII, XV, XTl.

* Hl. 10, 13,33,34.

‘ II. Rrg. XX, 3G.

« III. Rig. IT, b.

' Ectl. XXXVil, 15, !«.

TIRÉE DE L’ÉCRITURE. UV. X

ARTICLE V

De la conduite du prince dans ta famille; et du soin çu’il doit avoir de ta santé.

psixikRi psoposiTion

La du prince nanti h gouTerner u famille . ci à

b tenir unie pour le bien de riUat.

Nous avons déjà remarqué que • les flis de Da-

• vid étaient les premiers sous la main du roi ' , • pour exécuter ses ordres. Ils sont nommés , dans les Septante, Aularques, c'est-à-dire , princes de la Cour, pour la tenir tout unie aux intérêts de la royauté.

Pour mettre la paix dans sa famille , il régla la succession en faveur de Salomon , ainsi que Dieu l'avait ordonné par la bouche du prophète Nathan *. La règle était de la donner à l'aîné * , si le roi n'en ordonnait autrement. Et c'est encore la coutume des rois d'Orient.

L'indulgence de David , « qui ne voulut point

• contrister Amnon, son fils aîné*, » celui qui viola Thamar, sa sœur, est reprise dans l'Ecriture. Il souffrit aussi trop tranquillement les entreprises d'Absalon, qui était devenu l'alné, et qui voulut envahir le trône. Mais Dieu le voulait punir; et sa facilité, suivie d'une rébellion si affreuse , laissa un terrible exemple à lui et à tous les rois qui ne savent pas se rendre maître de leur famille.

Ainsi , quoiqu'il eût encore une excessive indulgence puur Adonias, qui était l'alné après Absalon, dès qu'il sut qu'il en abusait Jusqu'à prétendre au royaume , contre sa disposition expresse et déclarée, et qu'il avait dans ses intérêts contre Salomon les princes ses frères , avec la plupart des grands du royaume, il détruisit la cabale dans sa naissance , en faisant au lit de la mort sacrer son fils Salomon , et donna la paix à l'État*.

On sait les derniers ordres qu'il laissa au roi son fils , pour le bien de la religion et des peuples. A ce moment. Dieu lui inspira ce divin psaume, dont le titre est. Pour Salomon, qui commence par ces beaux mots'' : < O Dieu , donnez

• votre jugement au roi et votre justice au fils du

• roi I > Tout n'y respire que poix , abondance , bonheur des pauvres soulagés sous la protection et la justice du nouveau roi , qui en devait abattre les oppresseurs. C'est llicritage qu'il laisse à son fils , et à tout son peuple , en leur promettant un règne heureux.

* Paràjip. XVIII , 17.

* II. fleg. TJI, 12. 13 ri MO.

* JII. Rfg. I. IV, « ; ri II , Ib , 2!.

3 II. Rrg XIII, 21.

V III. Reg. I , s, 9 et BCq.

S Pt. LXXI.

Il y avait d^à longtemps qu'on lui avait dédié le psaume intitulé ; • Pour le blen-almé ‘ > où les enfants de Coré virent eu esprit le règne de Salomon , où florissalt la paix. Salomon y est exhorté

• à la vérité, à la douceur et à la justice’. > C'étaient ies souhaits de David ; et c'est par là que son règne devait figurer celui du Messie, qui était le vrai fils de David.

Pour ne rien omettre , la idne , fille du roi Phuraon , destinée à Salomon pour épouse , y est marquée; et sous le nom de David, ou lui adressait ces paroles ’ : • Écoutez ma fille , et voyez ; et ou-

• bliez votre peuple , et la maison de votre père , ■ toute royale et tout éclatante qu'elle est, et épousez les intértts de la famille où vous entrez. Vous en serez recompensée • par l'amour du roi , quL sera

• épris devos beautés* ; • et vous trouvera encore plus belle et plus ornée au dedans qu'au dehors. Crst ainsi qu'Israèl intrsuisait ses reines, comme ses rois, par la bouche do David.

C'est cette reine , si parfaite et si aimable , sous la figure de qui Salomon a chanté l’époux et l’èpousc , et les délices de l’amour divin. Ce roi magnifique la traita selon son mérite , et scion sa naissance. Il lui bâtit un palais snperlie. Quoiqu’elle sût que , selon la coutume de ces temps, ily eût pour la magnificence de la cour, > soixante ■ reines, et un nombre infini de femmes et de « jeunes filles * ; • rHe sentit que seule elle avait le coeur. Elle était la Sunamite , « l'unique par-

• faite, que les reines et toutes les autres louaient > Cette reine , sans s'enorgueillir de ces avantages , se laissait conduire au sage roi sonépoux, et entrait en son esprit en lui disant : > Je vous mènerai dans « le cabinet de ma mère : là vous m'enseignerez ’ , • par de douces insinuations. Et encore : « Ceux qui

• sont droits vousaiment '. « On n'est digne de vous aimer que lorsqu'on a le coeur droit ; et vous aimer, c’est la droiture.

De semblables instructions avaient fait imiter à Bethsabée , mère de Salomon , la pénitence de David. Et c'est dans cet esprit qu’elle pariait en ces termes à son filas : • Que vous dirai-je , mon

• bien-oiméde mes entrailles, et le cher objet de

• mes vœux ? O mon fils , ne donnez point aux fem- « mes vos richesses; les rois se perdent ciixhoc-

• mes en les voulant enrichir. Ne donnez point , ô

• Lamucl (c’est ainsi qn'clle appelle Salomon), « ne donnez point de vin aux rois , parce qu’il

• Pt. sur.

t Ibid. b.

> Ibid. II.

• Ibid. 12.

• (il»/. VI, 7.

O Ibid. 8.

t (,'»»(. VIII, 2.

< Ibid. I, a.

• Pno. 11X1, 2, 2, 1. 9

POLITIQUE

« n y a point de secret où règne Ti vresse ; de peur « aussi qu’ils n’oublient les jugements droits, et

• ne changent la cause du pauvre. » C’est après ces belles paroles qu’elle fait l’image Immortelle de la « femme forte, digne épouse des sénateure « de la terre*. •

Salomon lul-raôme a rapporté ces paroles de sa mère , et les a voulu consacrer dans un livre inspiré de Dieu , avec ce titre à la tête : « Paroles « du roi Ijimuel. C’est la vision dont sa mère l’a

• instruit*. « Il ne faut donc pas s’étonner s’il a si souvent répété dans tout ce livre* : « Écoutez les « enseignements de votre père. » Et ailleurs* :

« J’ai été sou fils tendre et bien*aimé,et l’unique « de ma mère. Elle m’enseignait , et me disait :

• Mon fils , aimez la sagesse. » Et ailleurs * : •» Con- « servez , mon fils , les préceptes dé votre père ; « et n’abaiidonnez pa.s lesconseilsde votre mère. » Pour inspirer l’amour de la sagesse , Salomou faisait concourir dansée divin livre les préceptes de son père et de sa mère; les uns plus forts, les autres plus affectueux et plus tendres; et tous les deux faisant dans le cœur des impressions profondes.

S’il faut remonter plus haut. Job, qui était prince en son pays, tenait sa famille unie. « Il « avait sept fils et trois filles. Chacun de ses fils « avait son jour pour traiter toute la famille dans « sa maison. Les frères y conviaient leurs sœurs. » Le soin de J(d) « était de les bénir tous quand le « tour était passé, et d’offrir des holocaustes pour « chacun d’eux, de peur, disait-il, que mes en- •< fants (dans leur joie) n’aient peut-être offensé

■ le Seigneur. Ainsi faisait Job tous les jours de « sa vie®. »

Les princes , comme les autres , tenaient leurs enfants, et jusqu’à leurs filles, toujours prêts à immoler leur vie pour le salut du pays.

La fille unique de Jephté, juge souverain d’Israël , voyant arriver son père « qui déchirait ses « habits à sa vue, lui parla en cette sorte ? : Mon « père , si vous avez ouvert votre bouche au Sei-

■ (par quelque vœu qui me soit fatal) , faites de

• moi tout ce que vous avez promis. C’est assez « pour nous, que vous ayez remporté la victoire « survosennemis. «Elle se trou va si bien préparée, qu’elle perdit la vie sans qu’il lui en coûtât un soupir, et laissa un deuil immortel à toutes les filles d’Israël.

Jonathas eût éprouvé le même sort. Et encore

• Prov. xxxr, 10, 23.

* thid. I.

i Ibid. I, s.

* Ibid. IV, 3, 4.

» Ibid. VI , 20.

• Job. 1 , 2,4,5.

’ Jlid. XI. 3b, 36 cl »«|

qu'il eût regret à la vie, il allait être sacrifié, si le peuple ne l’eût arraché des mains de son père Saul*.

Il* PKOPOSITIO.V.

Quel soin le prince doit avoir de sa santé.

« .\sa fut malade , à la trente-neuvième année « de son règue , d’une violente douleur des pieds. « Et dans son infirmité , il ne mit pas tant su con- « fiance au Seigneur son Dieu , que dans l’art des « médecins. Et il mourut deux ans après, à la *« quarante et unième année de son règne*. »

Dieu n’a pas condamné la médecine , dont il est l’auteur. « Honorez, dit-il*, le médecin, à « cause de la nécessité; car c’est le Très-Haut 9 qui l’a créé. La médecine vient de Dieu , et elle « aura les présents des rois. La science du mé- « decin le relèvera ; et les grands la loueront à « l’envi. Le Seigneur a créé les médicaments; et 9 l’homme sage ne s’en éloignera pas. Dieu les a « faits pour être connus ; et le Très-Haut en a « donné la connaissance aux hommes , jwur dé- ■< couvrir ses merveilles. *< Si vous trouvez queces connaissances vont lentement, et qu’on n’invente pas assez de remèdes pour vaincre tous les maux , il s'en faut prendre au fonds inépuisable d’infirmité qui est en nous. Cependant le peu qu’on découvre doit aiguiser l’industrie.

Dieu veut donc que l’on se serve de la médecine, « et de l’étude des plantes, qui adoucissent « les maux par des onctions salutaires; et ces « heureuses inventions croissent tous les jours*, • par les nouvelles découvertes que l’expérience nous fait faire.

Ce que le Seigneur défend , c’est d’y mettre sa confiance, et non pas en Dieu , qui seul bénit les remèdes, comme il les a faits, et en dirige l’usage. « .>Ion fils , no négligez pas votre santé , et >i ne vous méprisez pas vous-même. Priez le « Seigneur, qui vous guérira. Éloignez-vous du « péclié (dont votre mal est le vengeur'. .Multi- <> pliez vos offtandes, et donnez lieu au méde- •< cin; car c’est le Seigneur qui l’a créé (et qui « vous le donne). Qu’il ne vous quitte pas , parce ■I que son secours vous est nécessaire *. »

Gardez-vous bien de le mépriser, à la manière de ceux qui , parce qu’il n’est pas un dieu , qui ait la vie et la santé à la main , en dédaignent le travail. « Le temi>s viendra qne vous aurez « besoin de son secours®; » et vous serez étonné de l’effet d’une main hardie et industrieuse.

» I. /tfÿ. XIV, 43, 4», 4.5.

* II. Paralip. xvi , 12, 13.

* Krrl. XXXVIll, 1 , 2 ri »<H(i

4 Ibid. 7.

4 Ibid. 0, 10, II , 12.

fi Ibid. 13.

TIREE DE LECRITUBE. LIV. X

ARTICLE M Err DERMER.

Les inconvénients et tentations qtii accompagnent la roijauCé; et les remèdes qu'on g doit apporter.

rBKUIÈBE TBOPOSITION.

On dto>UTTo les inconvénients de la puissance soureraine , et la cause des leiitaliuus attaciiées aua graudcs fortones.

Il n'y a point de vérité, que ie Saint-Esprit ait plus inculquée, dans l'Iiistoire du peuple de Dieu , que celle des tentations attachées aux prospérités et & la puissance.

Il est écrit du saiut roi dosapliat, que « son - royame s'étant affermi en Judu , et sa gloire et

• ses richesses étant au comble , son ctcur prit

• une noble audace dans les voies du Seigneur,

• et il entreprit de détruire les hauts lieux et les

• bois sacrés ' , • où le peuple sacrifiait : ce qui avait été vainement tenté par les pieux rois qui l'avaient précédé.

C'est la en effet le sentiment véritable que lu puissance devrait inspirer. Mais tous les rois ne ressemblent pas ù Josaphat.

* Le royaume de Roboam , fils de Salomon ,

• s’étant affermi (par le retour de plusieurs des

• dix trlb» séparées , et par d’autres heureux

• succès ) , il abandonna la loi du Seigneur, et

• tout Israël avec lui ’. •

Amasias victorieux d'Idumée, en adora les dieux’ : tant les grands succès, qui augmentent la puissance, dér^lcnt le coeur.

Ozias, un si grand roi , et si religieux , « enflé .• pour sa perte (par ses grands succès , et par sa

• puissance) , obligea son Dieu , et voulut oITHr « l'encens , menaçant les prêtres ’ , > dont II usurpait l'honneur.

Le saint roi Ézécliias se défendit-il du plaisir d'étaler sa gloire et ses richesses aux ambassadeurs de Bobylone avec une ostentation que Dieu condamna par ces dures paroles d'Isaïe ’ : • Le

• jour viendra que tous ces trésors seront trans-

• portés à Babylone (a qui tu les os montrés avec

• tant de complaisance), sans qu’il en demeure

• ici la moindre parcelle. > Tout allait bien pour ce prince • à la r^rve de la tentation arrivée à

• l'occasion de cette ambassade ; et Dieu la per-

• mit pour découvrir tous les sentiments de son

• cœur, et l'orgueil qui s'y tenait caché*. •

Cette sentence fait trembler. Dieu ordonne la magniflcencc dans les cours , comme nous l'avons

* tl. Fartlip, XVII, S, e.

* Jhid. XI, 17; XII, I.

* md. xxT, 14.

* fbid. XXVI, 1 , 10 et Mq.

* IV. Ri-g, XX. 10, 17.

* U. PuttiUji. wxil, ïl.

démontré ; Dieu a horreur de l’ostentatiou et la foudroie, sans la pardonner à ses serviteurs. Quelle attention ne doit pas avoir un roi pieux; quelle réflexion profonde ne doit-il pas faire sur la périlleuse délicatesse des tentations dont nous parlons I

Saint Augustin se fondait sur ces exemples, lorsqu'il a dit qu'il n’y a point de plus grande tentation , même pour les bons rois, que celle de la puissance : Quanta altior, tanio pericutosior'.

Saül fut choisi de Dieu pour être roi , sans qu'il y pensét , et nous avons vu ailleurs , dans le temps qu’on l'élisait, qu'il se tenait caché dans sa maison '. Et néanmoins il succomba à la tentation du la puissance, en désobéissant aux ordresdeDieu, et épargnant Amalec; eu offrant le sacrifice sans attendre Samuel : peut-être dans la jalousie de régner en maître absolu, pour secouer un joug importun; et euflu en persécutant & toute outrance , dans tous les confins du royaume , David , le plus fidèle de ses serviteurs ’.

Qu'arriva-t-il à David lui-même, et jusques à quel excès succomba-l-il à la tentation de la puissance? Encore flt-il pénitence , et couvrit-il son ignominie par ce bon exemple. Mais Dieu n'a pas voulu que nous eussions une connaissance certaine d'une conversion semblable dans Salomon , sou fils , qui a été premièrement le plus sage de tous les rois; et ensuite dans sa mollesse, le plus corrompu et le plus aveugle. La tentation de la puissance le plongea dans ces faiblesses. Il adora jusques aux dieux des femmes qui lui avaient dépravé le coeur ; et les énormes dépenses qu'il lui fallut faire en contentant leur ambition , et en leur érigeant tant de temples, jetèrent un si bon roi daus les oppressions qui donnèrent lieu sous son fils a la division de la moitié du royaume.

Aveuglé par la tentation de la puissance, Nabuchodonosor se lit dieu , et ne prépara que des fournaises ardentes ù ceux qui refusaient leurs adorations à sa statue L C’est lui qui , séduit par sa propre grandeur, n’adora plus que lui-même.

• >'cst-ccpas là,'disait-il cette grande Babylone, ■ que j'ai faite par ma puissance , et pour la mani-

• festation de ma gloire? • Babylone , qui voyait lo monde entier sous sa puissance , disait dans l'égarement de son orgueil : • Je suis , et il n'y a que

• moi sur la terre. > Et encore : « Je suis reine , la « maltresse éternelle de l’univers; je no serai

jamais veuve ni seule , mon empire ne périra

• jamais*. »

• jCuyuêt. Bmarr. in Pi. rxiXTIl, 0, t. IV, ool. ISSU.

■ I. Itrÿ. X, J, J, 9,», as.

’ fbili. XV, H, 9, 13, 11; XVII, S, 9- XVIII, XIX, XX «t iei|.

4 Ail», lit.

‘ tbid. IV, a,aa, C7.

• ti. Xl.VII, 7, 0.

POLITIQUE

Un antre roi disait en lol-m^nc, plntAt par ses sentiments et par ses œuvres , que par ses paroles ' : • Le fleuve est à moi , et je me suis fait

• moi-m<me; J'ai fait oe grand fleuve, qui m’ap-

• porte tant de richesses. • C'est ce que disent les rois superbes , lorsqu'à l'exemple d’un Pharaon , roi d’É^pte , ils se croient arbitres de leur sort , et agissent comme indépendants des ordres du ciel , qu’ils ont oubliés.

Un Antiochus, ébloui de sa puissance, qu’il croyait sans bornes , - éleva sa bouche contre le « del ; et, attaquant le Très-Haut par ses blas-

• phcmes , il en voulut écraser les saints , et étein-

• dre lesacriflee.* • On le voit paraître en son temps, comme un homme qui ne croit rien impossible à sa puissance ; car > Il croyait pouvoir voguer sur

- la terre , et marcher sur les flots de la mer’. • Ainsi son audace entreprenait tout , et il voulait que le monde n’cùt point d'autre loi que ses ordres. Cependant il était l'esclave d’une femme , qu'il appela Antiochido , do son nom , et vit des peuples entiers se révolter contre lui , parce qu’ils étalent la proie d'une impudique , à qui le roi donnait scs provinces*.

Hérode , sur un tréne auguste , et revêtu des habits royaux , pendant qu'il parlait se laissa flatter des • acclamations du peuple qui lui criait :

• Ce sont les paroles d'un dieu et non pas d’un ■ homme ; • et mérita d’être • frappé en ce moment

- par un ange , en sorte qu’il mourut mangé des

• vers • Comme si Dieu , qu’il oublait , lui eàt voulu dire, ainsi qu'à cet autre roi' : • Diras-tu

• encore : Je suis un dieu ; toi qui es on homme ,

• et non pas un dieu , sous la main qui te donne « la mort > en t’envoyant une si étrange maladie?

Voilà les effets flmestes de la tentation de la puissance ; l’oubli de Dieu , l'aveuglement du cœur , et l’attachement à sa volonté ; d'où suivent des rafflnements d'orgueil et de Jalousie , et un empire des plaisirs qui n'a point de bornes.

Cela fut ainsi dès l’origine. Et aussitét qu'il y eut des puissances absolues, on craignit tout de leurs passions : • Abraham dit à Saraî, sa femme’;

• Vous êtes belle ; quand les Égyptiens vous ver-

• ront , ils diront : C’est sa femme , et ils me tuc-

• ront pour vous avoir. Dites que vous êtes ma

• sœur(commc elle l'était aussien un certain sens).

• Pharaon fut bientét instruit de la beauté de Sa-

• rai, et Abraham reçut un bon traite ment pour l'o-

• mour d’elle, et on lui donna des troupeaux et des'

< Ezech. xvix , a, 9.

■ D0H. TU, SS; Tlll, il, IX

1 II. voc*. I, ai.

4 Jhùl. 30.

‘ JcL 111, 22. M.

' Kztek. xxriil, 0. 23.

’ Gtn. XII, II, 13 dsrii.

« esclaves en abondance et on enleva sa femme

• dans la maison de Pharaon. 'lien arriva autant à Abraham chez un autre roi , c’est-à-dire , chez Abimélech , roi deGérare dans la Palestine '. Et on voit que depuis l’établissement delà puissance absolue il n’y a plus de barrière contre elle, ni d’hospitalité qui nesoit trompeuse, ni de rempart assuré pour la pudeur, ni enfln de sûreté pour la vie des hommes.

Avouons donc de bonne fol, qu’il n’y a point de tentation égale à celle de la puissance ; ni rien de plus difflclle que de se refuser quelque chose quand les hommes vous accordent tout et qu'ils ne songent qu'à prévenir ou même à exciter vos désirs.

Il* PBOPOSITIOn.

Quels remèdes oo peut apporter aux incaoréoleoU proposés.

Il y en a qui, touchés de ces inconvénients , cherchent des barrières à la puissance royale. Ce qu’ils proposent comme utile , non-seulement aux peuples, mais encore aux rois, dont l’empire est plus durable quand 11 est réglé.

Je ne dois point entrer ici ni dans ces restrictions, ni dans les diveises constitutionsdes empires et des monarchies. Ce serait m'éloigner de mon dessein. Je remarquerai seulement ici, premièrement, que Dieu, qui savait ces abus de la souveraine puissance , n’a pas laissé de l'établir en la personne de Saûl , quoiqu'il sût qu’il en devait abuser autant qu’aucun roi ; secondement, que si ces inconvénients devaient contraindre le gouvernement Jusqu’au point que l’on veut imaginer, il faudrait ôter Jusqu’aux Juges choisis tous les ans par le peuple, puisque la seule histoire de Susanne suflU pour montrer l’obus qu'ils ont fait de leur autorité.

Sans donc se donner un vain tourment à chercher dans la vie humaine des secours qui n'oient pas d'inconvénient, et sans examiner ceux que tes hommes ont inventés dans les établissements des gouvernements divers, il faut aller à des remèdes plus généraux, et à ceux que Dieu lulmêmcaordonnés aux rois, contre la tentation de la puissance, dont la source est dans ce principe.

III* PBOPOSITION.

Tout empire doit être reganlé sniis un autre empire supérieur et inévitable, qui est l’empire de Dieu.

• Écoutez-moi , rois; entendez. Juges de la

• terre ; apprenez votre devoir : prêtez l'oreille ,

• vous qui contenez la multitude et qni vous plni-

• sez à vonsvoir environnés des troupes des iieu- - pics. C’est le Seigneur qui vous a donné la puis-

■ Cf». XX, II, 13.

TIRÉE DE L'ÉCRITURE. LIV. X

• lance , et tonte votre force vient dn Très-Haut ,

• qui eramlDera vos œuvres, et sondera vos pen- « sées ; parce qu'étant les ministres de son royau-

• me, vousn’nvez pasju;tédraitement,etvousn’a-

• vez pas gardé la loi de Injustice, et vous n'avez

• pas marché selon la volonté de Dieu. Il vous « apparaîtra tout d'un coup, d'une manière ter- « rible ; et ceux qui commandent seront jugés

• par un jugement très-rigoureux et très-dur. Car

• les petits seront traités avec douceur ; mais les

• puissants seront puissamment tourmentés. Dieu

• ne fait point d'acception de personne, ni il ne « craint la grandeur de qui que ce soit ; parce qu'il

• a fait le petit comme le grand, et il a un soin

• égal des uns et des autres : les plus forts au- « ront à porter un tourment plus fort •

Il ne faut ni réflexion ni commentaire. Les rots, comme ministres de Dieu , qui en exercent l’empire, sont avec raison menacés , pour uno infidélité particulière, d’une justice plus rigoureuse, et de supplices plus exquis. Et celul-la est bien endormi , qui ne se réveille pas à ce tonnerre.

IV* rnoposiTiOR.

Les princes ne doivent jomsis perdre de vne ts mort oè l’on voit t'empreinte de t'empire inévilatde de Dieu.

• Je suis un homme mortel comme les autres. • C'est ainsi que la Sagesse éternelle fait parler Salomon *. « Je suis llls de ce premier homme

• qui a été formé de terre; et j’ai été fait chair

• (c'est-à-dire l’infirmité même) dans le ventre

• de ma mère, qui m’a porté dix mois. J'ai été ■ composé de sang ; sorti d’une race humaine

• parmi le trouble des sens, dans une espèce de

• sommeil. • Ma conception n’a rien que de faible. • Ma naissance m'a jeté et comme exposé

• sur in terre : j’ai respiré le même air que tous

• les autres mortels , et comme eux j'al commen-

• cé ma vie en pleurant ; on m'a nourri dans des

• langes avec de grands sténs. Les roid n'ont « point un autre commencement : tous les hom-

• mes ont entré dans la vie de la même manière,

• et ils la finissent aussi par un même sort. >

C'est la loi établie de Dieu pour tous les mor-

tels : il sait égaler par là toutes les conditions. La mortalité, qui se fait sentir dans le commencement et dans la fin, confond le prince et le sujet, et la fragile distinction qui est entre deux est trop superflcielle et trop passagère pour mériter d’étre comptée.

t Sap. VI, 9, 3,i eteeq.

• Akt. va, 1,9, 3, c, 5,4.

V pnoposiTiov.

Dieu fàil (tes exemples sur l.i terre : il punit par oiisitriconlp.

« Le prophète , Nathan dit à David ' ; Vous

• êtes cet homme coupobie dont vous venez du (( prononcer la uuDd.imnation ( dans la parabolcde

• la brebis). Et voici ce que dit le Seigneur : Je

• vous ai fait roi sur mon peuple d'Israèl ; je vous < ai donné la maison de votre seigneur avec tous (I scs biens : pourquoi donc avez- vous méprise la

• parole du ^igneur, pour faire mal à ses yeux ,

• en répandant le sang d'Urie , eu lui étant sa

• femmc,et le tuant par l’épée des enfants d'Am-

• mon? Pour cela l'épée ne se retirera point à « jamais de votre maison, parce que vous m'avez

• méprisé. Et voici ce que dit le Seigneur : Je sus-

• citerai le mal dans votre maison : vos femmes ■ vous seront enlevées à vos yeux ; vous les ver-

• rez entre les mains de celui qui vous touchera

• de plus près (de votre propre fils), aux yeux

• du soleil. Car vous l'avez fait en secret; mais

• moi j'accomplirai cette parole à la vue de tout

• Israël , et à la vue du soleil.... Et parce que

• vous avez fait blasphémer le nom du Seigneur

• par ses ennemis, l’eufant (qui vous est si cher)

• mourra de mort *. •

Tout s’accomplit de point en point. Absalon fit éprouver à David tous les maux , et tous les affronts que le prophète avait prédits. David, jusque-là toujours triomphant et les délices de son peuple, fut contraint de prendre la fuite à pied avec tous les siens, devant son fils rebelle ; et poursuivi dans sa fuite à coups de pierres, il se vit réduit à souffrir les outrages de scs ennemis, et, ce qu'il y a de plus déplorable, à avoir besoin de la pitié de ses serviteurs. Le glaive vengeur le poursuivit. Jeté de guerre civile en guerre civile, il ne se put rétablir que par des victoires sanglantes, qui lui coûtèrent le sang le plus cher

Voilà l’exemple que Dieu fit d’un roi qui était selon son cœur, et dont il voulait rétablir la gloire par la pénitence.

VI* raoposiTioN.

Exemples des châtiments ligooieni. Sattl : premier exempte.

• Qui voulez-vous que j'évoque d'entre les

• morts? > disait l’enchanteresse que Saûl consultait à la veille d'une bataille^. « Évoquez-moi

• Samuel, répondit ce prince, (^i voyez-vous ?

• Je vois comme des dieux (quelque chose d’au-

( 11. Rtf. xn,7,8st seq.

> Ibü. U.

> /Md. XV. XVI, xvio, IX.

' |. àrp. xxvui, Il ttseq.

POUriQüK

> gusb) et de divin) , qui l'éiève de la terre (et qui

• sort du creux d'un tombeau). Quclie en est ia

• forme? Un vieillard s’élève enveloppé d’un man-

• teau. Saül reconnut Samuel à cet habit , et se

• prosterna en terre. » Soit que ce fut Samuel luimême , Dieu le permettant ainsi pour confondre Saül par ses propres désirs, ou seulement sa ligure. « Kt Samuel lui dit ' : Pourquoi me troublez-vous - dans le repos de la sépulture ? et que sert de m’in-

• terroger, puisque le Seigneur vous a rejeté de devant sa face, par votre désobéissance? Dieu

• livrera Israël aux Philistins. Demain vous et

• vos enfants sciez avec mol ( parmi les morts) ;

• et les Philistins tailleront en pièces l’armée d’Is- « raël.»

A cette courte et terrible sentence , le coeur de Saül fut épouvanté. Ije lendemain les Philistins flrent un horrible carnage de toute l’armée, comme Il avait été dit ; Jonathas et les enfants de Saül qui y combattaient ê ses cités y périrent. Ce roi , aussi malheureux qu’impie , se tua lui-même de désespoir, pour ne point tomber entre les mains de ses ennemis et passa ainsi de la mort temporelle à réternelle.

vit* PEOPOSITIOX.

Seniod exemple : BalUuar, roi de Bab;leiie.

« Baltasar lit un grand festin ; et, déjü échauffé

• par le vin , il fit apporter les vases d’or et

• d’argent , que son père Mabuebodouosor avait

• enlevés du temple de Jérusalem > Comme si le vin y eût été meilleur, et que la profanation y igoutét un nouveau goût. • Le roi donc ,

• ses femmes , ses maitresscs , et les grands de sa « pour, buvaient de ce vin et louaient leurs dieux . d’or et d’argent, d’airain et de fer, de bois et de

• pierre, quand tout d’un coup il parut vis-à-vis

• d’un chandelier deux doigts ( en l’air) , comme

> d’une main humaine, qui écrivaient sur la mu-

• niillc de la salle du banquet. A ce spectacle de

> Ui main qui écrivait, le visage du roi changea et

• ses pensées se troublaient ; ses reins furent sépa-

• lés ; scs genoux branlèrent , et se brisaient l’un

• contre l’autre. Il fit un grand cri ; toute la cour

■ fut effrayée ; on appela les devins , » selon la coutume.

Mais tous ces devins ne purent lire cette écriture. On fit venir Daniel , comme un homme qui avait l'esprit des dieux. Kt ce fidèle interprète fit cette réponse I : • O roi, le Trés-IUut avait

■ élevé >'abuchodonnsor votre père ; ifflt en son

> temps tont ce qu’il voulut sur la terre. Quand

» I. Beÿ. xxvm, 15. Ifl rt »pq.

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