‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 193 sur 518 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

Que railleur attaque égatemeut saint Augustin et la tradition , en disant que ce Père ne l'allègue que quelqnc-

ibia, et par accident, comme un accessoire.

Mais peut-être que saint Augustin aura donné lieu à cette maligne réOexion de notre critique? tout au contraire : ce Père , dont il dit qu'il n'appelle la tradition que quelquefois au secours de la religion, est celui de tous les Pères qui s'en est servi le plus souvent. Vingt ou trente célébrés passages qu'on cite de ses ouvrages contre les donatistes, et desonépitre à Janvier, en font foi; et afin de nous renfermer dans la dispute contre Pélage, qui est ceile où M. Simon assure que saint Augustin ne fait venir la tradition à son secours que quelquefois, on voitau contraire qu'il donne à la tradition deux livres entiers, le premier et le second contre Julien. Il revient continuellement à cette preuve dans le livre des Noces et de la Concupiscence, dans le livre de la Nature et de la Grèce, dans les livres au pape Bonifiicc contre

» P. CAV — ’ Scsi. IV.

I les U;ttres des pélagiciis, dans les livres de la Prédestination des saints et de la Peisévérance , ' dans le livre contre Julien qu'il a laissé imparfait, et sur lequel il est mort ' : dans tous ces livres , et partout ailleurs , il ne cesse d’alléguer les Pères, et de faire de leur témoignage une de ses preuves lesplusauthentiqucs pour autorisersa doctrine sur le péché originel. Il n'y a rien qu’il presse plus que la tradition du baptême des petits enfants , et des c.xorcismes qu'on faisait sur eux pour les délivrer de la puissance du démon. Pour établir sa ] doctrine sur la prédestination et sur le don de In persévérance ’ qui sont des matières connexes, il I n’allèguc rien de plus puissant que les prières de j l'Église , qu’il ne cesse de rapporter comme l’ins- : trument le plus manifeste de la tradition. Si M. Simon avait lu ces livres, s'il les avait, pour ainsi parler, seulement ouverts , aurait-il dit que saint Augustin ne se sert de la tradition que quelquefois Mais il décide sans lire : il ne fait que ] jeter les yeux sur quelques passages connus ; c’en I est assez (tour conclure que saint Augustin parle quelqutfois de la tradition. Pour eu dire davaut tage , il faudrait s'être attaché à tous scs ouvra- I ges ; mais il n’y regarde pas , ou il ne fait que passer les yeux légèrement par-dessus.

; A-t-on lu et pesé saint Augustin , lorsqu'on as- ! sure que la preuve de la tradition n’est pour lui qu’un accessoire, où il n’entre que par accident, ti foxn s'accommoder a\sx pélagiens, pendant qu’on voit au contraire qu’il Insiste continuellement sur cette preuve, comme sur une preuve tirée de l'intérieur de sa cause? M. Simon produit lui-même ce célèbre passage de saint Augustin où il montre que les saints Pères, dont il alh'gue l'autorité contre Pélage, n’ont pu enseigner au peuple que ce qu’ils avaient trouvé déjà établi dans l’Église ; ni , en disant ce qu’ils y avaient trouvé établi , dire autre chose que ce que leurs pères y avaient laissé, ni en tout cela dire autre chose que ce qui venait des apêtresL Est-ce là un argument emprunté et un accessoire de preuve , ou le fond de la cause? Avouons donc que .M. Simon , qui le fait parler de la tradition d'uitc manière si méprisante , ne pèse pas cc qu’il lit , et n’y voit que les préjugés dont il s’est laissé prévenir.

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