CHAPITRE .XVI
Que les interpréutioas à la soriiiieinie sont celles que
St. Simon autorise , et que celles qu’il blâme comme
ÜiCologiques sout celles oè l'oii trouve la fui de la Tri-
nilé.
Il ne sert de rien d'objecter que M. Simon nous avait donné d'abord et dans sa préface d'autres idées de la théologie et dre explications théologiques. Je ne m'en étonne pas. Il fallait bien trouver un moyen d'introduire ses nouveautés par des manières spécieuses ; mais il change bientôt de langage , et , dans toute la suite de son livre , Ip nom de théologien devient un nom de mépris ; témoin ce qu’il dit de Titelman , savant cordeilcr du siècle passé, dont les Paraphrases sur saint Paul et sur les Épllrcs canoniques sont estimées
ET DES SAINTS PERES. LIV. III
de tout le monde. Cependant M. Simon Ini lance ce trait ' ; Comme il était théotoyien de profession, il substitue souvent les préjugés de sa théologie en ta place des paroles de saint Paul; c'est-a dire, à le bien entendre, que lee théologiena sont des entêtes, qui attribuent à saint Paul leurs sentiments , leurs préjugés , leur tbéolr^ie. C’est déjà un trait assez piquant contre les théologiens ; mais entrons un peu dans le fond : voyons quels sont ces préjugés de Titelman , et quelle est la théologie qu'y blême notre critique. Cest entre autres choses qu'en expliquant ces paroles de saint Jean, kt hitres uisum suuT,et ces trois ne sont gu’uH il y fait voir l’unité parfaite des trois Personnes divines, tant en substance que dans leur concours à témoigner que Jésus-Christ est te Fils de Pieu. Tout catholique doit approuver cette explication ; mais M. Simon In critique. Selon lui , ce mot de substance est de trop dans la paraphrase de Titelman : il fallait laisser indécis si les trois Personnes divines ont la même essence. Voila le crime de ce savant religieux; et c’est pourquoi on le traite de théologien, qui substitue su théologie et ses préjugés t la place des paroles de l’Ecriture.
Ce passage deM. Simon, qui découvre si bien son fond , mérite d’être traascrit tout au long. Après avoir rapporté' la paraphrase de ces paroles , KON EST voLENTis , ETC. qui lui parait ptutât d'un théologien que d’un paraphrasle, qui ne doit point s’éloigner de la lettre de son texte, ce crique continue en cette manière : Il a suivi ta même méthode sur les Épitres canoniques, qu'il explique à la vérité clairement et en peu de mots ; mais il ne satisfait point les personnes qui cherchent des interprétations purement littérales et sans aucune restriction. Nous allons voir qui sont ces personnes que M. Simon veut qu’on satisfasse. H ne pouvait, par exemple, poursuit-il , exposer avec plus denetteté ce passage lie l'épitre de saint Jean , chap. iii , ». 7, CES TROIS isE souT qu’un, que par cctte autre expression: ces trois Personnes ne sont qu’une même chose , tant dans leursubstance que dans le témoignage qu’elles rendent unanimement à Jésus-Christ qu’il est le vrai Fils de Dieu. Cette paraphrase est donc nette : II se faut bien garder d’en blê mer le fond , car ce serait se déclarer trop ; mais voici le mal : Titelman donne cependant occasion aux antilrinitai res de dire qu’il a trop limité le sens de ce passage dans l’idée qu’il s’est proposée de ne donner que de simples éclaircissements. Sans doute les antitrinitaires trouvent très-mauvais , et M. Simon avec eux ,
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que Titelman ait interprété un en substance. Il se fallait bien garder de trouver cette unité dans ce passage. M. Simon vent qu'on satisfasse ces Judicieux interprètes les sociniens , et que Jamais on ne trouve le mystère de la Trinité dans l’Écriture. Y trouver l’unité de substance, c’est faire le théologien, et cela n’est pas Uttéral. On dira que Je lui impose , et qu’il rapporte seulement le godt des sociniens sans l’approuver. Achevons donc la lecture de notre passage , qu’il finit ainsi : Mais il est disette de trouver des paraphrastes qui ne soient point tombés dans ce défaut, dont tes antitrinitaires même, qui veulentpasserpour exacts, ne sont pas exempts. Laissons à part la louange qu’il veut donner en passant A 'ses antitrinitaires, et concluons que, selon Ini, c’est un défaut h Titelman d’avoir expliqué un en substance. Cela n’est pas de son texte. Dorénavant on ne pourra pas, en interprétant la lettre de l’Écriture, y trouver la foi de l’Eglise ; ce sera un défaut en interprétant : Moi et mon Père nous ne sommes qu’un ', de dire que cette vérité est dans l’essence ; il sera aussi peu permis , en interprétant cet autre passage : Baptisez au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, d’exposer qu’on est baptisé au nom de ces trois Personnes comme étant égales; encore moins en interprétant te Verbe était Dieu, d’gjouter qu’il I l’est proprement et par nature : tout cela doit I être banni ; il faut satisfaire ceux qui cherchent les interprétations littérales et sans restriction.
I Ainsi , la véritable méthode est de laisser tout en j l’air, et de permettre aux sociniens leurs fauxfuyants aussi absurdes qu’impies, A peine d’être d&laré théologien de profession , attaché A ses I préjugés, et incapable d’expositions littérales. En un mot , les th^logicns sont trop entêtés ; ils veulent trouver leur théologie , c’est-à-dire, la foi de l’Église et la doctrine des Pères, dans l’Écriture: ce sont de mauvais commentateurs; il faut remettre l’intelligence du texte sacré entre les moins des critiques, A qui tout est indifférent, et c’est A eux qu’on doit laisser ce sacré dépAt.