‹ suvres de Bossuet De l'instruction de Mgr Le DauphinChapitre 289 sur 518 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ptssage du livre des Confessions.

Mais , pour aller à la source , il faut encore iSouter ce saint docteur dans scs Confessions, et lui entendre confesser qu'il devait sa conversion aux larmes continuelles de sa mère. C'est luiméme qui parlant , dans le livre d« la Persévérance, de cet endroit de ses Cor\fessions *, y

* rtf Prod. SS. cap. xiT, n* 27.

* Cap. XI.

* Sot. lUi. I , cap. I , n* s.

* De Son. Pm. cap. if, n* 2.

* LUI. I , cap. I , n* I .

s l.il(. Ml Crta/rap. xii, n* 21. Oi'iirta Per*, cap. rx , n*SS.

reconnaît un aveu de la grâce prévenante et convertissante de Jésus-Christ. Mais toutes ses Confessions sont pleines d'expressions de cette nature ; et il ne cesse d'y faire voir, par ses propres expériences , que tout l'ouvrage de sa conversion était de Dieu, dès les premiers pas. Car il y montre que c'était par lui et sous sa conduite , nuez te , qu’il était rentré en lui-même ; ce que je n’aurais pas pu, dit-il , si vous n’avies pus été mon secours ' ; et il reconnaît par toute la suite que Dieu gagne , qu'il change les cœurs , qu'il rappelle C homme à lui-même parties voies secrètes et impénétrables * : en sorte que l'on commence à pouvoir ce que l'on ne pouvait pas , parce que l'on commence par la grâce à vouloir fortement ce que l'on ne voulait que faiblement auparavant.

Il ne faut pas prendre ces sentiments de saint Augustin comme des réflexions qui lui soient venues longtemps après, lorsqu'il écrivit ses Confessions, mais comme l'expression de ce qu'il sentait lorsqu'il était encore sous la main d'un Dieu convertissant. C'est pourquoi il raconte que dès lors attiré à la continence , il se disait à luiméme devant Dieu ’ : Quoi, tu ne pourras pas ce qu'ont pu ceux-ci et celles-là! Est-ce que. ceux-ci et celles-là le peuvent par eux-mêmes , et non pas par le Seigneur leur Dieu ? Le Seigneur leur Dieu m’a donné à eux (et veut que Je sois de leur nombre ];/N>ui7!«)i est-ce que tu t'appuies surtoi-même , et que parla tu demeures sans appui? Jette-toi entre les bras de Dieu : ne crains rien , il ne se retirera pas afin que tu tombes : jette-toi sur lui avec confiance, il le recevra et te guérira. Tout cela, qu'était-ce autre chose qu'une pleine confession de la grâce de Jésus-Christ? C'est pourquoi, en reconnaissant d'où lui venait cette liberté qui l’affranchissait tout à coup de tous les liens de la chair et du sang , il s’étonnait, dit-il*, de foirsorfir son libre arbitre comme d'un abîme; non qu’il n’en eût le fond en lui-méme , mais parce que ce libre arbitre n’était parfaitement et véritablement libre que depuis qu'affranchi par la grâce , à laquelle il s’était abandonné , il avait commencé à baisser la tète sous le Joug de Jésus-Christ.

Dieu lui lit donc expérimenter, comme à un autre Paul , la puissance de sa grâce , parce qu'il en devait être , après cet apAtre , le second prédicateur; et afin qu'on ne doute pas qu’il n'en eût . dès lors compris tout le fond, il dit lui-même ‘ qu'en lisant alors l'Écriture sainte il commença

I ' l,ib. vil, c.xp. X.

I l.ib. vni, cap. v, vi. vu, et s«q.

a /Sia. cap. XII, n* 27.

* IJb. IX, cap. I, n* I.

I Llh. VII. cap. 2X1.

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ET DES SAINTS PEaES. UV. VI.

à y remarguer une parfaite uniformité : en sorte que tes sérités qu'il, y avait lues d’un coté, de l’autre lui paraissaient dites à la recommandation de la grâce, afin, dit-il , d Seigneur, que celui qui les voit ne se glorifie JMS en lui- ^ même, comme si c’était un bien qu’il n’eût pas refu; mais qu’il entende au contraire qu’il a reçu non-seulement te bien qu’il voit, mais encore le don de le voir, qui est le fruit consommé de la doctrine de la griiee.

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