CHAPITRE IL
Oiversi'S sortes d'arcu&atiuDs contre saiot Augvi^lin sur la nvatiére de la grâce, et toutes sans preuves.
Jusques ici il parle sans preuve, et je ne m’en étonne p.is dans une préface où il s'.ngit seulement do proposer son dessein; mais partout il continue surje même ton : il décide, il détermine, il suppose tout ce qu'il lui pl,alt; mais en produisant les endroits des Pères qui ont précédé , il n’en produit
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aucun de saint Augustin pour montrer qu'il leur soit contraire. Par exemple au chapllru v , ou il commence à vouloir entrer en matière ' , il apporte bien un passage de la Philocaiie d'Origène, que nous avons déjà rapporté pour une autre fln • et non-seulement il loue cet auteur d'avoir soutenu Ir. libre arbitre contre les gnostiques , mais il ajoute que son sentiment était alors celui de toute l' iiijlise grecque, ou plutôt, continue-t-il, de toutes tes hyliscs du monde avant saint Auf/ustin qui aurait peul-^trc préféré ù scs sentiments une tradition si constante, s'il avait lu avec soia les ouvrages des écrivains ecclésiastiques qui l'ont précéilé. S'il avait tu avec soin ; il n'a donc pus lu , ou il a lu sans attention. Il plait ainsi à M. Simon; mais si Ini-méme, qui l’acused'avoir /u sans soin, avait lu avec soin seulement quatre ou cinq endroits des derniers ou v rages de ce Pore , il y aurait appris qu'il a tout vu , qu'il a senti les dimcultés dans toute leur étendue , mais aussi qu'il en a donné le vrai dénodment : s'il l'a fait sans citer les Pères ou sans les entendre, par malheur pour M. Simon le reste de l’ixglise ne les avait ni mieux lus , ni mieux entendus , puis(|u'un a èlé content de ce que saint Augustin en a dit. Nous en parlerons ailleurs. Muinteuant il nous sufllt de remarquer que M. Simon accuse , sans preuve, saint Augustin de négligence. C'est ainsi qu'il agit toujours. En cet endroit et partout , à toutes les pages , saint Augustin , selon lui , a outré la gréce et affaibli le libre arbitre. Qu'il montre donc uu seul endroit où il raffaiblissc I 11 n'a ose; car il sait bien qu'il l'n établi partout , je dis même dans ses ouvrages de ta Onicc, et i>eut-étre encore mieux que dons tous les autres. Il outre la grâce , vous le dites;'inais une preuve qu'il ne l'a pas fait, c'est que vous n'avez osé citer les endroits, ni mtirquer précisément en quoi il excède.
>ous avons déjà remarqué , outre la préface de M. Simon, deux endroits dans le corps du livre, où il rejette les sentiments de salut Augustin sur la gnicc , et ou il produit contre lui Vincent de Lcrins, comme si ses règles avaient été faites^ contre ce Père. Il le suppose; mais le prouvet-il ? Nous avons coté ces endroits’ ; qu’oii les lise, 011 y trouvera des décisions de M. Simon , |>ns un passage de saint Augustin pour le convaincre d'avoir affaibli le libre arbitre, ou, ce qui est la même chose , d’avoir excédé sur la grâce.
Si je voulais ici transcrire tous les endroits ou M. Simon accuse saint Augustin d'nvoir voulu engager les pélagiens dans des opinions parliculiércs je fatiguerais le lecteur, qui les trouvei a de lui-même presqu'à chaque page. Je conclurai
* P. lil, 390 , 391 , 39:, 39^. 39H.
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KT DES SAINTS PÈRES UV. VII
seulement , encore un c«ip , que si cela était , on aurait eu tort de tant vanter dans l’Église un anteu r qui, en proposant aux pélagiens des opinions particulières, et non la doctrine commune, les aurait plutAt rebutés qu'il ne les aurait ramenés au grand chemin de la tradition.